dimanche 9 mai 2010

L’Embuscade : Surveillance [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

dimanche 9 mai 2010
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Adaptation d’un roman de Seichô Matsumoto, L’Embuscade / Matsumoto Seichô botsugo jûnen kinen : Harikomi (2002) est une réalisation de Kan Ishibashi pour le petit écran japonais.

Deux policiers enquêtent sur un braquage d’une banque qui a fait plusieurs victimes. L’un des deux malfrats mis en cause se rend à la police et accuse son complice, un dénommé Ishii. Dès lors, les deux policiers se planquent en face de la maison de l’ancienne maîtresse du braqueur en cavale, persuadés qu’il refera surface…

L’Embuscade est un téléfilm classique sans grande envergure. Une trame classique donc d’un genre qui s’inscrit dans un univers policier. Un crime, une enquête qui réunit deux flics qui sont l’exact opposés l’un de l’autre et qui vont devoir vivre ensemble bon gré mal gré durant une planque. Cela jusqu’au dénouement final qu’on qualifiera ici des plus stéréotypés qui soit. L’Embuscade serait de ces téléfilms qui se laisseraient aisément regarder un dimanche après-midi pluvieux. Á part cela, il n’a pas grand intérêt. Si ce n’est voir Takeshi Kitano dans l’un de ses rôles pour le petit écran, campant ici encore un flic, le « mauvais » flic de service jouissant d’une réputation peu reluisante. Bref. Rien de transcendant c’est vu mille et une fois et Kan Ishibashi n’apporte rien de nouveau à ce énième téléfilm policier.

Pour la petite histoire, L’Embuscade, projeté au Centre Pompidou dans le cadre de la rétrospection Takeshi Kitano, l’iconoclaste fut présenté dans sa version télé. Je m’explique. N’existant aucune autre copie, L’Embuscade a été montré avec les quelques huit coupures de publicité ! Mais sans la publicité qui tenait ici en lieu et place d’un écran figé d’une durée de dix à trente secondes. Le spectacle aurait sans doute été tout autre avec les réclames. On aurait sans doute pu se croire un dimanche après-midi pluvieux devant notre téléviseur… A la fin de la séance, surprise, il pleuvait, un samedi, en soirée…

> Rediffusion le jeudi 17 juin, 20h30, cinéma 1
I.D.

samedi 8 mai 2010

Asakusa Kid : Také [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

samedi 8 mai 2010
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Adaptation du livre autobiographique de Takeshi Kitano, Asakusa Kid (2002) est mis en scène par Makoto Shinozaki. Il y relate les débuts de l’artiste japonais comme comique.

Un jeune homme, Takeshi arrive à Asakusa avec peu d’argent en poche. Ce dernier est animé par un même but et rêve : se faire engager comme comique dans un cabaret. Takeshi va bientôt devoir affronter ses premières désillusions. A la rue, il parvient à se faire embaucher comme homme d’entretien dans l’un des cabarets de la ville…

Asakusa Kid serait un hommage à une profession, celle de comique s’adonnant à l’art du manzai. Avec cette adaptation, Makoto Shinozaki met en lumière un métier à travers les débuts de comique de Takeshi Kitano. On y découvre l’artiste qu’on connait arrivant dans une ville lui étant inconnue. Un jeune homme naïf traversant les difficultés de la vie en forme de parcours initiatique où Takeshi apprend énormément de son maître, l’homme qui le prit sous son aile.

Si la réalisation n’est pas toujours la plus judicieuse qui soit et que le film souffre par moment de longueur, Asakusa Kid est un film drôle révélant un intérêt certain à découvrir Takeshi Kitano en jeune adulte se donnant les moyens d’atteindre son but. Un intérêt résidant dans les prémices de son art, ce qui lui a donné les bases de l’artiste qu’il est aujourd’hui, une période charnière en somme.

> Rediffusion le samedi 29 mai, 17h, cinéma 2 et le dimanche 20 juin, 14h30, cinéma 2
I.D.

