mardi 28 décembre 2010

Vengeance For Sale : Celui qui aidait à venger…

mardi 28 décembre 2010
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Egalement connu sous le titre anglais Vengeance is such a Great Business, Kihachi Okamoto met en scène dans ce jidai-geki un - presque mais pas tout à fait - yakuza qui gagne sa vie en aidant les personnes désireuses de se venger d’une autre dans Vengeance For Sale / Sukedachi-ya Sukeroku (2001).

Après avoir aidé un samouraï dans une rixe, Sukeroku trouve sa vocation lorsque celui-ci le paye pour son intervention. C’est ainsi que depuis ce jour, toute personne qui désire faire couler le sang de la vendetta peut, moyen en finance, compter sur son aide. Depuis Sukeroku se surnomme « Sukeroku the Helper ». Après sept années à arpenter le Japon et avoir aidé à trente huit vengeances, Sukeroku rentre dans son village natal pour se recueillir sur la tombe de sa mère. Bientôt, il apprend d’un ami d’enfance qu’une vendetta est en plein cœur du village. Il est prêt à reprendre du service…

Kihachi Okamoto nous offre avec Vengeance for Sale un jidai-geki bourré d’humour. Une comédie qui commence dès l’ouverture du film avec des enfants qui entonnent une chanson qui vaut véritablement le « coup d’oreille » (je sais ce n’est pas français). Son personnage principal merveilleusement campé par Hiroyuki Sanada a se détachement plaisant à voir vivre à l’écran. Aussi, côté réalisation que scénaristiquement parlant, le film se tient et nous fait partager un agréable moment de cinéma en compagnie de ses personnages dont on reconnaîtra parmi eux le grand et non moins immense Tatsuya Nakadai en vieux et honorable samouraï. Un samouraï qu’on voit se préparer pour exécuter sa dernière danse, celle pour venger l’un des siens.
Vengeance For Sale a le mérite de nous faire passer un bon moment. Un film qu’on ne pourra que conseiller pour sa drôlerie, ses personnages, son histoire ainsi que ses acteurs.

I.D.

mercredi 22 décembre 2010

The Family That Eats Soil : Sexe, sang et politique aux Philippines

mercredi 22 décembre 2010
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Wouah, wouah, wouah… Khavn de la Cruz est un grand, grand, grand malade ! Et il nous le démontre par une aisance sans borne avec The Family That Eats Soil / Ang Pamilyang Kumakain ng Lupa (2005), un OFNI made in Philippines. Pas d’hésitation possible qu’on puisse le ranger en Category 3 (en mode HK), il a tout ce qui fait la grandeur de cette classification.

Résumer The Family That Eats Soil… impossible. Les membres d’une famille mangent à table (les trois repas). S’invitent alors des scènes à la fois burlesques, absurdes, irréelles et nonsensiques, dont certaines cachent un sens de la dénonciation crue qui semble sans limite. Difficile donc de retranscrire avec des mots ce que Khavn dénonce. Il rentre de plein fouet et sans aucune retenue au cœur de ses sujets : religion, pédophilie, violence, viol, tout y passe. Et il nous les lance en pleine figure dans un festival d’image et de son qui nous scotche. Le générique du début vaut le coup d’œil à lui seul avec ses personnages en pâte à modeler devant lequel on ne peut que rester interloqué. Un grand fou.

The Family That Eats Soil dépasse toute frontière, ne s’enferme dans aucun carcan si ce n’est celui de la folie. Son aspect expérimental explose par son sens de la provocation chargée d’une rage décomplexée. On ne peut être certain que d’une chose après sa vision : on n’en sort pas indifférent, c’est le moins que l’on puisse dire. Ici, la famille traditionnelle ainsi que la société philippine sont égratignées et pas qu’un peu. On ne peut donc que se délecter d’un tel « spectacle » ou tout bonnement le vomir.

I.D.

mercredi 15 décembre 2010

A Moment Of Romance : La vie est courte

mercredi 15 décembre 2010
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Mélo’, triade, action, romance… A Moment Of Romance / Tian ruo you qing (1990) de Benny Chan est une œuvre juste superbe !

Lors d’un braquage, une jeune femme est utilisée comme otage pour permettre à l’un des malfrats, un jeune homme de prendre la fuite. Alors que ses complices veulent en finir avec elle, le malfrat la défend et se porte garant d’elle. La jeune femme issue d’une famille riche retrouve la liberté mais bientôt la police tente de la faire parler pour confondre les braqueurs. Ces derniers se mettent en tête de l’éliminer mais encore une fois c’est sans compter sur le jeune homme qui arrive à sa rescousse. Une idylle commence alors…

A Moment of Romance est l’apothéose, le summum d’un cinéma mélodramatique, une love story avec ses personnages candides bercés et rythmés par des chansons qui parsèment ce long-métrage. Il y a un côté presque « cul-cul » irrésistible de tendresse et de douceur qui nous happe avec ce savoureux ménagement nous mettant en condition. On n’est jamais bien loin de la mèche au vent d’Andy Lau, de son regard ténébreux, des traits fin de Jacqueline Wu, jouant admirablement la « petite » nana tombant amoureuse du rebelle de service, concrétisant alors un amour impossible. Lui et elle, deux mondes qui se rencontrent, deux mondes différents socialement parlant qui vont créer une osmose belle et langoureuse, mais aussi dramatique par la violence d’un monde interlope qui se veut cruel et agissant avec ses propres règles.

A Moment of Romance transcende par la seule présence du couple que forme Andy Lau et Jacqueline Wu lesquels montrent ici toute l’étendu de leur jeu d’acteur. Benny Chan n’est pas en reste en livrant une réalisation digne de ce nom en marquant sur pellicule des moments à la fois tendres mais aussi d’une extrême violence, mariant comme il se doit ces chansons qui se font entendre et laissant transparaître ainsi toute l’émotion des situations qui se jouent. On ne peut qu’être obnubilé et tomber amoureux de ce couple dont suinte une tragédie qui les recouvre de son ombre. On assiste dès lors à un pur et envoûtant moment de cinéma qui resplendit dans chacune de ses séquences, même si c’est parfois démodé et grossier. Il y a quelque chose dans cette œuvre qui fascine, qui nous transporte comme par magie. Une chose imperceptible comme seul le cinéma parvient à nous communiquer.

N’ayons pas peur des mots : A Moment of Romance est un chef d’œuvre à voir et à revoir tout en se laissant « lové » par cette histoire d’une beauté tragique. Par ailleurs, on notera la présence au générique de l’éternel Wong Jing mais surtout Johnnie To et Ringo Lam comme producteurs.

I.D.

dimanche 12 décembre 2010

Va, va, vierge pour la deuxième fois : Cas suicidaires

dimanche 12 décembre 2010
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Va, va, vierge pour la deuxième fois / Yuke yuke nidome no shojo (1969) de Koji Wakamatsu. Sur le toit d’un immeuble, une jeune femme se fait violer par un groupe de jeunes hommes sous les yeux d’un autre qui a décidé d’en terminer avec la vie. Ce dernier va alors tisser des liens particuliers avec la « vierge pour la deuxième fois ».

Drame en noir et blanc ponctué par des scènes en couleur, Va, va, vierge pour la deuxième fois dépeint le mal être de deux individus qui n’attendent qu’une chose : la mort. En un peu plus d’une heure, Koji Wakamatsu développe un récit nous communiquant le profond mal être d’un homme et d’une femme qui ne se sentent pas en adéquation avec leur société. Une société « dégénérée » qui semble s’acharner sur leur personne. L’une est violée à plusieurs reprises (et l’a déjà été par le passé), l’autre est constamment humilié. Là, où les choses nous paraissent comme sans issue c’est cette lente agonie qui contamine ces personnages. Une agonie qui assombrie leur situation à mesure que l’on prend conscience que le Japon qui les entoure n’a rien pour sauver leurs âmes en peine. Le cinéaste japonais (classé « engagé » ou bien encore « contreversé » ici et là) représente à l’écran un visage du Japon peu complaisant. Il y a peu d’espoir voire pas du tout dans cette histoire sans lendemain où la seule délivrance du carcan qui entoure nos personnages se fait par la mort (celle qu’on inflige et celle qu’on se donne). L’autodestruction pour seul leitmotiv semble être la panache de ces « marginaux » qui souffrent et qui ne voient pas de meilleur lendemain à leur condition propre. Des lendemains qui pourraient panser leurs plaies ouvertes, terriblement enfouis en eux.

Va, va, vierge pour la deuxième fois est une œuvre dure qui garde sa puissance évocatrice et ce avec les années écoulées. Il y a un profond désespoir qui en émane ainsi qu’une rage singulière. L’économie de moyen dont fait preuve Koji Wakamatsu pour parler de ces « marginaux » ne l’empêche pas de mettre en scène cette œuvre avec force et conviction. Voilà de ces films qui vous fait la réputation d’un cinéaste et qui surtout dénote de son talent.

I.D.

jeudi 9 décembre 2010

Rétrospective Edward Yang à la Cinémathèque Française

jeudi 9 décembre 2010
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Après Wakamastu, c'est autour du cinéaste Edward Yang de prendre place dans les salles de la Cinémathèque Française jusqu'au 20 décembre. Disparu en 2007, le réalisateur était une des figures de la nouvelle vague taïwanaise aux côtés de Hou Hsiao-hsien.

