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lundi 22 décembre 2014

Les Lionnes Masquées (นางสิงห์แก้มแดง) : Nam Nao # 2

lundi 22 décembre 2014
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Le titre français est une pure invention de ma part (et cela continuera tant que je n’aurai pas au moins un titre anglais à faire valoir). De ce fait, je l’ai baptisé de manière tout à fait libre. A noter que le réalisateur de ce film est inconnu. Mes recherches n’ont permis de connaître l’identité de l’homme derrière la caméra. Je lance par ailleurs un appel à toute personne qui pourrait apporter des informations supplémentaires.

Ces séries B thaïlandaises des années 70 et 80 notamment surnommées « nam nao » (eau croupie) par les critiques de cinéma locaux ont leur petit charme. Alors certes comme dans Les Lionnes Masquées / นางสิงห์แก้มแดง, il ne faut pas chercher du grand cinéma. Ca reste un cinéma fait à la va vite, vite expédié et remplacé par une nouvelle production. Mais tant qu’il y a un minimum de fun, je suis personnellement preneur. Alors laissons ces mauvaises langues (qui parleraient en mal de ces œuvres) et projetons nous dans ce divertissement qui mélange jolies filles masquées, manigances et compilation musicale. Et pour prendre en compte l’ampleur de cette œuvre d’exploitation qui vous attends, je vous livre un résumé du film qui (attention SPOILER !) dévoile tout ou presque.

dimanche 17 juillet 2011

The Red Eagle : Dans l’ombre de Mitr

dimanche 17 juillet 2011
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Il a suffit de deux films (Les Larmes du Tigre Noir et Citizen Dog) pour qu’on puisse voir un talent explosé, ce talent c’est celui du cinéaste thaïlandais Wisit Sasatanieng. Et lorsqu’il entreprend de s’attaquer à un revival d’un super héro de la culture populaire thaïlandaise, l’excitation est de mise. Pour la petite histoire, Red Eagle fut interprété par le mythique Mitr Chaibancha dans une série de films des années 1960. Ce dernier décéda tragiquement lors de la dernière scène du tournage de Insee Thong (ou In-Sree Daeng, Golden Eagle) qui était notamment son premier et (du coup dernier) film en tant que metteur en scène. L’acteur sous les traits de Red Eagle devait s’envoler, accroché à une échelle d’hélicoptère qu’il lâcha. La popularité de Mitr Chaibancha (qui tourna dans plus de trois cents films entre 1961 et 1970) est telle qu’encore aujourd’hui existe un autel qui lui est dédié où de nombreux thaïlandais se rendent pour prier. De ce fait, lorsque Wisit Sasatanieng décide de mettre en scène ce qui s’apparente à un reboot de ce personnage devenu légendaire comme son interprète principal avec The Red Eagle (2010), il est attendu au tournant.
 
Un politicien se fait élire en allant à l’encontre de ses promesses. Le pays est en ébullition et la révolte gronde. Au milieu de ce marasme, un justicier masqué du nom de Red Eagle s’attaque à des criminels qui ont la particularité d’appartenir à une confrérie secrète. Cette dernière souhaite se débarrasser de lui et engage pour se faire, Black Devil. Parallèlement, un policier fait équipe avec un nouvel équipier appartenant à la communauté Sikh. Ils tentent ensemble de confondre et d’alpaguer Red Eagle qui s’avère des plus expéditif qui soit…

Petite précision avant de commencer. Je n’ai vu aucun des films de la série des Red Eagle initié par Mitr Chaibancha dans les années 60, il n’y aura donc dans mon propos aucun élément de comparaison bien que l’on retrouve le costume du héro visible sur les affiches et autres photos de films d’époque. Allons-y. J’aimerais dire avoir aimé The Red Eagle. J’aimerais l’écrire parce que j’apprécie son auteur et certains de ses films. Mais ici, Wisit Sasatanieng a mis de côté sa singularité de cinéaste pour nous livrer une mixture peu digeste. Il n’y a pas de folie dans sa mise ne scène, il n’y a aucune audace dans le scénario et le casting manque de poids, des éléments manquants pour participer à une grande fresque d’aventure et d’action. The Red Eagle fait partie de ces films qui se laissent suivre sans enthousiasme. Un film dans lequel on s’ennuie de temps à autre et qui peine à fonctionner aussi bien dans l’humour que dans les cascades câblées et mal filmées. Un film beaucoup trop long (plus de deux heures) qu’on est pressé de voir se terminer et pressé d’oublier tant il reste fade.

