lundi 16 mai 2011

On The Run : Money time

lundi 16 mai 2011
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Tu vois ce film là ? On The Run / Mong ming yuen yeung (1988) de Alfred Cheung Kin Ting. Tu l’as vu ? Pas encore ? Tu peux te l’imaginer ? Tu vas le voir ? Et bah ce film-là, noir et sans concession, c’est pour ça et seulement ça que je l’aime (et que beaucoup aiment) ce cinéma hongkongais (HK, tout court) comme il se faisait dans les années 80 et 90. Ici c’est eighties et on savoure, savoure et savoure, encore et toujours.

Une responsable des stups qui va divorcer de Ming également policier est abattue dans un restaurant. Ce dernier tente de lever le voile sur son meurtre et découvre l’implication de policiers des stups. Certains d’entre eux baignent dans un trafic de drogue. Ming retrouve la tueuse mais est très vite pris pour cible par les policiers des stups qui tentent d’éliminer l’ensemble des témoins…

On The Run c’est dur. Une mitraillette qui arrose. Sans concession. L’histoire est désespérée à l’image de ses personnages aux abois à l’approche du joug que représente la rétrocession de 1997. On The Run c’est noir et violent, rythmé par une musique très eighties. Il y a de l’émotion, un certain suspense distillé dans cette nuit où suintent le glauque, le sale et le désespoir outrancier. On oublie tout espoir dans cette tension, cette pression qui montent en crescendo jusqu’au dénouement qui claque comme une balle en plein œil. Polar mélodramatique, On The Run se base sur un scénario simple, une histoire d’un aspect linéaire mais qui n’ennuie pas. Loin de là. Si l’on n’a pas à faire à une grande mise en scène (quoiqu’il faille voir certains cadres, plans et séquences montées) l’ensemble est bien mené. Cette réalisation froide est prenante, proche du cinéma d’un Ringo Lam ou d’un Kirk Wong de l’époque, un cinéma viscéral.

Et que dire des personnages et des interprétations de ce On The Run ? On adore ces « méchants ». Ces flics avec des tronches de voyous (la caricature du voyou cela va de soit), génial. Yuen Biao, l’anti-héros par excellence qui est en veut à la tueuse, pas pour avoir tuer sa femme à proprement parlé mais avoir tuée la seule personne (le seul espoir) qui pouvait le faire partir de Hong Kong (pour le Canada) avant la rétrocession ! Doublement génial. Yuen Biao justement démontre qu’il n’est pas qu’un artiste martial. La performance n’est pas exceptionnelle mais il y a un « truc » chez lui qui rend son interprétation forte et convaincante. Patricia Ha Man Jing, la tueuse froide à la cigarette thaïlandaise est parfaite. Un personnage bien écrit aussi bien dans le feu de l’action que dans des moments plus posés où elle révèle une toute autre nature. Le reste du casting est du même acabit dont quelques noms force le respect.

On The Run c’est un film HK réaliste comme on les aime. Un film culte indubitablement qui s’inscrit dans la longue liste des films HK à ne pas louper, à vivre et à revivre.

I.D.

dimanche 15 mai 2011

"Le" restaurant Wen Zhou de Belleville

dimanche 15 mai 2011
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Il y a deux semaines au réveil, une envie irrépressible me prit : manger de la cuisine Wenzhou. Etant à cinq kilomètres du quartier de prédilection – Belleville – je me pare de ma tenue du dimanche, accompagnée de mon cher I.D. toujours partant pour un déjeuner gourmand. Consciente des conséquences de ma fringale dominicale, je décide de privilégier la marche pour me rendre chez l’un des meilleurs restaurant Wenzhou de Belleville, nommé en toute simplicité : Restaurant Wenzhou.

La vitrine est à l’honneur de Monsieur Alexandre Wu, le patron de l’établissement : articles de presse fièrement exposés, en majorité sur les fameuses brioches farcies « Maison ». D’ailleurs à l’intérieur du restaurant, une partie est entièrement consacrée à ces bouchées souvent consommer à emporter. Vous constaterez bien vite, si vous mangez sur place, le bal des clients qui vont et viennent uniquement pour s’approvisionner.

Une fois assis, nous débutons par les inconditionnels brioches au porc laqué et galettes aux légumes salés (qui sont souvent des feuilles de moutarde). Les brioches fumantes arrivent sur la table. Nous nous délectons. D’autres choix sont possibles en entrée (dont divers raviolis).

Pour le plat, j’ai opté cette fois pour des nouilles sautées au poulet et ciboule. La cuisson des nouilles était bonne, ferme, et l’assaisonnement à base de sauce d’huitre goûteuse. I.D. a choisi un plat plus particulier, des tripes sautées aux carrés de sang de porc (une sorte de boudin locale, qu’on utilise beaucoup dans les soupes ou le gruau de riz). Il s’agissait d’intestins coupées en rondelle accompagné d’une sauce et d’aromate. Pour les moins aventureux, le descriptif pourra vous paraître peu attrayant, mais à la dégustation, les ingrédients sont vite oubliés au profit du goût.

