jeudi 4 février 2010

Présence de Liew Seng Tat et Tan Chui Mui ANNULÉE [Cycle Singapour, Malaisie]

jeudi 4 février 2010
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Mauvaise nouvelle, le cinéaste du très réussi Flower in the Pocket, Liew Seng Tat ne pourra être présent à la séance du 6 février (14h30) dans le cadre du Cycle Singapour, Malaisie : le cinéma ! Grande déception me concernant, puisque j'avais adoré son petit chef d'œuvre et me faisait une joie de l'entendre causer de son essai, ainsi que de l'interroger sur son fabuleux casting et la tendresse de ces anecdotes.


Double annonce puisque Liew Seng Tat étant retenu par le tournage d'un film de Tan Chui Mui, celle-ci sera aussi absente et ne présentera donc ni Love Conquers All, ni le collectif 15Malaysia.

Gone Shopping : Singapore Way Of Life [Cycle Singapour, Malaisie]

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Wei Li Lin signe son premier long métrage avec Gone Shopping (2007). Un film qui décrit, à travers le portrait d’une femme, la société consumériste qu’est Singapour par son addiction au Shopping.

Clara est une femme tourmentée dont la seule consolation se trouve dans les rayons de ces boutiques préférées. Elle arpente jour et nuit le « Mustapha Center » ouvert 24h/24. En parallèle, le réalisateur suit les péripéties d’une petite fille indienne qui paraît se complaire dans un vagabondage à travers les rayons de jouets et vêtements, et l’amourette qui se joue entre deux adolescents.

Sur un ton souvent léger, Wei Li Lin dépeint une société de consommation où les individus se complaisent à créer leur bonheur à travers l’acte d’achat. Par ce biais, Gone Shopping sait être divertissant et drôle, mais reste dans la vaine de ces films dont le propos reste naïf. Sans aller au bout des choses, le réalisateur nous livre un long métrage lisse, qui aurait pourtant mérité un regard plus critique et aiguisé. Si l’on outre passe cet aspect et considère le film comme un essai grand public, Gone Shopping saurait plaire.

Pour finir sur une note positive, on relèvera le jeu de la petite indienne au minois malicieux qui sera la seule à délivrer l’unique instant d’émotion du film.

Diana

mardi 2 février 2010

Before We Fall in Love Again : 3 moins 1 [Cycle Syngapour, Malaisie]

mardi 2 février 2010
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James Lee réalise avec Before We Fall in Love Again (2006) un drame amoureux en N&B (sauf l’épilogue) qui met en scène un mari, Chuan dont la femme, Ling Yue est partie depuis un mois du domicile sans donner de nouvelles. L’amant de cette dernière vient à la rencontre de Chuan…

Before We Fall in Love Again est tout ce que le film d’auteur représente. Un caméra fixe et des acteurs quasi amorphes. Ici, James Lee nous sert une histoire d’amour au pluriel où la femme collectionne les hommes à leur insu (ou presque). Un mari cocu et un amant qui se retrouvent pour faire le voile sur la disparition de la femme qu’ils aiment. Ils se racontent, la raconte, elle et leur histoire d’amour respective. L’un sait des choses que l’autre ne sait pas et vice et versa. Tous deux, surtout le mari découvre alors le véritable visage de cette femme qu’il chérissait plus que tout. La rencontre de ces deux hommes était intéressante à mettre en scène pour l’antagonisme qu’ils représentent l’un et l’autre mais aussi dans leur troublante ressemblance. Et après ?

Ce qui est dommage avec Before We Fall in Love Again c’est qu’on a du mal à s’intéresser aux personnages et à ce qu’ils vivent. Il n’y a pas d’émotion pis encore pas même de tension. Les choses se passent tranquillement comme un long fleuve qui s’écoule. Les deux personnages masculins sont atteint d’un syndrome qu’on pourrait rapprocher de la catalepsie. L’un se présente comme l’amant de l’autre… conséquence de l’annonce, rien. Ils se retrouvent autour d’un café pour se raconter, la raconter et ainsi de suite. Les scènes avec l’adultérine en vont de même, sans éclat. Ce sont les mêmes dialogues assénés avec une nonchalance nombriliste. Ce à quoi l’on pouvait s’attendre ne viendra pas et la mise en scène de cette rencontre, de ses deux hommes autour d’une femme absente mais au centre de tout se meurt dans la non-action. Et après ?

