lundi 25 avril 2016

Piscine sans eau : "Je suis le poinçonneur…"

lundi 25 avril 2016

Koji Wakamatsu. Yûya Uchida. Pinku. Piscine sans eau / Mizu no nai puuru (1982). 

Vous pensiez tout connaitre des perversions ? C’était sans compter avec la rencontre de ce monsieur Tout-le-monde. 

Un poinçonneur de ticket menant une vie morne sauve une jeune femme des mains de violeurs. Suite à cet épisode, il se lie d’amitié avec elle et développe une perversité qu’il ne se connaissait pas… 

Piscine sans eau, c’est l’histoire d’un homme déréglé. Du moins, celle d’un homme banal enfermé dans une routine étouffante qui le devient. Et assez surprenant, ce décalage qui va s’opérer se réalise après le sauvetage d’une jeune femme. Ce geste qu’on qualifiera de « héroïque » va plonger son faiseur dans le rôle d’un homme aux actions malveillantes. Son geste bienveillant donc ancre alors en lui des fantasmes puis la mise en application d’un fétichisme prononcé. Ce poinçonneur, devenu déviant développe un rituel singulier. Il traque ses proies, les femmes. Il les endort, les viole puis il joue l’homme d’intérieur. Les actions menées par cet individu sont des plus déconcertantes pour le spectateur qui se fait voyeur à son image. Témoin privilégié, nous assistons à ses déambulations nocturnes. Koji Wakamatsu prend réellement le spectateur à parti, évitant toute distanciation avec son sujet. Pourtant, il en dégage, dans la mise en scène une froideur peu commune qui va jusqu’à contaminer chaque recoin de cette histoire. Souvent troublant et dérangeant, nous suivons ce protagoniste mutique comme le récit. L’auteur use de peu de dialogue et la musique intervient de façon ponctuelle jusqu’à parfois oublier son utilisation. 

Loin du racolage de bas étage que l’on pourrait trouver dans ce type de production, Koji Wakamatsu fait de Piscine sans eau le regard d’une société sclérosée, sans épanouissement où les individus, aux relations (si l’en est) superficielles vivent dans l’aliénation la plus complète. En somme, comme des poissons sans eau… 

Quant à Yûya Uchida, c’est du 10/10 (comme à chaque fois). 
I.D.

2 commentaires:

Olrik a dit…

Mon premier pinku de Wakamatsu en couleurs. Comparé aux tâchonneries d'Hisayasu Sato de l'époque, il n'y a pas photo. Dans le genre chronique d'une perversion, le film de wakamatsu est bien plus passionnant. Et oui, Yuya Uchida est excellent. Tiens, ça me donne envie d'explorer un peu plus sa filmo.

I.D. a dit…

Vu que tu compares leur taf respectif, je connais beaucoup moins le taf de Sato. Du coup, je ne m'avancerai pas trop mais je veux bien te croire. ;)

Quant à Yuya Uchida, the best. Je le connaissais pour ses apparitions dans des Miike, "Black Rain" mais c'est vraiment lors de découverte comme "Le moustique au 10ème étage" et "No More Comics !" que j'ai pris conscience de la force de ce mec, surtout qu'il y tient le rôle principal. Amoureux du gus. Je me suis refait les films plusieurs fois tellement que j'en étais dingue.

Et sachant qu'on parle de waka' et uchida, j'ai toujours été intrigué par un autre film qu'ils ont fait ensemble et qui prend place à Paris : "Les Liaisons Erotiques" aka ""Erotikkuna kankei (1992). Alors il semblerait que l'acteur tient un rôle anecdotique. Il en est surtout le scénariste mais m'étant intéressé à sa filmo', ce titre m'a toujours interpellé. J'espère que le film n'est pas au même niveau que ces prod' HK qui s'expatriaient le temps d'un tournage comme à Londres ou Paris et leur région.
En tout cas, si quelqu'un connait le film qu'il hésite pas à dire si c'est good ou non.

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