dimanche 12 juillet 2009

Temptation Island de Joey Gosiengfiao [Festival Paris Cinéma]

Lors du Festival Paris Cinéma 2008, Joey Gosiengfiao fut à l’honneur avec une rétrospective qui lui était consacrée. Le pape philippin du cinéma d’exploitation méconnu au-delà des frontières philippines faisait salle comble à Paris et devant cet engouement pour le cinéaste son œuvre Temptation Island (1980) a été à nouveau projeté dans l’édition 2009 du Festival Paris Cinéma. Le petit regret de l’an passé était d’avoir loupé le coche de la rétro, la séance de rattrapage était donc la bienvenue.

Quatre participantes du concours de Miss Manila Sunshine, Dina, Suzanne, Bambi et Azenith se trouvent sur un bateau pour décider de laquelle sera la miss. Suite à un accident, le bateau prend feu. Les quatre jeunes femmes, Maria une servante, l’organisateur homosexuel du concours et trois hommes échouent sur une île déserte. Ils tentent de survivre dans un environnement hostile…

Joey Gosiengfiao livre un petit bijou de second degré avec Temptation Island. Un petit bijou kitsch qui compile des scènes drôles et absurdes. Il y passe au peigne fin la lutte des classes, l’individualisme lorsque ce n’est pas la société dans sa globalité. Le cinéaste philippin use des moyens du bord pour créer un univers délirant et des moyens il devait en avoir peu au vue de certaines scènes. Qu’importe, le système D se marie parfaitement avec le commentaire social qu’il s’emploie à mettre en avant et ce n’est pas rien.

Temptation Island est un divertissement qui mêle des personnages quelques peu stéréotypés. Les quatre jeunes femmes qui concourent avec les rivalités qui vont de pair comme le mépris et l’intolérance, l’une d’elle est d’une cruauté sans borne avec sa servante. L’organisateur millionnaire et homosexuel qui souffre d’une frustration amoureuse dans ce microcosme sociétal qui rejette d’une certaine manière « la déviance sexuelle » hors norme. Tout ce joli monde donc participe à une œuvre magnifiée sur la condition de la femme dans nos sociétés machistes dites « civilisées ».

Ce Temptation Island de Joey Gosiengfiao souffre techniquement pourtant l’œuvre est audacieuse et à (re-)découvrir surtout pour la partie se déroulant sur l’île désertique, qui offre des scènes remarquables. On pense aux délires des jeunes femmes qui perdent la tête et le poulet frit géant en papier mâché lorsque ce n’est pas la scène hilarante de danse improvisée des demoiselles. Á cette journée qui se termine par un coucher du soleil dans leur camp d’infortune où le montage excelle via une danse enivrée ou bien encore la question du cannibalisme qui les taraude via la question du sacrifice. Une grande œuvre qu’est cette parodie exaltante.

I.D.

jeudi 9 juillet 2009

Antique de Min Kyu dong [Festival Paris Cinéma]

Min Kyu-dong livre avec Antique/Seo yang gol dong yang gwa ja jeom Aen ti keu (2008) une comédie dramatique sud-coréenne qui prend racine dans un univers très « gay » et gaie. Il y traite avec légèreté de l’homosexualité autour de la pâtisserie française. Disons-le : c’est stéréotypé à souhait pour notre plus grand... malheur.

Jin-hyuk qui déteste les pâtisseries se lance pourtant dans l’ouverture d’une pâtisserie chic parce que les clients sont des clientes et que du coup… Il engage pour se faire Sun-woo, un pâtissier ayant fait ses classes en France qui s’avère être un ancien camarade de lycée homosexuel. Ce dernier fait craquer tout les hommes, même les non gay. Ils sont rejoints par Gi-beom et Su-young et ne tardent pas à faire parler d’eux…

Antique me pose un problème, au-delà des belles gueules sorties des magazines de mode pour plairent aux minettes, le dernier film de Min Kyu-dong manque d’authenticité. J’entends par là qu’Antique est une comédie de plus stéréotypée et sans originalité sauf qu’ici on parle ouvertement d’homosexualité, ce qui rime avec des situations cocasses. Certes on rit mais pas toujours. On est noyé par un flot de plans en discontinu, autre problème. Min Kyu-dong a-t-il peur de poser son action ? A-t-il peur de freiner cet amoncellement d’images ? Pense-t-il que s’arrêter un instant c’est tomber dans les longueurs ? La chose étant est qu’Antique à beau aller à cent à l’heure, il n’en reste pas moins long par moment. Qui pense-t-il duper ?

