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jeudi 3 décembre 2009

Sommeil blanc de Jean Paul Guyon [Sortie Ciné]

jeudi 3 décembre 2009
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Je fais un petit coup de projecteur pour une sortie ciné loin des horizons asiatiques mais qui tient particulièrement à cœur à une rédactrice que l’on apprécie chez Made in Asie, Jacquie de Cinetoile. Elle vous parlera bien mieux que moi du premier long métrage de Jean Paul Guyon : Sommeil blanc, sorti le 2 décembre.


Synopsis : Dans le silence et le froid des hauts plateaux alpins, Camille, une jeune femme peintre, vit dans un chalet à l'écart du monde. Elle croise un matin le chemin d'un jeune garçon surgi de nulle part, qui va peu à peu envahir son quotidien. La jeune femme, au risque de voir sa vie bouleversée, va chercher à percer son mystère.

Seules 2 salles parisiennes diffusent le film alors à vos tickets !

Les Montparnos
16-18, rue d'Odessa. 75014 Paris
Tous les jours 13:15 | 15:00 | 16:45 | 18:30 | 20:20 | 22:05

Publicis Cinémas
133 avenue des Champs-Elysées 75008 Paris
Tous les jours 20:15 | 22:15
Diana

lundi 13 avril 2009

Slumdog Millionaire de Danny Boyle (2009)

lundi 13 avril 2009
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A l’heure où Slumdog Millionaire (2009), soutenu par ses 8 oscars, vient de franchir la barre de 2 millions d’entrées en France, voilà l’opportunité pour nous, de s’arrêter sur le dernier film de Danny Boyle.

Slumdog Millionaire est un film britannique entièrement tourné à Bombay, en Inde. Tiré du roman de l’indien Vikas Swarup : Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, le film narre le parcours de Jamal, un « chien des bidonvilles » de Bombay ; depuis son enfance jusqu’à son accession à la dernière question du célèbre jeu télévisé Qui veut gagner des millions ; qui est en passe de bouleverser sa vie.

La structure narrative du film prétexte les questions posées au cours du jeu par l’animateur à Jamal, pour évoquer les différents événements de sa vie et comprendre comment il a pu réussir à atteindre ce stade du jeu (stade auquel même les plus brillants ingénieurs, chercheurs ou docteurs peinent à accéder).

En effet, dès l’ouverture du film, la question est posée : le jeune héros est-il intelligent ? Chanceux ? Tricheur ? Ou est-ce tout simplement son destin ? Une fois l’intrigue posée, on s’aperçoit rapidement que celle-ci n’est en fait qu’accessoire en contraste avec la vie de Jamal, tant son parcours décrit par Boyle, semble chaotique et brutal. Au travers du personnage principal : Jamal, de son frère : Salim (inexistant dans le roman) et de son amie de toujours : Latika ; le récit tente, avec une certaine fluidité, d’évoquer les différentes facettes de l’Inde.

Bon nombre de facettes du pays y sont évoquées : la misère sociale (quand elle n’est pas humaine) du quotidien d’orphelins livrés à eux-mêmes dans des bidonvilles, la prostitution, le trafic humain, la délinquance, la religion (conflits éternels hindous-musulmans), le cinéma « bollwoodien » (l’autre religion du pays), le tourisme, etc…

Mais la réussite du film réside dans le fait que Danny Boyle ait su garder un ton accessible, servi par un scénario riche, la narration, espacée tant dans le lieu que dans le temps, reste dense.

De plus, Boyle sait saisir les ressources locales, sa caméra filme les paysages avec un jeu de caméras et de couleurs remarquables, une musique captivante du génial AR. Rahaman (2 oscars), quelques touches d’humour et des clins d’œil au « Bollywood » notamment avec le générique de fin qui soulignent l’optimisme propre à ce pays ; Ici, personne ne se plaint, tout le monde vit sans recul, un peu comme dans le film tout est excessif, la réalité est aussi violente et cruelle que le personnage principal est passionné et optimiste. En jonglant avec ces éléments et en faisant évoluer autour du triangle de personnages des intrigues renvoyant aux liens familiaux ou amoureux, le cinéaste reste toujours au premier degré et arrive ainsi à rester universel et divertissant.