The Red Eagle en quelques points. Le scénario : plat, écrit d’avance et brouillon ; trop de personnages et d’histoires qui s’entremêlent. Ceci aurait pu être rondement mené pour une série télé mais pas pour un film, qui notons-le ici, s’ouvre sur une suite éventuelle puisque le film n’a pas de fin à proprement parler. Question : Qui est le personnage principal ? Red Eagle puisqu’il donne son titre au film. Pourtant, il y a une importance donnée au personnage du policier (pas nécessaire) censé l’arrêter. Sans oublier, l’unique personnage féminin pour la touche « amoureuse » dont la présence à l’écran est considérable, partageant une intrigue avec son ex-mari de premier ministre qui aura sans doute une importance pour les films suivants puisque Red Eagle a décidé de lui rendre des comptes (Je reprends ma respiration). On n’oubliera pas non plus la confrérie secrète et le passif de Red Eagle qui surgit en flash-back. Si le parti pris avait été de se focaliser sur Red Eagle, on aurait pu avoir un film plus épuré d’autant plus qu’un super héro accro à la morphine et à la justice expéditive c’est plutôt sympa. Ca tranche avec la flopé de personnages lisses qu’on peut ou pourrait voir dans ce genre de film. La réalisation : décevante. Wisit Sasatanieng est peu inspirée. Il semble perdu dans les scènes d’actions les rendant parfois illisibles. Quant au reste, entre la caméra épileptique qui s’invite de temps à autre et une réalisation au formalisme sans identité, il n’y a rien à garder. En vrac : le montage donne le sentiment d’un assemblage de scènes sans véritable osmose (encore plus lors des scènes d’actions bordéliques). La photo est jolie. Les effets spéciaux ne sont pas toujours terribles. La bande son est vraiment sans plus. Il n’y a même pas un ladyboy, le comble ! L’ensemble nous rappelle finalement ces films hollywoodiens, en moins réussi, avec le flic casse-cou qui a toujours le mot pour rire (sauf ici), le duo atypique qu’il forme aussi avec son collègue, le quart d’heure romance, les situations stéréotypées vues et revues,... tout ça pour dire que j’étais là pour voir un film thaïlandais. Je l’aurais presque oublié si je ne l’avais vu en version originale.

Ce n’est pas avec The Red Eagle que Wisit Sasatanieng fera oublier les prouesses passées de Mitr Chaibancha. Bien sûr, ce n’était pas son objectif. J’écris cela parce qu’il ne sera pas parvenu à inscrire son film dans le mythe. The Red Eagle est un film quelconque, sans saveur qui ne met jamais en alerte et ne nous fait jamais exulter. On ne tressaille pas. On ne rêve pas. Nous ne sommes pas transporté ou si peu. On vit les aventures de ce nouveau Red Eagle de manière passive. Quant aux suites de ses aventures… l’attente ne sera pas un calvaire, loin de là. Il y a encore plein de bon film à voir… d’ici là.

I.D.

dimanche 12 juin 2011

L’Arme de la Justice (เจ้าพ่อภูเขียว) : Nam Nao # 1

dimanche 12 juin 2011
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Le titre français est une pure invention de ma part. Il n’existe pas à ma connaissance de titre anglais ou bien français de cette œuvre. De ce fait, je l’ai baptisé de manière tout à fait libre. A noter que le réalisateur de ce film est inconnu. Mes recherches n’ont permis de connaître l’identité de l’homme derrière la caméra. Je lance par ailleurs un appel à toute personne qui pourrait apporter des informations supplémentaires.

Série B comme on en faisait des centaine dans les années 70 et 80 en Thaïlande, L’Arme de la Justice / เจ้าพ่อภูเขียว (1981) est un de ces films qui était baptisé par nombre de critiques de cinéma « nam nao » (eau croupie, source Wikipédia). Laissons ces mauvaises langues et projetons nous dans ce divertissement qui mélange testostérone, gros flingue et grenade. Pour prendre en compte l’ampleur de cette œuvre d’exploitation, je vous livre un résumé du film qui (attention SPOILER !) dévoile tout ou presque.

