jeudi 14 mai 2009

Public Enemy (Gonggongui jeog) : Deux pourris

jeudi 14 mai 2009
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Kang Wu-seok réalise Public Enemy (2002) avec en tête d’affiche deux brillants acteurs : Sol Kyung-gu en flic ripou (vu dans Peppermint Candy) et Lee Sung-jae en homme d’affaire psychopathe (vu dans Barking Dogs Never Bite).

Kang Wu-seok signe un polar où deux personnalités à fort caractère s’affrontent. On suit Kang Chul-jung, un flic corrompu aux tendances violentes : il frappe tout ce qui résiste. Il n’hésite pas à voler la drogue des dealers et à racketter les suspects. Il va croiser la route de Cho, un riche homme d’affaires qui sous couvert d’une bonne situation familiale comme professionnelle cache le visage d’un meurtrier sanguinaire. Cho est un tueur psychopathe qui n’hésite pas à tuer toutes personnes qui le contrarie.

Un policier dangereux et un dangereux citoyen qui se rencontrent donne forcément un face à face brutal. Ces deux individus déterminés que nous présente le cinéaste sont loin des stéréotypes du film policier en général, avec le gentil d’un côté (le flic) et le méchant de l’autre (le criminel). Dans Public Enemy, les personnages importants sont tous pourris pour notre plus grand plaisir, flic comme assassin.

Les deux acteurs principaux du film se surpassent dans leurs interprétations. Kang est un policier qui veut faire régner la loi et pour se faire il ne passe pas par quatre chemins et frappe. C’est un flic ripou dont la perte d’un collègue sera déterminant dans sa manière d’agir et de penser, ce dernier s’étant suicidé pour cause d’affaires illicites, mais qui se remet tout de même en question et gagne une conscience professionnelle. Kang est donc un personnage qui a un bon fond et des convictions bien ancrées. Quant à Cho, il réussit tout ce qu’il entreprend professionnellement mais derrière son sourire d’homme sympathique « à la monsieur tout le monde », il cache une noirceur assassine.

Kang Wu-seok réalise avec Public Enemy un film sans prétention qui nous tient en haleine du début à la fin. Il mélange à ce film policier des scènes comiques comme pour adoucir son propos puisque l’ambiance du film reste sombre à l’image des meurtres que Cho laisse derrière lui, mais aussi de Kang et de son comportement de flic violent. Le point négatif du film serait son manque d’imprévisibilité puisque inexorablement nous connaissons la façon dont les choses se termineront, ici le cinéaste fait preuve de peu d’audace.

Public Enemy n’en reste pas moins un film plaisant avec deux acteurs charismatiques dans leur rôle respectif, et pour son humour noir et sa réalisation soignée.

I.D.

mardi 12 mai 2009

Still Walking : Fête d’anniversaire

mardi 12 mai 2009
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Hirokazu Kore-eda à qui l’on doit des films talentueux comme After Life (1998) et Nobody Knows (2004), nous revient avec Still Walking (2008). Ici, il est question d’une famille japonaise qui se retrouve pour commémorer la mort d’un fils, Junpei décédé de noyade quinze ans plus tôt. Ainsi, les (grands-)parents reçoivent chez eux leur fille, Chinami accompagnée de son mari et ses deux enfants. Tout ce beau monde est rejoint par le cadet de la famille, Ryôta, marié sur le tard à une veuve, mère d’un jeune garçon ; mariage dont les parents n’avaient pas donné leur assentiment.

Kore-eda nous revient avec un film sur la famille. Un film simple avec une mise en scène qui l’est tout autant. Il définit dans un laps de temps court (24 heures) et dans un lieu quasi-unique (la maison des Yokoyama) une œuvre sur les relations familiales, entre non-dits et tradition. Indubitablement, on pense au cinéma d’Ozu sur les relations père-fils et à sa réalisation minimaliste. Surtout, Still Walking pourrait être la panache des œuvres de Naruse, avec l’existence du lien familial fort dont aucun des personnages ne parvient à se libérer par le souvenir d’un frère disparu. Tout comme lui, Kore-eda met en scène les difficultés d’une famille avec un soin particulier à poser sa caméra et épurer ses déplacements.

Ce qui marque surtout dans cette œuvre de Kore-eda est l’utilisation du gros plan qui semble nous annoncer l’introduction d’une nouvelle scène, comme la mise en place d’un souvenir passé. Le film commence par ces légumes épluchés par une mère et une fille préparant le déjeuner en discutant, se poursuit par la friture des tempuras de maïs annonçant le rassemblement de la famille dans la cuisine avant l’heure, synonyme de souvenir joyeux, et ainsi de suite…

Still Walking parvient à retranscrire habilement les comportements de chaque membre de la famille. On y retrouve les affinités, les joies d’être ensemble mais aussi la réticence de voir ses proches et notamment la difficulté de communiquer au-delà des discussions consensuelles et de la nostalgie d’antan. Les personnages sont tous nourris d’un manque : celui de pouvoir dire les choses. Tiraillés, ils sont incapables de pouvoir exprimer des sentiments qu’ils gardent tels une souffrance muette. S’ils leur arrivent de laisser échapper cette envie de dire les choses, c’est toujours de façon maladroite et presque belliqueuse, chacun reprochant à l’autre une blessure qu’il porte en lui.

