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samedi 5 novembre 2016

L’Élimination de Rithy Panh

samedi 5 novembre 2016
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L’Élimination (2012) est à la fois un témoignage et un documentaire d’investigation du cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh (aidé de Christophe Bataille). Il se replonge dans son passé, celui de ses treize ans. La prise de Phnom Penh par les khmers rouges. L’exode forcé qu’il a subit avec ses proches. La perte de ces derniers mais également sa vie sous la bannière du Kampuchéa démocratique. Il revient sur les horreurs, l’horreur traumatisante d’un pouvoir aveugle et jusqu’au-boutiste. Il livre alors sobrement ses pensées et ressentiments.

Un (douloureux) travail de sape. C’est ce qui caractérise Rithy Panh. Son travail, ses œuvres filmés ou écrites qui, inlassablement se fait échos de la machine de mort khmère rouge. Le combat d’une vie contre l’oubli. Un combat visant les dignitaires d’un pouvoir fou et sans concession. L’Élimination revient donc sur ce passé sordide où la mort est omniprésente mais également au moment présent sur l’entretien fleuve de l’auteur avec Kang Kek leu, celui que l’on surnomme Duch. Celui qui fut lors des heures sombres du régime khmer rouge directeur de la prison Tuol Sleng, plus connue comme S-21, la machine à broyer. Celui qui s’est depuis converti au christianisme, cherchant une certaine forme de repentance. 

Deux époques se font donc échos dans L’Élimination. Celle de la jeunesse brisée de Rith Panh qui rappellera les témoignages de Malay Phcar et Ung Loung et celle, trente ans après de sa « confrontation » avec le tortionnaire Duch, enfermé et en plein procès. D’une part, on découvre donc un témoignage saisissant d’une survie. De l’autre, un face à face glaçant avec le visage de la terreur et où s’installe un certain malaise. D’un côté comme de l’autre, Rithy Panh interroge l’humain. Il essaie de comprendre le mystère de l’âme humaine, comprendre l’incompréhensible, sans haine, sans esprit de vengeance. Une attitude troublante qui interpelle et qui force le respect.

L’Élimination est un livre poignant et éprouvant qui prend aux tripes, aussi bien face à l’aliénation meurtrière d’un pays, le Cambodge que le comportement révoltant, celui du déni d’un de ses pires tortionnaires, celui du régime khmer rouge. 

I.D.

dimanche 4 octobre 2015

1969 de Murakami Ryu

dimanche 4 octobre 2015
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Roman autobiographique de Ryû Murakami, 1969 (1987) tranche avec le reste des œuvres de l’auteur. Moins sombre et désenchanté, le récit dépeint se veut léger voire, par moment franchement humoristique. 

Au lycée, Ken qui en pince pour Lady Jane met tout en œuvre pour se faire remarquer de la jeune fille. Avec sa bande d’amis, il se lance aussi bien dans le montage d’une barricade que l’organisation d’un festival… 

jeudi 2 juillet 2015

Pierrot-la-Gravité (2012) de Kôtarô Isaka

jeudi 2 juillet 2015
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Deuxième roman traduit de l’auteur japonais en France, Pierrot-la-Gravité (2012, sortie au Japon en 2003) est le fait de Kôtarô Isaka. A travers un récit à la première personne, l’écrivain nous plonge dans une histoire mettant en lumière deux frères. Le cadet, Haru dont le métier est d’effacer des graffitis interpelle son ainé, Izumi (le narrateur) sur d’étranges tags qui semblent annoncer une série d’incendies. Ce dernier revient sur sa famille, et plus particulièrement son passé commun avec son frère. Haru l’entraine alors dans une enquête pour lever le voile sur ces incivilités...