9 longs et courts métrages ont été sélectionnés pour la rétrospective :

Attention, certaines séances annoncées dans le dossier de presse ont subi des modifications. Merci de vous reporter au calendrier du site : ici

Mer 08 déc 20h00 HL Ouverture de la rétrospective Edward Yang

The Wind
Taiwan/2007/10’/35mm

The Terrorizers (Kongbu Fenzi)
Taïwan-Hong-Kong/1986/109’/35mm

Jeu 09 déc 20h00 GF
That Day, on the Beach / Ce jour-là sur la plage (Haitan De Yitian)
Taïwan/1983/167’/VOSTF/35mm

Ve 10 déc 19h00 GF
A Confucean Confusion / Confusion chez Confucius (Duli Shidai)
Taïwan/1994/133’/VOSTF/35mm

Ve 10 déc 21h30 GF
In Our Time (Guang yin de gu shi)
Taïwan/1982/106’/VOSTF/35mm

Sa 11 déc 14h30 GF
Taipei Story (Qingmei Zhuma)
Taïwan/1985/117’/VOSTF/35mm

Sa 11 déc 19h00 HL
A Brighter Summer Day (Guling jie shaonian sha ren shijian)
Taïwan/1991/240’/35mm

Dim 12 déc 17h00 HL
Mahjong (Majiang)
Taïwan/1996/121’/VOSTF/35mm

Di 12 déc 19h30 HL
Yi Yi
Taiwan-Japon/2000/173’/VOSTF/35mm

Lu 13 déc 14h30 GF
The Wind
Taiwan/2007/10’/35mm

Lun 13 déc 17h00 GF
That Day, on the Beach / Ce jour-là sur la plage (Haitan De Yitian)
Taïwan/1983/167’/VOSTF/35mm

Lu 13 déc 20h15 GF
A Brighter Summer Day (Guling jie shaonian sha ren shijian)
Taïwan/1991/240’/35mm

Mer 15 déc 21h30 GF
Mahjong (Majiang)
Taïwan/1996/121’/VOSTF/35mm

Sa 18 déc 14h30 GF
Yi Yi
Taiwan-Japon/2000/173’/VOSTF/35mm

Di 19 déc 17h00 GF
A Confucean Confusion / Confusion chez Confucius (Duli Shidai)
Taïwan/1994/133’/VOSTF/35mm

Di 19 déc 21h00 GF
Taipei Story (Qingmei Zhuma)
Taïwan/1985/117’/VOSTF/35mm

Plus d'infos : www.cinematheque.fr
Dossier de presse Edward Yang : ici
Diana

mercredi 8 décembre 2010

Hommage à Satoshi Kon au Forum des images [Dimanche 12 déc.]

mercredi 8 décembre 2010
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Dimanche 12 décembre, le Forum des images (M° Les Halles) rendra un hommage à Satoshi Kon, récemment disparu, avec la projection de Millenium Actress (2001), jamais en sortie en salle après sa présentation en 2003.

Le film d'animation sera suivi de 2 documentaires inédits sur le réalisateur nippon.

RDV : 2 Décembre 2010 - 20h30
Millenium Actress / Japon / anim. vostf Couleur 87 min (Vidéo)
Tarif normal : 5 € - Tarif réduit 3,50 €

Synopsis : Un journaliste et un cadreur de télévision s'en vont interviewer Chiyoko Fujiwara, célèbre actrice sans âge d'un cinéma populaire oublié. Recluse dans une retraite dorée et paisible, elle reçoit du journaliste un présent : une petite clef dont on ne sait ce qu'elle ouvre sinon un torrent de souvenirs qui va alors emporter les deux auditeurs fascinés dans la course palpitante d'une jeune actrice mue par un amour à jamais inassouvi.

Toutes les infos sur www.forumdesimages.fr
Diana

mardi 7 décembre 2010

Clichés japonais 1908-1930 au Musée Albert Kahn

mardi 7 décembre 2010
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Jusqu'au 28 août 2011, le Musée Albert-Kahn accueillera une collection de photos du Japon prises au début du 20ème siècle initiée par le banquier Albert Kahn. A travers "Clichés japonais - 1908-1930, le temps suspendu", près d'une centaine de reproductions d'autochromes, de films d'archives et de montage sonorisé de photographies noir et blanc seront sublimés, et témoigneront des beautés de l'empire du Soleil-Levant.

Où ?
Albert Kahn Musée et Jardin
10-14 rue du Port (Boulogne Billancourt)
M° Boulogne-Pont de Saint-Cloud

Ouvert TLJ sauf lundi, de 11h à 18h
Tarif plein : 3 euros, tarif réduit : 1,50 euros

Toutes les infos : www.albert-kahn.fr
Diana

vendredi 3 décembre 2010

Le Festival Kinotayo s'invite à St Etienne

vendredi 3 décembre 2010
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Le Festival Kinotayo n'est pas que parisien ! Et oui cette édition 2010 prendra le temps de s'arrêter dans plusieurs villes de province dont St Etienne jusqu'au 4 décembre. 6 films, dont 5 inédits ont été sélectionnés et seront projetés les cinémas stéphanois Le Mélies et Le France.

> Séances aux tarifs habituels
> Vente de Pass non nominatif de 6 places à 20 €

Plus d'infos sur le site officiel :
www.kinotayo.fr/seances-province.php

Lundi 29 novembre au Méliès à 20h
PARADE (2010/118min/couleur)

Mardi 30 novembre au France à 14h et 20h
FORGET ME NOT

Mercredi 1er décembre au France à 15h et 20h
VEXILLE (109min/2008)

Jeudi 2 décembre au France à 14h et 20h
A CROWD OF THREE (2010/131min)

Vendredi 3 décembre au France à 14h et 20h
ZEBRAMAN 2 : ATTACK THE ZEBRA CITY

Samedi 4 décembre au France à 14h et 20h
COBALT BLUE (2009/119min)
Diana

mardi 30 novembre 2010

L'Indonésie à l'honneur au cinéma La Clef [Week-end du 4 au 5 décembre 2010]

mardi 30 novembre 2010
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A l'initiative de l'association Franco-indonésienne Pasar Malam, le cinéma La clef (Paris 5, métro Censier Daubenton) accueillera une rétrospective rare de 6 films du cinéma indonésien, le week-end du 4 au 5 décembre.

Autour de thèmes divers, la culture et l'histoire indonésienne - d'antan et contemporaine - seront de mise dans cette sélection.

Courts métrages, ventes de livres et DVD, et discussions passionnées s'inviteront aussi.

2 points importants :
- Les films seront uniquement sous-titrés en Anglais
- La réservation est indispensable par e-mail (afi.pasar-malam@wanadoo.fr)

Toutes les infos sur : www.cinemalaclef.fr

Tarifs : 12€ par film / Forfait à la journée (conférence + projection de 3 films + cocktail) 26€ / Forfait pour les 2 jours (conférence + projection de 6 films + cocktails le samedi et dimanche soir) 45 €

Samedi 4 décembre
14h00 : Harimau Tjampa (Le tigre de Tjampa)
De D. Djayakusuma, 1953, 97 minutes, N/B

16h15 : Para Perintis Kemerdekaan (Pionniers de la liberté)
De Asrul Sani, 1980, 2h, couleurs

18h30 : Kantata Takwa (nom du groupe de musiciens)
D'Eros Djarot, Gotot Prakosa et Slamet Rahardjo, 1992-2008, 1h08, couleurs

Dimanche 5 décembre
14h00 : Tjoet Nja Dhien
De Eros Djarot, 1988, 1h45, couleurs

16h00 : Langitku Rumahku (Mon ciel, ma maison)
De Slamet Rahardjo Djarot, 1990, 1h43

18h15 : Tiga Hari Untuk Selamanya (De 3 jours à l'éternité)
De Riri Riza, 2007, 1h42, couleurs
Diana

dimanche 28 novembre 2010

Outrage : Le survêtement

dimanche 28 novembre 2010
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Yakuza-eiga à la fois dur, froid et implacable, Outrage / Autoreiji (2010) de et avec Takeshi Kitano dévoile un visage peu reluisant du gangstérisme à la nipponne.

Un chef de clan voit d’un mauvais œil que l’un de ses hommes, Ikemoto, soit frère de sang avec Maruse, un yakuza rencontré en prison qui s’adonne au trafic de drogue. Ikemoto envoie alors l’un de ses lieutenants, Otomo sur le territoire de Maruse pour mettre le trouble au sein de leur relation…

On oublie ici la « poésie » ainsi que le « charme » que l’on connaissait dans certains de ses films précédents, Outrage du cinéaste japonais Takeshi Kitano se veut une claque bien lourde en pleine tête. De ces claques qui résonnent, donnent le tournis. Une claque qui s’accompagne d’un humour noir sur laquelle on rit jaune. La violence se veut crue et sec. On assiste à la désacralisation d’une institution, au bal sanglant des pantins costumés et à cette réalité (celle des pantins) sombre et abjecte. Certes, Outrage ne brille pas par son intrigue qui se montre prévisible mais il se dégage de cette voie extrême, sans issue, un « charme » qui nous happe dans le désarroi noir et ensanglanté. Outrage offre une mise en scène sobre mais d’un sublime qui transcende. Il met en scène des acteurs qui livrent des prestations à la hauteur de ce défi « casse-gueule » que se donne Takeshi Kitano. Outrage c’est peut-être bien une énorme farce.

