Affichage des articles dont le libellé est Cinema taiwanais. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinema taiwanais. Afficher tous les articles

jeudi 5 novembre 2015

Pushing Hands : Déraciné

jeudi 5 novembre 2015
0

 
Premier long-métrage d’Ang Lee On (qu’il a co-écrit avec James Schamus), Pushing Hands / tui shou (1992) mettait en exergue le fossé culturel existant entre un personnage principal chinois, maître de Taï-chi ayant quitté son pays d’origine pour vivre dans la famille américanisée de son fils à New York. Ce dernier étant marié et ayant eu un fils avec une états-unienne. 

jeudi 29 octobre 2015

In Our Time : Taiwan stories

jeudi 29 octobre 2015
3

 
Film omnibus taïwanais signé par un quatuor de cinéastes, In Our Time / Guang yin de gu shih (1982) se divise donc en quatre segments. Ils sont les faits, dans l’ordre de Tao T-chen (Tête de Petit Dragon), Edward Yang (Désirs), Ko I-chen (La Grenouille Sauteuse) et Chang Yi (Dîtes-moi Votre Nom), tous de jeunes cinéastes. 

Mise en scène sous l’égide du Central Motion Picture Corporation (CMPC) qui devait imposer une politique de quotas visant un nombre relatif de productions cinématographiques nationales dans les salles de cinéma, In Our Time est souvent considéré comme le métrage qui lança la superficielle « nouvelle vague » de l’île de Formose, et qui fut nommé le « Nouveau Cinéma Taïwanais ». Ce film met en lumière un Taïwan à différentes époques (de 1950 à 1980) et à travers différents âges (enfance à adulte en passant par l’adolescence), comme une passation de témoin qui conserve, d’un segment à l’autre de mêmes thèmes.

vendredi 27 février 2015

La Saveur de la pastèque : Source

vendredi 27 février 2015
0



Avec La Saveur de la pastèque / tian bian yi duoyun (2005), Tsai Ming-liang signe une comédie dramatique musicale. Film que l’on pourrait également qualifier d’érotique, il met en scène un acteur pornographique qui rencontre une jeune femme alors que Taïwan subit une sécheresse persistante. Au milieu de la course à l’eau et du jus de pastèque comme alternative, une liaison voit le jour entre le jeune homme et cette surveillante de musée, voleuse d’eau…

vendredi 9 janvier 2015

I Don't Want to Sleep Alone de Tsai Ming-liang

vendredi 9 janvier 2015
0


I Don't Want to Sleep Alone / Hei yan quan (2006) est née de la volonté d’un cinéaste, Tsai Ming-liang de renouer avec une terre natale : la Malaisie, bien que ce retour aient été quelque peu poussé par des critiques taïwanaise… 

De nuit, dans les quartiers de Kuala Lumpur, la ville aux mille visages où se côtoient immigrés indiens, chinois, indonésiens, Tsai Ming-liang dépeint à travers deux portraits (un même acteur : Lee Kang-sheng)  les démons qui hantent chacun de ces individus, la solitude entre autre.

Hsiao Kang sans abris est passé à tabac après une altercation. Des immigrés indiens le retrouvent inerte en pleine rue et décident de le recueillir. Des sentiments vont naître entre la victime et son protecteur. En parallèle, un jeune homme dans état léthargique est hébergé dans un snacking tenu par deux femmes.

vendredi 2 janvier 2015

The Terrorizers : Puzzle social

vendredi 2 janvier 2015
6

A l'occasion de la sortie du DVD chez Spectrum Films, nous rééditons notre avis du 5 janvier 2012 rédigé lors de sa sortie au cinéma.

Les inconditionnels d’Edward Yang n’auraient raté pour rien au monde la première sortie en salle de son long métrage, The Terrorizers (1986). Si beaucoup le connaisse à travers son dernier essai (achevé), Yi Yi (2000), la projection de son troisième long fut une aubaine pour le découvrir autrement.

