dimanche 13 juillet 2008

Balikbayan box : le phénomène "Overseas Filipino workers"

dimanche 13 juillet 2008

Balikbayan box de Ramon Mez de Guzman dépeint le phénomène des « Overseas Filipino workers » très présent dans les quartiers les plus défavorisés des Philippines. Ces « Overseas Filipino workers » sont des Philippins ayant décidé de s’expatrier pour vivre et travailler à l’étranger. Cette migration s’est généralisée compte tenu du climat économique actuel aux Philippines.

De là est apparu la notion de Balikbayan box, désignant les boîtes en carton que ces « Overseas Filipino workers » envoient à leur famille restée sur place. Ces boîtes renferment souvent des denrées difficiles à trouver aux Philippines mais aussi des effets plus personnels.

C’est dans un paysage de pauvreté que les premières scènes se succèdent. On nous dévoile un quartier d’une campagne des Philippines où gambergent des enfants dans une rivière. La caméra rentre progressivement dans le quotidien de ces familles et l’on découvre de façon plus intime les périples journaliers de trois enfants, d’une mère, d’un garde… Des êtres qui vont essayer, au mieux, de donner un sens à leur vie.

On y découvre trois enfants, Ilyong, Jun-Jun et Moymoy, devenus, par évidence, compagnons d’infortunes. Des enfants qui vont inlassablement se suivre dans un quotidien ayant pour seul but : la survie. Le cinéaste nous dépeint tour à tour leurs périples menés autour de pillage de denrées, de pêche à main nue de crevettes et de petits bonheurs, on pense à la scène où Moymoy, le benjamin, trouve un nid d’oiseau rempli de cinq beaux œufs. Ces pillages ne se font sans danger car souvent sous la surveillance de gardes armées ivres. Le cinéaste nous ouvre les yeux sur la condition de ces enfants, qui par la force des choses, vont apprendre à survivre par eux-mêmes, car délaissés par des parents devenus, par nécessité, des « Overseas workers ».

Ramon Mez de Guzman s’arrête sur les multiples conséquences liées à une situation philippéenne désastreuse : des enfants livrés à eux-mêmes, mais aussi des parents n’ayant d’autres choix que de partir pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. Des scènes qui vont illustrer avec « légèreté » des situations dramatiques, où l’on découvre des enfants affamés prêts à se nourrir de tout ce qui pourraient trouver (scène où les trois enfants découvrent dans un baraquement des nouilles instantanées périmées). Le réalisateur va réussir à nous dépeindre une réalité difficile avec humour, comme pour masquer un quotidien trop douloureux pour être jeté tel quel sur la toile. Une vie de campagne philippéenne devant laquelle nous sommes touchés par des relations, nées de souffrances communes, de joies et de sourires qui marquent, l’espace d’un instant, le bonheur éphémère d’une vie d’enfant et d’une vie d’Homme.

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