lundi 25 juillet 2011

The Murderer (The Yellow Sea) : Joseonjok

lundi 25 juillet 2011
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Le cinéaste Na Hong-jin avait beaucoup fait parler de lui avec son thriller The Chaser. Il nous revient avec son deuxième long-métrage, The Murderer (The Yellow Sea) / Hwang-hae (2010).

Dans le Yanji, Gun-nam un chauffeur de taxi qui croule sous les dettes joue au mah-jong pour les éponger. Il a emprunté de l’argent à des malfrats pour acheter le visa de sa femme partie pour la Corée du Sud. Il est depuis sans nouvelle d’elle. Myun, le chef de la pègre locale lui propose d’effacer sa dette en assassinant un homme qui vit en Corée du Sud. Gun-nam accepte le contrat avec l’espoir de retrouver sa femme…


dimanche 24 juillet 2011

The Beast Stalker : Le point de convergence

dimanche 24 juillet 2011
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Dante Lam livre un petit polar sous haute tension avec The Beast Stalker / Ching Yan (2008). Il oppose dans un face à face de haute volée Nicholas Tse Ting Fung à Nick Cheang Ka Fai.

Un policier tente de retrouver la fille d’une jeune procureur qui a été enlevée pour faire pression sur une affaire de justice…

The Beast Stalker a le mérite de nous tenir en haleine, à l’heure où le polar hongkongais fait pâle figure. Il y a de l’intensité, une mise en scène maîtrisé, une histoire simple mais efficace, des prestations d’acteurs qui donnent le « la ». Dante Lam met en scène des gueules cassées par la vie, des destins tragiques qui se rencontrent dans une impasse glauque.

Blast (City Under Siege) : Mutants

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Un film de “super-héros” à la sauce hongkongaise ? Blast / Chuen Sing Gai Bei (2010) de Benny Chan Muk Sing (également co-scénariste) est de ceux-là. Le cinéaste surfe sur la mode qui voit depuis ces dernières années un afflux de ces « super-héros » sur les grands écrans qui nous viennent d’Hollywood. On y suit Sunny, un clown de cirque qui rêve de devenir lanceur de couteau à l’image de son père décédé. Il est la risée d’une bande qui travaille avec lui. Un soir, Sunny suit ses collègues qui découvrent un ancien laboratoire de l’armée nippone lequel date de la Seconde Guerre Mondiale. Ils inhalent tous par accident un gaz toxique. Bientôt ils se transforment…

Benny Chan se voit gratifier d’un budget conséquent pour mettre en scène Blast. Qu’en résulte-t-il ? Artistiquement, Benny Chan se débrouille plutôt bien. Il offre une réalisation qui sait être entraînante. Pourtant, il lui manque cette touche qui rend les œuvres si singulières. En gros, Blast c’est un divertissement calibré, honnête sur ce qu’il nous donne à voir. Enfin tout est relatif. Il y a de l’action, de la comédie, des larmes aussi. Qu’est-ce qu’il nous montre justement ? De l’action qui fait plus penser à du wu xia pian qui est ici transporté dans notre univers contemporain. Action câblée pas trop mal chorégraphiée (on reste sur une vision bien hongkongaise) mais quelque peu feignante en vérité. Dommage, le film aurait mérité de sortir du carcan wu xia pianiste et d’inventer son propre univers. Les effets spéciaux ne sont pas terribles. Il y avait pourtant le budget pour (non ?). Disons qu’il manque encore sans doute (à Hong Kong) de l’expérience en la matière. Le scénario n’a rien de transcendant. Les acteurs se tiennent. Décidément, il en résulte quelque chose de désagréable. Plus le film avance et plus le désintérêt grandi. Plus le film avance et plus il est ridicule. L’humour ne passe pas vraiment (ou pas du tout c’est selon). On s’ennuie par moment, notamment avec les scènes plus « posées », et la réalisation dynamique de Benny Chan n’y peut rien. Le personnage de Jacky Wu Jing est pitoyable. Vraiment. Il est d’un grotesque assez navrant. Côté « jeu d’acteur » c’est mal interprété. Ouh que sa « scène lacrymal » est mal jouée, c’est terrible de nullité. Shu Qi fait la belle (on ne va pas se plaindre enfin j’imagine que ce sera surtout la gente masculine qui ne s’en plaindra pas). Zhang Jing Chu porte bien les polos de la marque française au crocodile. Collin Chou Siu Long porte bien les costumes en latex. Intéressons nous à celui qui tient le rôle principal : Aaron Kwok Fu Sing. Il est… n’est toujours pas un bon acteur en 2010. Il porte bien le nez de clown par contre.