Palan Phuthai (Sorapong Chatree), un tueur à gages revient à Chayaphum après avoir passé quelques années en prison. Alors qu’il voyage en bus, une violente altercation oppose un contrôleur (Lak Apichat) à plusieurs hommes. Palan intervient et devient par la suite ami avec le contrôleur en question qui promet de le présenter à sa sœur Taew (Jarunee Sooksawad). Arrivé à Chayaphum, Palan voit combien sa ville a changé. Il apprend qu’un conflit avec une agence de placements de personnel censée envoyer des travailleurs thaïlandais à l’étranger, a causé la mort de sa mère et son frère. Il doit alors s’occuper d’un bébé qu’il confie à la femme du chef de la police (Nard Poowanai). Ce dernier sait que Palan est devenu une personne intègre et lui donne une arme à feu pour l’aider à combattre la criminalité. Palan se rend à l’agence qui se révèle être une organisation malhonnête, dépouillant les pauvres et plus faibles de leur argent sans leur apporter de travail. Il règle alors ses comptes. Mais cette agence appartient à un parrain local, Kamthorn (Kecha Plianvithee), également impliqué dans un trafique de bois. Palan va jusqu’à voler des documents compromettants de l’agence et enlève la fille de Kamthorn, Busaba (Duangjai Hathaikarn) pour le forcer à arrêter ses activités illégales. Mais Palan échoue dans son entreprise. Son bébé a été enlevé et il se retrouve contraint de l’échanger contre Busaba. Entre temps, Palan et Taew tombent amoureux l’un de l’autre. Kamthorn tente de se débarrasser de Palan et du chef de la police en s’allouant les services d’un tueur à gages, un ancien ami de Palan. Mais lorsqu’il prend connaissances de ses cibles, il n’honore pas son contrat. Kamthorn ne s’avoue pas vaincu et fomente un plan machiavélique pour obliger le tueur à gages à affronter Palan. Taew est gravement blessé. Palan traque son ancien ami et sort vainqueur du duel. La police aidée de Palan parvient à coincer Kamthorn en plein trafique. Il s’enfuit poursuivi par Palan qui l’abat. Ce dernier qui a rempli sa mission donne son arme à feu au chef de la police. La justice est sauve.

Oui avec L’Arme de la Justice, la justice sera sauve parce que L’Arme de la Justice est de ces films à la vieille rengaine qui dit que les gentils gagnent toujours à la fin. Il n’est donc pas bon d’être le méchant de service si on ne souhaite pas être tué de manière expéditive. Ici, on ne tergiverse pas. On tire puis on parle. Le bruit des revolvers à gros barillet répand une condamnation mortelle sans aucun frein ou limite. Sorapong Chatree (l’un des monstres sacrée du cinéma populaire thaïlandais) qui affiche pour l’occasion une bien jolie moustache se révèle comme la projection d’un Charles Bronson à la sauce thaïlandaise. Il y interprète un homme qui a racheté sa conduite à la société et part en guerre contre les criminels de sa ville (un double rachat pour le coup). Et lorsque le chef de la police vous donne les pleins pouvoirs pour nettoyer les scélérats qui spolient les honnêtes gens, en plus de détruire la nature d’une chouette petite ville, tout est permis. Il faut le voir Sorapong « Bronson » Chatree recevoir ce revolver, la représentation même du Glaive de la justice. A travers ce revolver dont il (notre héro) se sert, c’est la sentence qui frappe. Une toute puissance qui sanctionne par la poudre. Il se transforme dès lors en juge et bourreau dans un décor aux allures de western. Le décor s’y prête volontiers d’ailleurs, une campagne thaïlandaise, poussiéreuse et peu urbanisée. Un Sorapong Chatree en héro solitaire qui débarque en ville, et des malfrats qui donnent du fil à retordre au shérif du coin (pour l’imagerie). Tout y est. Un western moderne qui nous gratifie même de bagarre de saloon (ou plutôt de restaurant). Mais le personnage de Sorapong Chatree n’est pas seul dans cette quête de justice, loin de là. S’il représente les gros de bras de l’histoire censée nous exalter, il s’appuie sur l’acteur Lak Apichat (un habitué des films d’action) qui interprète ici le bout en train de service. Pour la touche d’humour, on est ok avec le cahier des charges. Il ne manque plus que la touche féminine, synonyme de romance (chaste). Et cette touche, nous l’aurons avec la frangine de Lak Apichat interprétée par la sublime Jarunee Sooksawad (une star adulée qui affiche pas moins de 122 films au compteur entre 1977 et 1988), véritable garçon manqué qui n’hésite pas à donner une flopée de coups de pied et poing. Mais aussi des coups de genou lorsqu’elle ne se défoule pas avec des lancés de grenades. Une fille au caractère bien trempé et au charme fou - vous en conviendrez - et qui sait par ailleurs roser son frère avec des coups bien placés entre les jambes.

L’Arme de la Justice est film d’exploitation honnête. Il y a de l’action, de l’humour et des filles. Il est un film dramatique qui avec les années n’est pas à prendre au sérieux tant il s’avère grossier dans son traitement. On se consternera notamment des prises de décisions du héro qui ont au moins le mérite de faire avancer l’intrigue à défaut d’être intelligente (l’enlèvement de la fille du chef des malfrats pour lui faire arrêter ses affaires illégales !). Il n’y a pas grand-chose à chercher du côté d’un scénario sans surprise, bon à livrer le spectacle qu’on attend avec sa galerie de personnages vus et revus. A la limite, c’est tout aussi bien. La réalisation est classique avec une bande son sympa qui apporte un petit plus aux situations qui se jouent. Le casting se tient comme les prestations livrées. Une spéciale pour Jarunee Sooksawad qui nous attendrit comme elle nous fait rire.