The Terrorizers est un film qui me parut complexe. Une multitude de personnages et de scènes plus ou moins explicites - où s’entrechoquent sons et silhouettes, s’invite dans un rythme soutenu. L’auteur pose son récit comme il placerait des objets sans liens, sans cohérence apparente, sur une table. On se voit témoin d’une course poursuite, d’un présumé meurtre (le bruit sourd d’un tir, le corps d’un homme à terre), d’un couple tourmenté. L’improvisation ne tient pas longtemps et l’on comprend incessamment que ce puzzle à échelle humaine est une façon pour l’auteur de montrer les liens qui coexistent entre chaque protagoniste. Des personnages qui se croiseront ou se sont déjà croisés, par hasard ou volonté. L’assemblage de toutes ces “pièces” prend forme, subtilement, dans le non-dit parfois, car Yang nous accompagne dans la compréhension de son film. On tente alors de souder les morceaux. L’absence de communication se dessine pour beaucoup ; ce couple qui ne parvient à s’appréhender, cette adolescente qui peine à trouver sa place. Un sentiment d’oppression émane, suscitant une envie incontrôlable de liberté. Une fuite en avant qui va se présenter, en apaisant certains, lorsqu’il créé chez d’autre une folie meurtrière.

lundi 31 mars 2014

Goodbye, Dragon Inn : Ode

lundi 31 mars 2014
0

Tsai Ming-liang rend un vibrant hommage au septième art, à travers l’un des chefs d’œuvre de King Hu, Dragon Gate Inn (1964), mais aussi à une salle de cinéma qu’il a fréquenté dans sa vie avec son septième long-métrage Goodbye, Dragon Inn / Bu san (2003). L’auteur taïwanais narre la dernière séance que projette ce cinéma avant sa fermeture définitive. On y suit alors des personnages allant du simple spectateur au projectionniste, en passant par l’ouvreuse…

mardi 27 août 2013

Et là-bas, quelle heure est-il ? : Taipei / Paris

mardi 27 août 2013
5

Avec Et là-bas, quelle heure est-il ? / Ni neibian jidian (2001), Tsai Ming-liang nous invite au voyage pour son sixième long-métrage. Il s’intéresse ici à une réflexion sur le temps et la mort. On y suit la vie de Hsiao-kang, vendeur de rue à Taipei dont le père meurt. Il fait la rencontre d’une jeune femme, Shiang-chyi qui doit s’envoler pour Paris…

Tsai Ming-liang impose une mise en scène épurée, caméra fixe et rythme lent où il refuse le jeu à proprement parlé. Il y développe un sens de l’observation avec de longs plans-séquences. Le cinéaste s’attaque à un sujet délicat à retranscrire sur écran : le rapport à la mort, et ce qui en découle : l’absence et le manque. Le cinéaste taiwanais prend le parti d’installer son histoire dans deux espaces, celui de Taipei avec Hsiao-kang et sa mère, ainsi que celui de Paris avec Shiang-chyi. Par le biais de ces vies distantes qui s’exposent parallèlement, Tsai Ming-liang tente d’imposer la perception du temps passé et de la solitude.

samedi 17 août 2013

The Hole : Lien

samedi 17 août 2013
3

Tsai Ming-liang offre avec The Hole / Dong (1997) une œuvre d’anticipation mêlant drame et film musical à la veille de l’an 2000. Nous sommes dans une ville taïwanaise ravagée par une épidémie qui touche l’homme. Les autorités y évacuent alors la ville. Pourtant, certains habitants ont décidé de rester. C’est le cas d’un homme et d’une femme vivant dans le même immeuble, l’un étant le voisin du dessus de l’autre. 

L’appartement de la femme est submergé par l’eau causée par une fuite. Cette fuite amène un trou dans le plancher de l’un (l’homme) et dans le plafond de l’autre (la femme) créant ainsi un lien entre eux. The Hole éblouit par la force qu’à son auteur de développer son récit dans un huit clos en raréfiant les dialogues et en minimisant l’action. Tsai Ming-liang enferme ses personnages dans leur appartement respectif ainsi que dans une galerie commerciale désaffectée. De l’extérieur on ne verra rien, le cinéaste taiwanais se focalise sur cet homme et cette femme qu’il contemple en usant de plan-séquence. Il les laisse vivre comme des poissons dans un bocal lugubre où le voisinage lance ses ordures au milieu de la cour. Une pluie de déchets qui fait échos à la pluie qui ne cesse de s’abattre à l’extérieur des bâtiments. 

dimanche 4 août 2013

La Rivière : Contamination

dimanche 4 août 2013
0

Troisième long-métrage du cinéaste taiwanais Tsai Ming-liang, La Rivière / He Liu (1996) nous plonge dans un drame familial. On y suit les membres d’une famille qui vivent ensemble sans communiquer les uns avec les autres.

