mercredi 9 juin 2010

Bi, Dung So ! : Bi et sa famille [49ème Semaine de la Critique - Cannes 2010]

mercredi 9 juin 2010
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Présent à la semaine de la critique de Cannes, Phan Dang Di signe son premier long métrage en tant que réalisateur avec le délicat Bi, Dung So ! (2010) (traduit Bi, n’aies pas peur !).

Bi, est un garçon de 6 ans qui vit à Hanoi avec ses parents, sa tante et leur cuisinière. Vagabond et espiègle, il aime se perdre dans une fabrique de glace et les terrains sauvages bordant la rivière. Après de longues années, son grand père malade revient vivre au Vietnam, pourtant sa présence n’inquiète en rien le père de Bi, qui l’évite et passe son temps à s’enivrer et déserté la maisonnée…

Bi, Dung So ! fait partie de ses films qu’il est difficile de ne pas aimer. Charmant à souhait, il se pare d’une poésie et d’une fraîcheur, incarnée tout particulièrement par le dénommé Bi, un garçonnet espiègle et curieux. Dans une scène d’ouverture étonnante, le cinéaste introduit le chérubin dans une fabrique de glace où ces quelques centimètres flirtent avec les hautes citernes de l’usine. Remarquable. Le garçonnet de 6 ans et son minois transpercent l’écran, et m’ont fait fondre littéralement… Avec Bi, le cinéaste esquisse de magnifiques séquences, souvent drôles, certainement les meilleurs instants du film. Il est toujours simple de toucher avec un tel personnage, mais quand c’est bien fait, c’est à se délecter…

Le premier essai du cinéaste vietnamien n’est pas que l’histoire d’un enfant, elle est aussi celle d’une famille d’Hanoi dont le désir serait la convoitise. Car de désir il ne s’agit que de cela. A travers l’enfant de 6 ans qu’est Bi de devenir un homme, à travers des femmes esseulées, à travers un vieillard en fin de vie… Tout n’est que désir, celui de le raviver ou de le trouver ou le retrouver. Mais comment lorsque que la communication manque, lorsque la pudeur mène à l’isolement ? Par substitution simplement. Alors le désir d’une femme délaissée sera comblé par un élan d’affection, la quête d’une jeune célibataire sera freiné par un amour interdit mais satisfait par une rencontre arrangée…

Phan Dang Di décrit avec Bi, Dung So ! un portrait de famille captivant et de toute beauté. Petit bémol toute même sur une fin qui peine à trouver son dynamisme, le cinéaste se perdant dans une retranscription hasardeuse, d’une compréhension difficile. Malgré tout, Bi, Dung So ! reste un film charmant qui touche par ces personnages, sa poésie et son dépaysement.

Diana

lundi 7 juin 2010

Gonin : D’un rêve d’espoir au cauchemar [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

lundi 7 juin 2010
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Qualifier Gonin (1995) de simple film de Yakuza serait réducteur. Le cinéaste japonais Takashi Ishii s’adonne à une contorsion de styles alliant violence sèche et émotion, et jongle de l’univers sombre des yakuza aux portraits d’hommes des plus communs.

Bandai, un ancien chanteur à succès est propriétaire d’une boîte de nuit. Il croule sous les dettes et doit de l’argent à des yakuzas qui se font de plus en plus insistant. Pour se sortir de cette situation, il fomente un braquage. La cible : les yakuzas. Il réunit autour de lui quatre individus venant d’horizon différent…

Gonin est un petit polar d’ambiance. D’office, Takashi Ishii impose du style à son œuvre. A travers une maîtrise technique, le cinéaste créé un univers particulier amenant tour à tour l’angoisse, le suspense, la noirceur, l’action mais aussi et surtout le drame. Si le démarrage est lent, l’intérêt trouve son point de mire à l’instant du braquage, lorsqu’une effervescence se créé des suites du succès de leur manigance. Mais ce moment de répit sera de courte duré, laissant place à la désillusion lorsqu’ils comprennent que leur coup est loin d’être sans suite… A partir de cet instant, le cinéaste s’adonne à un mélange des genres, tel une démonstration de maître, Takeshi Ishii, s’essaie avec brio à composer des ambiances toutes aussi saisissantes les unes que les autres, se révélant surtout éprouvante. Le cinéaste parvient ainsi à communiquer l’inquiétude qui suit nos protagonistes seconde par seconde. Du salary man, père de famille et son retour macabre au foyer à l’ex-flic déchu au restaurant avec femme et enfant dans une atmosphère qui en une seconde devient menaçante (mécanique sonore) en passant par la relation ambiguë entre Bandai et le gigolo à fleur de peau interprété par Masahiro Motoki (Departures, 2008).

