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dimanche 14 octobre 2012

Captive : Au cœur de la jungle

dimanche 14 octobre 2012
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L’auteur philippin nous revient avec Captive (2012), l’histoire d’une prise d’otages survenue aux Philippines (Puerto Princesa, Ile de Palawan) en 2001. Brillante Ma. Mendoza s’éloigne de l’effervescence de la ville pour nous plonger au cœur de la jungle et mettre en scène cette histoire inspirée de faits réels. A noter que la majorité des scènes a été tournée autour de Luzon et la banlieue de Manille (chez le cinéaste). Les régions de Palawan et Mindanao ayant été évitées pour des raisons de sécurité. On y découvre le mouvement séparatiste islamiste armé Abu Sayyaf qui enlève alors plusieurs touristes (dont des occidentaux) pour négocier des rançons. Dès lors, le groupe entraine leurs otages dans un périple semé d’embuches meurtrières… 

jeudi 31 décembre 2009

Tirador de Brillante Mendoza : Les Bas-fonds [Sortie DVD]

jeudi 31 décembre 2009
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Manille. Semaine Sainte. Nous suivons le quotidien des habitants d’un bidonville qui survivent de la rapine dans une misère profonde…

Avec Tirador / Slingshot (2007), Brillante Mendoza nous plonge dans l’effervescence d’une ville (Manille) et celle d’un bidonville (Quiapo). Il nous plonge corps et âme dans l’effervescence de la survie d’individus perdus dans la masse, l’effervescence du vécu, de ces vies friables, ces voleurs à la petite semaine : les tiradors (argot tagalog). Entre processions religieuses, élections politiques et vol à l’arraché, Brillante Mendoza armé de sa caméra numérique témoigne. Il raconte les situations, le quotidien d’une Manille habitée par la misère, le chômage et la violence. Une Manille étouffante où l’espoir s’est tut, peuplée d’une foule grouillante où seul compte la course vers l’argent. La survie.

La survie éclabousse Tirador de part en part. Entre des vies scénarisées, la réalité et le style documentaire, Brillante Mendoza romance la « vraie vie ». La survie. Les situations encore et toujours de personnes ordinaires filmées par une caméra-témoin qui se met au service de la réalité. Il y montre autant qu’il dénonce : ces jeunes gens vivant de menus larcins, ces flics brutaux et corrompus qui briment les plus faibles, ces politiques qui achètent les votes tout en invoquant Dieu et la sécurité. Un monde fou remplit d’hypocrisie où ses acteurs de la survie gardent la foi, celle de la religion (procession, messe) et celle de l’argent (vol, loto). Un constat glauque et chaotique sur le qui vive, montré au plus prêt.

Tirador s’engage sur la voie de ces films dit « réaliste ». Un profond réalisme fictionnel que son auteur transmet par une économie de moyen. Ainsi, Brillante Mendoza avec sa seule caméra numérique s’accroche au basque de ces individus dont il dépeint le quotidien. Il les filme au plus prêt, les accompagne, nous invite à les accompagner dans leur triste sort en totale immersion. Il témoigne avec un regard terrible d’une époque, d’une situation qui s’apparente à un point de non-retour des plus pessimiste qui soit. Tirador touche, l’œuvre marque et ne laisse pas indifférente. Son aspect trop « documentaire » pourrait rebuter pourtant elle offre une proximité sans égale. Nous sommes ces tiradors, ces gens qui souffrent, nous sommes Quiapo, nous sommes Manille. Nous sommes l’œil de Brillante Mendoza…


I.D.

lundi 23 novembre 2009

Kinatay de Brillante Mendoza : Sombre

lundi 23 novembre 2009
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Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, Kinatay (2009) du cinéaste philippin Brillante Mendoza s’inscrit comme un long-métrage sombre et violent reflétant un quotidien qui prend racine à Manille.

Peping, dix neuf ans étudie à l’école de police. Il vient de se marier avec Cecille avec laquelle il a un bébé de sept mois. Pour se faire un peu d’argent, il récolte l’argent du racket, organisée par la police locale…

Kinatay est une œuvre d’ambiance. Le huitième film de Brillante Mendoza s’ouvre sur Manille, ville vivante, ville grouillante où les gens vont et viennent ainsi que les véhicules motorisés. Une caméra portée capte cette agitation, ce bruit d’une citée où les faits divers se jouent face caméra (celle de Mendoza et des médias). Ils se jouent aussi devant les badauds à la fois spectateurs et interprètes d’évènements presque anodins dans le contexte que connaît la capitale philippine. Des évènements qui s’apparentent à un cirque médiatique, simple amusement pour ses spectateurs (passifs et actifs). En parallèle, l’auteur nous montre que la vie continue, face aux drames-spectacles qui se jouent, la joie y co-existe : danse, musique, mariage… Dans cette ville aux milles visages et aux milles contrastes, Brillante Mendoza nous invite dans la vie du jeune Peping.