Une farce qui tourne en ridicule le monde abyssale des yakuza. A l’image de ces manigances d’un vieux chef de clan. Aucunement sénile, ça non. Mais un vieux chef de clan qui semble s’ennuyer tout là-haut sur son trône. Et pour palier à cela, il s’amuse à détruire pour reconstruire (montrer qu’il a le contrôle de ses sujets) jusqu’à ce que la destruction amène à une reconstruction d’un nouveau royaume sur de vieilles bâtisses (Le Roi est mort, vive le Roi !).

Outrage c’est une autre poésie qui se joue. Une poésie que Takeshi Kitano ne nous avait pas habitué. Plus clinique, plus absurde, plus sale aussi par le sang qui nous éclabousse. Une poésie horrifique qui conserve un pouvoir fascinant et glaçant. Outrage est une autre facette de Takeshi Kitano, cinéaste. Takeshi Kitano est mort, vive Takeshi Kitano !

I.D.

mardi 23 novembre 2010

Rétrospective Wakamatsu/Adachi à la Cinémathèque Française

mardi 23 novembre 2010
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Après une présence remarquée au Festival Paris Cinéma 2010, le sulfureux Koji Wakamatsu n'a pas fini de faire parler de lui. La cinémathèque française lui consacre la plus importante rétrospective (40 titres), du 24 novembre 2010 au 9 janvier 2011.

En parallèle, se jouera une autre rétrospective, tout aussi exceptionnelle, dédiée au fidèle collaborateur de Wakamatsu, Masao Adachi. 12 films pour la plupart inédit, à découvrir du 3 décembre 2010 au 25 février 2011.

* 20h00
LE SOLDAT DIEU
KOJI WAKAMATSU

25 novembre
* 17h00
PASSIONS CONTRAIRES
KOJI WAKAMATSU

27 novembre
* 17h00
LE CURRICULUM VITAE DES LIAISONS SEXUELLES
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
LA TOMBE DE PLOMB
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
RELATIONS PERVERSES
KOJI WAKAMATSU

28 novembre
* 17h00
LES SECRETS DERRIERE LE MUR
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
QUAND L'EMBRYON PART BRACONNER
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
LES ANGES VIOLES
KOJI WAKAMATSU

29 novembre
* 17h00
DOUX PIEGE / LES MAISONS DE FEU
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
QUI ETES-VOUS...KOJI WAKAMATSU ET MASAO ADACHI ?

* 21h30
L'EXTASE DES ANGES
KOJI WAKAMATSU

01 décembre
* 17h00
NOUVELLE HISTOIRE DE LA VIOLENCE DE L'UNDERGROUND JAPONAIS: CHRONIQUE DE LA VENGEANCE
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
CRIMES SEXUELS
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
DEBAUCHE
KOJI WAKAMATSU

02 décembre
* 17h00
HISTOIRE DE LA VIOLENCE DE L'UNDERGROUND JAPONAIS : LE SANG DE L'HOMME ETRANGE
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
LE VAGABOND DU SEXE
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
NAKED BULLET
KOJI WAKAMATSU

03 décembre
* 17h00
LA FEMME QUI PRETE SON VENTRE
KOJI WAKAMATSU

* 19h30
MASAO ADACHI 01, BAWL, CLOSED VAGINA
MASAO ADACHI

* 21h30
MASAO ADACHI 02, ABORTION
MASAO ADACHI

04 décembre
* 14h30
LA VIERGE VIOLENTE
KOJI WAKAMATSU

* 17h00
RUNNING IN MADNESS, DYING IN LOVE
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
VA, VA, VIERGE POUR LA DEUXIEME FOIS
KOJI WAKAMATSU

05 décembre
* 17h00
SHINJUKU MAD
KOJI WAKAMATSU

* 19h00
SEX JACK
KOJI WAKAMATSU

* 21h00
LA FLEUR SECRETE
KOJI WAKAMATSU

06 décembre
* 17h00
LA SAISON DE LA TERREUR
KOJI WAKAMATSU

08 décembre
o 17h00
ETERNEL EROS
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
LE SANG EST PLUS ROUGE QUE LE SOLEIL
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
LA FEMME QUI VOULAIT MOURIR
KOJI WAKAMATSU

09 décembre
o 17h30
LE VIOLEUR RECIDIVISTE
KOJI WAKAMATSU

10 décembre
o 17h00
ARMEE ROUGE: FPLP DECLARATION DE GUERRE MONDIALE
KOJI WAKAMATSU, MASAO ADACHI

11 décembre
o 15h00
UNITED RED ARMY
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
PLUS FACILE QU'UN BAISER
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
PISCINE SANS EAU
KOJI WAKAMATSU

12 décembre
o 14h30
PRET A TIRER
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
SOSUKE, LE COCU
KOJI WAKAMATSU

o 21h00
ENDLESS WALTZ
KOJI WAKAMATSU

16 décembre
o 17h00
LA PROIE
KOJI WAKAMATSU

17 décembre
o 17h00
DESIR MEURTRIER
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
MASAO ADACHI 03, BIRTH CONTROL REVOLUTION
ASAO ADACHI

o 21h30
MASAO ADACHI 04, GALAXY
MASAO ADACHI

18 décembre
o 19h30
PAYSAGE DE 17ANS
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
DOUX PIEGE / LES MAISONS DE FEU
KOJI WAKAMATSU

19 décembre
o 19h00
L'EXTASE DES ANGES
KOJI WAKAMATSU

20 décembre
o 17h00
LA FEMME QUI VOULAIT MOURIR
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
RELATIONS PERVERSES
KOJI WAKAMATSU

22 décembre
o 17h00
RUNNING IN MADNESS, DYING IN LOVE
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
LA FEMME QUI PRETE SON VENTRE
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
VIOLENCE SANS RAISON
KOJI WAKAMATSU

23 décembre
o 17h15
LA FLEUR SECRETE
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
PISCINE SANS EAU
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
CRIMES SEXUELS
KOJI WAKAMATSU

24 décembre
o 14h30
LA PROIE
KOJI WAKAMATSU

o 17h00
TIME IN THE SUN/ TONNERRE SUR LE MEXIQUE

26 décembre
o 14h30
VA, VA, VIERGE POUR LA DEUXIEME FOIS
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
LE SANG EST PLUS ROUGE QUE LE SOLEIL
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
LA SAISON DE LA TERREUR
KOJI WAKAMATSU
27 décembre
o 17h00
NAKED BULLET
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
ARMEE ROUGE: FPLP DECLARATION DE GUERRE MONDIALE
KOJI WAKAMATSU, MASAO ADACHI

o 21h00
HISTOIRE DE LA VIOLENCE DE L'UNDERGROUND JAPONAIS : LE SANG DE L'HOMME ETRANGE
KOJI WAKAMATSU

29 décembre
o 17h00
LES LIAISONS EROTIQUES
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
PRET A TIRER
KOJI WAKAMATSU

o 21h00
LE CURRICULUM VITAE DES LIAISONS SEXUELLES
KOJI WAKAMATSU

30 décembre
o 17h00
PLUS FACILE QU'UN BAISER
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
LES ANGES VIOLES
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
LA TOMBE DE PLOMB
KOJI WAKAMATSU

31 décembre
o 17h00
ENDLESS WALTZ
KOJI WAKAMATSU

02 janvier
o 17h00
LES LIAISONS EROTIQUES
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
DESIR MEURTRIER
KOJI WAKAMATSU

o 21h00
PASSIONS CONTRAIRES
KOJI WAKAMATSU

03 janvier
o 17h00
DEBAUCHE
KOJI WAKAMATSU

o 19h00
LES SECRETS DERRIERE LE MUR
KOJI WAKAMATSU

o 21h00
QUAND L'EMBRYON PART BRACONNER
KOJI WAKAMATSU

05 janvier
o 19h30
SHINJUKU MAD
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
SEX JACK
KOJI WAKAMATSU

06 janvier
o 17h00
SOSUKE, LE COCU
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
UNITED RED ARMY
KOJI WAKAMATSU

07 janvier
o 17h00
PAYSAGE DE 17ANS
KOJI WAKAMATSU

08 janvier
o 17h30
VIOLENCE SANS RAISON
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
NOUVELLE HISTOIRE DE LA VIOLENCE DE L'UNDERGROUND JAPONAIS: CHRONIQUE DE LA VENGEANCE
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
LE VIOLEUR RECIDIVISTE
KOJI WAKAMATSU

09 janvier
o 17h30
LE VAGABOND DU SEXE
KOJI WAKAMATSU

o 19h30
LA VIERGE VIOLENTE
KOJI WAKAMATSU

o 21h30
ETERNEL EROS
KOJI WAKAMATSU

14 janvier
* 19h30
MASAO ADACHI 05, SEX ZONE
MASAO ADACHI

* 21h30
MASAO ADACHI 06, SEX GAME
MASAO ADACHI
28 janvier
* 19h30
MASAO ADACHI 07, FEMALE STUDENT GUERILLA
MASAO ADACHI

* 21h30
MASAO ADACHI 08, AKA: SERIAL KILLER
MASAO ADACHI

11 février
* 19h30
MASAO ADACHI 09, A WOMAN IN REVOLT
MASAO ADACHI

* 21h30
MASAO ADACHI 10, GUSHING PRAYER
MASAO ADACHI

25 février
* 19h30
MASAO ADACHI 11 PAR PHILIPPE GRANDRIEUX
MASAO ADACHI

* 21h30
MASAO ADACHI 12, PRISONER / TERRORIST
MASAO ADACHI
Diana

lundi 22 novembre 2010

5ème édition du Festival Kinotayo [Jusqu'au 9 décembre]

lundi 22 novembre 2010
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Kinotayo, le 5ème festival du film japonais contemporain a ouvert ses portes hier à la Maison de la Culture du Japon jusqu’au 9 décembre 2010.

