lundi 6 avril 2015

La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701 : Nouveau Palais

lundi 6 avril 2015



Nouveau volet de la femme scorpion : La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701/ Shin joshuu sasori: 701-gô (1976) donne droit à une nouvelle actrice, Yumi Tagikawa pour un nouveau cinéaste, Yutaka Kohira. Nous avons même droit à un nouvel hymne pour cette nouvelle Sasori, affichant un nouveau style vestimentaire. Fait-on table rase du passé pour réécrire l’histoire ? Oui et non. Une nouvelle peinture appliquée à un monument déjà existant semblerait plus juste.

La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701 est le cinquième films de la saga des Sasori née dans les seventies. Meiko Kaji laisse donc sa place à Yumi Tagikawa. Une place à prendre d’autant plus difficile lorsqu’on sait ce qu’aura été Meiko Kaji pour ce rôle. La première difficulté de Yumi Tagikawa n’est pas de faire oublier la première des Sasori mais d’apporter sa pierre à l’édifice. Elle apporte au personnage de Nami Matsushima/Sasori son physique. Il est vrai que Meiko Kaji n’avait pas le même type de beauté, sans doute une beauté plus à l’état brute. Ici, Yumi Tagikawa a un visage trop poupon. Le défaut de l’actrice, ce qui est plutôt rare comme critique réside dans son physique. C’est qu’elle est trop belle et malheureusement trop lisse. De ce fait, elle n’est pas assez bestiale dans ses traits, même lorsque elle mime le regard noir de la Sasori. Finalement, on contemple plus une « poupée » qu’une femme fatale, trahie et blessée, fomentant sa vengeance dans le mutisme qu’on lui connaît.
Dans La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701, Yumi Tagikawa interprète une Nami Matsushima qui se révèle être une étudiante follement amoureuse. Sa grande sœur est mêlée sans le vouloir à des malversations politiciennes qui entraînent son enlèvement. Nami, aidé de son petit ami tente de retrouver sa sœur. Malheureusement, elle est victime d’un complot qui la conduit en prison. Sa sœur tuée et le faux témoignage de son petit ami la plonge dans les méandres carcéraux.

Yutaka Kohira prend les commandes de cette nouvelle femme scorpion et réinvente l’histoire sans réinventer le personnage. On sent l’envie de créer une cassure avec les films précédents en faisant de Nami une femme frêle. Aussi, Yutaka Kohira tend à donner à ce personnage de Sasori un aspect plus humain. On sent don cette fébrilité, même avec cette soif de vengeance qui la motive. Il réécrit une histoire connue, celle de Nami/Sasori et donne sa version comme s’il voulait réaliser une réalité parallèle à celle de La Femme Scorpion (1972). Il ne conçoit pas La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701 comme une suite mais comme une nouvelle version du premier opus (un reboot, en somme). Ici, la légende de Sasori n’est pas encore écrite, nous découvrons les prémices. C’est pour cela que Yumi Tagikawa n’est pas nommé « Sasori » mais garde l’identité de Nami Matsushima, la prisonnière 701.
La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701 de Yutaka Kohira se veut de facture plus classique dans sa conception. L’auteur fait moins appelle à des techniques visuelles qui allaient de pair avec les aventures de notre héroïne. Il n’en réalise pas moins des clins d’œil, comme l’image miroir du premier volume. Ou bien les draps immaculés de sang, épongeant la perte de la virginité, produisant par la même occasion le drapeau japonais. Ici, c’est une fleur rouge et « le sang » de cette même fleur dont Sasori recouvre le visage de son violeur pendant l’acte infâme. Notons, comme scène qui dénote, le procès théâtralisé qui déclenchera le dédoublement de personnalité de l’héroïne lors de la sentence : quand Nami Matsushima devient Sasori pour toujours.

Finalement, La Nouvelle Femme Scorpion, Prisonnière N°701 est un film qui recouvre les codes du film de prison. On y retrouve le quotidien carcéral entre les sévices sexuels, physiques et moraux. La cantine, les cellules, le mitard et les bagarres. L’évasion sous couvert d’une mutinerie. L’érotisme y est de mise comme la vengeance de Sasori qu’on verra se transformer en formidable pyromane. Et cette dernière image qui nous dit qu’entre les murs d’une prison et ceux de l’institution politique, il n’y a qu’une infime frontière… facilement franchissable.
 I.D.

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