Hsiao-kang, un jeune homme sans emploi rencontre une ancienne camarade de classe qui travaille sur le tournage d’un film. La réalisatrice (Ann Hui) demande à Hsiao-kang de remplacer le mannequin qui fait figure de cadavre dans les eaux d’une rivière polluée. Le jeune homme accepte et se réveille le lendemain avec une étrange douleur à la nuque. Personne ne parvient à guérir le mal dont il est atteint. Parallèlement, son père retraité erre dans les saunas gays, alors que sa mère vit une relation extra-conjugale avec un homme qui pirate des cassettes pornographiques…

dimanche 28 juillet 2013

Vive l’amour : Triangulaire

dimanche 28 juillet 2013
0

Vive l’amour / Aiqing wansui (1994) de Tsai Ming-liang met en scène l’histoire d’un trio. Une femme, May est agent immobilier. Elle vit seule et rencontre Ah-jung, un vendeur de rue. Elle l’emmène dans un appartement inhabité qui est à vendre. Appartement squatté par Hsiao-kang, un démarcheur pour les pompes funèbres…

mercredi 24 juillet 2013

Les Rebelles du dieu néon : La Jeunesse de NE CHA

mercredi 24 juillet 2013
0

Premier long métrage de Tsai Ming-liang, Les Rebelles du dieu néon / Ch'ing shaonien na cha (1992) suit à Taipei, Kan-sheng qui quitte son lycée sans rien dire à ses parents ainsi que deux amis vivant de menus larcins. La trajectoire du premier va croiser celle des seconds… 

Tsai Ming-liang signe avec Les Rebelles du dieu néon une œuvre qui met en place les obsessions de son auteur. Des personnages qui ont du mal à communiquer, l’ébullition de la ville, des lieux de vie vétuste… Pourtant il y emploie une caméra qui se déplace plus qu’à son habitude, celle dont il usera pour ses films suivants. La caméra se louvoie alors pour retranscrire les déambulations de personnages qui se croisent et s’entrecroisent. On passe de leur intimité à leurs aventures dans la ville, de nuit comme de jour. Une ville qui tient un rôle prédominant, se montrant comme une actrice à part entière.

jeudi 16 mai 2013

Pinoy Sunday : Day off

jeudi 16 mai 2013
0

Pinoy Sunday (2009) est l’exemple même de ce que la mondialisation peut faire de mieux. Il est tourné à Taïwan, dans la ville de Taipei par une cinéaste malaisien, Wi Ding Ho. Ce dernier a co-écrit le scénario avec Ajay Balakrishnan. Ce premier long-métrage traite de travailleurs immigrés philippins (comme ses acteurs principaux), lesquels s’expriment en tagalog, langue utilisée essentiellement à l’écran avec le mandarin et l’anglais. Qui plus est, le film est produit par une société japonaise (NHK) et française (Les Petites Lumières). Wi Ding Ho narre alors le récit d’étrangers dans un pays étranger…

lundi 28 mai 2012

Summer Afternoon : Sur le bord de la route

lundi 28 mai 2012
0

Troisième court-métrage qu’il met en scène, Wi Ding Ho signe avec Summer Afternoon / Xia wu (2008) une balade à l’allure éthérée où réalité et fantasme se confondent durant seize minutes. Ce cinéaste encore peu connu dans notre contrée est un melting-pot à lui tout seul. Né en Malaisie, il étudie le cinéma à New-York, travaille sur des films publicitaires pour la Thaïlande et enfante entre autre ce court-métrage de nationalité taïwanaise.

Respire : Romance apocalyptique

0

Présent à la Semaine de la Critique à Cannes en 2005, qui a permis à son auteur de remporter le Prix Kodak du court-métrage, Respire / Hui xi (2005) est le deuxième court de Wi Ding Ho. Le réalisateur nous entraine avec ce métrage dans un monde où l’environnement est pollué par un virus mortel. La solution pour les habitants est de porter un masque. On suit dès lors la journée d’une jeune fille malade qui croise le chemin d’un jeune garçon. Ils ne tardent pas à se rapprocher l’un et l’autre…

samedi 31 mars 2012

Parking : Taipei After Hours

samedi 31 mars 2012
3

Passé par de nombreux festival (Une Certain Regard à Cannes 2008, Pusan International Film Festival 2008 ou encore Osaka Asian Film Festival 2009) Parking / Tíngchē (2008) de Chung Mong-Hong est une comédie noire qui nous plonge au cœur de Taipei, le jour de la fête des mères.