Par le biais d’une écriture simple et fluide, et d’un ton qui se veut directe et léger (même avec la gravité de certaines situations), Pierrot-la-Gravité nous happe dans une comédie dramatique familiale aux relents faussement policiers, voire vengeurs. Ce roman de Kôtarô Isaka expose au lecteur les pièces d’un puzzle qui s’imbriquent petit à petit, page après page et où chaque évènements passé comme présent, et chaque éléments dépeints à son importance dans l’issue qui se dessine. La trame policière au dénouement prévisible est surtout prétexte à livrer le témoignage et des réflexions sur la famille (relations père/fils, mère/fils, amour fraternel), l’art ou encore sur des questions existentielles (le Bien et le Mal). L’accessibilité des personnages, l’un à la personnalité plus forte, l’autre plus effacé nous aide à entrer dans un univers fait d’humour, de fausses pistes et de références culturelles où l’on passe de Jean-Luc Godard à Léon Tolstoï. Le seul bémol de ce livre, c’est la lourdeur des descriptions scientifiques que Kôtarô Isaka utilise. S’il avait fait les choses avec parcimonie, l’appréciation du récit n’en aurait été que meilleure et efficace. Là, il y a un côté vraiment pompeux. Dommage. Cela n’enlève en rien les qualités de cette œuvre qui reste néanmoins bien rythmée.

Il y a un véritable plaisir à se laisser entrainer par Pierrot-la-Gravité. La lecture, les personnages et leurs histoires sont agréables à vivre.

I.D.

mercredi 14 janvier 2015

Les bébés de la consigne automatique de Ryu Murakami

mercredi 14 janvier 2015
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Vision glauque d’un Japon, loin de ses clichés récurrents, Les bébés de la consigne automatique (1980) est le fait de Ryu Murakami. Ce troisième roman de l’auteur s’intéresse à dépeindre la destinée de deux orphelins (Kiku et Hashi) qui gardent des séquelles d’un traumatisme passé. Deux trajectoires qui seront bientôt animées par une envie de vengeance, et où elles emploieront dès lors des actes violents…
 
Une aura apocalyptique plane sur Les bébés de la consigne automatique. L’atmosphère sombre qui s’en dégage est moite et sans espoir. On assiste à une tragédie qui évince la dernière once de tout optimisme. Cette route sinueuse et violente, le plus souvent improbable que l’on partage avec les deux personnages principaux torturés est un cauchemar éveillé. L’auteur nous expose toutes les bassesses de l’être humain dans une société déshumanisée. Les bébés de la consigne automatique a donc cet aspect dérangeant et froid qui contamine chaque page, faisant écho à la déchéance physique et morale des protagonistes. On parvient à s’accrocher à eux, cette jeunesse désillusionnée et à leur histoire. Ryu Murakami semble narrer une réalité parallèle à la nôtre où il distille des moments fantastiques. Il n’en renforce que mieux cette fatalité qui plane tout du long. L’auteur confère un pêle-mêle de sentiments contradictoires. Il emploi une finesse dans l’écriture, très poétique qui contraste avec son imaginaire audacieux et polémique, à l’image de ce que l’on peut retrouver dans les œuvres de manga.

Les bébés de la consigne automatique est une expérience qui remue. L’écriture dense se veut crue et offre donc un récit d’anticipation fort en émotion. Et si Ryu Murakami parlait dans les années 80 du monde, non pas des années 90 mais d’aujourd’hui… ?

I.D.

vendredi 5 décembre 2014

Après le tremblement de terre par Haruki Murakami

vendredi 5 décembre 2014
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Recueil de six nouvelles de Haruki Murakami, toutes différentes des unes des autres, Après le tremblement de terre / Kami no kodomotachi wa mina odoru (2000) s’intéresse à mettre en lumière des personnages qui ont tous été affectés (de loin) par les évènements inspirés du tremblement de terre de Kobe en 1995.