Là, où Kinatay change de visage c’est à la nuit tombée. Nouveau contraste. Le jour et la nuit. Manille se veut plus discrète avec le bruit des sirènes de police qui ponctue les virées nocturnes de ses habitants. On lui découvre un nouveau visage comme celui de notre protagoniste, élève à l’école de police le jour qui se transforme en un maillon du racket organisé la nuit. Ce nouveau visage est d’autant plus frappant qu’il a pour figure principale la police. La police représentante des maux que sont les trafiques comme le racket, la drogue, le meurtre… Brillante Mendoza pointe du doigt l’institution policière et ses déviances, la violence d’une ville et les affaires illicite qui la gangrène. Le cinéaste philippin nous plonge alors dans l’horreur de l’univers criminel sans foi ni loi.

Á l’image de Peping dans Kinatay, nous ne pouvons qu’assister impuissant à un drame qui se joue et qui le marquera à jamais. On suppose ainsi qu’il fait ses premiers pas sur un chemin de non-retour qui le conditionnera dans son futur métier de policier. Etape exigée pour faire partie d’une famille qui l’oblige au pire en devenant complice de l’infâme. Un dépucelage en bon et due forme nous invitant dans l’antre d’une barbarie criminelle où la peur et l’attentisme se récente dans l’atmosphère ambiant. L’atmosphère y est pour beaucoup dans Kinatay. Le cinéaste parvient à instaurer un climat particulier qui en rebutera plus d’un. Il s’arrête sur des instants qu’il tire en longueur pour mieux nous imprégner de ce qui entoure son personnage principal et de ce fait nous entoure également. Un malaise en découle, suscitant un passage obligé à la compréhension d’une situation, qui se vit plus qu’elle ne se regarde avec détachement.

Le but de Kinatay est de nous faire réagir. Nous ne sommes plus de simples spectateurs passifs qui assistons à une histoire sur la criminalité faisant rage à Manille et sa banlieue. Nous sommes Peping. Nous sommes Peping et son impuissance. Nous subissons dès lors une influence claustrophobe embarqué à notre tour dans une mission qui s’avèrera meurtrière et sanglante. Brillante Mendoza change notre regard de spectateur. Nous sommes ces badauds dans les rues de la capitale des philippines qui assistent aux faits divers comme un spectacle. Nous ne pouvons revenir en arrière. Nous sommes pris au piège et vivons une expérience qui s’avère douloureuse et traumatisante. L’immersion est totale, on sent la peur, les interrogations. Nous vivons ce chemin qui mène à l’échafaud, c’est brutal, violent mais jamais gratuit. Nous vivons les horreurs d’un repère de la Mort, c’est dur, toujours aussi violent mais encore une fois jamais gratuit. Ces horreurs existent au quotidien puis le jour supplante la nuit. La ville grouillante reprend ses droits au levé du jour dans un marasme de bruit, dans une cohue étouffante qui s’agite. Un jour remplace un autre, une routine qui nous montre un Peping (nous-même) dérouté après avoir quitté sa « famille policière » alors qu’ailleurs une femme nourrit son bébé, la vie continue semble nous dire Brillante Mendoza. Une histoire parmi tant d’autre qu’on abandonne à son (sombre) destin…

Kinatay est une œuvre de contraste terriblement sincère et crue dans son rapport à la réalité, celle qu’on n’aimerait nier mais qui existe avec parcimonie dans les colonnes des faits divers des mass-médias. Avec ce film, Brillante Mendoza signe une œuvre dérangeante certes mais profondément vraie et d’un onirisme obscur répugnant. Un morceau de vie parmi des millions sur lequel on s’arrête le temps d’un film. Nous attendons d’ores et déjà avec impatience sa prochaine œuvre : Lola, très remarqué à l’édition 2009 de la Mostra de Venise. Un autre morceau de vie…

I.D.

jeudi 10 juillet 2008

Le Masseur : réalité vraie

jeudi 10 juillet 2008
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Collé au plus proche de la réalité, c’est ce qui pourrait définir le travail de Brillante Mendoza, dans la réalisation de son premier long métrage Le Masseur (2005). S’accrocher à la vérité et la dépeindre comme elle se montre à nos yeux.

