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dimanche 13 juin 2010

Holiday : Dimanche [Rétrospective Lee Man-hee]

dimanche 13 juin 2010
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Lee Man-hee inscrit Holiday / Hyuil (1968) également connu sous le titre anglais A Day Off dans le drame sociale. Il y met en scène un couple sans le sou dans des quartiers insalubres qui doit prendre une décision lourde de conséquence.

Heo Wook est un homme qui n’a pas un sou en poche. Il vit une relation amoureuse avec Ji-Yeon. Les deux tourtereaux se voient essentiellement le dimanche. Lorsque cette dernière lui annonce qu’elle est enceinte, le couple se trouve devant une décision douloureuse : garder l’enfant ou avorter. Mais leur condition les pousse à choisir la seconde voie. Dès lors, Heo Wook se met en quête d’argent…

samedi 12 juin 2010

When Wild Flowers Blossom : Pourquoi les communistes sont-ils si méchants ? [Rétrospective Lee Man-hee]

samedi 12 juin 2010
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Un an avant, Im Kwon-taek livrait Testimony (1973), un film de guerre sur le déclenchement des hostilités entre Nord et Sud en juin 1950 et ce qui en a suivi. Á son tour, Lee Man-hee, nous gratifie d’un film propagandiste sur les mêmes évènements avec When Wild Flowers Blossom / Deulgukhwaneun pieonneunde (1974).

La Corée du Nord attaque la Corée du Sud. Nous suivons dès lors les destinées de soldats et civils sud-coréens. La débandade de l’armée puis leur retour en force, et au milieu de la survie d’une population sous le feu. Parmi eux, un petit garçon séparé de sa famille qui tente de la retrouver…

Comme Im Kwon-taek avant lui, Lee Man-hee nous sert un film qui sent bon la propagande bête et méchante. Enfin, j’y vais peut-être un peu fort, disons que c’est : je ne me mouille pas, je fais ce que l’on me demande, pas plus, pas moins. When Wild Flowers Blossom est patriotique à souhait, nationaliste comme il faut avec une démarche très militante. Notre système est le meilleur, le communisme c’est le Mal (à ce qu’ils disent, ils sont mêmes pires que les japonais au temps de l’occupation). Ainsi donc, le film se révèle profondément anti-communiste, on en attendait pas moins, des sans cœurs qui tuent leur frère du sud. C’est moche et dégueulasse, il n’y a pas d’autre mot. Les Etats-Unis aussi en prennent plein la tronche. En somme, s’il y a débandade c’est de leur faute. On comptait trop sur eux et ils n’étaient finalement pas là et puis les jeunes soldats sud-coréens passaient leur temps à danser sur leur chanson alors forcément. Et puis, le sursaut patriotique, celui de la survie celui-ci, il est bien coréen et du sud, s’il vous plait. Bon, pas grand-chose à garder de ce film de guerre donc.

When Wild Flowers Blossom se veut dramatique poussé à des retranchements dont on se passerait bien. Des films comme ils s’en faisaient à l’époque. C’est toujours avec un regard amusé et même consterné qu’on découvre ces œuvres. Une spéciale pour le môme qui joue à merveille son rôle. Bluffant pour le coup. Bien mieux que ses aînés…

> Rediffusion le dimanche 20 juin 2010 à 19h, salle Georges Franju

Connu également sous le titre anglais : Wildflowers on the Battleground, Wildflower in the Battlefield et orthographié également : Deulgughwaneun pietneunde.

I.D.

vendredi 11 juin 2010

Break Up The Chain : L’indépendantiste, le voleur et le traître [Rétrospective Lee Man-hee]

vendredi 11 juin 2010
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Lee Man-hee signe Break Up The Chain / Soesaseureul Kkeuneora (1971), un film d’aventure aux allures de western. Un film où se mélange action et comédie.

Trois hommes : un tueur à gages, un voleur ainsi qu’un coréen qui travaille pour l’armée japonaise partent à la recherche d’une statuette sur laquelle sont inscrits les noms d’indépendantistes. Lance, une tenancière d’un bar se mêle à la joute…

Break Up The Chain a pris un coup de vieux. Un constat devant lequel on ne peut échapper. Le rythme n’est pas toujours maintenu, on y parle parfois pour ne rien dire, les sentiments des personnages semblent d’une versatilité sans borne. Pourtant, l’intrigue simpliste permet à Lee Man-hee de s’adonner au divertissement pur et dur entre ces trois loustics qui ont chacun une idée propre derrière la tête. Du coup, on assiste à un enchaînement de cascades rocambolesques et de poursuites effrénées même si je l’accorde, on a vu mieux avant et beaucoup mieux par la suite. Le film est assez sympathique en cela que les trois hommes aux gants de cuir qui convoitent la statuette usent de différent stratagème, le plus souvent grossier. Personne ne semble vraiment prendre les choses sérieusement dans ce film. Un simple amusement où les acteurs savent donner de leur personne en répétant à tue-tête que tout ce qui se joue est un film, ça cause donc de scénario, d’acte, de quel acteur est untel ou untel, etc…