Japon, 1995. Un terrible tremblement de terre survient à Kobe.
Cette catastrophe, comme un écho des séismes intérieurs de chacun, est le lien qui unit les personnages de tous âges, de toutes conditions, toujours attachants, décrits ici par Haruki Murakami. Qu'advient-il d'eux, après le chaos ? Séparations, retrouvailles, découverte de soi, prise de conscience de la nécessité de vivre dans l'instant. Les réactions sont diverses, imprévisibles, parfois burlesques... (Résumé 10/18)

dimanche 9 février 2014

Category III : Sexe, sang et politique à Hong Kong par Julien Sévéon

dimanche 9 février 2014
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J’en rêvais, nous en rêvions (HKphiles de tout bord). Il l’a fait. Qui ? Julien Sévéon. Il a écrit un livre sur le célèbre classement hongkongais d’interdiction aux moins de 18 ans devenu un sous-genre cinématographique à part entière. Avec Category III : Sexe, sang et politique à Hong Kong (Bazaar&co, 2008), l’auteur réalise une introspection pour le plus grand plaisir de tous les fans de cinéma déviant. 

Dans ce livre riche en propos clairs, en photographies et en affiches, l’auteur passe par tous les genres possibles et inimaginables estampillés Catégorie 3 (Cat. 3). Il s’évertue à donner ses lettres de noblesse à ce sous-genre irrévérencieux, souvent synonyme de mauvais goût prononcé, de brûlot politisé et de surenchère décomplexé. L’auteur y étudie une grosse frange de ces Cat. 3 qu’il catégorise à son tour. Il y réalise des interviews de cinéastes (Ivan Lai, Herman Yau) comme d’acteurs (Anthony Wong, Simon Yam) ayant marqués ces productions baroques fait à la va vite et le plus souvent pour un budget dérisoire. Il revient sur certains de ces films en les contextualisant et en donnant son avis. Chaque page tournée de ce pavé qui en compte 336 est autant de preuve d’un travail minutieux et florissant apporté à ce triangle arborant ses trois traits verticaux. On comprend à travers cet ouvrage que plus qu’une simple catégorie, cette interdiction est devenue un label recouvrant aussi bien les œuvres exploitationnistes qu’un cinéma de genre pensé et étudié. Un refuge aussi bien pour ceux qui surfaient sur une tendance pour l’appât du gain que ceux qui exprimaient des idées ou bien les peurs d’une société hongkongaise aux lendemains incertains.

mardi 10 avril 2012

Le Cinéma Japonais par Donald Richie

mardi 10 avril 2012
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Préfacé par Paul Schrader, Le Cinéma Japonais par Donald Richie (Editions du Rocher, 2005) traite comme son nom l’indique du cinéma du soleil levant. Le livre se divise en deux grandes parties : « Une brève histoire du cinéma japonais » et « Guide sélectif des vidéos et DVD ». Ce livre offre notamment un glossaire intéressant pour les personnes peu acclimatées aux univers cinématographiques.

Donald Richie est un amoureux du cinéma nippon et il nous le démontre tout au long du livre. Il commence par exposer les balbutiements de cet art, des premières évolutions narratives à l’implantation des studios comme la Shochiku ou bien la Nikkatsu. Il expose l’avant et l’après seconde guerre mondiale qui bouleversèrent alors le panorama cinématographique japonais avec l’émergence du nouveau gendaigeki ou jidaigeki, de cinéaste tel que Naruse ou bien Mizogushi. Il expose la concurrence de la télévision et la naissance de cinéaste comme Suzuki ou Imamura. Les indépendants à l’image de Teshigahara, la « nouvelle vague » sous l’impulsion d’Oshima et de Yoshida et le constat de la nouvelle situation du cinéma japonais avec les Takeshi Miike et autres Hirokazu Kore-eda. Aussi, une courte plongée dans le documentaire et le dessin animé qui pourrait en lésé certains. Dans une deuxième partie, l’auteur met en avant les films sortis en vidéo ou bien en DVD, devenus des références du cinéma japonais, qu’il résume brièvement tout en donnant un avis aussi bref. On y retrouve bien entendu des titres d’Ozu et de Takeshi Kitano ou bien encore de Yasuzo Masumura

lundi 30 janvier 2012

Une enfance en enfer. Cambodge 17 avril 1975 - 8 mars 1980

lundi 30 janvier 2012
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Si les noms des personnes ont été changés, tous les évènements de cette histoire sont vrais.

