mardi 12 janvier 2010

881 : Les Papayes du coeur [Cycle Singapour, Malaisie]

mardi 12 janvier 2010
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881 (2007) est une comédie musicale Singapourienne de Royston Tan (Oui, oui, le même Royston Tan à l’origine de 15, un long métrage noir sur la jeunesse de Singapour). Les allergiques du genre seront prévenus. N’étant pas une grande amatrice, j’ai été surprise par ce long métrage, agréable dans sa globalité malgré une fin longuette plombée par des maladresses.

Les sœurs papayes sont deux jeunes amies inséparables. Leur rêve, devenir chanteuses de Getail, un genre musical traditionnel chinois.

881 vaut le détour pour ses personnages haut en couleur à la fois stéréotypés mais irrésistiblement drôles. On pense à la tante désinhibée et au bon cœur, ayant toujours la phrase et l’attitude pour faire rire. Les deux sœurs de cœur sont pas mal dans leur genre, délurées et complices, leur relation joviale est contagieuse. Sans oublier le fils de la tante, sourd et muet qui ne cesse de s’amuser avec une poule. Voilà une famille comme on les aime, malicieuse et légèrement cinglée…

Autre point fort, les chansons, il s’agit tout de même d’une comédie musicale, rappelons-le. On apprécie ou pas, ça peut navrer comme enchanter, pour ma part j’ai été conquise. Sans pourtant être un sans faute, les chansons sont bien choisies, les chorégraphies aussi, tantôt hilarantes, tantôt émouvantes.

Le point noir est cette fin maladroite, jalonné d’une accumulation de scènes médiocres où l’émotion suscité ne parvient à toucher. La toute fin reste quand même acceptable, Royston Tan a eu un moment de lucidité, ouf !

Donc sans être une comédie musicale à 100% réussie, 881 est un long métrage drôle rempli de vie qui brille par des personnages atypiques et attachants.

> Rediffusion le dimanche 14 février, 17h30, cinéma 1

Diana

lundi 11 janvier 2010

Eric Khoo au centre Pompidou [Cycle Singapour, Malaisie]

lundi 11 janvier 2010
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Comme vous le savez la venue de monsieur Khoo m'a ravie ! Dédicace, photo... Je n'ai pas laissé passer l'occasion de jouer ma groupie. Le cinéaste a répondu chaleureusement aux sollicitation, et c'est tant mieux, car à première vue Eric Khoo ne me parut pas des plus avenant (Photos de la séance ci-dessous).

Bref, relevons surtout que le cycle nous a fait découvrir deux longs métrages inédits, qui sont Mee Pok Man et 12 Storeys. Deux œuvres qui nous ont permis d'appréhender encore mieux la filmographie d'Eric Khoo.

Si l'envie vous dit de découvrir, lire ou relire des critiques de films d'Eric Khoo, c'est par là :

12 Storeys : Singapour [Cycle Singapour, Malaisie]

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Après une première oeuvre remarquée et réussie avec Mee Pok Man (1995), le cinéaste singapourien Eric Khoo met en scène 12 Storeys / Shier Lou (1997). Accessoirement, cette œuvre a été sélectionné au Festival de Cannes en 1997 dans la sélection Un Certain Regard. Il a remporté le prix de la FIPRESCI.

Nous suivons la vie de quelques habitants du douzième étage d’un immeuble HDB (HLM) à Singapour, le Block 173 après le suicide d’un homme. Il y a Meng un jeune homme qui s’occupe de sa sœur de 18 ans et de son jeune frère pendant que leurs parents sont en vacances. San San, une femme obèse et célibataire qui subit les humiliations verbales de sa mère adoptive. Ah Gu qui s’est marié à une chinoise Lili, qu’il a amené à Singapour et dont il découvre un visage qu’il ne connaissait pas…

12 Storeys est un bouillon de vie, de personnages, d’histoires qui se croisent et s’entrecroisent sans jamais réellement se rencontrer. Nous en sommes les témoins privilégiés à l’image du fantôme de l’homme suicidé qui scrute ces vies ponctuellement. Á travers ces différents portraits, Eric Khoo nous offre un Singapour qui vit et transpire dans la solitude, l’ennui, le désenchantement ou bien encore la peur. Il nous offre des portraits simples et touchants parce que terriblement humains et universels. Eric Khoo parvient avec ce condensé d’existences à retranscrire le mal-être que communique une ville ultra urbanisée comme Singapour.