La légende de Zatoïchi, le masseur aveugle : Un mythe [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

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Film de chambara en N&B qu’on pourrait tout bonnement qualifier de film de yakuza, La légende de Zatoïchi, le masseur aveugle / Zatôichi monogatari (1962) de Kenji Misumi ouvre une longue série de films avec dans le rôle phare : Shintarô Katsu.

Au Japon, durant l’ère Edo, Ichi un aveugle arrive dans la petite province de Shimoza. Il arrive alors en plein conflit entre deux clans. Les clans Lioka et Sasagawa. Très vite, il se fait une jolie réputation en tant que joueur hors pair dans les parties de dés que masseur mais aussi et surtout comme un sabreur excellent. La guerre fait rage…

La légende de Zatoïchi, le masseur aveugle met en scène un personnage fort. Ichi est un vagabond qui se raconte plus par les gestes et ses actions que les paroles. On trouve derrière sa bonhomie et son côté « cabot », un personnage pudique qui écoute plus qu’il ne parle. On arrive à développer facilement une sympathie à son égard, tant vis-à-vis de son physique que du caractère qui l’habite. Cette force que l’on trouve sous les traits de ce masseur aveugle, on le doit à l’excellente interprétation de Shintarô Katsu. Il trouve à chaque fois la mimique adéquate pour faire vivre son personnage. Il le rend à la fois drôle et tragique par un seul mouvement de son corps. Admirable.

La structure de La légende de Zatoïchi, le masseur aveugle se veut classique, celle du chambara avec sa montée en puissance jusqu’au final, en particulier le duel inévitable qui se tisse alors que l’intrigue se met en place. Le masseur aveugle n’est pas un film d’action, loin de là, c’est un drame qui sous bien des aspects pourrait être qualifié de mélo. On y suit les destins tragiques de plusieurs personnages aux milieux de manigances de pouvoir. Ichi est un personnage fascinant pour sa dextérité au sabre, agréable pour ses particularités. Il démontre une sensibilité qui le poussera à donner son sabre à la fin, fatigué de l’homme et de sa part sombre, comme si lui, l’aveugle voyait la véritable nature de tout à chacun.

La légende de Zatoïchi, le masseur aveugle est une œuvre mis en scène avec une sensibilité toute particulière par Kenji Misumi. On y découvre les aventures d’un anti-héro attachant qui est depuis devenu le mythe cinématographique que l’on sait.

> Rediffusion le samedi 19 juin, 17h, cinéma 2

I.D.

mercredi 5 mai 2010

Dolls : Variation autour de l'amour [Rétro Takeshi Kitano, l'iconoclaste]

mercredi 5 mai 2010
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Avec Dolls (2002), Takeshi Kitano se remet à l’amour en déclinant trois histoires, celle d’un jeune couple Matsumoto et Sawako, celle d’un ancien yakuza, Hiro, rongé par le regret, et celle d’un fan obsédé par une chanteuse à succès, Nukui.

Ouverture sur le Bunraku, un théâtre japonais de marionnettes mettant en scène des histoires d'amour. Une longue et précise séquence d’introduction, pas des plus transcendante mais nécessaire, où Kitano livre un tableau où tragédie se mêle à l’amour. Le ton est mis. Dolls représente l’amour à travers une déclinaison, trois personnages. Kitano ne livre pas une simple fresque romanesque, et connaissant l’artiste il a lieu de penser que Dolls sera l’incarnation d’une œuvre ambivalente, magnifiant l’amour avec une tragédie extrême. Car il est histoire d’amour tant et aussi de sacrifice. 3 âmes, 6 êtres qui en place d’un bonheur proche, vont devoir se livrer à des choix cornéliens. Alors le couple Matsumoto abandonnera une vie de citoyen paisible pour une existence marginale, Hiro, le vieux yakuza tentera de retrouver une affection perdue, et Nukui se perdra dans une obsession qui le poussera à l’extrême.

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