James Lee semble se regarder à faire du cinéma. Il n’y aucune audace, c’est plat voire triste. Etait-ce voulu de sa part ? Parce que plus on s’enfonce dans leur histoire et plus l’ennui nous happe. Finalement, une porte de secours se montre à l’horizon, les deux hommes se décident à bouger, de cesser avec cet état végétatif. Ils prennent la route parce qu’ils ont une piste qui mène au premier amour de Ling Yue. Before We Fall in Love Again commence alors vraiment, le road movie se met en branle avant que nous déchantions. Le début du film ne viendra pas. Il est mort dans l’œuf. Une scène avec des yakuzas expédiée et l’on retourne d’où l’on vient avant de se quitter pour se retrouver dans un épilogue qui ponctuera l’ensemble, un épilogue qui contrastera avec tout le reste parce que la vie continue semble nous dire l’auteur.

Before We Fall in Love Again de James Lee est un film difficile d’approche. Un film dans lequel on a un certain mal à s’immerger. Un film qui a sans doute des qualités mais difficilement perceptible la première fois. J’en retiendrai surtout les musiques employées de manière ponctuelle ici et là. Notamment les partitions jouées au piano, des musiques judicieusement employées parce qu’elles apportent ce quelque chose qu’on aurait aimé voir tout au long de ce film : une ambiance atmosphérique.

I.D.

Jefri Zain : rapide comme l’éclair : L’Agent (d’assurance) Secret [Cycle Singapour, Malaisie]

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Production en N&B Shaw Brothers et Malay Film Productions, Jefri Zain : rapide comme l’éclair / Jefri Zain : Gerak Kilat (1965) de Jamil Sulong est un film d’espionnage qui parodie le célèbre agent secret britannique.

Jeffrey Zain aka Jeff or Jefri est un agent d’assurance. Il est en réalité un espion qui se lance dans une nouvelle mission après la découverte d’un cadavre. Ce corps sans vie étant celui d’un autre espion, un collègue de service sur lequel il trouve un microfilm. Jeff Zain a alors en sa possession des photos d’une armée clandestine (communiste ?) qui détient énormément d’armes. Ces derniers tentent d’arrêter l’espion dans sa mission…

Jefri Zain : rapide comme l’éclair avait tout de la production « old school » Shaw Brothers qui semblait donner à voir. Un film d’espionnage avec de l’action, un héro charismatique et des méchants (pas gentils) caricaturaux à souhait. Le résultat est tout autre. Si le film parvient à tirer quelques rires ou sourires pour son côté kitsch, il n’en reste pas moins un film long par son faux rythme et trop long parce qu’il est moue et plat. Ce qui importe ce n’est pas de voir des personnages stéréotypés comme il se doit ou bien encore une intrigue aussi linéaire qu’une autoroute. Non, ce n’est pas l’originalité qu’on recherche avec de tel divertissement. On recherche avant tout le bon temps, une certaine extase et jouissance qui nous ramènerait dans l’enfance. Ici, il n’en est malheureusement et tristement rien.

Jefri Zain : rapide comme l’éclair manque justement de rapidité, d’emballement dans l’action. Des films antérieurs y parvenaient, ce n’est donc pas faute à l’époque. La faute en reviendrait peut-être au cinéaste Jamil Sulong qui ne donne aucune âme à son ensemble. Et la belle voiture, les belles femmes et les gadgets ne parviendront pas à rehausser le niveau de cette production bien pâle. Si Jeff Zain a en lui une désinvolture attachante et une cool attitude dans le feu de l’action remarquable, il est peu probable qu’on se souvienne encore de lui et de ses péripéties dans un futur proche. Espérons que les deux épisodes suivants étaient de meilleurs factures ainsi que le spin-off féminin tournés à Hong-Kong par Lo Wei. Par contre, je n’en mettrais pas ma main à couper…

I.D.