Dans ce premier film, Brillante Mendoza définit le style qui le caractérise, un style proche du documentaire, un film qu’on pourrait qualifier de dérangeant pour l’histoire qu’il relate et les images qu’il montre.

Le Masseur raconte l’histoire d’Iliac, un jeune masseur qui exerce son activité dans un bordel de Manille où il se prostitue. Mais c’est aussi l’histoire des funérailles du père du jeune masseur se déroulant dans une campagne des Philippines. Ces deux récits s’entrecroisent, se suivent, se superposent : salle de massage et salon funéraire, salle de massage et veillée funèbre, et cetera…

Entre le poids de la religion aux Philippines et le poids du capitalisme - ou « gagner son argent avec les moyens du bord » - Le Masseur dépeint une réalité crue parce que cruelle, se révélant à la fois pudique et perturbante.

Film quasi sociologique : Iliac se prostitue avec une clientèle masculine, sa petite amie semble également se prostituer, c’est leur vie, leur réalité interrompue par le décès du père, à moitié pleuré que nous projette le cinéaste. Une réalité pour les philippins entre religion, prostitution, homosexualité rentrée dans leurs mœurs. C’est ce que nous expose Brillante Mendoza qui atteint ici son objectif avec tout le talent qu’on lui connaît et ça dès son premier et brillant film.

Illitch Dillinger

mardi 8 juillet 2008

John John (Foster Child) : rattrapage

mardi 8 juillet 2008
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Il y a des films qu’on regretterait d’avoir manqué sur grand écran tant ils parviennent à vous procurer une émotion que seul les salles obscures peuvent aider à communiquer. John John (2007) fait parti de ceux-là.

Être passé à côté de John John lors de sa sortie en France le 27 février dernier et avoir la chance de le (re-)découvrir lors de la rétrospective des films de son auteur Brillante Mendoza au Festival Paris Cinéma, vous fait prendre conscience d’être passé à côté de l’un des chefs d’œuvres du cinéma, pas philippin ou bien asiatique, mais l’un des chefs d’œuvres du cinéma tout court. Cette prise de conscience, on l’a à la projection. Celle de la dernière séance, celle du rattrapage qui dès les premières minutes nous dit que John John fait parti de ces films, il fait partie intégrante des œuvres majeures à voir et qui s’inscrivent dans une histoire du cinéma.

Des œuvres qui caractérisent la carrière de son auteur, du cinéma dont il est issu mais encore plus et surtout le cinéma du « monde » en dehors d’une quelconque étiquette nationale.
John John, œuvre majeure. Un film qu’on aime sans raison particulière. Pourquoi l’aimons-nous ? Faut-il une réponse si ce n’est qu’on l’aime un point c’est tout. Il y a des films qui ne s’expliquent pas.

On aime l’histoire des dernières vingt-quatre heures que passe John John, enfant de trois ans en compagnie de sa famille d’accueil (Thelma, la mère, le père et leurs deux fils adolescents) avant son adoption par une riche famille américaine. Le film s’ouvre sur : Manille lointaine et ses grattes ciels (riche) et se poursuit tout du long avec Manille proche et ses bidonvilles (pauvre) où les ruelles étroites s’imbriquent les unes aux autres bondées de ses habitants qui vont et viennent, hommes, femmes, enfants de tout âge que croise Mademoiselle Bianca, femme d’âge mûre et assistante sociale interpellant chaque mère et chaque enfant avant de se refermer sur la Manille lointaine, loin des bidonvilles et du vivier d’enfants à adopter. Un bouillon de vie déchirant.

John John c’est aussi et avant tout un réalisateur, le cinéaste philippin Brillante Mendoza que le Festival Paris Cinéma met à l’honneur à travers l’intégralité de ses oeuvres. Six en tout : Le Masseur (2005), Summer Heat (2006), The Teacher (2006), John John (2007), Slingshot (2007) et Serbis (2008).

Que nous révèlent les six films prépondérants de ce stakhanoviste de la réalisation ? Qu’il s’inscrit aujourd’hui comme un cinéaste de talent, incontournable de la scène asiatique et surtout internationale.

Brillante Mendoza est un cinéaste à (re-)découvrir et à surveiller de près.

Illitch Dillinger

 
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