Nouilles sautées au poulet

Tripes sautées aux carrés de sang
A nos précédents passages, nous avions été conquis par les soupes à base de légumes et viandes (très copieuses).

Le service est agréable et rapide. Le patron a le contact facile. Les discussions entre la clientèle du restaurant vont ainsi bon train.

Les tarifs restent raisonnables, dans la moyenne pratiquée dans le quartier, entre 6 à 8 euros pour un plat. Les brioches sont à moins d’1 euro.

Bref, une bonne adresse pour découvrir une cuisine traditionnelle et provinciale de Wenzhou.

Restaurant WenZhou / Salon de thé WenZhou
24 Rue de Belleville, 75020 Paris
Horaires 10 h – 20h
Métro : Belleville
Diana

vendredi 13 mai 2011

Hazard : A penny

vendredi 13 mai 2011
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Joe Odagiri, New York, l’apprentissage de l’anglais, les braquages, le langage cru, la crème glacée au speedball, Hazard / Hazâdo (2005) est une échappée folle et furieuse de Sion Sono.

Shin est un étudiant japonais qui arrête ses études, lassé d’une vie qu’il trouve ennuyeuse. Il se rend à New York pour retrouver un nouveau souffle. Une fois sur place, il se fait voler et se retrouve sans rien. Alors qu’il vole de quoi manger dans une épicerie, il fait la connaissance de Lee et Takeda, deux voyous d’origine japonaise. Ces derniers l’embarquent dans un voyage initiatique faite d’une liberté exacerbée et violente…

Hazard c’est en gros un cocktail Molotov qui nous est envoyé en pleine face, enfin presque. Sono Sion dépeint une poignée de jeunes à l’état d’esprits nihilistes, motivés par des ambitions qui restent mal définies. On ne sait s’ils cherchent vraiment à s’enrichir. Une chose est sûre, ils souhaitent pouvoir jouir d’une liberté sans limite, une liberté qui leur permettrait de ne rendre de compte à personne. Le cinéaste japonais nous les montre sans prendre position. Il les laisse vivre devant sa caméra qui attrape au vol leurs instants de vie en plan-séquence. Sono Sion se libère de tout carcan de mise en scène, aussi libre que ses personnages qui vont et viennent devant l’objectif de sa caméra. Rarement une œuvre de cinéma n’aura su insuffler un tel vent de liberté, un vent d’insouciance contaminant. Nous sommes projetés parmi Shin et ses deux comparses, projetés dans cette balade enivrée prise sur le vif où le lendemain n’existe plus.

Au générique de fin de Hazard, on en ressort un peu hagard. On aurait voulu que l’expérience continue et qu’elle nous emmène encore plus loin. C’est après une certaine réflexion qu’on se rend compte du chemin traversé. Shin quitte un Japon léthargique pour une contrée qui lui permettra de casser sa routine. Il s’envole pour les Etats-Unis, une Amérique qu’il fantasme. Pourtant au contact de ce « rêve américain », il est vite ramené à une réalité qui n’est pas tendre avec lui. Mais il est à nouveau vivant. Shin n’est alors qu’au début de son voyage initiatique. Un voyage qui a débuté en fuyant une certaine forme d’aliénation dans laquelle ses concitoyens japonais se complaisent. Sans en prendre conscience, il va muter après s’être libéré de ses chaînes et en poussant ses propres limites au contact de Lee, personnage haut en couleur, excessif, désinvolte et irrespectueux. Il est rempli d’une énergie qu’il va communiquer à son nouvel acolyte, Shin, jusqu’à ce que ce dernier ne revienne sur les lieux de son ancienne vie...

Hazard est une œuvre réussie dans cette autre façon de raconter le voyage initiatique, un voyage nécessaire à un personnage qui se mourrait dans une routine. Sono Sion parvient à nous enivrer et à nous interpeller, d’une certaine manière, sur nos conditions. Chapeau bas.

I.D.

Merantau : Pencak Silat revival

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Tu seras un homme mon fils… voilà une rengaine qui pourrait entamer Merantau (2009) du britannique Gareth Evans. Le « merantau » est un rite de passage à l’âge adulte.