Le Grand Attentat : La Rafle [Rétrospective La Tôei]

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Chambara de Eiichi Kudo, Le Grand Attentat / Dai Satsujin (1964) met en scène la rébellion de samouraïs qui désirent ébranler le pouvoir en place.

Jinbo voit sa vie basculer le jour où un ami, recherché par le gouvernement trouve refuge chez lui. La police intervient et les deux hommes sont emmenés, la femme de Jinbo est tuée dans le désordre de l’arrestation. Jinbo parvient alors à s’échapper et fait la rencontre de Hira, un rônin sans le sou. Les complices de l’ami de Jinbo retrouvent ce dernier et lui propose de venger la mort de sa femme en épousant leur cause…

Le Grand Attentat ne respire sans doute pas le talent d’une œuvre mise en scène par le cinéaste Akira Kurosawa mais cette œuvre d’Eiichi Kudo n’en garde pas moins une maîtrise et une expression stylistique qui marquent. Eiichi Kudo réalise une œuvre qui sait tenir son spectateur en haleine. Le cinéaste japonais y parvient notamment avec une exposition qui nous met dans le bain dès les premières images. Une vie de couple tranquille se voit chambouler par l’arrivée d’un agent perturbateur qui emmène avec lui le chaos. Un contraste d’autant plus saisissant que l’entrée en scène de la police s’opère avec une caméra portée, plongée dans le feu de l’action. Poursuite d’une pièce à l’autre, catana dégainé et autre alpagages jusqu’à l’acte qui entraînera notre protagoniste sur le chemin d’un condamné.

Ce chambara qu’est Le Grand Attentat sait aussi être plus classique durant son développement où les intrigues prennent le pas sur l’action. La police enquête et tente de répondre à une hiérarchie qui s’inquiète des félons qui pullulent en rêvant d’une nouvelle ère. Eiichi Kudo calme le jeu et prend le temps de travailler ses cadres, approfondir ses personnages avec toutes les dualités qui les habitent. Il explique la cause qui les motive et sait être à la fois attrayant par la mise en place de sa narration mais aussi claire sur une situation qui oppose des factions antagonistes. Il explique deux mondes, celui du pouvoir et de la police qui torture et tue impunément pour anéantir l’autre monde, celui de samouraïs révoltés de leur condition, des samouraïs pauvres assujettis comme le reste de la population à un nouvel impôt agraire.

Comme il avait su l’entamer avec fracas, Eiichi Kudo ponctue Le Grand Attentat par un dénouement des plus chaotique qui soit. Nos révoltés vont au bout de leur motivation et fomentent un assassinat. Tout y est minutieusement préparé pourtant c’est dans le désordre que les choses se font. L’attaque filmée à nouveau avec une caméra portée se lance dans le marasme de corps au catana prêt à servir. Un bruit de lame qui claque, de corps en mouvement et de cris se mélangent en un marasme obscur où les révoltés à bout de souffle vont jusqu’au bout du sacrifice. Un attentat où tous se savent condamnés qui se réalise dans la campagne japonaise jusque dans un village lequel devient alors un énorme piège à rat à ciel ouvert. Sur la terre ferme et dans l’eau, les combats font rage jusqu’à la ponctuation lugubre.

Le Grand Attentat d’Eiichi Kudo marquera par son exposition et son dénouement à fleur de peau dans lesquels on se perd dans un brouhaha de son et d’action comme si nous étions au milieu des belligérants de cette cause perdue. Le cinéaste nippon parvient également à raconter avec force des portraits d’homme et de femme qui sont prêt à tout les sacrifices pour atteindre leur but mais aussi les aspects les plus sombres comme les trahisons ou bien la lâcheté. Un portrait noir d’une révolte qui parvient à contaminer même les plus désenchantés et inactifs à l’image du personnage de Haru, lequel retrouve une véritable condition de samouraï droit et juste. Une fin monumentale.

I.D.

 
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