I.D.

lundi 9 mai 2011

13 Beloved : Épreuve(s) de force

lundi 9 mai 2011
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Thriller parsemé d’humour - noir, 13 Beloved (2006), film thaïlandais de Chukiat Sakveerakul, met en scène Puchit, un homme qui en une journée perd son travail, sa voiture et ses économies promis à sa famille. Á bout, il reçoit un appel sur son téléphone portable. Son interlocuteur lui annonce qu’il fait partie d’un jeu grandeur nature dont la récompense est de 100 millions de baths. Pour la remporter, il doit réussir 13 épreuves dont la première est d’écraser une mouche qui lui tourne autour. D’abord incrédule, Puchit se lance dans le « jeu » qui va l’emmener dans une spirale infernale…

13 Beloved n’est pas sans rappeler certains films tels que Chute Libre ou bien encore The Game - tous deux interprétés par Michael Douglas. Le film de Chukiat Sakveerakul pourrait être aisément un mix des deux avec une ingéniosité propre à l’Asie. Un salary man au bout du rouleau qui perd les pédales en se lançant corps et âme dans un jeu dangereux. On suit donc un Puchit perdu dans une ville, baladé d’un endroit à un autre au gré des épreuves qui s’intensifient.

Une des grandes qualités de 13 Beloved c’est sa capacité à tenir en haleine ; en instaurant un rythme haletant, le cinéaste parvient à tenir le spectateur sur le qui vive. Les temps morts sont quasi-inexistant et lorsqu’il y en a, ils sont plutôt bien menés et appréciables. Le suspense est là, le seul bémol pourrait venir de la fin du film quelque peu tirée en longueur. La fin aurait pu être tout autre et faire ainsi de ce film un chef d’œuvre, chose qui n’est donc pas le cas. Chukiat Sakveerakul loupe le coche de peu, pas faute à son imagination virant parfois à l’horreur et agissant comme un fix de pure angoisse.

13 Beloved est donc un bon petit film, sympathique à vivre, qui ne se gêne pas pour égratigner nos sociétés de consommation et illustrer une soif sans borne pour l’argent. Certaines épreuves de Puchit sont d’ores et déjà à ranger au côté de scènes cultes. Pour me répéter, 13 Beloved de Chukiat Sakveerakul est un mélange de thriller haletant à forte dose de suspense et d’angoisse dans lequel on rit et… frémit.

I.D.

dimanche 6 février 2011

Slice : La valise rouge [Actu DVD / Blu-Ray]

dimanche 6 février 2011
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S’il y a un thriller à vous procurez pour passer une soirée, lumière éteinte, yeux fixés sur l’écran de votre télévision, un thriller où règne suspense, rebondissement vous laissant les yeux écarquillés, Slice / Cheun (2010) de Kongkiat Komesiri est pour vous. Voilà une œuvre qu’on aurait aimé voir sur grand écran, à défaut ça se passera dans votre salon…

A Bangkok, un tueur énigmatique habillé de rouge sévit. Les victimes sont sauvagement assassinées et retrouvées pour la plupart dans des valises rouges. L’inspecteur Chin mène l’enquête mais se retrouve très vite impuissant pour la résoudre. Il fait appel à Tai, un prisonnier qui semble connaître le meurtrier. Ce dernier sort de prison et a quinze jours pour mettre la main sur l’assassin…

Slice, ça pourrait être le thriller « phénomène thaïlandais du moment ». Le genre de film sur lequel on pourrait coller bon nombre d’effets d’annonce marketing comme pour vendre un produit sauf que souvent la publicité est mensongère. Rien de tel ici puisque le film du cinéaste thaïlandais Kongkiat Komesiri parvient à divertir tout en faisant frémir. Il réussit son pari et signe avec Slice un thriller de bonne facture. Nous voilà plongés dans une série de meurtres tous plus abjectes les uns que les autres. Les scènes sont dures à l’image des meurtres qui se veulent sans concession. Le tout est merveilleusement mis en scène avec une maîtrise technique nous offrant dès lors une œuvre qui se veut comme un slasher mais bien plus encore. Un drame social horrico-gore alternant passé/présent pour nous amener à la révélation finale et au dénouement ensanglanté. La mixture est efficace puisqu’elle nous tient en haleine des prémices au twist final qui vous fera sauter de votre fauteuil. Alors bien sûr, Slice n’est pas parfait. On se dit que les policiers ne sont pas très « fute-fute » pour ne pas réussir à faire le lien entre les différents meurtres. Passons. Du coup, si l’action « présente » du film est somme toute classique dans son déroulement, ce sont les parties dédiées au passé des personnages qui sont ici les plus intéressantes ; l’enfance. Le terreau de l’innocence et de l’insouciance qui vont s’avérer comme étant celle de la violence jusqu’à cette fin qu’on pourrait qualifié de « romantique ».