Une enfance en enfer. Cambodge 17 avril 1975 - 8 mars 1980 est un récit autobiographique écrit par le cambodgien Malay Phcar. Ce dernier revient sur son enfance avec la prise du pouvoir par les khmers rouges au Cambodge en 1975 jusqu’à l’entrée des vietnamiens en 1979 et son départ pour la France. 

On suit dès lors à travers les yeux de Malay, enfant de neuf ans, l’évacuation des habitants de la capitale, Phnom Penh. On découvre cette délocalisation forcée, la route vers la campagne et les camps de travail à l’arrivée. Malay Phcar nous parle de son expérience et celle de sa famille. Cinq années d’horreur qu’il affronte dans la faim, la maladie et la mort qui frappe les siens, sans oublier les humiliations. 

vendredi 14 janvier 2011

Irresistible Bruce Lee de Candice Bal - YB Editions

vendredi 14 janvier 2011
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En 159 pages Candice Bal raconte Bruce Lee, de sa naissance à la disparition tragique du « Petit dragon ». Cette biographie apparue chez YB Editions se divise en deux parties distinctes.

La première partie raconte « la légende » en une trentaine de pages. Une partie chapitrée qui revient sur les différentes périodes de la vie de Bruce Lee. Sa naissance, son enfance, adolescence, son apprentissage du Kung-fu, ses premiers pas d’acteur jusqu’à la consécration et ainsi de suite. Rien d’extraordinaire dans cette section pour tout fan de Bruce Lee qui se respecte. La star martiale a tellement fait couler d’encre. Elle a tellement déchaîné les passions des aficionados des films d’arts martiaux que cet ouvrage n’apprend rien de nouveau. Tout ce qui est relaté est connu du plus grand nombre mais il est toujours plaisant de se projeter à nouveau chez cet homme tant adulé et de revivre son destin. Quant à la plume de Candice Bal, elle se veut simple et concise. De ce fait agréable à lire.

Dans la deuxième partie, l’intérêt est tout trouvé. L’auteur fait coexister citation de Bruce Lee et des photos qui retracent son existence. Des photos en pleine page où on le retrouve en famille, sur les plateaux de tournage, en tant que maître de son dojo ou bien tout simplement en pleine force de l’âge, là où la tragédie n’est pas bien loin. Certaines citations sont connues comme les photographies qui recouvrent les pages de ce livre mais là encore il est toujours passionnant de se replonger dans la philosophie de vie de Bruce Lee ainsi que de voir ces instants imprimés sur pellicule.

Irrésistible Bruce Lee est un livre que se doit d’avoir tout fan de la Star, pas indispensable en soit mais agréable pour le fétichiste que je suis. Un livre qui compile formidablement en tout cas ce qu’était et est Bruce Lee.

« La seule limite, c’est l’absence de limites » (devise de Bruce Lee figurant sur l’emblème de son école en caractères chinois)

Irrésistible Bruce Lee de Candice Bal
Chez YB Editions
ISBN 978-2-35537-048-9
I.D.

samedi 8 janvier 2011

Des livres en pagaille

samedi 8 janvier 2011
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J’ai retrouvé cette lettre derrière le canapé du salon. Je soupçonne Diana de l’avoir court-circuité pour m’empêcher d’obtenir ce que je souhaitais de plus au monde en cette fin 2010.

Cher petit Papa Noël, Je t’écris cette lettre pour te dire que j’ai été vachement sage cette année et parce que j’ai été vachement sage, tu vas devoir être « supra » généreux avec moi. Tu connais mon amour pour le cinéma (je sais que tu le connais, mes VHS c’était toi). J’ai pu remarqué qu’il y avait des livres forts intéressants qui sortaient. Et oui ! Je lis et pas que. Je regarde les jolies images aussi. Ainsi donc. Sors ton calepin, aiguise ton crayon et note, s’il te plait. Parce que tu sais combien je t’aime fort comme ça.
I.D.