Singapour est montré avec toute ses contradictions et ses maux caractéristiques. Avec 12 Storeys, l’auteur nous montre la crise d’identité liée à l’histoire de cette ville-état. La difficulté qu’ont les individus à communiquer même au sein d’une même famille. On dénote également la mise en accusation du conflit inter-générationnel. Ce sont les souffrances des grandes villes qui sont dépeintes ici avec une relation toute particulière qu’ont certains Singapouriens à leur ville-état et à leurs dirigeants ainsi qu’aux valeurs inculquées. Nous assistons donc à un portrait merveilleusement mis en scène, sans temps morts, un portrait d’autant plus difficile qu’il se veut obscur.

12 Storeys jouit d’une réalisation intelligente et sensible notamment dans sa façon qu’elle a d’exposer le conflit, de décrire ce qui tiraille nos personnages et cela avec une simplicité et une facilité déconcertante de la part de son auteur. Un scénario qui va chercher le vécu au plus profond de nous-mêmes, de nos personnes, de nos instincts pour donner vie à ces personnages qui nous transportent littéralement dans leur vie de citoyen lambda. Les acteurs et actrices parviennent à communiquer aux spectateurs leurs doutes et leurs craintes mais aussi leurs révoltes et leurs envies à tel point qu’ils pourraient être nous (et vice et versa). Il y a dans le propos une fraîcheur surprenante d’autant que le sujet n’est pas nouveau.

12 Storeys livre un portrait singulier. 12 Storeys ce sont ces voisins que le fantôme observe, que nous observons aussi. 12 Storeys ce sont les contemporains d’Eric Khoo que ce dernier contemple. 12 Storeys est Singapour.

> Rediffusions les lundi 1er février 2010, 20h30, Cinéma 1 et lundi 1er mars 2010, 20h, Cinéma 2
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I.D.

Mee Pok Man : Solitude toujours... [Cycle Singapour, Malaisie]

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Invité d’honneur tant attendu (du moins pour Made in Asie, d’ailleurs je n’ai pas hésité à faire ma groupie et j’assume !), Eric Khoo est venu présenter dans le cadre du cycle Singapour, Malaisie, son premier long métrage Mee Pok Man (1995).

Mee Pok Man est un jeune homme simplet qui travaille dans une échoppe de nouilles. Il tombe amoureux de l’une de ses clientes, Bunny, une prostituée.

Ce premier essai est marquant parce qu’il porte déjà la dimension du travail du cinéaste singapourien, de part sa réalisation, ici quelque peu plus atypique que dans ces récents longs (Be With Me, My magic), et de part son inspiration à des thèmes récurrents : la solitude, l’incommunicabilité avec un environnement…

On retrouve dans cet œuvre, ce même personnage simplet présent dans Be With Me et un même sujet qui semble guider le cinéaste : la solitude. Khoo par le biais de deux personnages très différents met en exergue cette souffrance invisible. Ainsi, pour Mee Pok Man, la solitude naîtra de la perte d’un père, cachant une forme de mutisme liée à un manque de repère identitaire. Le jeune homme ne vit que par l’intermédiaire de ce père disparu : le même métier, la même maison et une absence de lien social. A l’inverse, Bunny est une femme qui semble entourer, ses collègues, ses clients, sa famille, mais qui vit au fond le même mal être. Elle rêve de se défaire d’un métier qui la ronge chaque jour et l’a mène à d’interminables désillusions. Khoo dépeint dans cette première partie, des portraits saisissants de réalité. Par le biais d’une caméra intime, il suit ses personnages et le démon de la solitude qui les hante quotidiennement.