C’est peut-être en cela que le film a déçu certains critiques, Danny Boyle, qui a débuté sa carrière avec des films tels que Petis meurtres entre amis ou Trainspotting semble avoir occulté volontairement le cynisme qu’il pouvait avoir en lui pour offrir dans Slumdog, un spectacle grand public, manichéen (les méchants sont très méchants !) et moral. Car assurément, ce film reste moral, dans le sens où (sans dévoiler le dénouement du film) il se termine dans l’ordre des choses, à l’image des destinées respectives des deux frères ; comme si cela était écrit ;

Et c’est en cela que le film peut paraître déroutant, car après avoir réussi à nous faire évader dans un autre monde pendant près de 2 heures, on s’aperçoit en réalité que, souligné par le final chanté et chorégraphié, ce n’est que du cinéma (mais du bon cinéma).

Cassius

mercredi 4 mars 2009

Bangkok Dangerous : Dangereux

mercredi 4 mars 2009
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Les frères Oxide et Danny Pang font de la capitale thaïlandaise une ville froide et glauque. Dans Bangkok Dangerous (1999) nous sommes loin d’une ville carte postale. Les rues y sont étroites, sales et sombres. Les demeures sont vétustes. Les esprits sont échauffés, baignés dans la musique techno des boîtes de nuit à strip-tease et des stroboscopes.

Kong, un tueur à gages est notre guide dans cette ville dangereuse ou plutôt dans les bas quartiers. C’est un sourd-muet qui souffre d’une incapacité à communiquer et il n’a en tout est pour tout que deux amis. Aom, la femme qui lui donne les contrats qu’il exécute froidement, sans remords et Jo qu’il considère comme un frère, celui qui l’a initié au métier de tueur. Sa vie se voit bouleversé lorsqu’il rencontre Fon, une jeune pharmacienne dont il tombe amoureux. Cette dernière pourrait devenir l’occasion d’expier ses fautes.

Les frères Pang ont voulu faire de Bangkok Dangerous un film noir et d’une extrême violence, sans grand espoir de voir des jours meilleurs pour les personnages qui parsèment le film. Le film est par moment dramatique, romance désespéré et délinquance de survie. Le personnage principal, Kong exécute ses contrats comme une vengeance sur la vie. Il ne sourcille pas une fois. Il a vécu dans un monde violent et pour lui mettre fin à des vies fait partie d’une normalité. Il empoche puis tue et ainsi de suite. La banalité du contrat.

Dans le film des frères Pang, l’infime espoir vient d’une jeune femme, Fon. Kong en tombe amoureux et se permet pour la première fois de voir les choses de façon différente. Il rêve d’une autre vie, gagne un espoir absent auparavant. Kong et Fon parviennent malgré la barrière de la surdité à communiquer l’un et l’autre. Pourtant la réalité d’une vie violente n’est jamais bien loin et ça les frères Pang parviennent à la retranscrire via un film réaliste sur les conditions de vie de nos protagonistes.

Bangkok Dangerous est un film à voir mais ne deviendra pas une référence. Les frères Pang utilisent une réalisation très saccadée, clippesque qui marche par moment avec de belles idées mais qui peuvent rendre allergique dans d’autre. Le dosage des effets visuels dans leur mise en scène n’a pas toujours été maîtrisé correctement ce qui donne parfois des scènes inutiles. Oxide et Danny Pang arrivent tout de même à leurs fins, celle de nous montrer une partie de la ville de Bangkok, celle où la survie par le crime est omniprésente.

I.D.

samedi 16 août 2008

La Môme Xiao : Les enfants de la mendicité

samedi 16 août 2008
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Pour 1000 yuans, Xiao, une petite fille handicapée va devenir la propriété d’un couple de ruraux chinois. Devenant le "gagne-pain" de cette famille pauvre, Xiao va devoir mendier aux côtés de sa mère d’adoption Guihua. C’est au milieu d’une foule grouillante, à la curiosité malsaine, que le duo va devoir affronter des regards tantôts moqueurs, tantôts compatissants. Dans une ville grisâtre, sale et bruyante, une mère retrouve à travers un enfant, un but, une présence qui l’aide à tenir, et qui fait d’elle quelqu’un d’humain, contrairement à un mari froid qui ne pense qu'à l'appât financier.