Gonin nous livre une palette d’émotion comme rarement rencontrée. Par le biais de ces portraits de pieds nickelés, Takeshi Ishii instaure une émotion particulière qui happe littéralement le spectateur. Car ces hommes dépeints, malgré leur manigance controversée ne font qu’agir par instinct de survie. Gonin est un film beau, marquant une expérience cinématographie singulière, de par son atmosphère et ces personnages à la fois particulier et si commun. Un film sombre où la tragédie accompagne ces hommes dans une fresque à l’onirisme obscur. Takeshi Ishii signe un long métrage complexe dont il est difficile de retranscrire toute la densité. Peu importe, l’intensité est là, la qualité aussi, Gonin est un grand film.

Diana & I.D.

dimanche 6 juin 2010

Bedevilled : Coup de soleil [49ème Semaine de la Critique - Cannes 2010]

dimanche 6 juin 2010
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Qu'est-ce que Bedevilled / Kim Bok-nam Salinsageonui Jeonmal (2010) de Jang Cheol-soo a de plus qu'un autre film coréen horrifique à tendance gore ? Comment se fait-il qu'un tel film puisse motiver les programmateurs de la 49ème Semaine de la Critique a le retenir au milieu d'une multitude d'autre ? Voir Bedevilled c'est avoir le sentiment du déjà vu et revu. Un film comme il s'en fait beaucoup ici et là.

Hae-won en congés se rend à Moodo, l’île sur laquelle elle a grandi. Elle y retrouve son amie d’enfance Bok-nam, malmenée par son mari et les habitants de l’île. A bout, cette dernière demande de l’aide à Hae-won qui s’y refuse. Bok-nam livrée à elle-même sombre dans le mutisme et va se livrer à une vengeance sans concession...

Bedevilled est un condensé de films qui l'ont précédés. Il n'a rien d'exceptionnel même s'il tente d'être plus beau qu'il ne l'est. Le cinéaste pose l'action, enchaîne les évènements de manière grossière jusqu'au tout sanglant grand-guignolesque. Ce qui manque à ce Bedevilled c'est la coercition, de la consistance, une émotion aussi que l'auteur ne parviendra jamais à insuffler avec sincérité, noyant son sujet dans une surenchère de violence et d’artifice. Une violence amenée encore une fois grossièrement comme s'il fallait seulement montrer l'une des héroïnes malmenée par un entourage détestable pour que cela marche et qu'on emboîte le pas. Le vieil adage cinématographique dit en gros : "lorsque l'injustice frappe le héro, le public épousera sa vengeance". Ce n'est pas tout. Il s'agit de donner du corps à l'ensemble et le premier degré employé se fourvoie dans un résultat a contrario du but recherché. On ne parvient jamais à s'accrocher aux personnages même avec tout le malheur qui s'abat sur eux. Il en devient énervant de voir un cinéma qui se copie/colle les cahiers des charges d'un film à l'autre. L'histoire se voit venir sans surprise, les personnages virent dans le caricatural à l'image du jeu des acteurs, ça en devient lassant et consternant. Ceci toujours au premier degré. Ce cinéma coréen n'est plus que l'ombre de lui-même. Jang Cheol-soo se prend malheureusement trop au sérieux et la fibre dramatique qu'il tente de mettre en scène en devient risible. Et ces acteurs peinturlurés de fond de teint pour faire "bronzer" ? Il n'y a même pas le souci du détails de ce côté-là alors que Seo Yeong-hee (The Chaser, 2008) affiche une dentition au blanc immaculé et pour une paysanne vivant dans un autre siècle qui n'est jamais sorti de son îles... passons. Alors, il pouvait y avoir des choses intéressantes aussi, comme le contraste ville/campagne, citadin/paysans, société moderne/société archaïque mais tout n'est que surface et ne mérite pas qu'on s'y intéresse.

Bedevilled est un film d'horreur qui se voudrait auteurisant sans en avoir la carrure. Tout n’est pas à jeter dans le premier essai de l’ancien assistant réalisateur de Kim Ki-duk, on retiendra un ou deux instants d’émotions plutôt réussis. Sans cela, le film à la fois caricatural, « trop clean » et souvent pompeux, ne convainc pas. Premier coup pour Jang Cheol-soo, espérons une suite plus enthousiasmante…

I.D

samedi 5 juin 2010

La Chine bat la France en match amical : 1 - 0

samedi 5 juin 2010
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Quelle surprise ! Vendredi 4 juin, la Chine a battu la France en match amical 1-0. A J-6, la défaite est inquiétante pour l'équipe des bleus, d’autant que pour cette rencontre elle n’a été confrontée qu’à l’équipe bis de Chine.