Scénariste et réalisateur de Parking, Chung Mong-Hong inscrit son récit dans un genre quasi-fantastique. L’atmosphère étrange qui s’en dégage nous donne le sentiment d’être dans une autre dimension, entre rêve (ou cauchemar ?) et réalité. Le temps semble s’être arrêté. On y voit un Taipei vide de tout habitant si ce n’est les quelques âmes qui parcourent ce métrage. Tout dans la forme pourrait qualifier Parking de film d’auteur. Une ambiance particulière, une mise en scène qui se pose énormément et jouant avec les temps forts et temps morts ainsi qu’une esthétisation à outrance. Dans le fond le cinéaste taiwanais dépeint un tableau sombre. Ce tableau obscur apostrophe les bons et mauvais côtés de l’âme humaine.

jeudi 9 décembre 2010

Rétrospective Edward Yang à la Cinémathèque Française

jeudi 9 décembre 2010
0

Après Wakamastu, c'est autour du cinéaste Edward Yang de prendre place dans les salles de la Cinémathèque Française jusqu'au 20 décembre. Disparu en 2007, le réalisateur était une des figures de la nouvelle vague taïwanaise aux côtés de Hou Hsiao-hsien.

9 longs et courts métrages ont été sélectionnés pour la rétrospective :

Attention, certaines séances annoncées dans le dossier de presse ont subi des modifications. Merci de vous reporter au calendrier du site : ici

Mer 08 déc 20h00 HL Ouverture de la rétrospective Edward Yang

The Wind
Taiwan/2007/10’/35mm

The Terrorizers (Kongbu Fenzi)
Taïwan-Hong-Kong/1986/109’/35mm

Jeu 09 déc 20h00 GF
That Day, on the Beach / Ce jour-là sur la plage (Haitan De Yitian)
Taïwan/1983/167’/VOSTF/35mm

Ve 10 déc 19h00 GF
A Confucean Confusion / Confusion chez Confucius (Duli Shidai)
Taïwan/1994/133’/VOSTF/35mm

Ve 10 déc 21h30 GF
In Our Time (Guang yin de gu shi)
Taïwan/1982/106’/VOSTF/35mm

Sa 11 déc 14h30 GF
Taipei Story (Qingmei Zhuma)
Taïwan/1985/117’/VOSTF/35mm

Sa 11 déc 19h00 HL
A Brighter Summer Day (Guling jie shaonian sha ren shijian)
Taïwan/1991/240’/35mm

Dim 12 déc 17h00 HL
Mahjong (Majiang)
Taïwan/1996/121’/VOSTF/35mm

Di 12 déc 19h30 HL
Yi Yi
Taiwan-Japon/2000/173’/VOSTF/35mm

Lu 13 déc 14h30 GF
The Wind
Taiwan/2007/10’/35mm

Lun 13 déc 17h00 GF
That Day, on the Beach / Ce jour-là sur la plage (Haitan De Yitian)
Taïwan/1983/167’/VOSTF/35mm

Lu 13 déc 20h15 GF
A Brighter Summer Day (Guling jie shaonian sha ren shijian)
Taïwan/1991/240’/35mm

Mer 15 déc 21h30 GF
Mahjong (Majiang)
Taïwan/1996/121’/VOSTF/35mm

Sa 18 déc 14h30 GF
Yi Yi
Taiwan-Japon/2000/173’/VOSTF/35mm

Di 19 déc 17h00 GF
A Confucean Confusion / Confusion chez Confucius (Duli Shidai)
Taïwan/1994/133’/VOSTF/35mm

Di 19 déc 21h00 GF
Taipei Story (Qingmei Zhuma)
Taïwan/1985/117’/VOSTF/35mm

Plus d'infos : www.cinematheque.fr
Dossier de presse Edward Yang : ici
Diana

mardi 9 novembre 2010

Je ne peux pas vivre sans toi : Jamais sans ma fille

mardi 9 novembre 2010
1

Cela faisait un moment que je ne m’étais pas autant sentie portée par un récit. Je ne peux pas vivre sans toi / Bu neng mei you ni (2009), premier essai de Leon Dai, se révèle être une œuvre bouleversante, percutante, d’un esthétisme déconcertant (un sublime noir et blanc).