Plus qu’à une grande œuvre cinématographique, c’est à des destins auxquels on s’attache : une petite fille qui ne cesse de revivre l’espoir à chaque main tendue, un jeune garçon de 13 ans qui tente de trouver la force de se libérer du « business » de la mendicité, et une femme qui comble sa culpabilité à travers un amour maternel inavoué. La mise en scène hasardeuse et le scénario décousu, aux intrigues quelques peu inutiles, n’effacent en rien l’émotion émanant de chaque personnage, et emprunt d’une réalité chinoise.

La Môme Xiao (2007)
, premier long métrage de Tao Peng se révèle être intéressant mais encore trop « brouillon » à la réalisation.

jeudi 10 juillet 2008

Le Masseur : réalité vraie

jeudi 10 juillet 2008
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Collé au plus proche de la réalité, c’est ce qui pourrait définir le travail de Brillante Mendoza, dans la réalisation de son premier long métrage Le Masseur (2005). S’accrocher à la vérité et la dépeindre comme elle se montre à nos yeux.

Dans ce premier film, Brillante Mendoza définit le style qui le caractérise, un style proche du documentaire, un film qu’on pourrait qualifier de dérangeant pour l’histoire qu’il relate et les images qu’il montre.

Le Masseur raconte l’histoire d’Iliac, un jeune masseur qui exerce son activité dans un bordel de Manille où il se prostitue. Mais c’est aussi l’histoire des funérailles du père du jeune masseur se déroulant dans une campagne des Philippines. Ces deux récits s’entrecroisent, se suivent, se superposent : salle de massage et salon funéraire, salle de massage et veillée funèbre, et cetera…

Entre le poids de la religion aux Philippines et le poids du capitalisme - ou « gagner son argent avec les moyens du bord » - Le Masseur dépeint une réalité crue parce que cruelle, se révélant à la fois pudique et perturbante.

Film quasi sociologique : Iliac se prostitue avec une clientèle masculine, sa petite amie semble également se prostituer, c’est leur vie, leur réalité interrompue par le décès du père, à moitié pleuré que nous projette le cinéaste. Une réalité pour les philippins entre religion, prostitution, homosexualité rentrée dans leurs mœurs. C’est ce que nous expose Brillante Mendoza qui atteint ici son objectif avec tout le talent qu’on lui connaît et ça dès son premier et brillant film.

Illitch Dillinger

lundi 7 juillet 2008

Insiang de Lino Brocka : un chef d’oeuvre déprogrammé

lundi 7 juillet 2008
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C’était sport ! C’est à un véritable parcours du combattant que les programmateurs de l’évènement Paris Cinéma, mettant à l’honneur les Philippines, ont du faire face depuis l’ouverture du festival : problèmes liés en partie aux copies de films.

Le film du cinéaste philippin Lino Brocka, Insiang (1976) n’a pas été exempt de ces difficultés. Le long métrage n’a pas été projeté comme prévu en ce lundi 7 juillet 2008 à 15h30. Un problème étant survenu lors de la copie du film. Qu’importe, un autre film du même cinéaste a été mis à l’honneur : Tinimbang Ka ngunit Kulang (1974). Projection à découvrir ou redécouvrir malgré le mécontentement de deux ou trois individus…

Tinimbang Ka ngunit Kulang (You Were Judged and Found Wanting) marque par ses images viscérales qui vous prennent dès la scène d’ouverture ; scène d’un avortement clandestin dont le traumatisme verra sa protagoniste, Kuala, tomber dans la folie.

Elle errera alors dans les rues de la ville et croisera son destin à celui de Junior, jeune adolescent aux portes des premiers émois amoureux, issu d’une famille aisée où l’adultère du père est courante.