Les Actrices Chinoises

Oui, un bouquin sur les merveilleuses actrices chinoises. Et le sommaire vaut véritablement le coup d’œil (et pas qu’un comme j’aime à dire). Sommaire :

1920/1940 Profession actrice : vie, carrière et mort des actrices chinoises
1950/1960 Hong Kong et le deuxième âge d'or des actrices chinoises
1950/1980 Imagerie féminine en République populaire de Chine
1980/2000 Catégorie III : actrices entre extase et souffrance
1990/aujourd'hui Les actrices de WONG Kar-wai
1990/aujourd'hui ZHAO Tao, singularités d'une femme chinoise en cinq actes
+ entretien de ZHAO Tao
2000/aujourd'hui Actrices d'une jeunesse : Cheminements vers l'âge adulte

En 148 pages les auteurs Anne KERLAN, Christophe FALIN, Damien PACCELLIERI, Arnaud LANUQUE, Antony FIANT et Bastian MEIRESONNE nous disent tout.
Les Actrices Chinoises. Chez Ecrans. Prix de vente 22 euros. Format : 18.5 cm x 25.5 cm. ISBN 978-2-91 95-6200-8


IMAMURA Shohei – Evaporation d'une réalité

Le grand, l’unique raconté en 150 pages par l’auteur Bastian MEIRESONNE notamment avec les témoignages des fils du cinéaste qui apportent pour l’occasion des photos inédites. Le sommaire, c’est quelque chose :

1ère partie (biographique) : La vie n'est qu'illusion
Naissance d'un futur grand
L'entrée des artistes
En piste !
Passage aux tabacs
Seul au monde
Guerre et plaies
L'heure de la vengeance
L'effet d'une bombe
Phantasmes épongés

2nde partie (analytique): La science de la fiction
Naître ou ne pas être
Chrysalide scénographique
Pulp Fiction :
- Chronique d'un renouveau annoncé
- 1971-1979: Docu-menteur
- L'après-coup
Histoire réinventée
Du rêve à l'écran

IMAMURA Shohei – Evaporation d'une réalité. Aux Editions de l'Harmattan. Prix de vente : 14,50 euros. ISBN : 978-2-296-12560-5.


Opération Dragon de Robert Clouse par Bernard BENOLIEL

Tout au long de ces 126 pages que compte ce livre, l’auteur s’arrête sur son dernier film pour raconter le « Petit Dragon ». Pour reprendre les mots de l’éditeur :

« D’où l’idée d’en revenir aux films, en particulier à son dernier, Opération Dragon (1973), et de les considérer comme l’archive primordiale pour comprendre le mystère d’une telle présence. Et de là, « rapatrier » Bruce Lee dans le champ du cinéma et de l’analyse, pratiquer l’étude à même le corps cinématographique : « Enter the Dragon », enfin.»

Tout fan a de quoi se réjouir avec un livre comme celui-ci.
Opération Dragon de Robert Clouse. Editions Yellow Now. Prix de vente : 12,50 euros. ISBN 13 : 978-2-87340-268-6.

jeudi 21 janvier 2010

Rencontre avec Hwang Sok-yong [Centre culturel Coréen]

jeudi 21 janvier 2010
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L’écrivain coréen Hwang Sok-yong était invité ce mercredi 21 janvier 2010 à 18h30 au Centre Culturel Coréen pour présenter Shim Chong, fille vendue qui parait chez Zulma.

Après la présentation de l’auteur et de son livre, ce dernier s’est prêté au jeu des questions/réponses qui fut malheureusement trop courte à mon goût. L’auteur s’est bien entendu exprimé sur Shim Chong, fille vendue mais également sur son passé ainsi que ces œuvres antérieurs revêtant un aspect historique. S’en est suivi une sympathique séance de dédicace ainsi que des rafraîchissements servis par les membres du Centre.

