mercredi 9 décembre 2009

Vagues Invisibles : Fantôme errant

mercredi 9 décembre 2009

Quel étrange film que ce Vagues Invisibles (2006) de Pen-ek Ratanaruang. Kyoji est un japonais, cuisinier dans un restaurant à Macao. Il entretient une relation avec la femme de son patron et sur les ordres de celui-ci, la tue. Kyoji part se mettre au vert en Thaïlande et rencontre sur le bateau qui l’y emmène une jeune femme et son bébé tout en étant suivi. Très vite, Kyoji prend conscience qu’on désire l’éliminer…

Vagues invisibles vaut pour son ambiance et le sentiment qui en découle de vivre un rêve éveillé… Ou est-ce peut-être ces personnages qui le vivent, ce rêve ? Nous y sommes englués et tout comme les personnages nous sommes emportés par un scénario des plus imprévisibles qui soit. Impossible de réagir, on se laisse submerger par des situations plus bizarres les unes que les autres, mises en scène par des plans étirés.

Si Pen-ek Ratanaruang a construit son film comme une expérience et bien il y est parvenu, avec tous les honneurs qu’on lui doit. Le film se déroule avec une fausse lenteur qui crée un sentiment particulier. On y est mal à l’aise, on étouffe. Le bruit sourd permanent et les pointes de musique renforcent un cinéma d’ambiance fantomatique avec une superbe photographie signé Christopher Doyle.

Cette ambiance atteint son paroxysme sur la partie du film consacré au voyage en bateau. L’acteur nippon Tadanobu Asano sous les traits de Kyoji ressemble de plus en plus à un fantôme hantant un bateau dont il ne trouve plus la sortie. Il erre inlassablement. On pense à l’ambiance de Shining de Stanley Kubrick mais un Shining où rien ne fonctionneraient normalement, ponctué de nombreuses scènes humoristiques voir cocasses.

Kyoji ne peut que subir. Il erre du début jusqu’à la fin du film, lisse de tout sentiment sauf sans doute celui de la culpabilité qui le tient au corps.

Vagues Invisibles de Pen-ek Ratanaruang met en scène une histoire à l’esthétique froide et contemplative. Une histoire qui perd quelque peu de sa vitalité à son arrivée en Thaïlande mais qui conserve son côté étrange et envoûtant.

I.D.

2 commentaires:

David Tredler a dit…

La mise en scène tout en retenue de Ratanaruang, le charisme latent de Tadanobu Asano, la beauté étrange de Kang Hye Jeong... envoûtant comme tu dis, envoûtant.

Xavier a dit…

Un film formidable, sans doute encore plus sombre que Last Life in the Universe. Et je te rejoins sur l'aspect visuel, mais égalemen sur l'aspect sonore qui est une quasi marque de fabrique du récent cinéma d'auteur thaïlandais. Que ce soit Ploy, Syndromes and a Century ou ce film-ci, on se croit en permanence dans un monde au-delà de la normalité. Fascinante excursion.

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