Li élève seul sa fille Mei. Depuis le départ de sa mère, ce dernier tente de mener une vie descente en cumulant les petits boulots. Un jour, les services de police lui rendent visite et lui conseillent de scolariser la fillette. C’est alors le début d’un long calvaire administratif...

Je ne peux pas vivre sans toi c’est d’abord le portrait touchant de cette relation père/fille. Une relation qui s’illustre par un environnement rustre mais qui parvient à vivre par la seule force d’un amour sans borne, moteur et essentiel pour les deux protagonistes. Et malgré la pudeur se dessine à travers de brèves échanges, de brefs regards, une infime tendresse. Une complicité et une délicatesse que Leon Dai réussit à sublimer par des instants justement saisis et des dialogues intelligents.

Si cette beauté - celle des sentiments - est la première qui marque, il y a dans ce premier long métrage une facette bien plus sombre, résultant de ce qui pourrait s'apparenter à une aberration administrative. A l’instant où monsieur Li voudra inscrire Mei, il se verra confronter à de multiples obstacles et regards méprisants. Car monsieur Li est un “père célibataire”, qui a élevé seul son enfant “non déclaré” et qui n’a par conséquent aucun pouvoir légal. Des coups d’épée dans l’eau, c’est ce que va connaître ce père qui n’a d’autre désire que de vivre paisiblement avec sa fille. De là, va naître une incompréhension grandissante, une colère refoulée puis un acte de folie comme unique cri de détresse. Car ce père aimant ne parvient pas à comprendre la rudesse de cette administration, qui le balade de service en service, de ville en ville. Il comprend encore moins pourquoi ce système souhaite lui enlever ce qu’il a de plus cher, alors que paradoxalement la fillette n’a nul attache que lui-même. Du cadre légitime à la raison, le faussé est parfois profond semble nous suggérer le cinéaste. Finalement, la logique n’existe pas, tant que l’on ne rentre pas dans le cadre administratif prédéfini. Peu importe les raisons et les situation invoquées, les exceptions n’existent pas et les manquements aux règles ne sont pas admis. Leon Dai dresse un portrait critique qui interpelle et marque, non pas par la colère première qu’elle pourrait susciter mais sa grande sensibilité. Avec un style épuré et sans artifice, l’auteur tente d’être au plus proche de ses sujets et parvient ainsi à communiquer une émotion juste.

Je ne peux pas vivre sans toi est une très belle découverte tant sur le plan visuel (Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié un noir et blanc) qu'émotionnel. Avec une aisance et une simplicité déconcertante, Leon Dai nous plonge dans les travers d’une administration vécus par un père courage (formidable Chen Wen-pin). Je ne peux pas vivre sans toi est une remarquable variation.

Diana

jeudi 26 août 2010

Yi Yi : Une histoire de famille

jeudi 26 août 2010
3

Yi Yi (2000) d’Edward Yang prend le temps de s’arrêter sur une famille taiwanaise à Taipei. Le cinéaste met alors en scène le portrait de la famille Jiang à travers trois de ses membres NJ, le père, Ting Ting, la fille aînée et Yang Yang, le fils de huit ans. Ces personnages s’interrogent alors sur eux-mêmes tout en se remettant en question. Le cinéaste connu comme l’une des figures de la nouvelle vague taiwanaise capte des moments de vie succincts dont ses principaux protagonistes font face à la mort, au mariage, à la naissance mais aussi au premier amour lorsqu’ils ne se voient pas confronter au monde professionnel ou scolaire.

Yi Yi respire la vie, ces petits moments par lesquels tout être humain passe. Le questionnement de soi, les doutes mais également l’adversité face aux évènements imprévus. Ce qui frappe en visionnant cette œuvre qu’Edward Yang met en scène, avec une beauté formelle, ce sont les trois personnages phares qui auraient pu être un même et seul individu à des époques différentes. Le quadragénaire, l’adolescente et l’enfant. Trois étapes de la vie remplies d’une multitude « d’étapes » qui nous fait grandir et nous construit. Mais Yi Yi ne serait rien s’il restait sur le seul point de vue individuel. Car dans le film, l’individu existe aussi et surtout par l’association avec l’ autre et l’échange qu’il entretient. On suit dès lors un rapport tout particulier de l’individu face à lui-même mais également par son rapport à autrui. L’association de deux individus, la dualité aussi, ce rapport Edward Yang le met en image par de nombreux jeu de reflets : le miroir, la vitre...