Slice se veut une réussite originale. Intéressante, émouvante, choquante, l’œuvre parvient aussi bien à parler des traumatismes de l’enfance que de pédophilie et ce sans jamais tomber dans le voyeurisme nauséabond. Elle sait rester dans la suggestion qui parvient tout de même à être crue et déconcertante. Une surprise qu’on ne peut que conseiller au plus grand nombre.

I.D.

dimanche 17 octobre 2010

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) : Le passage

dimanche 17 octobre 2010
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Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) / Lung Boonmee Raluek Chat (2010) de Apichatpong Weerasethakul ou l’assurance de savourer une expérience cinématographique hors norme, où les perceptions d’un film se voient perturbées par l’esprit d’un corps malade. Boonmee est gravement atteint. Au cours de ses derniers jours de vie apparaissent des figures étranges qui lui sont familières : sa femme, son fils s’invitant tour à tour. Ce n’est alors que le début d’un voyage fantasmagorique sans fin…

Oncle Boonmee est cette croyance à la réincarnation dans ce qu’il y a de plus profond. Cet homme est dans une quête impalpable qu’il ne maîtrise pas, celle du réconfort. Le réconfort de se sentir accompagné lors d’un passage unique et irréversible. L’apparition de sa femme à plusieurs reprises représente ce souhait, et lui permet de créer un repère intemporel alors que lui-même est pris dans une tourmente temporelle. Elle fonde ce cocon qui l’aide à se livrer et être écouté. Au fil du temps, ses souvenirs se décuplent et hantent son esprit formant une mosaïque de ses vies antérieurs, à l’image du flash que semble avoir les personnes aux portes de la mort.

Apichatpong Weerasethakul s’intéresse de ce qui reste de la mémoire avant le passage dans l’au-delà. Ce n’est pas le corps malade qui est le cœur du film mais bel et bien l’esprit. L’éveil de ce dernier lorsque la présence d’une maladie vient le perturber. Le cinéaste nous perd alors dans une confusion où la rêverie et la réalité ne semblent plus avoir de frontière. Il nous convie dans un voyage initiatique, sans code, sans paroi où seul l’esprit de Boonmee est guide, se baladant entre ses souvenirs et un présent incertain. Perturbant serait le terme approprié pour cette œuvre qu’on tente de prime abord d’appréhender puis qu’on s’entend à laisser nous mener dans des suites spirituelles impalpables. L’entreprise du cinéaste thaïlandais est remarquable, mettant en scène une vision de la mort unique et personnelle. Oncle Boonmee est le visage d’une œuvre singulière et palpitante, sublime et effrayante.

Diana

vendredi 9 juillet 2010

Mundane History : Et après ? [Festival Paris Cinéma]

vendredi 9 juillet 2010
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Ai-je découvert le second coup de cœur de ce festival ? Assurément ! Le premier long métrage de la réalisatrice thaïlandaise Anocha Suwichakornpong, Mundane History est une révélation. Je partais dans l’espoir de découvrir un film juste agréable et je suis tombée nez à nez avec un long métrage puissant et atypique.

Ake est un jeune homme qui vit dans le mutisme des suites d’un accident de voiture. Paralysé il passe ses journées cloîtrer dans sa chambre avec pour seul compagnon son infirmier.

Mundane History c’est d’abord la confrontation entre le corps et l’esprit. Un esprit torturé par l’impuissance et la frustration. Ake est cet ensemble faisant coexister la rage intérieure à l’apparente enveloppe d’un corps saint. Mais ceci n’est qu’illusion, le jeune homme le sait. Ce qu’il veut secrètement, c’est se prouver que son corps est toujours vivant, que cette chaire, ses sens demeurent en éveil. Alors quand vient la tempête, Ake laisse la pluie battre sur son visage et gorger les pores de sa peau d’une eau nourricière et libératrice. Nier son mal être lui est impossible, retrouver des sensations vitales ne l’est pas. La nature vient frapper le jeune homme pour lui présenter un miroir obscur et optimiste. Obscur car il rappelle une liberté perdue, optimiste car il appelle à la vie.