20 longs métrages sont présentés dont 17 inédits en France. 6 réalisateurs seront présents pour présenter leur film et échanger avec le public.

La cérémonie d’ouverture mettra à l’honneur l’acteur et metteur en scène Yoshi OIDA qui viendra présenter « The Last Ronin ».

Les projections seront partagés principalement sur des salles de paris et région parisienne, ainsi qu’en province.

En avant le programme !

Samedi 20 Novembre
15h Vexille MCJP
17h30 Vacation MCJP
20h I Remember that Sky MCJP

Lundi 22 Novembre
19h30 Forget me not EISTI Cergy

Mardi 23 Novembre
15h Hana no Ato MCJP
18h Cérémonie d’ouverture (sur invitation) MCJP
19h The Last Ronin (sur invitation) MCJP

Mercredi 24 Novembre
14h30 Vexille L’Orangerie Roissy
15h* Box The Hakamada Case MCJP
17h30 M iyoko MCJP
17h30 No More Cry !!! L’Orangerie Roissy
20h* Box The Hakamada Case MCJP
20h30 Forget me not L’Orangerie Roissy
20h30 Hana no Ato Le Central Puteaux

Jeudi 25 Novembre
15h No More Cry !!! MCJP
17h30 Kaiji MCJP
19h Forget me not Le Denfert
20h The Last Ronin MCJP
20h30 Box The Hakamada Case Le Central Puteaux

Vendredi 26 Novembre
15h Cobalt Blue MCJP
17h A Crowd of Three Le Denfert
17h30 Der rote punkt (the red spot) MCJP
20h Parade MCJP
20h30 Kaiji Le Central Puteaux

Samedi 27 Novembre
15h Parade MCJP
17h30 Aruongaku-A Music MCJP
20h Forget me not MCJP
20h30 Cobalt Blue Le Central Puteaux

Dimanche 28 Novembre
11h30 Zebraman 2 : Attack the Zebra City Le Denfert
14h30 Forget me not La Clef
15h Cobalt Blue Château d’Auvers-sur-Oise
16h30 Cobalt Blue La Clef
19h Parade La Clef

Lundi 29 Novembre
18h Forget me not La Clef
20h A Crowd of Three La Clef
19h Cobalt Blue Le Denfert
20h Parade Le Méliès Saint-Etienne

Mardi 30 Novembre
14h Forget me not Le France Saint-Etienne
15h Zebraman 2 : Attack the Zebra City MCJP
17h30 A Crowd of Three MCJP
19h Parade Le Denfert
20h Railways MCJP
20h Forget me not Le France Saint-Etienne
20h30 Parade Le Central Puteaux

Mercredi 1 Décembre
14h Vexille Le France Saint-Etienne
15h Railways MCJP
17h30 Cobalt Blue MCJP
17h45 Parade La Clef
18h30 Forget me not Auditorium Spark Enghien
20h A Crowd of Three MCJP
20h Cobalt Blue La Clef
20h Vexille Le France Saint-Etienne
20h30 Cobalt Blue Auditorium Spark Enghien
20h30 No More Cry !!! Le Central Puteaux
22h15 Zebraman 2 : Attack the Zebra City La Clef

Jeudi 2 Décembre
14h A Crowd of Three Le France Saint-Etienne
15h All to the Sea MCJP
17h30* Deep in the Valley MCJP
19h45 Zebraman 2 : Attack the Zebra City La Clef
20h A Crowd of Three Le France Saint-Etienne
20h30 A Crowd of Three Le Central Puteaux
20h30 Concert Masakatsu Takagi+Aruongaku-A Music MCJP
21h30 A Crowd of Three La Clef

Vendredi 3 Décembre
14h Zebraman 2 : Attack the Zebra City Le France Saint-Etienne
15h* Forget me not MCJP
17h30 Réunion de presse MCJP
19h* Cérémonie de clôture+Goldfish (sur invitation) MCJP
20h Zebraman 2 : Attack the Zebra City Le France Saint-Etienne
20h30 M iyoko Le Central Puteaux

Samedi 4 Décembre
14h Cobalt Blue Le France Saint-Etienne
15h* All to the Sea MCJP
17h30 Zebraman 2 : Attack the Zebra City MCJP
18h Zebraman 2 : Attack the Zebra City Le Central Puteaux
19h* Goldfish MCJP
20h Cobalt Blue Le France Saint-Etienne
20h30* Forget me not Le Central Puteaux

Jeudi 9 Décembre
18h No More Cry !!! Mega CGR Pau
20h30 Kaiji Mega CGR Pau

Diana

samedi 20 novembre 2010

Festival international du film d'Environnement [Du 24 au 30 novembre]

samedi 20 novembre 2010
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Le conseil régional d’île de France organise pour sa 28ème édition, le Festival international du film d’environnement du 24 au 30 novembre 2010 au cinéma La Pagode (Paris 7). La bonne nouvelle, l’accès gratuit aux débats et séances de cinéma. Le bémol, une programmation difficilement accessible en semaine pour les « travailleurs ». Qu’à ne cela ne tienne, le festival a le mérite de présenter pas moins de 138 films venus de 38 pays. L’Asie n’est pas en reste, des documentaires et de nombreux courts métrages de Chine, Thaïlande, Cambodge, Corée du sud (…) seront présentés.

[Débats et projections]
When the World Sinks de Yorgos Avgeropoulos
- France 2010 - 52’
Le Bangladesh est le « point zéro » du changement climatique. À travers la situation de ses réfugiés climatiques, un appel d’urgence nécessaire.
Vendredi 26 nov. 14h30 salle Paul Delouvrier

[Documentaires]
La Terra habitada, paraules per un paisatge de Anna Sanmartí - Espagne 2009 - 71’ Sans dialogues
Un voyage au fil des paysages, des sons, des images, de la nature et des hommes jusqu’aux confins de la Mongolie.
Dimanche 28 nov. 21h15 - salle 1
Mardi 30 nov. 13h15 - salle 2

1428 de Haibin Du - Chine 2009 - 116’ VOSTF
14h28, c’est l’heure où la terre trembla dans le Sichuan. De magnitude 8, le séisme fit des dizaines de milliers de morts et laissa des millions de personnes sans logement.
Mercredi 24 nov. 17h30 - salle 1
Dimanche 28 nov. 18h15 - salle 2

Nargis, When Time Stopped Breathing de Kyaw Kyaw Oo & Maung Myint Aung - Allemagne / Birmanie 2009 - 90’ VOSTF
En mai 2008, le cyclone Nargis dévaste le delta de l’Irrawaddy en Birmanie et fait plus de 140 000 victimes. Une semaine après, l’équipe du fi lm arrive pour tourner et rencontrer les survivants.
Mercredi 24 nov. 15h30 - salle 1
Dimanche 28 nov. 12h15 - salle 2

La Rizière de Xiaoling Zhu - France 2010 - 82’ VOSTF
Au sud de la Chine, un village au milieu des rizières, des parents citadins contraints à un retour, une redécouverte de la vie rurale : au fi l des saisons, un quotidien vu par la petite A Qiu.
Lundi 29 nov. 20h30 - salle 1

[COMPÉTITION OFFICIELLE – Série de courts-métrages]
PROGRAMME 1
Mercredi 24 nov. 17h45 - salle 2 69'
Lundi 29 nov. 16h30 - salle 1 69'

Evergreen de Ching-Yu Yang - Taïwan 2008 - 1’30’’
Dans un monde gris, la seule touche de vert est celle d’un sac en plastique virevoltant dans le vent.

PROGRAMME 2
Vendredi 26 nov. 11h00 - salle 1 67’15’’
Lundi 29 nov. 18h30 - salle 1 67’15’’

Feed on the Irons Tie He Ren de Huaqing Jin & Jiaming Su - Chine 2009 - 8’54’’ VOSTFFrance
À Fengjiang, le quotidien des « démanteleurs » des déchets métalliques arrivant du monde entier.
The Newly Coming Seasons de Min Sung-ah - Corée du Sud 2009 - 11’40’’
Au fi l des saisons, une zone démilitarisée en Corée.

