lundi 9 mai 2011

13 Beloved : Épreuve(s) de force

lundi 9 mai 2011
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Thriller parsemé d’humour - noir, 13 Beloved (2006), film thaïlandais de Chukiat Sakveerakul, met en scène Puchit, un homme qui en une journée perd son travail, sa voiture et ses économies promis à sa famille. Á bout, il reçoit un appel sur son téléphone portable. Son interlocuteur lui annonce qu’il fait partie d’un jeu grandeur nature dont la récompense est de 100 millions de baths. Pour la remporter, il doit réussir 13 épreuves dont la première est d’écraser une mouche qui lui tourne autour. D’abord incrédule, Puchit se lance dans le « jeu » qui va l’emmener dans une spirale infernale…

13 Beloved n’est pas sans rappeler certains films tels que Chute Libre ou bien encore The Game - tous deux interprétés par Michael Douglas. Le film de Chukiat Sakveerakul pourrait être aisément un mix des deux avec une ingéniosité propre à l’Asie. Un salary man au bout du rouleau qui perd les pédales en se lançant corps et âme dans un jeu dangereux. On suit donc un Puchit perdu dans une ville, baladé d’un endroit à un autre au gré des épreuves qui s’intensifient.

Une des grandes qualités de 13 Beloved c’est sa capacité à tenir en haleine ; en instaurant un rythme haletant, le cinéaste parvient à tenir le spectateur sur le qui vive. Les temps morts sont quasi-inexistant et lorsqu’il y en a, ils sont plutôt bien menés et appréciables. Le suspense est là, le seul bémol pourrait venir de la fin du film quelque peu tirée en longueur. La fin aurait pu être tout autre et faire ainsi de ce film un chef d’œuvre, chose qui n’est donc pas le cas. Chukiat Sakveerakul loupe le coche de peu, pas faute à son imagination virant parfois à l’horreur et agissant comme un fix de pure angoisse.

13 Beloved est donc un bon petit film, sympathique à vivre, qui ne se gêne pas pour égratigner nos sociétés de consommation et illustrer une soif sans borne pour l’argent. Certaines épreuves de Puchit sont d’ores et déjà à ranger au côté de scènes cultes. Pour me répéter, 13 Beloved de Chukiat Sakveerakul est un mélange de thriller haletant à forte dose de suspense et d’angoisse dans lequel on rit et… frémit.

I.D.

vendredi 6 mai 2011

Exposition photo "Tokyo-E" du 20 mai au 21 août, Le Bal (Paris 18)

vendredi 6 mai 2011
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Ouvert depuis maintenant plus d'un an, Le Bal (lancé par l'association des Amis de Magnum Photos, situé dans le 18ème arrd de Paris) propose dans le cadre d'une saison japonaise une exposition photo inédite en Europe "Tokyo-E" dédiée à trois grands photographes japonais : Keizo Kitajima / Yukichi Watabe / Yutaka Takanashi.

KEIZO KITAJIMA / 1975-1990
Photographe précoce, son adolescence est marquée par la découverte des travaux précurseurs de Nobuyoshi Araki et de Daido Moriyama. Sensible à la forme narrative très cinématographique du premier et à la critique acerbe de la société contemporaine du second, il revendiquera ces deux filiations.

YUTAKA TAKANASHI / Machi (1975)
Yutaka Takanashi est co-fondateur du légendaire magazine PROVOKE en 1968. Il publie en 1974 Toshi-e (« Vers la ville ») un des livres phares de ce mouvement de redéfinition du langage photographique au profit d’une expression plus brute et instinctive du réel.

YUKICHI WATABE / A Criminal Investigation (1958)
Watabe Yukichi, né en 1924-1993) est un reporter photographe indépendant, il couvre la plupart des grands événements historiques et politiques se déroulant à Tokyo.

Quand ? Du 20 mai au 21 août
Où ? Au Bal, 6 impasse de la défense, Paris 18
Combien ? De 3€ à 4€

Plus d'informations : www.le-bal.fr/fr/mh/tokyo-e/

Source : EigaGoGo!

mardi 3 mai 2011

Confessions : Froide explosion

mardi 3 mai 2011
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Thriller du cinéaste japonais Tetsuya Nakashima, Confessions / Kokuhaku (2010) met en scène Yoko Moriguchi, une enseignante au collège qui vient de perdre sa jeune fille. Elle met en place un plan machiavélique pour venger la mort de son enfant dont les assassins (A et B) se trouvent être des élèves de sa classe…

Confessions détone. Ca faisait longtemps que je ne mettais trouvé devant une telle œuvre de cinéma. Le genre de film qu’on a besoin de digérer un temps tant il interpelle et remplit de doute. Confessions est de ces œuvres dont a du mal à dire si l’on a aimé ou non. Il fait partie de ces films qui vous font vivre une expérience à part entière.

Sur la forme Confessions a cette beauté clinique fascinante. Elle est à l’image de cette mère-enseignante, c’en est troublant. Nous vivons les évènements de manière détaché tout en étant happé par un montage adroit et un cadre juste. Détaché comme cette mère encore qui met en place une vengeance implacable. L’univers dépeint par la cinéaste serait un rêve impalpable qui virerait au cauchemar malsain et lugubre. A l’image de ce bourdonnement sourd et gênant qu’on traîne au fond de l’oreille jusqu’à ce qu’il explose.