L’incommunicabilité est au cœur de ce long métrage. Père et fils (Ake) ne se parlent, ne se croisent, ni se regardent. L’entourage du jeune homme ne se résume qu’à une personne : son infirmier. La seule personne à laquelle il accepte de parler, comme s’il était plus facile de se livrer à un inconnu plutôt qu’à un être familier. Comme s’il était plus facile pour lui d’avancer en s’isolant d’un passé trop lourd appelant sa continuelle frustration. Pour Ake c’est certain, le regard neuf d’un inconnu l’aide à se libérer de ses envies comme de ses craintes.

Il réside dans Mundane History une personnalité forte émanant d’une idée de déconstruction. Il n’y a pas de linéarité dans ce film, mais du sens, une profondeur. Les scènes semblent endosser chacune un rôle propre. Par cet intermédiaire, la cinéaste parvient à créer une dimension particulière articulée autour du rêve, du fantastique, de l’angoisse et de la réalité. Ce montage soigné suit finalement l’état intérieur du jeune homme pris entre l’espoir et le désespoir. La métaphore va alors au-delà même des images, elle émane directement d’une structure qui parvient à retranscrire par sa seule présence le flottement d’un mal être permanent.

Mundane History m’a touché profondément. J’ai trouvé une beauté singulière dans chacun des plans, j’ai ressenti une émotion forte dans la pudeur des dialogues, j’ai aimé ce mélange de délicatesse et de brutalité. Je me suis laissée envahir par une atmosphère sonore vigoureuse, remplie de sens : l’oppression, l’évasion, la soif de liberté. Finalement, Ake n’est qu’un prétexte, on le comprend. Il est l’individu qui permet d’articuler le long métrage dans une grande métaphore de l’existence humaine. Comme la supernova, la vie se pare parfois d’un magnifique et bel éclat… pour s’éteindre ensuite à petit feu ou brutalement.

Diana

mercredi 9 décembre 2009

Vagues Invisibles : Fantôme errant

mercredi 9 décembre 2009
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Quel étrange film que ce Vagues Invisibles (2006) de Pen-ek Ratanaruang. Kyoji est un japonais, cuisinier dans un restaurant à Macao. Il entretient une relation avec la femme de son patron et sur les ordres de celui-ci, la tue. Kyoji part se mettre au vert en Thaïlande et rencontre sur le bateau qui l’y emmène une jeune femme et son bébé tout en étant suivi. Très vite, Kyoji prend conscience qu’on désire l’éliminer…

Vagues invisibles vaut pour son ambiance et le sentiment qui en découle de vivre un rêve éveillé… Ou est-ce peut-être ces personnages qui le vivent, ce rêve ? Nous y sommes englués et tout comme les personnages nous sommes emportés par un scénario des plus imprévisibles qui soit. Impossible de réagir, on se laisse submerger par des situations plus bizarres les unes que les autres, mises en scène par des plans étirés.

Si Pen-ek Ratanaruang a construit son film comme une expérience et bien il y est parvenu, avec tous les honneurs qu’on lui doit. Le film se déroule avec une fausse lenteur qui crée un sentiment particulier. On y est mal à l’aise, on étouffe. Le bruit sourd permanent et les pointes de musique renforcent un cinéma d’ambiance fantomatique avec une superbe photographie signé Christopher Doyle.

Cette ambiance atteint son paroxysme sur la partie du film consacré au voyage en bateau. L’acteur nippon Tadanobu Asano sous les traits de Kyoji ressemble de plus en plus à un fantôme hantant un bateau dont il ne trouve plus la sortie. Il erre inlassablement. On pense à l’ambiance de Shining de Stanley Kubrick mais un Shining où rien ne fonctionneraient normalement, ponctué de nombreuses scènes humoristiques voir cocasses.

Kyoji ne peut que subir. Il erre du début jusqu’à la fin du film, lisse de tout sentiment sauf sans doute celui de la culpabilité qui le tient au corps.

Vagues Invisibles de Pen-ek Ratanaruang met en scène une histoire à l’esthétique froide et contemplative. Une histoire qui perd quelque peu de sa vitalité à son arrivée en Thaïlande mais qui conserve son côté étrange et envoûtant.

I.D.

lundi 26 octobre 2009

Last Life in the Universe : Lézard suicidaire

lundi 26 octobre 2009
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Le cinéaste thaïlandais Pen-ek Ratanaruang signe avec Last Life in the Universe / Ruang rak noi nid mahasan (2003) un drame doublé d’une romance à l’atmosphère envoûtante avec un humour savamment distillé.