PROGRAMME 3
Dimanche 28 nov. 14h15 - salle 2 68’43’’
Mardi 30 nov. 14h30 - salle 1 68’43’’

Mahouri de Fatemeh Goudarzi - Iran 2010 - 12’ VOSTF
Au son du kamânchech, la découverte du monde et une initiation à la sagesse.

[Programmations thématiques « Habitat & construction »]
Samedi 27 nov. 11h30 - salle 1 74’07’’
Mardi 30 nov. 11h45 - salle 1 74’07’’

Metruk The Abandoned de Orkide Ünsür - Turquie 2010 - 12’07’’ Sans dialogues
Une balade mélancolique et poétique au coeur de maisons abandonnées, face au temps et à la nature.

Under Construction de Zhenchen Liu - France 2007 - 10’ VOSTF
La destruction d’un quartier de Shanghai illustrée par des photos animées et des vidéos documentaires.

[Programmations thématiques « L’homme et le monde »]
Vendredi 26 nov. 10h45 - salle 2 71’
Mardi 30 nov. 11h45 - salle 1 71’

Man and Gravity de Jakrawal Nilthamrong - Thaïlande 2008 - 11’ Sans dialogues
Dans les montagnes thaïlandaises, un homme seul transporte à vélo un improbable fatras
de déchets recyclables.

[Programmations thématiques « L’eau : un enjeu pour demain »]
Born Sweet de Cynthia Wade - Cambodge 2010 - 28’ - VOSTF
Au Cambodge, l’eau empoisonnée à l’arsenic détruit de nombreuses vies. Le jeune Vinh Voeurn utilise sa passion pour la musique pour nous alerter.

Mercredi 24 nov. 15h30 - salle 2
Samedi 27 nov. 14h15 - salle 2

Diana

Taebaek, Land of Embers : Dans l'antre noire...

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Si j’avais été partagée par le documentaire du même réalisateur présenté l’an passé au FFCF, Portrait de famille (2007), je dois dire que Taebaek, Land of Embers (2008) m’a complètement réconcilié avec Kim Young-jo.

Taebaek est une région en pleine mutation suite à la fermeture successive des mines, qui ont longtemps fait vivre une majorité de la population. Aux portes d’un renouveau économique insufflé pas les dirigeants, les mineurs et familles de mineurs s’interrogent sur le sort qui les attendent et se livrent face caméra aux injustices dont ils sont victimes.

Le début du documentaire est énigmatique. Un gros plan sur un lieu qu’on peine à définir puis ces longs plans sourds sur ces mines. Une description précise de l’environnement de ces travailleurs du charbon avant de se fixer sur des portraits teintés d’humour parfois, mais un humour noir, de pudeur et de sincérité. C’est ce qui restera la force de ce documentaire. Car les rencontres et les témoignages sont bouleversants. Se détache de ces mots jetés face caméra une détresse profonde, conséquence d’un abandon total des autorités. Une population entière qui vit dans l’injustice, le mensonge et les promesses avortées.

Kim Young-jo donne de la force à son documentaire en montrant le rapport de l’homme à la mine et celui de l’homme à l’homme. Deux confrontations qui parviennent à communiquer le désarroi d’une population entière. Si le cinéaste ne m’avait pleinement convaincu dans Portrait de famille pour son aspect superficiel, il renoue ici avec la brutalité du genre documentaire.

Diana

mercredi 17 novembre 2010

Singapour Festivarts au Musée du Quai Branly

mercredi 17 novembre 2010
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Singapour est à l’honneur au Musée du quai Branly jusqu’au 28 novembre avec le Singapour Festivarts. L’occasion pour le musée après avoir introduit l’exposition Baba Bling (sur la thématique des “Signes intérieurs de richesse à Singapour”), de dévoiler les richesses de l’île métisse.

Chant, danse, cinéma contemporain, théâtre et art culinaire viendront composer ce rendez-vous haut en couleur.

> Jeudi 18 et vendredi 19 novembre 2010 à 19h
T.H.E. Dance company (danse contemporaine)

> Samedi 20 novembre à 19h et dimanche 21 novembre 2010 à 17h
The Finger Players (théâtre de mains et de marionnettes)

> Jeudi 25 et vendredi 26 novembre 2010 à 19h
Little Toys by Mark Chan and Ensemble (cinéma muet en concert)

> Samedi 27 novembre à 19h et dimanche 28 novembre 2010 à 17h
Ramesh Meyyappan, Gin & Tonic & Passing trains (théâtre visuel)

Diana

Sa-kwa : Ma vie [Festival Franco-Coréen 2010]

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Dur dur de concilier programme et disponibilité, Sa-kwa (2008) au 5ème jour du FFCF fut - seulement - le 3ème long métrage que je découvris de la sélection. Ce n’était pas peine perdue puisque ce dernier a fait son petit effet. Oui j’ai vécu un bon moment devant ce récit aux personnages tiraillés. Sous les traits de Hyun Jung (jouée par la brillante Moon So-ri), Kang Yi-kwan dépeint la vie sentimentale d’une femme entre pression familiale et remise en question.

Après sept ans de vie commune, la relation entre Hyun Jung et Minseok s’interrompt brutalement. Anéantie, cette dernière perd goût à la vie. Pendant ce temps, Sang-hoon, un de ses collègues, lui tourne incistamment autour. Ignoré dans un premier temps, Hyun Jung se laisse charmer par la ténacité et la maladresse de son prétendant.

Sa-kwa est la photographie d’une vie de femme. Un drame qui parvient avec légèreté à distiller les questionnements qui émane du personnage féminin qu’est Hyun Jung. D’un amour passionné à la rupture amoureuse, le cinéaste dépeint les états d’âme de cette femme, mais aussi et surtout l’environnement qui l’entoure. Ce n’est pas tant les conséquences qui l’intéressent mais les facteurs qui ont influencés Hyun Jung dans ces choix comme celui de son futur mari, un homme qu’elle a de prime abord ignoré. Inconsciemment s’enracinent les résultantes d’un échec amoureux et d’une pression familiale, et de manière cohérente, surgit la volonté irrépressible de reconstruction.

Le film est porté par des interprétations de première qualité, avec en tête l’actrice Moon So-ri et l'incroyable CHOI Yeong-In, dans le rôle titre d’une mère désarmée et contrariante. Sa-kwa est une petite réussite pour ses moments de fraîcheur et son développement soigné. Il aurait été malheureux de le laisser une année de plus dans les cartons.

Diana

Break Away : Cours soldat, cours [Festival Franco-Coréen 2010]

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Un festival de plus du Festival Franco Coréen du Film s’achève et la nostalgie est déjà des plus vivace à l’écriture de ce billet. Cette cinquième édition a refermé ses portes avec un drame signé du cinéaste Lee Song Hee-il. A travers Break Away, il traite du destin de deux déserteurs de l’armée sud-coréenne et d’une femme pris dans leur cavale.

Je ne sais si Break Away (2009) était le “bon” film pour clôturer cette édition du FFCF 2010. L’an passé, les choses étaient plus légères. Cette année, peu de chose donnait à rire car ici ce qui se jouait était sérieux : la désertion dans l’armée et toute les conséquences qu’elle peut entraîner. Du coup, ce film prétendument « choc », j’aurais aimé le voir en compétition. Il aurait sans nul doute fait meilleur figure qu’un Vegetarian, grand gagnant de cette année, qui certes a un intérêt, mais à qui il manque tout de même ce quelque chose qui pourrait faire de lui LE compétiteur dans pareil festival. Mais là, je me perds. Revenons au film qui nous intéresse ici.

Break Away démarre plutôt bien. De l’agitation, trois hommes haletant perdus dans une immense forêt, des soldats à leur trousse, un hélicoptère en survol. Est-ce une escarmouche ? Sont-ils des soldats en terrain ennemi ? Nous sommes dans le flou avant de comprendre que nous avons à faire à trois soldats qui viennent de déserter pour des raisons qui leurs sont propres. On apprendra au fur et à mesure ce qui les a véritablement motivés à franchir le pas. Ce qui frappe tout d’abord, c’est que cette « chasse à l’homme » est très loin d’être amicale. Les soldats qui les prennent en chasse n’hésitent pas à tirer de vraie balle pour tout bonnement les abattre. On ne rigole pas avec les déserteurs. Nous allons vivre quotidiennement avec des hommes qui pénètrent de plein fouet dans une bataille contre la montre pour la survie. Sans rien révéler, nous suivrons par la suite deux de ces hommes ainsi qu’une femme, l’amie de l’un d’eux dans leur fuite désespérée. On peine à croire tout du long qu’ils puissent connaître une échappatoire sans heurt. On le sait au fond de nous. De telles histoires ne peuvent bien se terminer. Tous les trois destinés à une oraison funèbre qu’on imagine sanglante. Et l’ironie du sort en toute fin de métrage n’en sera que plus fataliste.