Yuda qui pratique l’art martial silat quitte son village pour la ville de Jakarta. Il part y faire son « merantau ». Alors qu’il pourchasse un enfant qui vient de le voler il croise le chemin d’Astri, une danseuse dans un bar qui a des ennuis avec son patron. Il intervient…

Le film indonésien d’action Merantau est donc ce jeune campagnard naïf qui va devoir affronter les vices de la ville infectée de sales types. Pire encore, il va devoir affronter des méchants hommes blancs qui gèrent un trafic de prostituées pour sauver sa « belle ». La « belle » pour le coup c’est Scisca Jessica. Y a toujours une fille comme leitmotiv, toujours. Bon. Passé ces quelques clichés bien gras ce Merantau s’avère plutôt prenant. Il y a une histoire qui se vit, de la fluidité dans les combats et des acteurs convaincants, enfin pas chez les méchants (qui manquent d’ailleurs de « punch » dans les combats). La mise en scène de Gareth Evans est respectable surtout dans l’action. Elle laisse voir correctement les affrontements. On assiste donc à de bons combats, de bonnes chorégraphies, en bref à des scènes qui nous emballent et où l’on retrouve des choses - déjà-vus, typiques des films d’actions notamment certaines scènes de films de Jacky Chan. On pourrait également souligner la scène d’ouverture sur une démonstration de silat qui rappellera inévitablement les films de Liu Chia-liang pour nous mettre dans le bain. Pour parler de l’art martial Pencak Silat, je ne suis pas sûr qu’on assiste à chaque fois à du silat à proprement parlé mais d’un mélange avec d’autre arts martiaux. Peu importe. Ce n’est pas un film sur le silat mais le merantau. Et le merantau c’est aussi savoir faire face à l’adversité. De ce fait, s’adapter pour mieux s’en sortir, non ? Ce n’est donc pas un problème en ce qui me concerne.

Merantau est un bon film. Il nous donne de l’action, de la romance et du drame. Il est bien rythmé et son acteur principal Iko Uwais en plus d’être un bon artiste martial est bon acteur. On espère que la découverte de ce jeune homme verra d’autre projet de cet acabit, avec une plus grande ambition encore.

I.D.

mercredi 11 mai 2011

Le 64ème Festival de Cannes et sa sélection asiatique

mercredi 11 mai 2011
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Ce soir sonne l'ouverture de la 64ème édition du Festival de Cannes. L’œil aiguisé sur la sélection officielle et les sections parallèles, nous avons eu le plaisir de découvrir une sélection de films asiatiques florissante. Des figures familières viendront caresser les écrans du festival (Naomi Kawase, Takashi Miike, Kim Ki-Duk), ainsi que certains chouchous ardemment soutenus ici (Je demande messieurs Eric Khoo et Rithy Panh). Du beau monde, des jeunes pousses, et une agréable représentativité du continent asiatique, de l'Iran à l'Inde, du Cambodge aux Philippines. Sans oublier la présence de Johnny To en tant que jury de la compétition officielle et Bong Joon-Ho dans celui de la Caméra d’Or.

Découvrez le programme !

SELECTION OFFICIELLE 2011
Compétition
HANEZU NO TSUKI réalisé par Naomi KAWASE (Japon)
ICHIMEI réalisé par Takashi MIIKE (Japon)
BIR ZAMANLAR ANADOLU'DA réalisé par Nuri Bilge CEYLAN (Turquie)

Un Certain Regard
ARIRANG réalisé par KIM Ki-Duk (Corée du sud)
TATSUMI réalisé par Eric KHOO (Singapour)
THE DAY HE ARRIVES réalisé par HONG Sangsoo (Corée du sud)
THE MURDERER (THE YELLOW SEA) réalisé par NA Hong-Jin (Corée du sud)
Hors Compétition
WU XIA réalisé par Peter Ho-Sun CHAN (Hong-Kong)
BOLLYWOOD-THE GREATEST LOVE STORY EVER TOLD (BOLLYWOOD- LA PLUS BELLE HISTOIRE D'AMOUR) réalisé par Rakeysh OMPRAKASH MEHRA, Jeff ZIMBALIST (Inde)

Séances spéciales
DUCH, LE MAÎTRE DES FORGES DE L'ENFER réalisé par Rithy PANH (Cambodge)
IN FILM NIST (CECI N'EST PAS UN FILM) réalisé par Mojtaba MIRTAHMASB, Jafar PANAHI (Iran)

Cinéfondation
YA-GAN-BI-HANG réalisé par SON Tae-gyum (Corée du sud)

Courts métrages
PATERNAL WOMB réalisé par Megumi TAZAKI (Japon)

50ème SEMAINE DE LA CRITIQUE DE CANNES 2011
Finis Operis (Bul-Myul-Ui-Sa-Na-Ie) Moon Byoung-gon (Corée du Sud)
In Front of the House Lee Tae-ho (Corée du Sud)

QUINZAINE DES REALISATEURS
Longs métrages
Busong (Palawan Destin), Auraeus Solito (Philippines)
Chatrak, Vimukthi Jayasundara (Inde)

Séances spéciales
Koi no Tsumi réalisé par Sion Sono (Japon)

Diana

 
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