Yi Yi est un film à la fois simple et complexe. Simple parce qu’il parle de la vie. Complexe parce que la vie l’est tout autant. La structure de Yi Yi cache aussi un travail d’écriture qui approfondit la curiosité du spectateur : l’agent perturbateur qui empêche tout rapport en triumvirat. La femme de NJ s’efface pour que ce dernier retrouve son premier amour, il en va de même pour Ting Ting dont l’amie et voisine s’efface au gré des circonstances pour qu’elle puisse jouir d’une relation avec Bouboule jusque là vécu par procuration. Yi Yi est une œuvre simple en apparence mais qui cache la complexité d’une grande œuvre. Une œuvre sur la vie, une œuvre humaine qui s’avère douce et tragique, heureuse et amère. Un témoignage sincère et distancié, presque pudique où l’émotion prime. Yi Yi fait partie de ces rares œuvres que les mots ne suffisent pas à exprimer. Les images, les situations qu’elles dépeignent parlent pour elle.

Des morceaux de vie, Yi Yi en exprime toute l’étendue. Une œuvre qui nous parle et nous touche par la densité narrative qu’elle explore et communique. Une œuvre marquante par son sujet, belle par sa simplicité qui restera comme le regard unique que l’on se porte. Un miroir que l’on scrute qui nous renverrait notre image, notre vie.

I.D.

mardi 20 avril 2010

Goodbye South, Goodbye : En mouvement

mardi 20 avril 2010
0

D’après une idée originale de King Jieh-wen et de Jack Kao qui tient ici le rôle principal, Goodbye South, Goodbye / Nánguó Zaìjiàn, Nánguó (1996) de Hou Hsiao Hsien narre les pérégrinations de petits voyous du sud montés dans la capitale.

Kao, Bian alias « Tête d’obus » et la petite amie de ce dernier vivent de menus larcins. Ils vont et viennent entre Taipei et la campagne taiwanaise. Kao, amoureux rêve d’arrêter cette vie de voyou pour ouvrir un restaurant à Shanghai…

Goodbye South, Goodbye se compose entre la ville et la campagne, entre les temps forts et les temps morts. Hou Hsiao Hsien met en scène une œuvre à l’esthétisme certain. Il crée un univers superbe où l’on suit ces corps en perpétuel mouvement tout en étant d’un statisme surprenant. Il y a du mouvement dans la léthargie de ces personnages qui s’abandonnent à des espaces qui offrent des plans d’une beauté peu commune. Goodbye South, Goodbye nous livre en pâture des individus qui se laissent aller ici et là sans réel but dans la latence du lendemain.

Hou Hsiao Hsien développe un sens de l’espace qui confère à une contemplation spécifique celle qui s’abstrait de toute dramaturgie. Il y a dans Goodbye South, Goodbye une lenteur enivrante qui nous invite dans cette apesanteur éthérée. Une œuvre sublime faite de chose simple de la vie : boire, manger, conduire,… Des choses simples, communes à tous mais pourtant qui révèlent un attrait dont la mise en scène communique toute la dimension d’une œuvre qui marque, resplendit par l’étendue humaine qu’elle confère. Une œuvre envoûtante et des plus importantes de la filmographie de Hou Hsiao Hsien. Mirifique.

I.D.

dimanche 22 novembre 2009

Visage de Tsai Ming-liang : Le naufrage...

dimanche 22 novembre 2009
9

Dernier film du cinéaste taiwanais à ce jour, Visage (2009) de Tsai Ming-liang prend place en grande majorité en France, au Musée du Louvre. On y suit un tournage où un réalisateur Taïwanais met en scène l’histoire de Salomé, le rôle du roi Hérode étant tenu par Jean-Pierre Léaud. On suit les péripéties de ce tournage tout particulier…