Kenji (Tadanobu Asano), un japonais aux tendances suicidaires installé à Bangkok travaille en tant que bibliothécaire. Son frère, un yakuza débarque du Japon et se fait tuer. Kenji prend la fuite, et alors qu’il va se suicider en se jetant d’un pont il croise le chemin de Noi (Sinitta Boonyasak) dont sa sœur vient d’être percuter par une voiture. Différent l’un de l’autre, Kenji et Noi vont pourtant vivre ensemble malgré la barrière de la langue…

Last Life in the Universe fait partie de ces oeuvres posées à l’ambiance toute particulière. Une ambiance flottante qui livre une mise en scène simple et contemplative. Pen-ek Ratanaruang crée avec talent un univers emprunt de sensualité. La sensualité des images, des sons pour une histoire faussement lente où deux personnages voguent entre la vie et la mort.

Last Life in the Universe est donc une œuvre profondément atmosphérique comme savent le faire des cinéastes tels que Johnnie To, Tsai Ming-liang ou bien encore Wong Kar-wai. Pen-ek Ratanaruang prend le temps de nous emmener dans les limbes du plaisir visuel éthéré et fantasmagorique.

Le petit clin d’œil du cinéaste avec le caméo de Takeshi Miike en yakuza et l’affiche du film dans la bibliothèque réaliser par ce dernier : Ichi the Killer (2001) qu’interprète Tadanobu Asano est savoureux, s’il n’y avait que ça...

I.D.

mercredi 4 mars 2009

Bangkok Dangerous : Dangereux

mercredi 4 mars 2009
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Les frères Oxide et Danny Pang font de la capitale thaïlandaise une ville froide et glauque. Dans Bangkok Dangerous (1999) nous sommes loin d’une ville carte postale. Les rues y sont étroites, sales et sombres. Les demeures sont vétustes. Les esprits sont échauffés, baignés dans la musique techno des boîtes de nuit à strip-tease et des stroboscopes.

Kong, un tueur à gages est notre guide dans cette ville dangereuse ou plutôt dans les bas quartiers. C’est un sourd-muet qui souffre d’une incapacité à communiquer et il n’a en tout est pour tout que deux amis. Aom, la femme qui lui donne les contrats qu’il exécute froidement, sans remords et Jo qu’il considère comme un frère, celui qui l’a initié au métier de tueur. Sa vie se voit bouleversé lorsqu’il rencontre Fon, une jeune pharmacienne dont il tombe amoureux. Cette dernière pourrait devenir l’occasion d’expier ses fautes.

Les frères Pang ont voulu faire de Bangkok Dangerous un film noir et d’une extrême violence, sans grand espoir de voir des jours meilleurs pour les personnages qui parsèment le film. Le film est par moment dramatique, romance désespéré et délinquance de survie. Le personnage principal, Kong exécute ses contrats comme une vengeance sur la vie. Il ne sourcille pas une fois. Il a vécu dans un monde violent et pour lui mettre fin à des vies fait partie d’une normalité. Il empoche puis tue et ainsi de suite. La banalité du contrat.

Dans le film des frères Pang, l’infime espoir vient d’une jeune femme, Fon. Kong en tombe amoureux et se permet pour la première fois de voir les choses de façon différente. Il rêve d’une autre vie, gagne un espoir absent auparavant. Kong et Fon parviennent malgré la barrière de la surdité à communiquer l’un et l’autre. Pourtant la réalité d’une vie violente n’est jamais bien loin et ça les frères Pang parviennent à la retranscrire via un film réaliste sur les conditions de vie de nos protagonistes.

Bangkok Dangerous est un film à voir mais ne deviendra pas une référence. Les frères Pang utilisent une réalisation très saccadée, clippesque qui marche par moment avec de belles idées mais qui peuvent rendre allergique dans d’autre. Le dosage des effets visuels dans leur mise en scène n’a pas toujours été maîtrisé correctement ce qui donne parfois des scènes inutiles. Oxide et Danny Pang arrivent tout de même à leurs fins, celle de nous montrer une partie de la ville de Bangkok, celle où la survie par le crime est omniprésente.

I.D.

mardi 20 janvier 2009

Citizen Dog (Mah Nakorn) : Metropolis

mardi 20 janvier 2009
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Comédie satirique de Wisit Sasanatieng, Citizen Dog (2004) est l’adaptation d’un livre de Koynuch. Le cinéaste narre l’histoire de Pott qui quitte sa campagne natale pour aller tenter sa chance à Bangkok. Il commence comme ouvrier dans une usine de conditionnement de sardines. Un jour, alors que la cadence s’accélère, il se coupe accidentellement l’index. Cet incident entraînera un certain nombre de rencontres dans la vie de Pott. Il se lie d’amitié avec Yhott un collègue de travaille avec qui il démissionnera. Il est engagé comme agent de sécurité dans une entreprise où il rencontre Jinn dont il tombe amoureux. Cette dernière est une femme de ménage qui passe son temps à lire un livre qu’elle ne comprend pas. Pott va tenter de conquérir le cœur de Jinn.