Break Away est plutôt bien foutu avouons-le. Lee Song Hee-il sait mettre en scène, il n’y a pas de doute là-dessus. Il y manque peut-être une touche un peu plus personnelle. La construction de son récit est linéaire, l’action monte en puissance jusqu’au dénouement finale, pas de problème de ce côté-là. Nous suivons les personnages durant six jours, chose qui n’est pas inintéressante en soit, et le cinéma regorge de ces films de cavale qui s’ils sont bien faits font passer un bon moment mais… mais ici, je regretterais pour ma part un côté caricatural et prévisible. Caricaturales sont les situations qui poussent les soldats à déserter. Break Away donne le sentiment de rejouer des motivations vues et revues avec des personnages qu’on retrouve souvent au cinéma. A la limite, ça passe. Ce n’est pas originale mais ne faisons pas non plus la fine bouche. Là où c’est plus embêtant c’est sur sa « prévisibilité ». On sait par avance comment les choses vont se dérouler (au-delà de la fin qu’on imagine « noir »). L’un appelle sa sœur pour la voir. Qui débarque ? La cavalerie ! L’autre veut voir sa mère malade et forcément qui se cache à proximité ? La cavalerie ! Il y a d’autre moment du même type qui montre que pour le coup l’originalité n’est pas le fort de Lee Song Hee-il.

Break Away est le genre de film qui se laisse regarder, qu’on contemple avec une certaine émotion tant qu’on se laisse convaincre par son histoire et ses personnages. Il est ce qu’il est. Pas un grand film. Pas une réussite totale mais un film potable qui, exempt de ses défauts, aurait pu être un film d’une puissance singulière. Ce qui est malheureux donc c’est qu’il n’échappe pas à quelques autres poncifs comme les envolées musicales pas toujours justifiées qui gâchent ce spectacle ou encore ses longueurs où l’ennui pointe à plusieurs reprises et où, disons-le, des scènes n’avaient rien à faire là. On aurait très bien pu s’en passer, et le film n’en aurait été que plus estimable. Sans ça, Break Away était à deux doigts d’être un film, pas majeur en soit mais (tout de même) d’une puissance évocatrice sur la dénonciation de l’état d’esprit et des agissements qui règnent dans l’armée. Une armée composée de soldats qui avant de l’être sont avant tous des hommes.

I.D.

mardi 16 novembre 2010

Quit Your Life : La corde au cou [Festival Franco-Coréen 2010]

mardi 16 novembre 2010
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Premier long-métrage de l’esthète du film d’action coréen, Park Nou-sik signe un non moins « magistral » Quit Your Life / Ingansapyoleul sseola (1971) où son personnage principal, Cheol-ho opère une vengeance contre Dal-gyu et ses hommes. Ces derniers sont les responsables de la mort de son ami, Jeong-su, durant leurs travaux forcés dans une mine d’or en Mandchourie. Cheol-ho, porté disparu revient hanter les assassins de son ami et rencontre sa femme Young-suk qui est depuis devenue aveugle. Cheol-ho ne parvient pas à lui dire que Jeong-su est mort. Il se fait donc passer pour lui…

Quit Your Life mélange mélodrame et action mais il n’échappe pas non plus à un aspect plus kitsch qui le rend parfois risible et c’est tout à son honneur. Ce qui frappe tout d’abord dans ce premier long-métrage c’est la composition de certains plans et mouvements de caméra qui feraient presque rappeler la mise en scène furieuse d’un Kinji Fukasaku. Il y a des choses ma foi fort intéressante à ce propos. Mais ce qui frappe surtout dans un tel film c’est l’exubérance décomplexée qu’il pouvait exister à cette époque. Et là, nous sommes servis. Elle va de scènes improbables aux répliques tonitruantes tout en passant par un montage tellement « cut » qu’on croirait des morceaux de pellicules disparues. Un tel montage (si effectivement, il ne manque pas de scènes) apporte une vivacité de tous les instants comme si le personnage de Cheol-ho était sous une tension permanente. Comme si l’action était prête à reprendre d’un instant à l’autre. Cette apparence « survoltée » est souvent assagie par les moments plus mélo’ où s’invite Young-suk. Et là, je m’éprends à rêver d’un Quit You Life sans fioriture mélodramatique. Ça aurait été quelque chose. Une espèce de course à la vengeance mais il n’en est rien. Est-ce si malheureux pour autant ? Non puisque si le mélo’ n’est que rarement ma tasse de thé, il révèle pour moi, spectateur profane du cinéma seventies coréen, une particularité : les hommes, mêmes les plus viriles, pleurent. Fascinant. Un héro qui est là pour tuer sans concession aucune n’a pas de honte à pleurer.

Mais Quit Your Life est aussi révélateur de ce que pouvait être la Corée à une époque. En premier lieu par le biais du long flash-back où Jeong-su est tué. Mandchourie en Chine : l’occupation japonaise. Des coréens travaillent dans une mine d’or, des travaux forcés et un acte infâme qui en découle, lourd de sens. Puis, retour aux seventies. Epoque de la consommation de masse où il est amusant de voir Cheol-ho faire visiter son nouveau chez lui à Young-suk : un appartement tout équipé, le « must » en ces temps-là qui tranche avec la vie « pauvre et vétuste » des campagnes où l’héroïne vit. La Corée du Sud change, elle devient moderne semble nous suggérer la séquence. L’héroïne, justement de ce long-métrage est pure comme si le héro ne pouvait partager des moments si déchirants avec une femme d’une autre condition. Ainsi, on apprend qu’elle est toujours vierge à trente et un ans. C’est une femme bien, on n’en doute pas ; douze ans qu’elle attendait son amour. Tout autant qu’est le héro dont la pureté est lavée par le sang qu’il fait couler jusqu’à ce final émouvant, faisant rappeler la fin de The Killer de John Woo, mais avant cela...

On l’a vu séduire une femme alors qu’il se fait passer pour Jeong-su auprès de Young-suk. Mais pas de panique cela faisait partie de son plan. Ouf, l’honneur est sauf. C’est un mec bien, on vous dit. Avec Quit Your Life, on assiste à quelques jolies scènes d’action qui virent aux granguignolesques. Une scène en particulier me trotte en tête. L’acharnement qu’il a à immoler deux « ennemis » alors même que la cible principale prend fuite et le distance, mais ça ne l’arrête pas. Il prend le temps d’immoler comme il faut ses opposants pour leur faire comprendre qu’il ne s’agit pas de l’embêter. Anthologique ! Et tout aussi culte l’utilisation de la « corde du pendu » comme arme. C’est juste hilarant. Le voir au coude à coude avec le méchant de service, chacun au volant de leur véhicule, la vitesse, la tôle qui se froisse puis dans le même temps ce lancé de corde mémorable qui enlace le cou du méchant. A faire pâlir un cow-boy et son lasso, je vous dis. On pourrait aussi évoquer le roulé boulé effectué pour descendre une marche de dix centimètres ou encore la présence du chat en début de film ! Oui, je l’oubliais celui-là, le chat du méchant qui se trouve dans le bureau de ce dernier dans un gratte-ciel ! Un grand n’importe quoi. Un chat qui lui fait peur et lui saute brutalement dessus. On imagine l’assistant derrière la caméra lançant la bestiole sur l’acteur. Marrant.

Quit Your Life est généreux dans ce qu’il nous montre. Il n’échappe pas à quelques moments un peu mous mais je garderais (pour ma part) de son film son côté plus furieux et décomplexé de toute limite dans le vif de l’action. Park Nou-sik nous fait passer un agréable moment et ce même après trente neuf ans passé.

I.D.

Grève des ouvriers Coréens contre le groupe Valeo

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Depuis 11 mois, les travailleurs coréens luttent contre le plan de licenciement injustifié de Valeo Compressor Korea (VCK), entité du groupe Valeo.

Le 26 octobre 2009, 186 ouvriers apprennent la fermeture de l’usine VSK de Cheon-An. 4 jours plus tard, leur licenciement était effectif. Aucune négociation, ni explication n’a été apportée par la direction.

Le 21 août 2010, les grévistes de l’usine de Cheon-An se font attaquer par une milice patronale de 100 hommes. Résultat de cette embuscade : 17 blessés dont un gravement.

Malgré la liquidation de l’usine et le plan de licenciement, Valeo continue les achats de compresseurs en Chine et au Japon sous la raison sociale « Valeo Thermal System Korea » (VTSK).

Les objectifs des grévistes sont :
- L’annulation des licenciements des ouvriers
- Une indemnité supplémentaire pour les salariés licenciés
- L’arrêt de la répression et de la précarité dans tous les sites du Groupe Valeo en Corée

Pour adresser vos marques de soutient :
Valeo - 43 Rue Bayen, 75017 Paris
(une cellule est actuellement en place pour soutenir le mouvement des grévistes)

Tel : 01 40 55 20 20 – Email : jose.schoumaker@valeo.com

Confédération coréenne des syndicats métallurgistes VSK : vcknojo@jinbo.net

Des porte-paroles étaient présents au Festival Franco-Coréen de Paris dans le cadre de la projection du documentaire Before the full moon sur la grève des ouvriers contre Ssangyong Motors.

Diana

Before the Full Moon : Epreuve de force [Festival Franco-Coréen 2010]

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Ce documentaire est un véritable coup de poing en plein visage. On n’en ressort estomaqué, secoué, la gorge nouée, Seo Seh-chin témoigne avec Before the Full Moon (2009) de la grève de 77 jours des ouvriers de Ssangyong Motors durant l’été 2009. Il nous montre à travers ce documentaire les quinze derniers jours du conflit auxquels il a participé.

