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lundi 31 août 2009

Iron Monkey : Robin des bois [Sortie DVD]

lundi 31 août 2009
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Attendu par de nombreux amoureux des films venant de Hong Kong depuis plusieurs années déjà, Iron Monkey / Shaonian Huang Fei Hong zhi tiemaliu (1993) de Yuen Woo Ping (Tai Chi Master, 2002) à droit enfin à une sortie DVD. Ce film de kung fu avec Yu Rong Guang (Big Bullet, 1996) et Donnie Yen (Ip Man, 2008) est une production de Tsui Hark.

Iron Monkey, un pratiquant d’art martiaux évoluant masqué vole aux riches pour donner aux pauvres. Le gouverneur de la province avec la police locale tente par tous les moyens de mettre fins à ces vols. Ainsi, ils n’hésitent pas retenir le tout jeune Wong Fei-hong emprisonné pour obliger son père à coincer le célébrissime Iron Monkey.

Dans Iron Monkey, Yuen Woo Ping met en scène le jeune Wong Fei-hong, le célèbre chorégraphe-réalisateur qui a déjà dédié plusieurs films à ce personnages historique chinois, se focalise ici sur le père, Wong Kai-ying. Père et fils croisent le chemin d’un bandit qui fait trembler le pouvoir en place en volant les riches. Un Robin des bois des temps de la dynastie Mandchoue qui pratique avec dextérité les arts martiaux sous couvert d’une profession de médecin comme Wong Kai-ying. Un maître du sud qui rencontre un maître du nord, les choses ne peuvent être qu’explosives.

Si esthétiquement Iron Monkey est en deçà de certaines réalisations de Tsui Hark à cette époque, le film n’en reste pas moins un superbe condensé de scènes d’actions aux combats parfaitement chorégraphiés. L’action se mélange à de la comédie avec des dialogues efficaces qui ne manquent pas de faire mouche. On suit avec délectations cette aventure qui ridiculise merveilleusement un pouvoir en place avec des méchants de taille pour contre balancer avec nos héros. Le film offre donc un excellent divertissement.

Iron Monkey vaut aussi pour ses acteurs. Donnie Yen livre une bonne prestation à l’image de Yu Rong Guang et de sa complice la jolie actrice Jean Wong Ching Ying qui se charge essentiellement de l’aspect martiale de l’œuvre. On n’oubliera pas non plus la jeune actrice Angie Tze Man qui interprète Wong Fei-hong ! Cette dernière démontre une grande à habilité dans son kung fu et participe avec le frère du cinéaste, Sunny Yuen Shun Yee en chef de la police lourdaud au comique du film.

Yuen Woo Ping réalise avec Iron Monkey un film d’arts martiaux qui se place dès lors comme un incontournable. Un classique qui se révèle comme l’un des meilleurs films d’arts martiaux de la décennie 90.

I.D.

dimanche 30 août 2009

Failan : Destins croisés [Sortie DVD]

dimanche 30 août 2009
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Le cinéaste sud-coréen, Song Hae-seong met en scène un drame avec Failan (2001). Failan est le prénom d’une jeune chinoise qui débarque en Corée du Sud, personnage interprété par Cecilia Cheung qui partage l’affiche avec Choi Min-sik. L’œuvre est l’adaptation d’une nouvelle de Jiro Asada, intitulée Lettre d’amour, publiée dans le recueil : Le cheminot.

Kang-jae est une petite frappe dont ses meilleures années se trouvent loin derrière lui. Il vient de sortir de prison après un court séjour. Il est peu considéré par ses pairs qui le prennent pour un looser incarné. Un soir, son chef et ami tue un rival dans un excès de folie. Ce dernier lui demande de se dénoncer à sa place en échange de son rêve, un bateau de pêche. Au même moment, Kang-jae reçoit la visite de la police qui l’informe que sa femme est décédée. Il avait, un an auparavant contracté un mariage blanc avec une immigrée chinoise du nom de Failan

Ce drame sud-coréen est une œuvre belle et réussie sur le destin et tout ce que cela a de tragique. Deux individus qui se croisent sans jamais se voir à l’image du passé qui s’invite au présent (si ce n’est furtivement par deux fois, lui l’épiant sans qu’elle le voie. Elle l’épiant également de la rue sans qu’il ne la remarque). Une histoire d’amour qui n’en est pas réellement une, une romance où les protagonistes sont loin l’un de l’autre, physiquement mais aussi temporellement. Une longue première partie où l’on suit la vie minable de Kang-jae sans voir une seule fois Failan si ce n’est en scène d’ouverture (d’autant plus surprenant que le titre de l’œuvre est Failan) avant qu’elle ne meure. C’est la mort qui parviendra à les réunir et à faire prendre conscience à Kang-jae à côté de quoi il est passé. Á travers Failan, c’est lui qu’il voit : son véritable visage. Deux êtres en tout point différents par leur style de vie mais qui ont en commun la solitude. Cette mort changera la vie de Kang-jae, elle provoquera en lui un changement de comportement. D’une personne pathétique qui se laisse mourir à petit feu, Kang-jae au contact de Failan décédée va trouver la force de vivre. Il va trouver un sens à sa vie après être passé à côté de cet « amour ».