Citizen Dog est une jolie surprise cinématographique qui à travers son personnage principal, Wisit Sasanatieng nous montre un visage du Bangkok contemporain. Pott à l’usine fait étrangement échos aux Temps Modernes de Charlie Chaplin ; des cadences infernales, le travail à la chaîne… Il démissionne et se retrouve alors agent de sécurité et y trouve l’amour sous les traits de Jinn qui cherche absolument à percer les mystères d’un livre qu’elle ne comprend pas. Elle est persuadée que comprendre ce livre lui permettrait de donner le véritable sens de sa vie.

L’univers de Citizen Dog est particulier, à l’image de ces personnes importantes comme les célébrités, qui ont une queue en synonyme de richesse et de réussite. La prémonition de la grand-mère de Pott est celle-ci : il en aura également une, chose qu’il avoue à l’élu de son cœur. Pourtant Jinn, réaliste lui dit que la réussite n’est pas pour une personne de sa condition et qu’elle ne peut envisager de se mettre avec lui sinon ses enfants ne profiteront pas de cet attribut.

Wisit Sasanatieng parsème Citizen Dog de cynisme dans une société conformiste et uniforme. La masse plutôt que l’individu. La vie citadine du film semble désenchantée, tous marchent d’un même pas. Il y a un aspect inhumain comme une énorme infrastructure froide téléguidée. En deçà, les rencontres que Pott vie sont celles de personnes (et d’un ours en peluche qui parle : alcoolique et accro à la nicotine) en dehors de ce système conformiste. Ils ont des désires et des buts différents de la norme.

Citizen Dog est donc une œuvre métaphorique sur la société thaïlandaise et en particulier de Bangkok. Ici, les personnages que le cinéaste traite sont chacun garant de leur propre destin. Wisit Sasanatieng crée une œuvre créative via cette satire sociale haute en couleur avec Pen-ek Ratanaruang comme narrateur du film. Magnifique œuvre onirique.
I.D.

mardi 6 mai 2008

Ploy de Pen-ek Ratanaruang

mardi 6 mai 2008
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Décidée de découvrir Pen-ek Ratanaruang je me rends au Mk2 Beaubourg, seul cinéma Parisien a diffusé Ploy. Ou je devais me résigner à faire un Paris-Lyon…

Ploy est le nom de cette jeune fille de 18 ans apparaissant dans ce luxueux hôtel où réside le couple marié Daeng et Wit. La jeune fille fait la rencontre de Wit au bar de l’hôtel. S’en suit une discussion banale entre les deux protagonistes. Finalement Wit propose à la jeune fille de monter dans sa chambre en attendant la venue de sa mère « pour se reposer et se laver ».

De là, née un sentiment d’étonnement et de jalousie de la femme de Wit, Daeng, ne comprenant pas que son mari est invité Ploy dans leur chambre, dans leur cocon marital. Ploy devient ainsi l’incarnation du mal aux yeux de Daeng, ce qui va d’ailleurs mener à une scène quasi subliminale où elle tue Ploy en l’étouffant. Plus que cela, elle est dans le film l’élément déclencheur qui va mener le couple à des questionnements sur leur situation amoureuse chaotique. Après 7 ans de mariage, Daeng reproche à son mari de ne plus ressentir son amour pour elle, de ne plus lui dire « je t’aime » comme auparavant, ce dernier s’en défend « tu veux que je te répète je t’aime comme un perroquet ? ».

Pendant ce temps, on assiste dans une autre chambre, au jeu amoureux de la femme de ménage et du barman de l’hôtel. Une succession de plans rapprochés, filmés avec finesse où l’on découvre, on contemple l’acte sexuel et sensuel du jeune couple. Une forme de projection du couple passé : le couple qu’était peut être Daeng et Wit il y a 7 ans ? D’un côté la chambre du passé, et de l’autre la chambre du futur…

Les séquences se suivent et le parallèle devient de plus en plus évident. Le réalisateur parvient à installer un rythme lent mais cohérent. Le tout est agréable. Sur un plan scénaristique, on dénotera la scène du hangar, peu approprié et raté, même si l’on peut comprendre le changement de rythme et d’environnement qu’il a voulu imposer à la fin.

Pen-ek Ratanaruang impose un film voluptueux et contemplatif, d’où émane des milliers d’interrogations. Un film dont on perçoit toutes les problématiques de couple : la « péremption » de l’amour, la routine du couple, la passion éphémère…

 
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