Puis dans une deuxième partie on assiste à huis clos au rapprochement de ces deux personnages suite à l’accident de Bunny. On suit alors avec émerveillement et une certaine naïveté, le rêve éveillé d’un jeune homme qui voit son désir le plus fou se réaliser. Bunny, la femme dont il est amoureux est enfin à ces côtés, il peut la toucher, lui parler, la regarder, s’en occupé… Le cinéaste dresse le portrait touchant de cet être, mi homme, mi enfant, animé par une envie universelle qui est celle d’aimer et d’être aimé. On s’arrête l’espace d’un instant sur une scène bouleversante où Mee Pok et Bunny parlent lumière tamisée de leur rêve et de ce qui les anime. Un moment d’une rare émotion où la caméra et le jeu des acteurs ne font plus qu’un. Mais un moment de bonheur qui accusera une suite tragique. Un revirement où le cinéaste dépeint avec noirceur une fin des plus macabres, poussant la souffrance du jeune homme à son paroxysme.

Eric Khoo livre une œuvre qui marque par sa sincérité et son originalité. Sa réalisation personnelle et subtile insuffle au film un vent de modernisme et un talent indéniable. La bande son parfois tonitruante, se veut quasi inexistante à certains instants où l’image prend place et prend toute sa dimension. L’acteur principal qui tient le rôle de Mee Pok Man est incroyable, touchant dans un jeu sensible et naturel. Un film qui touche et bouleverse, laissant un goût amer et une profonde tristesse à la fin de sa projection.

> Rediffusion le mercredi 17 février, 20h, cinéma 1
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Diana

dimanche 10 janvier 2010

I not Stupid : Programme télé [Cycle Singapour, Malaisie]

dimanche 10 janvier 2010
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Film singapourien de Jack Neo, I not Stupid (2002) est une comédie qui livre un portrait de la communauté chinoise entre monde du travail et système scolaire.

Kok Pin, Boon Hok et Terry sont trois élèves d’écoles primaires aux résultats scolaires déplorables. Ils sont relégués dans une classe inférieure. Parallèlement, nous suivons le quotidien de leurs parents qui s’entrecroise…

Il n’y a pas grand-chose à retenir de I not Stupid qui s’apparent plus à un téléfilm d’une chaîne hertzienne française qu’à un film à proprement parlé. Une histoire jouée d’avance, sans surprise avec son lot de gags qui fera sourire ou rire selon les personnes disposées à le faire. Des personnages caricaturaux vus mille et une fois et dont il est de plus en plus difficile de s’attacher. Encore plus lorsque les acteurs sur jouent de manières exagérées. Nous ne sommes pas loin de vouloir leur mettre une paire de claque pour calmer leurs ardeurs verbales sonores qui tapent sur les tympans. La réalisation est celle d’un téléfilm avec en prime une bande son omniprésente pour souligner les sentiments des personnages, rappelant les après-midi d’hiver devant la télé. Il y a également l’éternelle chansonnette aux paroles explicites poussée lors de la dernière partie, véritable mélo qui finira, je vous rassure, bien.

Non, il n’y a pas grand-chose à retenir de I not Stupid de Jack Neo, une entité visuelle qui n’a pas sa place dans une salle de cinéma mais bel et bien dans notre téléviseur avec tout les autres téléfilms du même acabit. Le pire c’est que I not Stupid n’est même pas un grand moment de télévision. J’ai vu mieux ces dernières semaines pour les fêtes de Noël et le niveau n’était déjà pas bien haut, c’est pour dire. Décevant.

> Rediffusion le vendredi 12 février, 19h, cinéma 2

I.D.

 
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