Le Cinéma de Tsai Ming-liang n’est pas facile d’accès, un cinéma contemplatif peu enclin à ravir nombre de personne. Il est aussi perçu comme un cinéaste élitiste parce que ses œuvres représentent un certain cinéma d’auteur. Si son Cinéma ne parle pas aux plus grands nombres, force est de constater que cela ne peut aller que de mal en pis avec Visage. Cette œuvre pourrait être celle d’un artiste qui serait tomber dans les travers de son art, de son style qui le caractérise tant. Un accident de parcours qui voit le cinéaste partir en tête à queue vers les méandres d’un cinéma d’esbroufe. Visage apostrophe son spectateur mais pas forcément dans le bon sens. Malheureusement pour nous et pour lui. Et comme cela arrive à tout cinéaste, on peut mettre en scène de temps en temps, une oeuvre mineure, une œuvre qui ne marquera pas, ou à oublier le plus vite possible. Visage serait de ces oeuvres. Tsai Ming-liang a rêvé d’une œuvre cinématographique pour les musées (les films qui côtoieraient les tableaux de maîtres) et bien j’ai envie de lui dire qu’il se trompe, si son souhait est celui de prendre cette direction, elle accuse un manque total de recul et de jugement.

Visage est une énorme déception tant on attendait de ce cinéaste apprécié à Made in Asie, pour son talent et ce Cinéma si singulier. S’il n’a pas toujours réalisé des œuvres valant le détour, Tsai Ming-liang jouissait d’un univers propre qu’il avait jusqu’ici su faire partager. S’il conserve dans Visage cet univers distinctif, c’est sur sa façon de communiquer ses envies qu’il échoue. On peut aimer nombre de ses œuvres et tomber des nus devant une œuvre qui se veut une reproduction de son travail antérieur. Il y a du The Hole (1997) dans Visage mais aussi du I don’t want to sleep alone (2006). On retrouve son double à l’écran sous les traits de Lee Kang-shen qui perd ici sa mère après avoir perdu son père dans Et là-bas, quelle heure est-il ? (2001). Une autre œuvre à laquelle il fait référence ici comme si son cinéma était devenu celui de la copie (sa propre copie avariée) en évitant celui du mimétisme. Esthétiquement, Visage est beau avec une mise en scène qui est celle de son auteur, on reconnaît la touche, la patte qui est la sienne, il n’y a aucun doute à ce niveau. Pourtant, le cinéma c’est aussi des histoires. Et une histoire, il en manque cruellement dans Visage.

Cette œuvre n’a aucun sens, c’est juste l’accumulation d’une jolie scène (pas toujours) qui en remplace une autre et ainsi de suite. Une scène, un plan encore et encore où les acteurs se démènent tant bien que mal. On sent un manque de direction, on sent des pas, des gestes mal assurés. Est-ce voulu de la part de Tsai Ming-liang ? Il y a de grande chance. Le résultat ? On reste dubitatif, même devant de grands noms du Cinéma français. Jean-Pierre Léaud (un acteur que j’adore) peine et on en a mal pour lui. On a envie de se lever et de tout arrêter pour dire stop, cessons cette ignominie du jeu, du cinéma. Laetitia Casta joue comme dans une pub pour parfum ou d’une grande enseigne de prêt-à-porter, affligeant. S’en est triste, et associer trois égéries de François Truffaut dans un même plan ne changera pas la donne, Visage souffre considérablement de consistance. Et peindre des tableaux sur pellicule (la façon dont TML définit son Cinéma) n’est pas tout. Alors quel sentiment garde-t-on à l’esprit ? Le sentiment de s’être fait avoir. Le sentiment que TML se moque de nous en mettant en scène une œuvre égoïste qui n’a ni queue ni tête. Un patchwork d’images, rien d’autre.

Visage accumule les fautes de mauvais goûts avec des scènes discutables pour ce qui s’y passe et la façon dont c’est jouer. Laetitia Casta avec son rouleau adhésif noir ! Plus jamais ça. Passons. Pour ma part, je garderai en mémoire l’un des moments les plus réussi avec cette inondation en début de film qui voit Lee Kang-shen se battre contre l’élément qui définit le plus TML, l’eau. Visage ce n’est rien de moins que le naufrage d’une œuvre dans un caniveau parisien qui coule inexorablement vers et dans les égouts, pour s’y perdre à jamais et nous avec.

I.D.

 
Design by Free WordPress Themes | Bloggerized by Lasantha - Premium Blogger Themes | Design Blog, Make Online Money