Still Walking c’est aussi l’image permanente du fils-frère défunt, absent physiquement mais constamment présent à travers des souvenirs que la famille se remémore, inlassablement. Des membres qui ne semblent vivre que dans le passé, ne s’arrêtant dans le présent que pour questionner la vie professionnelle des uns et des autres, et finalement revenir vers Junpei, encore... Il en va de même pour le futur, fait de fausses promesses, annonçant le changement et donc la scissure avec le « culte » pesant porté par un frère défunt. Still Walking de Hirokazu Kore-eda parvient admirablement à raconter l’histoire d’une famille qui tente de conserver un traditionalisme, autour de personnages trop pudiques pour communiquer, envahis par un spectre qu’est Junpei (la mort), symbole d’un souvenir trop lourd à porter. On ne s’ennuie pas devant cette œuvre fluide qui nous rappelle l’importance de vivre chaque instants familiaux, et essentiellement de communiquer et de dépasser la hantise qu’on aurait à se dévoiler à ses proches.
I.D.

vendredi 8 mai 2009

La Femme est l’avenir de l’homme : Femme 2/Hommes 1

vendredi 8 mai 2009
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Hunjoo, jeune cinéaste revenant des États-Unis rend visite à son ami de faculté : Munho. Ce dernier est devenu professeur d’art plastique à l’université. Les deux hommes décident de passer l’après-midi ensemble à boire, manger et se rappeler leurs souvenirs passés. Souvenirs qui tournent surtout autour d’une femme : Sunhwa, dont ils étaient tous deux amoureux. Légèrement grisés, ils décident d’aller à sa rencontre.

Cinquième film de Hong Sang-soo, La Femme est l’avenir de l’homme (2004) s’inscrit dans une continuité : raconter l’histoire d’hommes et de femmes et de tout ce qu’ils ont de plus simples. Au travers de saynètes de la vie quotidienne et de situations cocasses, le réalisateur réussie comme à l’accoutumé à rendre ses films profondément humains. Ici tout se mélange : tristesse, joie, instants humoristiques et désenchantements. Les deux amis se cherchent d’une certaine façon avec leurs souvenirs passés et la quête d’un amour de jeunesse incarné par Sunhwa. On sent des personnages tiraillés dont les langues ne parviennent à se délier qu’avec l’alcool, habituel moteur d’inhibition.

Hong Sang-soo réalise à sa manière et avec une grande dextérité ce qu’il affectionne le plus : porter un regard sincère et lucide sur les relations hommes/femmes.
I.D.

mardi 5 mai 2009

The Foul King (Banchikwang) : Catch Attack

mardi 5 mai 2009
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Kim Jee-woon réalise The Foul King (2000), un film relatant l’histoire de Im Dae-ho, employé de banque timide et réservé aux résultats plus que mauvais (les plus mauvais du pays), sous la coupe d’un directeur tyrannique dont la politique est l’humiliation. Ce même directeur mettra publiquement à mal Im Dae-ho avec ses clés. Notre employé, qui aime secrètement une de ses collègue, décide sur un sursaut d’orgueil de changer la donne en se prenant en main par la pratique d'un sport de combat. Un jour, par hasard, il tombe sur une salle d’entraînement destinée aux lutteurs et parvient à convaincre l’entraîneur de lui apprendre à parer les attaques de son tyrannique directeur. Im Dae-ho s’entraîne dur et devient le « catcheur tricheur ».

The Foul King est un film comme les asiatiques savent le faire : différent. Ce long métrage avant tout comique est un mélange des genres : tantôt comédie loufoque ou dramatique, tantôt film d’action. Ce pêle-mêle détonnant résulte d’un mélange d’humour et de réflexion sur la vie, à la fois touchant et drôle. Un film véritablement humain.

Song Kang-ho est formidable, disons-le comme d’habitude. Il fait partie de ses acteurs qui ont un potentiel et l’utilise avec intelligence comme un Simon Yam à Hong-Kong ou un Koji Yakusho au Japon, sachant jouer sur différents registres et apportant indéniablement un plus dans chacune de ses interprétations. The Foul King ne déroge pas à la règle, il sait faire de son personnage un personnage à la fois attachant et irrésistiblement drôle.

Kim Jee-woon met donc en scène un film ovni, divertissant et intelligent dans sa façon de le construire, limitant les combats et évitant ainsi la surenchère que d’autres feraient pour combler les vides, et intelligent aussi pour l’histoire qu’il raconte sur les rapports humains et la place de l’individu en société. La musique y est habilement utilisée et à la fin des une heure cinquante deux minutes de film, on en redemande encore.
I.D.

samedi 2 mai 2009

Ecole de Kung Fu Pei Mei de Paris - Cours d'essai

samedi 2 mai 2009
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Résolution prise : découvrir le Kung Fu et ses différents styles ! Mes recherches abouties, je décide de mettre mon dévolu sur une première école : l’école de Kung Fu Pei Mei de Paris, située dans le 10ème arr. proche de la Gare de l’est (traduisez le style Pei Mei par « Sourcils blancs » en référence à son Grand-maître fondateur). Motivée, me voilà partie pour un cours d’essai, avec quelques appréhensions... Arrivée, bonnes impressions : l’accueil est conviviale et les échanges avec les élèves spontanés.

Au programme 2 heures d’entraînement « intensifs » pour une amoureuse du sport comme moi (…) avec une heure d’échauffement (étirement, respiration, exercice d’équilibre et de musculation) et une heure dédiée aux techniques de base (déplacements, positions, coups de pieds…). Résultat : de rudes courbatures.

Le cours est dispensé par un instructeur principal pour l’ensemble des exercices et d’un instructeur secondaire pour encadrer les nouveaux venus.

Mes impression sont plutôt positives : bon encadrement, des instructions claires et personnalisés et des instructeurs patients et pédagogues, mais au final je n'ai pas été totalement emballée par la discipline.

Pour information, la cotisation est de 500 euros/an (assurance et uniforme inclus), assez élevée malgré un calendrier de cours fourni (les cours sont assurés durant les vacances scolaires – juillet / août compris - et jours fériés).

Pour plus d’informations : www.peimeikungfu.com

 
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