lundi 9 novembre 2009

Portrait de famille : En route vers mon père [Festival Franco-Coréen]

lundi 9 novembre 2009
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Le jeune réalisateur Kim Young-jo décide pour son documentaire de fin d’études Portrait de famille (2007) d’aborder un sujet qui lui est personnel et cher : la découverte de l’existence d’un père qu’il croyait décédé.

Kim Young-jo souffre de l’absence de son père et développe une curiosité à son égard. Sa mère lui apprend la vérité à son sujet : il n’est pas mort et est parti à sa naissance en faisant acte d’abandon. Aujourd’hui, ce père est marié à une autre femme et a une famille. Suite à cette révélation Young-jo décide d’aller à sa rencontre…

Portrait de famille va au-delà de tout sentiment pudique. L’auteur Kim Young-jo dépasse cet état pour se mettre en scène dans ce documentaire où il est le principal protagoniste. Il fait le choix d’un sujet qui le concerne en tentant de comprendre la disparition d’un père et d’aller à sa rencontre pour le connaître et trouver réponses à des interrogations qui perturbent l’existence de l’homme qu’il est. Pour ce faire, le cinéaste se filme et filme ses proches (mère, tantes, amies…), se lançant dans une investigation qui le mènera jusqu’à l’être absent de sa vie : son père.

Pourtant, Portrait de famille interroge sur la mise en scène employée. Une mise en scène tellement présente qu’elle tue le style documentaire, donnant l’impression d’assister à un docu-fiction. On sent un naturel faussé dans sa réalisation, renforcé par un montage qui laisse peu de place à l’improvisation. A tel point qu’on se demande si Kim Young-jo ne joue pas son propre rôle au lieu d’être tout simplement lui-même. Autre chose frappe : la dextérité dont font preuve la mère et le père face caméra, totalement désinhibés devant l’objectif : sont-ils familiers du fait ? Les scènes ont-elles étaient faites et refaites à plusieurs reprises… ? Une incompréhension et un manque de spontanéité nt : comment a-t-il pu imposer l’immersion si parfaite de sa caméra au sein de sa démarche, avant tout personnel ?

On peut comprendre le montage, puisqu’il en existe comme dans tout documentaire, mais il y a ce quelque chose de perturbant dans la façon dont les protagonistes s’adressent à la caméra, sans gène, sans timidité, sans hésitation ni même rire nerveux. On a davantage de plaisir à contempler et à saisir le sens de sa démarche dans les plans où la caméra se cache, témoin discret d’une rencontre si particulière. Le sujet est délicat et l’acceptation de la caméra d’un homme qui a pour passé l’abandon d’un enfant semble difficilement crédible. Un homme, un père qui accuse 30 ans de silence et d’absence.

Ne mettant pas en doute la sincérité de la démarche de l’auteur, que ce soit d’un point de vue personnel, que dans la volonté qu’il a de révéler un sujet répandu, mal-être d’un enfant orphelin d’un parent, Portrait de famille laisse derrière lui un aspect dérangeant dans sa forme. Il n’en reste pas moins un beau projet universel qui marque indéniablement.

Diana & I.D

The Mountain in the front : Vie d’artiste [Festival Franco-Coréen]

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The Mountain in the front / La colline d’en face (2009) est un documentaire de Kim Jee-hyun qui met en scène l’artiste peintre, Jin-kyung. On suit l’installation de l’artiste dans la ville de Hongcheon après avoir perdu son atelier dans un incendie. Elle récupère des effets personnels brûlés et en réalise des balles de tissus tout en préparant sa prochaine exposition…

The Mountain in the front est le portrait d’une femme ; d’une femme-artiste à la fois touchant pour son rapport à nous montrer l’intime entre les interrogations, les doutes, les difficultés qu’elle rencontre mais aussi captivant pour y voir la création, l’art qui naît sous nos yeux. Un certain amateurisme (faussement amateur) dans la réalisation donne à l’ensemble le sentiment d’assister à la projection d’une vidéo de famille. Nous sommes dans l’ordre de l’intime. Ce rapport, défini un lien direct avec l’artiste, une complicité s’engage dès lors. Cette manière d’opérer apporte au contenu un témoignage tout particulier. On vit avec elle ses tracas, le rapport à l’art et son impact avec la population.