Blast après visionnage c’est quoi finalement ? Un pétard mouillé ? Il y a de grande chance. Il est un divertissement voulant concurrencer les grosses cylindrées hollywoodiennes sans y parvenir. Un divertissement qui tire allègrement sur le Z mais sans jamais réussir à donner la couleur : premier, second degré ? Le « tout Z » l’aurait peut-être sauvé. Est-ce une grosse farce ? Ou de ces grosses productions qui se prennent trop au sérieux ? Le résultat est de toute façon décevant. Il n’y a rien à garder. Il y a un côté fauché permanent. Le côté fauché n’est pas un souci en soit tant qu’on s’y amuse. Tant qu’il y a un côté « fun ». Là c’est mou, pathétique, chiant… Blast aka City Under Siege n’a rien d’un film de super-héros, c’est super nul, elle était facile celle-là.

I.D.

jeudi 21 juillet 2011

The Crazy Family : Une famille japonaise

jeudi 21 juillet 2011
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A travers une caricature (plaisante) d’une famille japonaise moyenne, Sogo Ishii signe avec The Crazy Family / Gyakufunsha kazoku (1984) une satire sociale jouissive.

La famille Kobayashi emménage dans une nouvelle maison. Le père est un salarié modèle, la mère est une femme au foyer au petit soin, le fils étudie assidûment pour entrer à l’université et la petite dernière rêve de devenir une « idole ». Bientôt, le grand-père emménage chez eux…

Comédie drôle et emprunte d’une noirceur corrosive, The Crazy Family s’amuse à nous dépeindre le portrait d’une famille modèle qui semble bien sous tout rapport, en surface seulement. Dans une économie prospère, celle du Japon des années 1980, Sogo Ishii nous montre cette famille qui acquiert une maison, symbole de réussite sociale. Une réussite qui aura un effet pervers pour ses membres puisqu’ils s’enferment dès lors petit à petit dans une bulle qui les sépare les uns et des autres. On sent l’éclatement de la cellule familiale poindre, un état de fait qui se produira avec l’arrivée du grand-père qui prend ses aises dans cette nouvelle demeure. Ce personnage du grand-père amorce l’auto-destruction des membres d’une famille qui entre en conflit. Un conflit violent et chaotique qui, dans une joyeuse hystérie collective, nous montre combien le cinéaste japonais aime tourner les situations en ridicule. Un cynisme qui l’habite jusque dans les clins d’oeils parodiques de films d’horreur ou de guerre, à travers lesquelles l’auteur nous offre une œuvre totalement décalée, nous plongeant avec plaisir dans la psychose de ses personnages.

The Crazy Family est une comédie déjantée qui sait être inventive et qui est savamment mise en scène par Sogo Ishii. Une réflexion sur le véritable idéal familial où la propriété n’est pas une fin en soit ou comment détruire un simulacre de « belle vie » pour reconstruire un idéal « sain ».

I.D.

mercredi 20 juillet 2011

Crazy Thunder Road : Guérilla urbaine

mercredi 20 juillet 2011
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Dynamite Production présente Crazy Thunder Road / Kuruizaki Sandâ Rôdo (1980) de Sogo Ishii. Un film explosif.

Dans un futur proche, au milieu d’un environnement désolé, des gangs de bosozokus (motards) s’affrontent. Le leader du gang Maboroshi décide de raccrocher après avoir trouvé l’amour, c’est sans compter sur le désinvolte Jin qui décide de mener le combat contre les autres gangs. Bientôt, il se retrouve acculé et se retrouve embrigadé dans un groupuscule ultra-nationaliste. Mais très vite, il se défait de cette organisation. Il se retrouve seul conte tous…

On se prend une sacrée mandale tout au long de Crazy Thunder Road, une œuvre punk qui est à la fois violente, rageuse et destructrice. Sogo Ishii a de la rage à revendre et il ne se gêne pas le bougre. Il engage de vrais bosozokus, met en scène son film avec les moyens du bord (ceux d’un étudiant en cinéma) à l’image du système D utilisé. Il emploie une caméra à l’épaule nerveuse. Réalise dans un univers de film d’anticipation un pamphlet contre l’idéologie d’extrême droite, un brûlot anti-militariste en traitant de jeunes qui souffrent et qui n’ont pas leur place dans la société. L’ensemble se veut nihiliste et glauque. Une aura de contestation flotte sur cette œuvre, qui est depuis, devenu culte. Culte parce qu’elle a su créer un univers qui a influencé une flopée d’artiste par la suite (cinéma, manga, musique,…) avec son ambiance cyberpunk aux allures post-apocalyptiques. Tel un électron libre, Sogo Ishii à l’image de son personnage Jin (interprété par un très bon Tatsuo Yamada) a cette désinvolture brutale et sans concession. Dans le chaos d’un environnement urbain vétuste, Sogo Ishii ne recule devant rien et nous lance un cocktail Molotov cinématographique hautement subversif.

 
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