Failan est magnifiquement mise en scène par Song Hae-seong qui fait preuve de sobriété et d’intelligence. Il parvient à capter chaque émotion, chaque sentiment avec un œil transparent. Que dire du duo d’acteur ? Si ce n’est qu’il livre une prestation superbe. De son côté Choi Min-sik sait être drôle mais aussi incroyablement émouvant avec cette qualité qui fait certains grands acteurs, celle de faire évoluer le personnage avec maestria sans que cela ne soit trop gros, trop flagrant, il le fait avec dextérité et métier. De l’autre, Cecilia Cheung est tout en douceur, en intériorisant un jeu juste et posé. Agréable à regarder, elle incarne une personnalité pure avec authenticité. Les deux sont tout bonnement touchant dans leur registre respectif et ce n’était pas chose facile. Failan est une œuvre superbe qu’on ne peut que conseiller de voir. On en regretterait presque que le film ait mit tant de temps à sortir chez nous. Cette tragédie humaine est une profonde tristesse sans pour autant en faire de trop dans l’émotion, pas d’émotion forcée donc. L’œuvre de Song Hae-seong marque et touche. Après vision, nous ne sommes pas loin de nous dire que nous avons assisté à un chef d’œuvre, rien que ça.

I.D.

jeudi 23 juillet 2009

A Dirty Carnival : “With a Real Gangster Spirit” [Sortie DVD]

jeudi 23 juillet 2009
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Film de gangster sud-coréen, A Dirty Carnival / Biyeolhan geori (2006) de Yu Ha, cinéaste du non moins talentueux Once Upon a Time in High school, se place dans cette mouvance de films noirs à la structure classique. Respectant les codes du genre, le cinéaste sud-coréen met en scène une œuvre efficace.

On suit un gangster, Byung-ho qui désire progresser dans la hiérarchie du gang, une occasion se présente à lui et il la relève. Parallèlement, il retrouve un ancien ami devenu cinéaste qui souhaite faire un film sur la pègre. Il croise par son biais une camarade de classe dont il était amoureux…

A Dirty Carnival c’est avant l’histoire d’un individu, un homme, un gangster qui n’assume plus son statut de malfrat et qui tente pour se faire de se racheter une identité. Il assume mal ce statut devant ses anciens camarades, encore plus devant celle qui l’a aimée. Il est désireux de devenir un homme d’affaire respectable et ainsi mettre à l’abri du besoin sa famille. Mais avant de pouvoir y accéder, il doit réaliser les bas œuvres du gang. Yu Ha nous raconte donc l’itinéraire d’une petite frappe qui rêve des hautes sphères de la hiérarchie de la pègre. Le cinéaste nous raconte ce destin avec véracité.

Si A Dirty Carnival est linéaire dans sa conception et sans surprise du coup, son auteur parvient à le faire avec dextérité. Il y insuffle une maîtrise technique aussi bien dans les scènes d’actions que les scènes plus posées. Si le film est long, on ne ressent pas de longueur ou d’ennui devant la tragédie qui se joue. On regrettera juste que la réalisation de Yu Ha ne soit pas plus intimiste. Il n’y a pas cette touche que rend le film particulier mais en deçà la violence froide, les codes de ce milieu et les sentiments qui tiraillent notre protagoniste sont montrer avec force et conviction.

Yu Ha utilise également habilement l’effet de miroir avec l’ami réalisateur désireux de faire un film de truand. Les rapports d’amitié, l’utilisation des gens pour parvenir à ses fins, la trahison, ce personnage de réalisateur sous couvert d’un métier respectable use autant de malveillance que les malfrats pour aboutir à son ambition. La clé du film est peut-être là, lorsque Byung-ho interpelle son ami en plein tournage avec un : « make something with a real Gangster spirit ». Yu Ha ne justifierait-il pas ici justement son film comme ça ? Comme un film emprunt d’un véritable esprit de gangster non dénaturé par les tendances qui régissent le cinéma actuel.

Yu Ha réalise donc avec A Dirty Carnival un bon film-constat de l’univers des gangs, en portant un regard froid et réaliste sans artifice. Surtout, on n’y voit aucune apologie ambiguë, il montre un univers tel qu’il est, un point c’est tout.

D'autres articles du réalisateur sud-coréen Yu Ha :
Once Upon a Time in High school
I.D.

 
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