Shim Chong, fille vendue prend place à la fin du XIXème siècle. On suit une adolescente qui est vendue pour alimenter la traite des blanches qui sévit alors en Asie du Sud-Est. Son métier de prostituée forcée va la faire voyager au quatre coin de l’Asie sur fond d’impérialisme occidental. On découvre à travers le parcours initiatique de Shim Chong l’envers d’un décor peu reluisant…

Vous pourrez également retrouvé l’écrivain Hwang Sok-yong dans l’émission d’Arte : Metropolis, le 27 février 2010.

Par ailleurs, félicitation au Centre Culturel Coréen pour cette très bonne initiative. Ce fut un véritable plaisir de rencontrer en personne un auteur admirable dont Le Vieux Jardin m’avait bouleversé et dont les mots résonnent encore en moi.

Bibliographie des ouvrages parus en France :

La Route de Sampo ; Zulma, 2002
Le Vieux jardin ; Zulma, 2005
Monsieur Han ; Zulma, 2002
L'Ombre des armes ; Zulma, 2003
L' Invité ; Zulma, 2004
Les Terres étrangères ; Zulma, 2004

I.D.

mercredi 2 décembre 2009

Bonsaï (plaisir) par Bruno Delmer [Livre]

mercredi 2 décembre 2009
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Rentrez dans le monde merveilleux de la verdure avec ce Bonsaï plaisir (Hachette/collection Jardin des sens, 2000) et vous saurez tout de notre arbre japonais préféré dont le nom donné signifie : « arbre en plateau ».

Textes et (jolies) photographies nous plongent dans l’univers d’un arbre qui est indissociable de l’imagerie japonaise telle qu’on la connaît, tant il représente l’harmonie propre à la culture du soleil levant. L’art d’une vie profondément nippone où tout est sublimé. Le livre Bonsaï se divise en six chapitres (hors Index et Glossaire). Le premier étant réservé à sa définition, son rapport à la culture nippone où l’auteur passe en revu ce qu’est le bonsaï en s’arrêtant aussi bien sur sa relation à la nature que ses formes diverses. On a ensuite le droit à une introspection sur les différents bonsaïs existants qu’ils soient feuillus, persistants, tropicaux ou Kusa-mono, autant de particularité que de chapitres pour mieux les appréhender.

Dans un dernier chapitre, l’auteur Bruno Delmer nous donne « les clés de la réussite » où il passe en revu toutes les étapes et les bons tuyaux pour faire de notre bonsaï le plus beau des bonsaïs mais aussi en faire des boutures. Ainsi ce livre capte toutes les essences de cet arbre qui se cultive en pot et rend avec facilité sa compréhension. Moi qui suis l’anti-main verte par excellence, j’ai particulièrement été intéressé par la diversité des bonsaïs traités, notamment avec les fiches techniques qui révèlent leur identité et donne une dimension toute singulière à notre approche à ces petits arbres. Pour qui ? Aussi bien les personnes qui s’intéressent aux bonsaïs qu’aux profanes pour une mise en bouche verte tout en douceur.

Je dédie par ailleurs cet article à mon feu Akira et feu Kurosawa (oui, j’avais donné un nom à mes deux bonsaïs). N’est pas « jardinier » qui veut, pour ma part ces deux expériences m’ont suffit à comprendre que c’était tout un art. Je préfère depuis admirer ceux des autres, qui leur rendent davantage grâce...

I.D.

jeudi 22 octobre 2009

Histoire illustrée du Tatouage à travers le monde par Maarten Hesselt van Dinter

jeudi 22 octobre 2009
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Maarten Hesselt van Dinter est l’auteur d’Histoire illustrée du Tatouage à travers le monde (Editions Désiris, 2007). Il aura fallu huit ans de recherche et de voyage à travers le monde à l’auteur pour découvrir l’histoire, les pratiques, les styles de tatouage des différentes parties du globe. Il nous entraîne dans un voyage superbe et aboutit. Celui d’un art indélébile marqué à l’encre.