C’est le joueur Deng Zhuoxiang qui ouvre le score à la 68ème minute grâce à un tir flottant du gauche. Belle performance aussi du gardien chinois C. Zeng qui a fait un très gros match en assurant des arrêts décisifs. Bravo à la Chine !

Diana

jeudi 3 juin 2010

Black Hair : La Faute [Rétrospective Lee Man-hee]

jeudi 3 juin 2010
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51 films en 15 années d’activité de cinéaste, Lee Man-hee est mis à l’honneur à la Cinémathèque Française à travers douze films. Douze oeuvres pour (re-)découvrir un auteur coréen de renom.

Avec Black Hair / Geomeun meori (1964), Lee Man-hee signe un drame mais pas que. Un mélodrame de gangster serait la meilleur définition de cette œuvre qui dénote un regard propre de metteur en scène.

Dans le milieu du crime organisé, une femme qui trompe son mari est défigurée et répudiée par son mari. Subissant un chantage, la femme du chef de bande se fait violer, elle se retrouve sous le coup de cette règle de vie…

Film noir, Black Hair traite de la culpabilité d’un homme, du courage d’une femme prisonnière d’une condition mais aussi de sujets beaucoup plus sombres tels la drogue et la prostitution. Black Hair est surprenant à cela qu’il dépeint la société sud-coréenne avec une noirceur peu commune. Lee Man-hee s’attache à nous montrer un chef de bande allant à l’encontre des codes établis dans le milieu du crime. Et ce, pour l’amour d’une femme. Il chamboule ainsi les principes qui le régissent et menace son propre statut. Il y a une certaine audace à nous montrer ce malfrat qui s’avère être un homme comme un autre sous le poids de la culpabilité. Certes, il est dur, sans scrupules mais l’émotion, sentiment propre à tous le touche également lorsqu’il perd la seule chose qu’il ait aimé et qu’il aime. La pression du groupe étant, il devient l’une des victimes de ces règles qui dirigent ce milieu et s’y plie.

Mais la véritable victime de ces us et coutumes c’est la femme, échue de son statut social qui subit dès lors la punition du groupe qu’on pourrait qualifier d’acte primitif. Balafrée, pour la marquer et qu’elle soit reconnaissable de tous. Elle devient par cet acte un rebus de ce microcosme où on lui interdit d’effacer ces marques permanentes. On l’oblige à rester avec son violeur, toxicomane de surcroît pour lequel elle se prostitue. La prostitution comme moyen de survie. Là où Black Hair surprend également c’est dans cette façon de nous raconter ces conditions d’hommes et de femmes voguant dans des bas-fonds insalubres. Une carte postale plutôt glauque d’une Corée du Sud rongée par la drogue, scène étonnante pour l’époque où l’on voit les toxicomanes se droguer. Egalement rongée par la prostitution des femmes avec une mise en exergue des maisons clauses et le fonctionnement de ce petit monde.

Black Hair est pourtant une œuvre inégale. Si la réalisation se veut sans surprise bien qu’elle montre par moment des plans intéressants (à l’image de l’antichambre où les hommes jouent aux cartes), la dynamique souffre parfois d’un faux rythme qui égratigne une intrigue qui a tendance à se perdre. Si la première partie du film est la plus réussie par l’intérêt qu’elle suscite, notamment quand le cinéaste s’attarde sur la déchéance de cette femme suite à sa punition. On regrette que le cinéaste sud-coréen justement n’est poursuivit sur le propos de l’emprisonnement psychologique de l’héroïne. On remarquera également (une remarque comme ça, sans véritable fondement) le fétichisme de Lee Man-hee pour les gants de cuir que trois des ses personnages enfilent. Trois hommes : le chef, son bras droit ainsi que le chauffeur de taxi, l’espoir de la femme déchue. Un fétichisme de l’habit qui rappelle d’une certaine manière Jean-Pierre Melville et ses héros arborant trench coat et borsalino. Trois personnages phares représentant la dualité au service de la dramaturgie.

> Rediffusion le samedi 19 juin 2010 à 21h30, salle Georges Franju

I.D.

 
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