La réalisation de Min Kyu-dong n’a rien de personnel ou d’intimiste. Elle est celle d’un réalisateur lambda, X ou Y qui signe un film grand public sans style si ce n’est celui des films à la mode. Le réalisateur sud-coréen filme Antique comme une romance qui serait un film d’action. Il se targue d’avoir filmé plus de trois mille plans, j’ai envie de lancer un wouah des plus péjoratif et après ? Le montage abruti, le film file constamment comme une fuite-en avant, presser d’en finir et de passer à autre chose le Min Kyu-dong ? L’écriture des personnages est grosse, en vérité elle est elle-même stéréotypée, on y esquisse un semblant de passé pour justifier de leur présence à l’écran, des scènes en plus pour remplir le film, dès fois qu’il ne serait pas assez long. On y ressent la peur d’observer, la peur du temps mort. Vite, vite, vite…

Le propos d’Antique s’essoufflant à vitesse grand V, le réalisateur décide d'adjoindre une pseudo-histoire de thriller sur un enlèvement pas crédible pour un sou. On a le sentiment qu’il fallait combler les trous que le prétexte de la comédie gay ne pouvait remplir. Du coup, on vient même à s’étonner de l’interdiction à sa sortie en salle. La façon dont est traitée l’homosexualité n’est pas crue, ni même profonde, mais juste là pour rire. Bref c’est un autre débat. Les acteurs ? No comment. Passons, j’ai le sentiment de déconstruire gratuitement le film de Min Kyu-dong. Le film a eu du succès en Corée, tant mieux pour lui. Combien de films fades en ont eu à ce jour ? Beaucoup trop à mon goût. Il n’en reste pas moins qu’Antique est une comédie qui se regarde. Pas sûr qu’on y remette les yeux devants une seconde fois. Antique fait partie de ces comédies des plus impersonnelles comme la Corée du sud sait si bien les faire pour notre plus grand… hum.

I.D.

mardi 7 juillet 2009

Sell Out ! de Yeo Joon Han [Festival Paris Cinéma]

Attention OVNI. Le cinéaste malaisien Yeo Joon Han réalise comme premier film, un film déjanté tragi-comique. $E11.OU7 ! (2008) est une œuvre cinématographique non identifiée qui fustige la société de consommation via les médias ainsi que les firmes multinationales. Une satire sociale fourre tout qui pointe du doigt les dérives de nos sociétés avec un sens aigu de l’originalité.

Á Kuala Lumpur, Eric Tan est un ingénieur pour le compte de Fony Electronics, puissante entreprise aux multiples activités. Bien que brillant, il est incompris par une hiérarchie qui ne recherche que le profit. Au sein de la même entreprise, Rafflesia Pong est une présentatrice de télé qui anime une émission d’art où l’audimat est en chute libre. Cette dernière va faire preuve d’altruisme et d’ambition pour conserver son métier…

Yeo Joon Han n’y va pas par quatre chemins avec ce Sell Out ! et prend un malin plaisir à passer au crible la télé-réalité, le monde du travail en général mais aussi le cinéma d’auteur dont il se moque en imitant un réalisateur « type auteur ». Il y a également cette scène qui pastiche Wong Kar-wai, on sait dès lors que le cinéaste ne se prend pas au sérieux et fait preuve d’une grande autodérision. Certes le film du malaisien est quelque peu brouillon mais parvient à distraire sans non plus défrayer les chroniques.

Sell Out ! nous fait passer un bon moment avec des personnages haut en couleur mis en scène dans des gags de situations granguignolesque à l’image des jeux de mots distillés tout du long. Yeo Joon Han en plus d’être le réalisateur est le scénariste, c’est à lui qu’on doit également les scènes chantées qui participent au délire filmique lorsqu’il ne nous invite pas à un karaoké en direct. Si Sell Out ! n’est pas un grand film, on félicitera tout de même l’audace de son auteur à être resté lui-même pour réaliser le film qu’il souhaitait. Et si la mise en scène manque de style, elle s’adapte au contenu pour nous livrer un film drôle et novateur.

On espère tout de même que Yeo Joon Han ne mettra pas autant de temps à nous livrer un second long métrage qu’il a mis à réaliser Sell Out ! Il est d’ores et déjà un cinéaste à suivre.

I.D.

jeudi 2 juillet 2009

Boat People : État des lieux

Connu sous le titre français, Passeport pour l’enfer/Tou bun no hoi (1982) l’œuvre dramatique Boat People de la réalisatrice hong-kongaise Ann Hui met en scène un journaliste japonais, Shiomi Akutagawa. Il réalise un reportage sur le régime communiste dans le Vietnam d’après-guerre notamment sur les réussites du régime et les mesures appliquées pour développer le pays. Pourtant, très vite le reporter va découvrir la face cachée, celle de la misère et de la répression. Akutagawa se liera alors d’amitié avec une adolescente, Cam Nuong...