Il y a peu de mot qui pourrait exprimer ce que l’on ressent devant Before the Full Moon. Les conditions dans lesquels ses travailleurs font grève sont révoltantes. Révoltante parce qu’il est incroyable de voir et d’assister aux exactions policières. Tout aussi révoltant et incompréhensible de voir ces « milices » patronales combattre aux côtés des forces de l’ordre en envoyant des projectiles aux lances pierres. Mais quelle est cette société qui permet cela ? Quelle force de l’ordre (fonctionnaires du gouvernement) peut autoriser que des individus sous prétexte d’être la « garde rapprochée » de la direction agissent de la sorte ? Ecoeurant. Il faut les voir ces policiers endimanchés de leur casque, de leur « armure », de leur bouclier et de leur matraque (taffon) de rigueur qui frappent sans discernement des manifestants qui protestent pour conserver leur emploi. Des coups à répétitions qui virent au tabassage acharné pur et simple. Il faut les voir aussi ces hélicoptères (toujours de la police) lancer des sacs en plastique qui contiennent de la lacrymogène liquide laquelle vient ronger la peau des grévistes qui n’auraient pas eu le temps de s’éloigner à l’impact de ces « paquets » sur le sol. Drôle de technique pour broyer la révolte engagée. Si la guerre « physique » existe, on pourrait parler de cette « guerre » psychologique où la technique consiste à assommer à longueur de jour (et de nuit !) le morale des troupes avec une musique dont le volume est poussé à son maximum. On pourrait également parler de la direction qui pour semer la zizanie parmi les grévistes envoie des dizaines de message téléphonique (sms) des plus contradictoires. Alors que les blessés (parfois très grave) s’entassent sans possibilité de voir intervenir des médecins, les pourparlers entre la direction de Ssangyong Motors et les responsables syndicaux s’engoncent vers le point de non-retour. La direction le sait, le gouvernement les soutient dans cette entreprise du plan social et elle attend sagement que forces de l’ordre et « milice » à leur ordre viennent à bout des résistants. A vomir. La contestation est une chose, je ne sais si le droit de grève existe en Corée du Sud (j’imagine que oui) mais la répression en est une autre et celle qui nous est montrée ici est tout bonnement inhumaine.

Alors Seo Seh-chin est là avec sa caméra. Il filme la lutte au quotidien, l’organisation de ses hommes qui ont décidés de se barricader dans leur usine en attendant d’avoir satisfaction, c'est-à-dire la préservation de leur emploi dont la suppression n’est pas justifiée. Il interroge. Des grévistes ouvrent leur cœur dans ce drame non fictionnel mais bien réel. En l’espace de quinze jours, il est eux : ces hommes, des travailleurs qui ont femmes et enfants. Des travailleurs qu’on souhaite jeter comme du papier usager pour le seul profit. Before the Full Moon est de ces documentaires qui vous scotchent et vous hantent un bon bout temps. Ecrire sur ce documentaire me rappelle ces images, ce combat, ces hommes qui même dans la tragédie trouvaient encore la force de sourire mais surtout je revois ces visages, des visages désolés, fatigués, en pleure où se dessine la peur du lendemain. L’émotion est grande… bien trop grande pour continuer à l’exprimer par écrit.

I.D.

Vegetarian : La plante [Festival Franco-Coréen 2010]

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Ouah… On ressort de Vegetarian (2009) de Lim Woo-seong décontenancé. Ce drame est difficilement palpable tant sur son atmosphère que son récit qui nous plongent dans les abymes du fantasme et de la folie.

A cause de ses cauchemars, Young-hye cesse de manger de la viande. Cette obsession crée un fossé avec son mari. Après une tentative de suicide, il demande le divorce. Alors qu’elle vit chez sa sœur et son beau-frère artiste, ce dernier développe une fascination pour elle…

Pierre Ricadat (programmateur du FFCF ‘10) disait de Vegetarian et en particulier de Lim Woo-seong qu’il n’était pas fortuit de le comparer au cinéma de Kim Ki-duk. Après avoir vu le film, on ne peut lui donner tort notamment parce que les univers respectifs de ces auteurs pourraient ne former qu’un. Il se dégage de Vegetarian une chose qui fascine tout autant qu’elle dégoûte, où les sentiments sont sans cesse en confrontation. Il y a des points positifs qui font de ce film une œuvre a part entière et à estimer ; la mise en scène de Lim Woo-seong, les interprétations mais aussi l’histoire qui nous est contée. Les partis pris du cinéaste sont aussi une force qui lui permet de développer une ambiance pesante, oppressante et d’une certaine manière quasi-irréelle. Si pour un premier film, on peut dire qu’il a en lui des qualités non négligeables, il n’est pas exempt de quelques défauts. Ainsi l’utilisation de la musique est bien trop redondante, les longueurs viennent miner quelques scènes…

Vegetarian est de ces films sur lequel il est difficile de s’exprimer sans recul. Il est de ces films qui prennent leur sens après une certaine réflexion comme pour mieux les laisser mûrir et davantage les appréhender. Il n’en reste pas moins que Lim Woo-seong est un nom à retenir et à suivre dans le panorama du cinéma sud-coréen.

I.D.

Courts-métrages 2 [Festival Franco-Coréen 2010]

2

Sélection 2010 du courts-métrages : seconde salve. Avec au programme : Shall We Take a Walk, Indra’s Net, Moon Kyeong et Ballad of a Thin Man.

[Shall We Take a Walk (2009) de Kim Ye-young et Kim Young-geun]
Shall We Take a Walk est un court-métrage sympa, bon enfant et agréable à vivre. On y suit un enfant atteint de cécité qui réalise la maquette de son quartier pour sa grande sœur hospitalisée. Tous deux vont la parcourir des mains réveillant sens et émotions.

Shall We Take a Walk est bien réalisé. Le récit est bien trouvé et l’animation qui s’y invite, bien faite. J’ai aimé l’ histoire attendrissante de ce petit garçon qui permet à sa sœur de s’évader par l’imaginaire et grâce à la maquette qu’il a lui-même confectionnée. Shall We Take a Walk est un court-métrage qui en l’espace de neuf minutes nous transporte littéralement. Comme quoi, pas besoin de faire long lorsqu’on peut faire court et bien. Voilà un court-métrage original.

[Indra’s Net (2009) de Kim Jin-man]
Ce qui se joue dans Indra’s Net est fort énigmatique. Une araignée sur une toile joue de la musique en tirant les filaments qui la composent, une proie est prise au piège, enfin s’invite une ouverture sur un monde, tout aussi énigmatique. Un monde dans lequel les personnages en bois s’affrontent avant de se réconcilier. Tout cela pour comprendre en fin de métrage que s’agitent sous nos yeux des êtres qui composent l’univers. Voilà en gros ce qu’est India’s Net, ou ce qu’il m’a semblé être. Joli travail que Kim Jin-man nous offre durant onze minutes d’évasion d’une fantasmagorie originale et créative. Le réalisateur développe ici un univers singulier et pour cette raison : félicitations !

[Moon Kyeong (2009) de Lee Kyoung-won]
Quarante trois minutes. J’annonce la durée parce que je me demande si un tel film à sa place dans une sélection dédiée aux films courts. Sans doute puisqu’il est là. En même temps, pour être franc, je ne sais pas à partir de quelle durée on peut considérer qu’un court-métrage n’en est plus un. En même temps, si ledit film se trouve être bon, peu importe. Mais si d’emblée, j’annonce sa durée c’est que très franchement Moon Kyeong est trop long. Et un court-métrage plombé par des longueurs c’est une sacrée aberration. Le film n’est pas mauvais en soi. Il se laisse tout juste regarder sans plus d’entrain. C’est certes du vu et du revu mais on ne sait jamais, on peut tomber sous l’enchantement. Ici, le film peine à communiquer le vague à l’âme qui plane sur ses personnages.

Moon Kyeong nous raconte l’histoire d’une fille de la campagne qui décide de partir pour la ville réaliser son rêve. De là le réalisateur développe les relations qu’elle a avec son entourage face à cette décision. C’est un court-métrage moyen comme sa durée. On se demande finalement si on ne se trouve pas face à un long-métrage avorté.

[Ballad of a Thin Man (2010) de Yann Kerloc’h]
Mouais. Bon bah… on va y aller. Pas terrible la ponctuation de ces Courts-métrages 2 qui avaient pourtant bien débuté. Que dire alors de Ballad of a Thin Man ?

Antoine, un français retrouve Jean, un ami installé en Corée du Sud qui joue les petites frappes. Ce dernier possède un bar qu’il veut transformer en bar à hôtesse avec l’aide d’Antoine. Sauf que Jean veut pousser à la prostitution deux coréennes qui travaillent pour lui. Et forcément… ça ne plait pas à tout le monde.

Pas grand-chose à garder de ce court-métrage si ce n’est peut-être... non même pas. Rien. Il y avait peut-être bien un message, semble-t-il. Je réfléchis. Oui ! Un message que le réalisateur voulait passer : dénoncer les clichés qui peuvent exister entre français et coréens. C'est ça ! Malheureusement, il ne parvient jamais à nous l'insuffler. La démarche est louable mais ça ne tient pas la route. Pourquoi ? Question de "degré" dans le propos sans doute. En vérité je ne saurais dire. En même temps, l’histoire, la musique employée, le jeu des acteurs (aïe, aïe, aïe), le montage, les dialogues, ouh les dialogues que c'est mauvais. Et bien tout ça et encore plus, c’est… comment dire… ? Une moue s’impose pour exprimer mon ressenti avant de l’accompagner d’ un : « On se croirait dans un sitcom d’AB production en pire. »

A vite oublier. Très vite. Ou à garder en tant qu'exemple à ne pas suivre, c'est selon.