Sur le fond Confessions se divise en chapitre. Chaque chapitre étant dédié à un personnage devenant par la suite narrateur – sorte de personnage témoin. La force du film est sa construction, son déroulement, où chaque chapitre renforce le précédent et nous communique une soif d’assister au prochain. Chaque chapitre surprend. Chacun d’eux est un coup de semonce qui mène vers ce dénouement. On pense les choses jouées au bout d’une demi heure de film… loin de là. Le châtiment ne fait que commencer.

Confessions est rondement travaillé, profondément intéressant. Il a ce « truc » qui rend un film particulier, autre. Le seul bémol serait les musiques employées. J’ai eu en horreur une majorité des morceaux choisis, accompagnent un ensemble qui aurait mérité un traitement musical différent. J’en ai fait abstraction pour me laisser bercer au rythme des coups portés à la racine du Mal. Splendide de froideur incandescente.

I.D.

dimanche 1 mai 2011

The Insider : L’ange gardien et les balances

dimanche 1 mai 2011
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The Stool Pigeon retitré par Wildside The Insider pour sa sortie DVD.

Dante Lam Chiu Yin nous revient après Fire of Conscience avec The Insider / Sin Yaan (2010). Un film policier qui s’intéresse aux relations troubles entre policier et indicateur.

Un policier engage à sa sortie de prison Ghost, un petit malfrat qui a la particularité d’être bon conducteur. Ce dernier accepte d’infiltrer un gang de braqueur comme chauffeur pour le compte de la police et sauver ainsi sa sœur d’une dette contracté par son père…

The Insider, sur la papier ça donne : Nick Cheung Ka Fai en flic (avec des lunettes hideuses pour lui donner un faux air intelligent) qui collabore avec des indicateurs, un en particulier Nicholas Tse Ting Fung (en mode pas un poil sur le caillou), un as de la conduite. Un gang de braqueurs de bijouterie. Une histoire qui se tient et puis patatra, c’est le (presque) drame ! On assiste finalement à un film à demi réussi. On va décider de voir le verre à moitié plein, hein ? C’est bien cela qui est dommage avec Dante Lam. C’est ce sentiment de déception qu’on a dans la majorité de ses réalisations. Elles ont souvent en elle un grand potentiel dont le résultat se révèle parfois décevant. Pas que ce soit un piètre réalisateur, loin de là, l’homme se débrouille derrière la caméra. D’ailleurs la mise en scène est bonne. Disons que ce sont les choix qui ne sont pas toujours judicieux, et The Insider n’y échappe pas. Si l’on peut apprécier qu’aucun personnage ne soit ni blanc ni noir, que les scènes d’actions soient rondement menés et qu’une ambiance particulière en découle, nous ne sommes jamais vraiment emballés, vite rattrapé par des sous-intrigues sans intérêt - si ce n’est celui de plomber l’ensemble. On n’échappera pas non plus à une fin très convenue pour plaire au plus grand nombre avec une morale qui va bien.

The Insider avait tout pour être un bon thriller. Il s’avère finalement un film qui se laisse regarder sans plus d’entrain. Un film au-dessus de la moyenne certes mais dont les choix ne sont pas toujours éclairés. Un film qui peinera à marquer les esprits si ce n’est pour sa « grosse » scène finale à l’arme blanche dans un environnement désolé.

I.D.

Fire of Conscience : Dragon(s) de feu

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Thriller de Dante Lam Chiu Yin, Fire of Conscience / Fo Lung (2010) met en scène deux flics prêtent à tout pour mener à bien leur enquête. Deux d’entre eux se rapprochent après le vol d’un téléphone portable, c’est le début des hostilités…

Fire of Conscience c’est le film juste au-dessus de la moyenne qui souffre affreusement d’identité. Et la chose est d’autant plus difficile à écrire qu’on le doit à Dante Lam, un réalisateur qui a du talent mais qui ne va ici, pas au bout des choses. Pourtant, Fire of Conscience est un polar dans lequel on parvient à s’immerger bien qu’il soit rempli de clichés du genre ; entre interrogatoires musclés et psychologie du flic stéréotypé à souhait. S’il y a de bonnes scènes d’action (voir celle du restaurant ou bien de la voiture), le film ne brille pas pour son scénario. Si ce n’était que ça. Il est surtout mal servi par un casting sans charisme. Leon Lai Ming est épouvantable - à la limite du ridicule - en flic torturé (les années ne le rendent malheureusement pas meilleur). Richie Ren Yin Chi est à peine mieux en affichant une coupe de cheveux risible. En gros, les acteurs ne sont pas bons et l’on frise le point de non-retour lors de scènes mélodramatiques qui virent au grand guignolesque. Une horreur, pauvre Vivian Hsu Yeuk Suen (qu’il est loin le temps de Angel Heart). On notera le petit rôle déchirant pour Wang Bao Qiang, mal employé. Quant à Liu Kai Chi en flic désabusé, il en fait parfois de trop, dommage.

Fire of Conscience ne marquera pas les esprits. Il y manque de la consistance. Une vraie touche personnelle. On a le droit à un thriller d’action qui se regarde mais malheureusement sans véritable âme. Un film d’action « actuelle » parmi tant d’autre à l’esthétisme excessif. Pourtant Dante Lam a ce truc, cette petite chose que le démarque d’un autre. Ici, ce talent est juste mal exploité. Une réalisation quelque peu fainéante et sans implication. Il n’en reste pas moins que, malgré tout ses défauts, Fire of Conscience est un film qui fait passer le temps à défaut de mieux.

I.D.

 
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