dimanche 16 mai 2010

Furyo : Prisonniers [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

dimanche 16 mai 2010

Furyo / Senjô no meri kurisumasu (1983) de Nagisa Oshima déroule son récit sur l’île de Java durant la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais y dirigent un camp de prisonniers aux nationalités diverses. Le capitaine Yonoï emprunt d’une certaine humanité en est à la tête. Il est secondé par le sergent Hara au comportement brutal. L’ordre établit va s’en retrouver bouleversé après l’arrivée du major Celliers…

Furyo sonne les débuts au cinéma de Takeshi Kitano dans le rôle du sergent Hara. Ce film de Nagisa Oshima offre un casting international où David Bowie partage l’affiche avec Ryûichi Sakamoto. Le cinéaste japonais y explorait à nouveau un thème qu’il a développé au cours de sa carrière : les constructions sociales minées par l’amour. Il y dépeint notamment l’ambiance qui régnait dans les camps de prisonniers tenus par les Japonais. Il y relate un tableau peu complaisant où la violence était le lot quotidien qu’enduraient les détenus. Furyo s’avère aussi l’un des films les plus connus de son auteur devenu culte par une bande son qui trotte encore après sa vision mais aussi par certaine scène ainsi que des répliques comme celle qui clôture ce long métrage.

Je garde de Furyo un bon souvenir. Un film vu il y a déjà quelques années maintenant. La chance de le revoir dans le cadre de la rétrospective de Takeshi Kitano au Centre Pompidou a atténué mon regard à son sujet. Revoir ce film après tant d’année a faussé le jugement que je pouvais lui porter. Après coup, je trouve que cette œuvre de Nagisa Oshima a mal vieilli. Elle souffre d’un faux rythme accusant un certain ennui. La dramaturgie, l’émotion ne sont pas au rendez-vous. Furyo s’avère même parfois plat. Un constat amer me vient alors. J’aurais aimé garder en mémoire le point de vue que je gardais de lui auparavant.
I.D.

Nagisa Oshima signe un film d’un ennui sans précédent. J’ai tenté pourtant de trouver un intérêt à Furyo mais difficile de tenir devant cette trame mal exploitée. Et ce ne sont pas les flashbacks du major Celliers qui attesteront du contraire. Ces scènes longuettes et répétitives, tentant d’instaurer une fausse émotion, sont vaines et inutiles. Pourtant il y avait certainement matière à construire un film bien plus profond avec ce flottement sentimental entre Yonoi et Celliers dans ce contexte particulier. Il y a ce côté superficiel qui rend difficile l’attachement aux personnages, tout autant qu’aux histoires. S’il n’y avait qu’un intérêt dans Furyo c’est celui d’assister aux premiers pas d’un jeune acteur Kitano, devenu depuis enfant chéri d’un pays… Offrant en passant l’unique instant marquant du film.
Diana

6 commentaires:

Xavier a dit…

Après avoir lu cet article, je vais sur le champ me faire Seppuku!

David Tredler a dit…

Mmmmm... Vos avis négatifs me donnent envie de le revoir, moi qui en ai un très bon souvenir...

I.D. a dit…

Ouais, bah j'espère que tu n'auras pas le même désappointement que moi David. Et sache Xavier, que le seppuku c'était durant la séance et après coup que j'ai voulu me l'affliger.
Est-ce du à mon jeune âge de l'époque ? Je l'avais vu lors d'une diffusion télé. J'avais bien accroché. Vraiment emballé. Et puis là... pourtant je n'étais pas fatigué, j'étais bien, dans une situation adéquate pour le vivre pleinement. Pas de perturbateur. Nickel. Je me disais même que Diana allait voir un film "important" (après tout est relatif) et j'ai été déçu de le revoir. D'ailleurs, je l'ai même noté sur le souvenir que j'en avais sur Cinémasie. Un 3.75 super bonne note. Aujourd'hui si c'était à refaire, je reverais peut-être bien la note à 2.75 ou 3. Parce qu'il a des qualités indéniables. Mais... peut-être que depuis j'ai vu d'autre film qui traitait mieux de ce sujet ou du moins avec un regard qui me parlait plus.