Ann Hui, l’une des cinéastes majeurs de la nouvelle vague hong-kongaise se spécialise très vite dans les films sociaux et politiques dont émane un style proche du documentaire. Avec Boat People, elle termine sa trilogie vietnamienne. Dans cette œuvre engagée, Ann Hui dénonce les affres du régime communiste vietnamien au pouvoir, une œuvre qui se veut avant tout métaphorique car ici elle vise la République communiste chinoise à l’heure où la rétrocession de HK se fait de plus en plus sentir.

L’œuvre montre finalement peu ces bateaux de fortune, on en voit en tout et pour tout que deux durant tout le film. Comme si ces boat people ne représentaient qu’un rêve d’évasion intouchable appartenant à une illusion, à un imaginaire auquel on n’oserait même pas penser tant la survie est des plus dure.

Ann Hui nous montre un Vietnam qui tente de masquer la vérité aux étrangers en visite. Mais lorsque le personnage principal va plus loin de ce qu’on lui autorise à voir, la réalité est des plus crue. Au-delà de la propagande, nous sommes face à un pays divisé en plusieurs zone, celle pour les étrangers et cette nouvelle élite au pouvoir, celle du peuple qui souffre et celle des opposants politique, des prisonniers enfermés dans des camps de concentration.

Ce qui marque dans Boat People ce sont ces images, ces situations qui s’incrustent dans la rétine : le marché noir, la répression militaire, la brutalité, les arrestations arbitraires et les exactions. Des containers, des citernes suspendues comme cellule. Des bourreaux qui dansent le tango alors que des gamins souffrant de malnutrition dorment les uns sur les autres dans des baraques. La dépouille des morts fraîchement fusillés. Les prisonniers qu’on oblige à déminer, à déterrer les mines anti-personnelles, les explosions. La famine. Des gosses qui fouillent des ordures. Une populace qui se bat pour de la nourriture. La prostitution. Les habitations vétustes, en ruine. Des gestes désespérés, le suicide. Boat People c’est tout cela à la fois et tout ce que l’on ne voit pas comme un nouveau pouvoir décadent profitant des fastes tout en annihilant la pensée bourgeoise, et qui d’une certaine manière préserve les inégalités sociales. La surveillance de la police politique. Une presse bâillonnée, manipulée. Les purges.

Lorsque l’exil devient une nécessité, Boat People nous confronte aux prémices, à la situation qui a amené à cette fuite. L’œuvre est un état des lieux d’un avant exil entre les faux-semblants, l’illusion d’une vie meilleure dans laquelle on entretient le regard extérieur. Un regard étranger frustré, l’œil témoin du reporter japonais qui brave l’interdit. Il y a l’espoir que ce reporter insuffle à Cam Nuong et sa famille mais les moments de joie s’effacent vite au profit d’une réalité qui frappe avec horreur. Alors l’espoir persiste, se fraye un chemin dans ce rêve de fuite, une meilleure vie au bout et des bateaux pour leur permettre d’y accéder, de regarder devant eux et d’entrapercevoir un meilleur futur mais là, nous sommes déjà dans une autre histoire...

I.D.

mercredi 1 juillet 2009

Cinéma en plein air du 15 juillet au 16 août - Parc de la Villette

A prévoir du 15 juillet au 16 août : Cinéma en plein air 2009 au Parc de la Villette (Métro : Porte de Pantin). Cet évènement payant l'an dernier a créé bien des remous, la décision a été prise de réitérer le principe de projections 100% gratuites. Alors à vos transats !

2 films asiatiques au programme :

- Jeudi 16 juillet
: Hana-Bi, feux d'artifice - Takeshi Kitano - 1997 - 1h43 - Jap
- Jeudi 23 juillet : Le Mariage de Tuya - Wang Quan An - 2006 - 1h32 - Chine


Plus d'informations sur le site www.villette.com

dimanche 28 juin 2009

TV Made in Asie - Du 28 juin au 4 juillet 2009

J’inaugure par ce billet, une nouvelle rubrique du blog Made in Asie. Chaque semaine, je vous ferai part d’un programme TV attrait à la culture asiatique : films, séries, documentaires, émissions, des principales chaînes : TF1, France2, France3, Canal+, France 5/Arte et M6. Les programmes seront disponibles tous les dimanches.



Du 28 juin au 4 juillet 2009


Mercredi 1er juillet
Canal+ : 0h05 - Rush Hour 3. Film. Comédie policière. EU.All.2007 VOST
France 5 : 11h05 - Mongolie Sauvage

Vendredi 3 juillet
M6 : 20h40 - Pékin Express, la route des dragons. Episode 11, la demi-finale : dans l’enfer du volcan Kawah Ijen.

M6 : 23h00 – Pékin Express : l’aventure continue

Samedi 4 juillet
France5 : 14h15 – Les trésors du Mékong


vendredi 26 juin 2009

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Plus de 2 ans que Made In Asie existe, et plus de 2 ans que le binôme qui anime ce blog s'attèle avec plaisir à partager sa passion pour la culture et le cinéma Asiatique.

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