Elle croisera aussi Berto, défiguré et marginalisée par la société qui l’entoure à cause de sa dissemblance. Kuala sera alors le symbole de l’indifférence au milieu d’une communauté vivant de faux semblant.

Tinimbang Ka ngunit Kulang (You Were Judged and Found Wanting) se veut être un film sur l’intolérance, l’incompréhension de ce qui nous est différent, et une dénonciation du poids de la religion (et de sa bonne Morale) dans une société philippine de l’époque. Le message est fort et transparent. On ne peut qu’être enthousiaste devant cette découverte et plébisciter ce cinéma, lequel nous est encore méconnu à l’image de son auteur.

Illitch Dillinger

dimanche 6 juillet 2008

In Love We Trust : une famille d’aujourd’hui

dimanche 6 juillet 2008
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Le réalisateur chinois Wang Xiaoshuai connu pour son Beijing Bicycle (2001) signe ici l’un de ses films le plus marquant. S’il n’y a pas l’émotion poignante de Kabei (Notre Mère), sensation de cette sixième édition du festival de Paris Cinéma, il parvient à nous toucher au travers de cette histoire bouleversante, celle d’un couple divorcé qui se retrouve face à un dilemme après le diagnostic de leur fille de cinq ans, atteinte d’une leucémie.

In Love We Trust, troisième et dernier film asiatique vu en compétition raconte un mélodrame qui dépeint les relations humaines d’une classe moyenne dans la Chine actuelle. Une Chine où le divorce et le remariage ne sont plus des tabous. Une Chine qui se construit de grattes ciel et de hauts immeuble où emménage cette même classe moyenne. Une histoire universelle à laquelle il est facile de s’identifier tant les sentiments des personnages sont vrais.

Il n’y a pas à en douter, In Love We Trust de Wang Xiaoshuai mérite de très loin son prix du meilleur scénario à la Berlinade 2008. Sortie officielle en France automne 2008, sous le titre "Une famille Chinoise".




Le réalisateur Wang Xiaoshuai, présent à la projection du dimanche 6 juillet au Mk2 Bibliothèque.

Présentation et débat en fin de film.





Illitch Dillinger

samedi 12 avril 2008

Les larmes achetées

samedi 12 avril 2008
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Qui est Madame Wang ?

A Pékin, elle vend des CD et des DVD sous le manteau en s’affichant avec la fille de ses voisins. Le peu qu’elle gagne, son mari sans emploi le perd au mahjong. Elle se fait harceler et dépouiller de sa marchandise pirate par des policiers. Lorsqu’elle rentre chez elle, elle apprend que les parents de l’enfant ont abandonné leur fille. Seule avec cette dernière, elle voit son mari se faire incarcérer pour avoir passer à tabac un collègue de jeu à l’humour déplacé et la voici repartit dans sa province natale pour opérer un nouveau départ loin de la capitale. Là, elle retrouve son ancien petit ami et monte ensemble une entreprise de pleureuse professionnelle pour cérémonie funéraire. Elle, « l’artiste », lui, son agent.

En quelques scènes, le décor est planté. Liu Bing-jan donne le ton à travers un film qui se veut un drame réaliste, une satire sociale emprunt de cynisme. On s’émeut, on rit devant la succession d’évènements se jouant dans cette Chine de Madame Wang où elle réussit en tant que pleureuse. Sa petite entreprise marche. Madame Wang joue les pleures sans grande émotion, seul compte l’appât du gain. Les nouvelles qu’on écoute à la télévision pouvant apporter les clients potentiels, le calcul des décès de sa ville et des environs comme argent comptant, l’employé du crématorium qu’on soudoie, le cynisme poussé jusqu’à contrôler la chaîne du mort.

Liu Bing-jan nous livre avec talent une diatribe forte et violente sur la société chinoise. Un tableau satirique stylisé où l’individu doit s’adapter à l’égoïsme et à la corruption ambiante. C’est dans cet environnement hostile que Madame Wang gagne sa vie, fait son bout de chemin dans les contrées magnifiques de sa province. Une catastrophe en remplaçant une autre, Madame Wang avance.

Et après tout cela ? La vie continue…

Illitch Dillinger

 
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