Ce documentaire de Kim Jee-hyun pourrait en débouter plus d’un. Tout d’abord une réalisation peu orthodoxe dans sa corrélation avec le sujet filmé. La vie d’une artiste peintre méconnue en France pourrait désintéresser d’autant plus que comme tout artiste (sans vouloir faire de généralité), Jin-kyung a une façon bien à elle de vivre sa vie. Pourtant, il en ressort une facilité d’observation, une communication par le regard qui instaure un climat propice à faire de The Mountain in the front, une œuvre singulière. Une œuvre dans laquelle on se laisse immerger le temps d’une rencontre fortuite, une rencontre éphémère, un lien lointain qui perdura comme si l’on visitait et abandonnait une connaissance qui se raconte.

The Mountain in the front est une jolie petite surprise qui touche par sa simplicité, son sujet traité et qui parvient à faire véhiculer une approche différente à l’art.

I.D.

M : Mémoire d'un premier amour [Festival Franco-Coréen]

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Voilà un film qui a beaucoup divisé lors de sa sortie, huitième films de Lee Myung-se, M (2007) est une œuvre multi-facette. Elle nous fait voyager d’un genre à l’autre entre le mélodrame, le fantastique ou bien encore le film à suspens.

Han Min-woo est un écrivain à succès qui souffre de la page blanche. Il ne parvient pas à commencer son nouveau roman qu’attend avec impatience son éditeur. Il se retrouve alors dans un bar où il fait la connaissance d’une jeune femme, Mimi. Des souvenirs lui reviennent alors en mémoire…

M dénote par une originalité peu commune. Si la réalisation est parfois brouillonne où se mêle un patchwork d’effets de style, elle n’en reste pas moins surprenante pour son côté expérimental. Pourtant, si ce côté différent dans la réalisation interpelle et étonne, elle n’évite malheureusement pas certaines longueurs qui viennent alourdir le récit. Le film lasse par moment bien qu’il nous invite à poursuivre et à l’accompagner sur un sujet touchant et plutôt bien exploité par le cinéaste. M relate le traumatisme de la perte d’un être cher qui hante le personnage principal, un écrivain à succès qui semble passer par différent stade : la folie, le rêve (cauchemar), la perte de mémoire ou bien encore les hallucinations.

L’écrivain vit dans un double univers où se mêlent vie réel et imaginaire. Cette immersion dans l’imaginaire débute à la date du décès de son premier amour, un dimanche 20 août. Dès lors l’homme perd tous repères, avec des perceptions faussées voir décuplées où il se projette dans des instants du passé mais aussi dans un présent (en parallèle). Des moments quelquefois irrésistibles que nous offre le cinéaste tels les scènes au bar Lupin tant sur un plan cinématographique qu’émotionnel. M crée alors une relation fantasmagorique avec cette image du passé qu’est Mimi, relation qui résonne au quotidien dans l’oreille de Han Min-woo et qui le perdra dans une certaine folie, un délire qui passe du rêve au cauchemar, et vice et versa.

M est une œuvre cinématographique audacieuse et complexe. Si le sujet semble banal dans le fond par l’éternel questionnement du deuil, le cinéaste prend le parti de la transparence, en retranscrivant visuellement le traumatisme, et de nous immerger ainsi dans l’univers psychique de cet écrivain. Une immersion complexe mais que l’auteur parvient à imposer par une mise en scène originale voire complètement étrange, à l’image de l’univers dans lequel évolue le personnage, et une sensibilité (décalée c’est certain) du sentiment amoureux et plus globalement de la relation amoureuse. Sensibilité qu’il impose au travers des pensées en voix off de l’irrésistible Mimi et de l’émotion tiraillé de Han Min-woo.

On pourrait reprocher à l’œuvre ces quelques longueurs et l’aspect parfois brouillon de sa réalisation, mais n’en déplaise à nombres de critiques, M vaut le détour, pour son audace et pour sa sensibilité. L’œuvre touche et perturbe, tout autant qu’elle étonne. Lee Myung-se ne fait ni dans la dentelle, ni dans le conventionnel. Ce qui est sur c’est qu’il signe ici une œuvre originale emprunte d’une certaine poésie.

Diana

A.U.D.I.T.I.O.N. : Le Langage [Festival Franco-Coréen]

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C’est à un duo de réalisateurs à qui l’on doit A.U.D.I.T.I.O.N (2009), Kim Seong-jun et Lee Je-cheol mettent en scène la rencontre d’une malentendante et d’un danseur de Hip Hop.