Xavier a dit…

Mais justement, quelles sont ces qualités indéniables (si tu as envie d'en parler, évidemment, tu n'as pas le couteau sous la gorge)? Car au vu de cet article, on dirait que ce film n'a pas d'intérêt. Or, je pense que son regard sans concession sur les "valeurs" et "traditions" japonaises est encore aujourd'hui assez fort. Il faudrait que je le revois également, bien que je garde en mémoire quelques scènes mémorables (le baiser entre Bowie et Sakamoto, les flash-back sur l'enfance de Bowie, les scènes avec Kitano), cet espèce de sentiment d'avoir affaire à un film contestataire de la Nouvelle Vague réalisé vingt and plus tard, cette musique culte -qu'on ne mentionne pas du tout dans l'article-. J'ai du mal à croire que Furyo soit "plat", vraiment.

Pour la petite anecdote, à l'époque de sa présentation à Cannes, beaucoup de journalistes voyaient en Furyo la Palme d'or, obtenue finalement par Imamura et son plus "classique et très japonais" Narayama.

I.D. a dit…

Je m'auto-cite :
> "culte par une bande son qui trotte encore après sa vision"

Tu vois que j'en parle de cette musique. OK, je dis "bande son" et pas BA. Une spéciale pour la mélodie qui ouvre le métrage.

Ensuite. Les qualités indéniables sont, c'est personnel : certaine chose dans la mise en scène, pas tout, après coup je la trouve vraiment plate, c'est un sentiment d'ensemble, je pense. Les interprétations, une partie de son scénario et la musique employée. C'est ce qui pour moi n'a pas vraiment changé. Si ce n'est Bowie, que j'ai trouvé un peu fade.

Ce sentiment c'est que je le trouve vieillot. Je viens de le voir ce samedi, c'est donc encore frais. Et je l'avais pourtant aimé par le passé. Pourquoi je n'ai pas le même sentiment avec certaines de ses autres oeuvres ? Mais quelque chose ne fonctionne plus. Est-ce que cela s'explique ? je ne sais pas. Ok, tu parles d'un regard sans concession sur les valeurs et les traditions japonaises. J'avais parfois plus le sentiment de voir un film pour occidentaux qui définirait le japonais et dirait regardez-les mes compatriotes japonais dans leur folie du hara-kiri etc... est-ce son casting international que me fait penser ceci ? Sans doute, va savoir. Certaines de tes scènes mémorables, je trouve qu'elles n'ont plus le même impactes. La scène du baiser, je l'attendais, je la voyais venir et finalement, j'ai trouvé qu'il n'y avait pas d'intensité. Ouais, bof. Les flash-back du passé de Bowie, non merci. Je les ai en horreur et ces scènes, je ne m'en souvenais justement plus avant de le revoir. La chanson chanté par le petit frangin bossu, j'avais envie de lui faire bouffer ses dents ! Horrible. Même cette scène avec Kitano bourré qui libère nos deux soldats pour Noël, j'ai trouvé ça... plat. Aucune osmose, de complicité dans le regard des acteurs. Finalement, un sentiment bizarre comme si je n'étais pas conserné. Les acteurs ne sont pas parvenus à me happer, ni l'histoire par ailleurs.

Et je terminerai par dire Viva et hourra à La Ballade de Narayama ! pour ce classique et très japonais Imamura. Très bon film qui ne m'a pas dessus un seul instant la 2ème et 3ème fois que je l'ai vu.

Je reverrai Furyo dans un peu plus de 10 ans et je ferais un nouveau constat à son sujet. Voir, si les choses ont changées.

Xavier a dit…

Ah merde, pour la musique, j'ai tellement retenu le reste que ça m'est sorti de l'esprit. Merci pour l'ensemble de tes propos, on ne va pas te forcer à aimer, c'est sûr.

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