Maarten Hesselt van Dinter a beaucoup voyagé pour réaliser cet ouvrage, en donnant de sa personne et en émettant la volonté de représenter chaque culture rencontrée. Des cultures singulières aussi intéressantes les unes comme les autres. Nous prendrons le parti de nous attacher plus particulièrement aux chapitres consacrés à l’Asie (nous ne sommes pas Made in Asie pour rien). Ce qui frappe avant tout durant la découverte de cet art (toutes nationalités confondues), ce sont les similitudes de tatouages d’une région à l’autre de la planète. Des similitudes que l’auteur n’a pu réussir à toutes expliquées et il est amusant de le lire à ce sujet dans sa Préface qui associe également les remerciements comme un mystère qui le hantera jusqu’à ses derniers jours.

L’auteur divise alors l’Asie en quatre chapitres. Il commence par la Chine et le Japon, puis vient le chapitre consacré à l’Asie du sud-est. L’Indonésie a un chapitre à elle seule ainsi que l’Inde, qui clôture ce tour d’horizon. Maarten Hesselt van Dinter parle alors du tatouage à travers un inventaire étoffé, entre héritage culturel et rôle dans les sociétés où il est pratiqué. L’auteur parle de ses origines, de son rôle, du rapport à l’acte pour les individus qui donnent et reçoivent les tatouages. Un rapport de l’ordre de la superstition, du marquage simple (esclave, caste,…) mais aussi des influences au cours des siècles et notamment de son évolution au contact des colonisateurs.

On apprend ainsi qu’en Chine comme au Japon, le tatouage comporte de nombreuses similitudes qui caractérisaient les ethnies qui vivaient en dehors du pouvoir central. En Chine, le tatouage servait notamment à marquer les soldats de l’armée à l’image des criminels et avait un caractère obligatoire. Au Japon, il fut notamment influencé et développé par les héros du Suikoden, roman traduit du chinois qui relatait l’histoire des « 108 héros de Liangshan ». On peut voir que les effets de mode étaient déjà de rigueur à cette époque. L’Asie du sud-est avec ses culottes tatouées en Birmanie, ses maîtres tatoueurs qui étaient prêtres ou moines bouddhistes ou encore ses tatouages protecteurs en Thaïlande. Les exemples sont nombreux à l’image des chasseurs de têtes taiwanais qui affichaient des tatouages sur le visage. Au Philippine où le tatouage facial s’inscrit comme indicateur de rang social. Le tatouage Indonésien quant à lui se caractérisait notamment par son lien étroit avec le sacrifice humain. Ainsi tout guerrier qui coupait la tête d’un ennemi pouvait recevoir un tatouage comme distinction de son courage. En Inde, outre la distinction des castes, le tatouage était effectué par les femmes des peuples nomades de la caste la plus basse comme les Tziganes.

Pour qui ? Les personnes qui s’intéressent au tatouage cela va de soit, mais aussi toute personne voulant approfondir sa culture générale pour tout ce que le tatouage incombe aux différentes cultures traitées. Le livre est intéressant et particulièrement bien fait, car concis. Ces belles illustrations permettent de s’arrêter sur des dessins d’époque ou des photographies et d’admirer cet art cent fois séculaire. Un véritable voyage dépaysant à travers le temps.

I.D.

lundi 3 août 2009

Le Vieux Jardin de Hwang Sok-yong [Littérature]

lundi 3 août 2009
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L’écrivain sud-coréen Hwang Sok-yong nous revenait en 2000 avec Le Vieux Jardin qui fut paru en 2005 par la maison d’édition Zulma. L’œuvre littéraire met en scène l’histoire d’amour d’un homme et d’une femme qui ont connus une brève idylle amoureuse plongée dans les bouleversements historiques d’un pays, la Corée du Sud. Une idylle qui les marquera à jamais.