Hyun-ji est cette jeune fille malentendante qui vit dans le repli depuis la mort de sa mère jusqu’au jour où elle fait la rencontre de Won-joon, un B-boy. Cette rencontre va faire renaître en elle son envie de danser. Pour Won-joon c’est l’attrait pour le langage des signes qui le rapprochera de cette dernière…

A.U.D.I.T.I.O.N ne convainc pas. Une chose frappe, durant tout le film, l’héroïne, Hyun-ji ne semble pas rencontrer de réelles difficultés dans son apprentissage de la communication avec « l’autre ». Les cinéastes tombent dans la facilité d’inscrire leur récit dans une linéarité qui rend l’histoire sans surprise où chaque scène est jouée d’avance. Ils nous livrent un sujet bâclé, notamment dans la relation père/fille traitée qu’en surface. On en vient même à s’interroger sur l’intérêt des scènes consacrées au père qui n’ont qu’un pauvre apport pour l’ensemble du film ; si ce n’est de nous montrer ses états d’âmes, et encore. Elles révèlent un désintérêt indéniable des deux auteurs pour ce personnage. Des scènes donc, sans grandes importances qui semblent présentes pour justifier d’un contexte, celui de l’incommunicabilité entre père et fille.

La communication est au centre du long métrage qu’est A.U.D.I.T.I.O.N L’idée de départ de réunir ces deux êtres que tout sépare (communication, style de vie) était plutôt intéressante. Et les deux réalisateurs s’y emploient en amenant le sujet du Langage chez les deux protagonistes. Le langage du corps pour l’un, par la danse et le langage des signes pour l’autre, des langages différents s’apparentant à des barrières qu’ils finiront par franchir en établissant leur mode de communication. Une communication qui va leur permettre de découvrir un monde différent, le monde de l’autre, et de se découvrir soi-même. Pourtant, A.U.D.I.T.I.O.N n’en reste pas moins un film à la réalisation impersonnelle. Un film sans relief qui se laisse regarder sans grande réflexion. Un film aussitôt vu, aussitôt oublié, qui ne marquera ni par son originalité, ni par la prestation des acteurs.

Diana & I.D.

Viva ! Love : L’Amour et ses tracas [Festival Franco-Coréen]

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Comédie romantique de Oh Jeoum-kyun, Viva ! Love (2008) narre dans une petite ville de Corée du Sud qui souffre du chômage, l’histoire d’un amour entre deux individus que tout sépare. Bong-Soon, une mère de famille propriétaire d’une maison, tombe enceinte après avoir passé la nuit avec un copain de sa fille…

Viva ! Love est un film au sujet intéressant mais mal exploité par moment. Si l’histoire de départ s’avère propice à offrir une facette profondément humaine sur l’amour et ses conséquences, le cinéaste peine à rendre son sujet attrayant et l’ennui guette de temps à autre. En effet, le film accuse un faux rythme avec certaines scènes longuettes. Pourtant, le long métrage donnait à voir. Un amour peu commun, la différence d’âge, l’adultère prenant cadre dans une petite ville où tout vient à se savoir sur fond de crise. On regrette que l’auteur n’ait pris cette histoire plus à cœur et ait traité le sujet en surface.

Si Viva ! Love passe de temps en temps à côté de son sujet, le choix de faire rire tout en traitant sérieusement ce drame familiale et en particulier cette femme qui arrive à un tournant de sa vie fait mouche. Ceci, on le doit tout d’abord à de bonnes interprétations à l’image de Kim Hae-Sook en mère qui semble ne plus se satisfaire de sa morne vie où la routine du karaoké familial et l’éducation de sa fille (à papa) unique l’use chaque jour qui passe. On comprend dès lors que l’amour qu’elle porte au petit ami de sa fille est une renaissance qui chamboulera à jamais cette famille entre un père adultérin, sobrement interprété, qui fera le choix de rester et une fille qui tente de faire perdurer les liens familiaux contre vents et marées.

Viva ! Love de Oh Jeoum-kyun reste un film moyen. Il manque une qualité à l’ensemble qui aurait pu faire de ce film, un film de référence, un film marquant. Le réalisateur peut remercier ses acteurs qui parviennent grâce à leurs prestations à rehausser le niveau. Le film n’en garde pas moins quelques scènes marrantes et touchantes mais malheureusement pas assez fortes pour rendre le film différent de ce qu’il est, un film qu’on oubliera dans la masse des films moyens.

I.D.

 
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