Break Up The Chain n’est pas un film incontournable. Il est parfois drôle mais est aussi ennuyeux. On ne pourra pas lui reprocher son manque de générosité dans ce qu’il a à offrir, c'est-à-dire de l’action et de la comédie. En passant, les soldats japonais en prennent pas mal pour leur grade, en tête et pour sa drôlerie, une magnifique scène de seppuku en fin de film. Une fin qui pêche tout de même. Gentillette et un brin mégalomane. Un film à voir une fois à la limite, sans ça… vous pourrez toujours admirer le joli minois de l’actrice.

> Rediffusion le jeudi 17 juin 2010, Salle Henri Langlois

Connu également sous le titre anglais : Break The Chain et orthographié également : Shwisaseuleul geunheola.

I.D.

jeudi 3 juin 2010

Black Hair : La Faute [Rétrospective Lee Man-hee]

jeudi 3 juin 2010
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51 films en 15 années d’activité de cinéaste, Lee Man-hee est mis à l’honneur à la Cinémathèque Française à travers douze films. Douze oeuvres pour (re-)découvrir un auteur coréen de renom.

Avec Black Hair / Geomeun meori (1964), Lee Man-hee signe un drame mais pas que. Un mélodrame de gangster serait la meilleur définition de cette œuvre qui dénote un regard propre de metteur en scène.

Dans le milieu du crime organisé, une femme qui trompe son mari est défigurée et répudiée par son mari. Subissant un chantage, la femme du chef de bande se fait violer, elle se retrouve sous le coup de cette règle de vie…

Film noir, Black Hair traite de la culpabilité d’un homme, du courage d’une femme prisonnière d’une condition mais aussi de sujets beaucoup plus sombres tels la drogue et la prostitution. Black Hair est surprenant à cela qu’il dépeint la société sud-coréenne avec une noirceur peu commune. Lee Man-hee s’attache à nous montrer un chef de bande allant à l’encontre des codes établis dans le milieu du crime. Et ce, pour l’amour d’une femme. Il chamboule ainsi les principes qui le régissent et menace son propre statut. Il y a une certaine audace à nous montrer ce malfrat qui s’avère être un homme comme un autre sous le poids de la culpabilité. Certes, il est dur, sans scrupules mais l’émotion, sentiment propre à tous le touche également lorsqu’il perd la seule chose qu’il ait aimé et qu’il aime. La pression du groupe étant, il devient l’une des victimes de ces règles qui dirigent ce milieu et s’y plie.

Mais la véritable victime de ces us et coutumes c’est la femme, échue de son statut social qui subit dès lors la punition du groupe qu’on pourrait qualifier d’acte primitif. Balafrée, pour la marquer et qu’elle soit reconnaissable de tous. Elle devient par cet acte un rebus de ce microcosme où on lui interdit d’effacer ces marques permanentes. On l’oblige à rester avec son violeur, toxicomane de surcroît pour lequel elle se prostitue. La prostitution comme moyen de survie. Là où Black Hair surprend également c’est dans cette façon de nous raconter ces conditions d’hommes et de femmes voguant dans des bas-fonds insalubres. Une carte postale plutôt glauque d’une Corée du Sud rongée par la drogue, scène étonnante pour l’époque où l’on voit les toxicomanes se droguer. Egalement rongée par la prostitution des femmes avec une mise en exergue des maisons clauses et le fonctionnement de ce petit monde.

Black Hair est pourtant une œuvre inégale. Si la réalisation se veut sans surprise bien qu’elle montre par moment des plans intéressants (à l’image de l’antichambre où les hommes jouent aux cartes), la dynamique souffre parfois d’un faux rythme qui égratigne une intrigue qui a tendance à se perdre. Si la première partie du film est la plus réussie par l’intérêt qu’elle suscite, notamment quand le cinéaste s’attarde sur la déchéance de cette femme suite à sa punition. On regrette que le cinéaste sud-coréen justement n’est poursuivit sur le propos de l’emprisonnement psychologique de l’héroïne. On remarquera également (une remarque comme ça, sans véritable fondement) le fétichisme de Lee Man-hee pour les gants de cuir que trois des ses personnages enfilent. Trois hommes : le chef, son bras droit ainsi que le chauffeur de taxi, l’espoir de la femme déchue. Un fétichisme de l’habit qui rappelle d’une certaine manière Jean-Pierre Melville et ses héros arborant trench coat et borsalino. Trois personnages phares représentant la dualité au service de la dramaturgie.

> Rediffusion le samedi 19 juin 2010 à 21h30, salle Georges Franju

I.D.

 
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