I.D.

lundi 15 novembre 2010

Courts-métrages 1 [Festival Franco-Coréen 2010]

lundi 15 novembre 2010
5

Quatre films courts sont présentés dans la section « Courts-métrages 1 ». On y retrouve Lovers (2009) de Kim Do-yeon, Feel So Good, At 3 P.M. et Tongro. Malheureusement, il ne m’a pas été possible de voir Lovers, l’histoire d’un homme d’âge mûr qui entretient une liaison avec un jeune homme qui disparaît… Chose d’autant plus frustrante que les échos furent bons.

[Feel So Good (2008) de Lim Kyung-hee]
S’il fallait déjà m’avancer, Feel So Good serait mon petit coup de coeur du festival. Ce court est frais, drôle et captivant. Il traite de l’homosexualité avec un œil à la fois touchant et léger. Ici, la réalisatrice nous raconte l’histoire d’une fillette de CP, Yu-seon qui tombe amoureuse d’une autre fillette, Hee-jung venue faire un cours de danse dans son école.

Feel So Good est un véritable moment de plaisir. Il émane de ces enfants une spontanéité irrésistible, sans compter une mise en scène savamment maîtrisée. La réalisatrice parvient avec brio à mettre en exergue les différences. Des différences insignifiantes aux yeux des adultes mais qui ont souvent une grande importance pour un enfant, à l’image de la myopie de Yu-seon. La fillette refusant de porter ses lunettes est sujette aux moqueries des garçons de son âge. Finalement à travers ces quelques minutes, des parallèles sur la différence sont faits permettant à la cinéaste de traiter avec subtilité le sujet délicat qu’est l’homosexualité.

[At 3 P.M. (2009) de Kim Ji-gon]
Si l’on retrouve le réalisateur Kim Ji-gon dans la prochaine édition du FFCF, on pourra dire de lui qu’il est un vétéran de ce festival.

Déjà présent avec Unfamiliar Dream (2008) l’an passé, qui dénotait déjà un certain talent et dont les comparaisons avec des cinéastes confirmés n’était pas fortuit, Kim Ji-gon nous revient avec un court qui s’inscrirait une nouvelle fois dans la veine du cinéma dit « contemplatif ». Il était donc attendu et on s’impatientait donc de voir quelle direction son travail avait pris.

Disons-le toute suite, j’ai trouve ce At 3 P.M. moins bon que le précédent présenté en 2009, qui laissait pourtant présager de bonne chose. Est-ce peine perdue ? J’espère que non parce que de ce court se dégage un charme indéniable. Il manque tout de même à At 3 P.M. ce petit quelque chose qui ferait de lui un film pour les salles obscures. Ici le réalisateur prend le temps de filmer les rues d’un vieux quartier, ses recoins en prenant soin de dépeindre les détails les plus fins.
Tout comme pour Unfamiliar Dream, il caresse avec sa caméra les pièces, les couloirs vétustes d’un vieux cinéma qu’on dirait abandonné où un projectionniste semble perdu dans les dédales aux murs décrépis et où se joue éternellement le même film pour les fantômes du passé. Non. At 3 P.M. n’a pas sa place dans une salle de cinéma. Ce film « autre » aurait sienne dans une galerie d’art ou un musée aux côtés d’artistes filmiques plus « expérimentaux ».

Avec At 3 P.M., Kim Ji-gon serait un anthropologue qui capterait les derniers soubresauts d’une vie que l’on a connu. Ce court-métrage se révèle plus du « patrimoine » marqué, gravé, incrusté sur pellicule qu’un film de Cinéma à proprement parlé. Il réalise un travail de mémoire sur un instant T d’une ville, d’un quartier, d’une rue, et dépasse ainsi le cadre même du cinéma de fiction s’invitant dès lors dans un cinéma « autre ».

[Tongro (2010) de Lee Tae-an]
Ça commençait pourtant bien. Un jeune homme recouvre un autre d’un film transparent. Ce dernier après avoir été saucissonné enfile une combinaison et un masque à gaz. Suit alors une séquence furtive où le jeune homme hurle et semble glisser à toute vitesse dans un tunnel obscur et étroit. Les choses commençaient plutôt bien. Une aura mystérieuse planait en ce début de court. Qu’est-ce que les deux jeunes hommes sont-ils allés chercher ? Que gardent-ils de si précieux dans leur machine à laver ?

Tongro se voulait incompréhensible et énigmatique. On avait qu’une hâte, celle de découvrir les « révélations » qui méritaient tant de mystère. D’assister en somme à un emballement mais il n’en sera rien. Tongro est une espèce de pet foireux sans intérêt dont le mystère et les interrogations restent en l’état. A mesure que le court-métrage avance, il perd de sa puissance. Du coup, l’intérêt suscité s’efface au profit d’un spectacle consternant qui ennuie plus qu’il ne suscite d’enthousiasme. Un joli gâchis comme si le réalisateur avait l’idée de départ mais rien pour la développer. Pourtant les premières minutes donnaient de l’espoir, celui de voir un film original. A la place, on a eu le droit à la vie de trois idiots qui n’avait aucun sens (enfin s’il y en avait un. Il était très bien caché alors) comme si le réalisateur se moquait de nous.

I.D.

Returned Single-legged Man : Le Taekwondo du Tigre de Harbin [Festival Franco-Coréen 2010]

2

Le titre est un programme à lui seul ! A la vue de ce long-métrage "old school", l'hystérie m’envahi et je ne puis dès alors plus que m’exprimer avec des points d'exclamation. En français ça donnerait « Le Retour de l'unijambiste ». Superbe ! On pense évidemment aux héros manchots hongkongais interprétés par les Jimmy Wang Yu et autre David Chiang, mais aussi à ce personnage japonais de Tange Sazen, manchot et borgne de sa condition, mise en scène dans des dizaines et des dizaines de films, notamment sous la houlette des Sadao Yamanaka ou encore Hideo Gosha (ça c'est pour les plus connus). La Corée du Sud nous offre à son tour son anti-héro de cinéma d'action. Lee Doo-yong dégaine un Returned Single-legged Man / Dolaon oedari (1974) qui nous en met plein la vue. Avec qui ? Un unijambiste ?! Pas vraiment, puisqu’ici le héro tient bien sur ses deux jambes !

En Chine, dans les années 30, trois malfrats tentent de mettre la main sur Yong-cheol pour remplir un contrat dont il est la cible. Ce dernier qu'on surnomme "Le Tigre" est un clochard qui se perd dans la boisson et qui n'a plus la force de vivre. Mais l'arrivée de ce trio va faire ressurgir son passé...

Returned Single-legged Man est une délectation de tout les instants. Un spectacle tonitruant qui a une valeur inquantifiable tant le bonheur nous anime devant les exploits des personnages. Le kitsch côtoie le sublime qui lui-même côtoie le ridicule qui côtoie... les mots me manquent ! Il faut voir les accoutrements qui habillent certains personnages (une spéciale pour le trio de malfrats dont l'un est armé de deux hachettes qu'on croirait tout droit sorties du film de Chang Cheh et Pao Hsueh-li : Le Justicier de Shanghai avec le sublime Chen Kuan-tai), les acteurs abonnés à un "sur-jeu" risible même dans les moments les plus tragiques. Voir Han Yong-cheol distribuer des coups de pied à tout va sans jamais poser le pied à terre, voir les japonais camper les méchants de service (ah, la rancune tenace). C'est juste génial ! Il y a un plaisir incommensurable à profiter d'œuvres comme celles-ci ; du grand cinéma d'action vintage qui diverti, rend enthousiaste et donne simplement la "banane". Les scènes d'anthologies sont bien évidemment à la pelle : l'affrontement sous l'eau, Han Yong-cheol courrant vers son père adoptif, le trio qui s'entretue ou encore ce final abrupte qui rappelle inexorablement certaines fins très "cut" des films de la Shaw Brothers. Les acteurs sont, quant à eux, faussement charismatiques mais irrésistibles (on croirait même voir le sosie - en plus petit - d'Elvis Tsui Kam Kong). L’histoire de vengeance est prétexte à un grand n'importe quoi. Returned Single-legged Man c'est tout ça à la fois et plus encore ! Alors quoi de mieux que d’aller le (re-)découvrir pour s'évader l'espace d'une heure et demi tout en prenant son pied.

Merci à la section KOFA-FFCF Classiques 2010 de nous offrir de telles perles à l'image des éditions précédentes. Et si ce Festival Franco-Coréen du Film devait exister, se serait pour ces films témoins d'une époque, de ces films qui prennent toute leur ampleur avec les années, de ces films qui se savourent comme un bon cru, de ces films au charme fou... Returned Single-legged Man est de ces films "old school" dont on se délecte à chaque instant...

I.D.

 
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