Ce qui frappe dans Le Vieux Jardin c’est cette minutie de retranscription. Ce qui frappe avec cette minutie c’est le temps que l’auteur prend pour raconter, où l’on croirait le temps comme suspendu. Un temps arrêté qui observerait ce couple séparé par les évènements. Hwang Sok-yong parvient avec un style que je qualifierai, sans être péjoratif, de simple à vous faire vivre des moments poignants comme si vous y assistiez. Cette écriture si simpliste est maniée avec une dextérité et une force qui permettent aux sentiments des personnages de nous toucher au plus profond de nous même. Rarement un récit aura été aussi captivant et poignant avec une écriture posée, où l’on prend le temps de vivre avec ses deux personnages. Hwang Sok-yong nous transmet des mots emprunts d’une beauté et de nature paisible. Il y a un certain sens du détachement dans cette façon de raconter comme si l’écrivain sud-coréen était trop pudique pour se plonger dans l’intimité de ses personnages. En même temps, cette pudeur parvient à nous mener avec subtilité au cœur de cette histoire tragique mêlant la séparation à l’union de ces deux êtres malgré les circonstances et l’absence.

Deux personnages qui s’expriment à la première personne, deux personnages qui tour à tour nous emmènent du présent à un passé tragique, du passé à un présent où règnent les souvenirs d’une vie au singulier, la leur. L’un et l’autre séparé par l’arbitraire, l’un et l’autre livrant un témoignage émouvant. On y sent le vécu de l’auteur retranscrit avec force. Il y a une part autobiographique indéniable, le combat pour une autre société, la prison, les rencontres et les petites histoires dans la grande qui se joue. Il offre une vision de la Corée et du monde d’aujourd’hui et d’hier. Cette histoire, leurs histoires qui se croisent pour se séparer à jamais est des plus intéressante qui soit. Le portrait de femme qu’il réalise est magnifique, une femme qui attend son homme condamné à perpétuité, une femme seule qui même entourée vit un manque pour l’homme qu’elle ne cesse d’aimer. Un homme qu’elle ne peut pas voir parce que rien n’officialise leur amour. Mais c’est aussi le portrait d’un homme dans la souffrance et la solitude, celui des geôles et du combat politique face à une dictature brutale. Un homme qui a perdu dix-sept années de sa vie derrière les barreaux. On y sent une espèce de fatalisme qui les frappe tous deux et c’est avec une facilité déconcertante que nous sommes plongés dans leur imaginaire.

Le Vieux Jardin est un livre comme rarement on en a l’occasion de lire parce qu’il réunit une histoire passionnante et bouleversante avec des personnages touchants pour lesquels on se prend d’affection. Des personnages comme vous et moi pris dans les tourments d’un pays, racontés avec une écriture captivante et tout en pudeur. Le postface de Hwang Sok-yong qui accompagne le livre est également d’une force inébranlable notamment sur les questionnement de l’auteur.

D'autres articles :
Le Vieux Jardin de Im Sang-soo (film sud-coréen)

I.D.

mardi 27 novembre 2007

Murakami Ryu ou le vrai visage du Japon

mardi 27 novembre 2007
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Murakami Ryu est reconnu comme l’un des maîtres de la littérature contemporaine japonaise, avec plus d’une trentaine de romans à son actif. Il obtient son premier grand prix en 1976 avec le célèbre Bleu presque transparent (l’équivalent du Goncourt au Japon). Un roman très cru à mi chemin entre l’érotisme et la violence, retraçant quelques jours de la vie d'un groupe d'adolescents, entre sexe, drogue et rock.

J’ai commencé à connaître Ryu il y a 2-3 ans grâce à un dénommé "H" et je n’ai pas été déçue. Découvrir ce genre de livre a changé ma vision de la littérature. Car Ryu c'est une écriture crue, à la fois déroutante et captivante. C'est une façon de raconter les choses sans esthétisme apparent, c'est user d’un jargon d’une vulgarité malsaine. Ses romans sont dérangeants et attachants car tout simplement trop proche de la réalité.

Romans lus
- 1969 | résumé
- Bleu presque transparent ***| résumé
- Miso Soup ***| résumé
- Parasites | résumé
- Kyoko | résumé
- La guerre commence au-delà de la mer | résumé
- Raffles Hôtel | résumé
- Les Bébés de la consigne automatique ***| résumé
- Lignes | résumé
*** romans préférés
Sources: Editions Philippe Piquier

 
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