mardi 19 janvier 2016

A Bloody Aria : bourreaux / victimes

mardi 19 janvier 2016

Second long-métrage de Won Shin-yeon qui s’était déjà fait remarquer avec un film d’horreur, A Bloody Aria / Gutayubaljadeul (2006) est un thriller psychologique et dramatique. 

Dans un coin reculé de Corée du Sud, à Yadang, après une audition un professeur de musique reconnu, Park Young-sun (Lee Byung-joon) conduit l’une de ses élèves, In-jung (Cha Ye-ryun). Alors qu’il se fait amender par un policier, Moon-jae (Han Suk-kyu) il fuit ce dernier et se réfugie dans un lieu perdu. Il profite de la situation pour abuser de la jeune fille qui se débat et prend la fuite. Peu après, alors qu’il espère qu’elle revienne, Young-sun doit faire avec trois voyous. Quant à In-jung, elle est prise en stop par un individu (Lee Moon-sik) en deux roues… 

Suspense et tension sont au programme de ce huis-clos à ciel ouvert. A Bloody Aria joue habilement avec ces situations et ces états dans lesquels le spectateur peut se plonger, happer par ce point d’interrogation tout en pression. A savoir de quelle façon les choses se termineront pour ces personnages perdus dans un cauchemar aux rebondissements bien amenés ? 
Avec un casting réduit, des décors naturels au strict minimum et d’une histoire tournant autour de la maltraitance, Won Shin-yeon développe une certaine maitrise pour ne jamais tomber dans l’abject. Pourtant, A Bloody Aria est d’une rare violence (jamais gratuite, même si certains personnages la subissent gratuitement). Certaines scènes sont très dures, à la limite du supportable tant la cruauté la plus vile se montre à nous. Mais cette maturité dont fait preuve l’auteur derrière la caméra permet de gérer cet aspect too much, même dans l’exposition des sévices et de l’humiliation répétée. Il y a un réel intérêt à suivre ce récit où les bourreaux deviennent des victimes et les victimes des bourreaux. Une roue qui tourne perpétuellement, reproduisant au présent les actes passés. Les personnages sont alors perdus dans une spirale sans échappatoire. Des personnages qui se retrouvent par un jeu des coïncidences plausibles. Les évènements s’enchainent sans que l’on vienne à trouver une scène inappropriée ou de trop. L’intensité qui s’en dégage est d’une vitalité bienvenue, transportant le spectateur dans l’abîme de la nature humaine, celle de la perversité, celle qui définit arbitrairement les dominants et les dominés. 

Dérangeant, parfois absurde dans sa démonstration jusqu’au-boutiste A Bloody Aria est un film qui ne laissera pas insensible. D’un rythme soutenu, il narre avec force le destin de personnages qui les liera pour le pire… 
I.D.

2 commentaires:

Olrik a dit…

Je garde un excellent souvenir de ce film, vu à une époque où je commençais à pige que le cinéma coréen, ça pouvait être méchamment violent. Aucune idée de ce que ce Won Shin-yeon a fait depuis.

I.D. a dit…

Pour cela que je voulais revenir dessus et en écrire 2-3 mots. Vrai qu'il est assez symptomatique d'un certain cinéma sudco. Celui qui mettait les mains dans le cambouis d'une société dont la violence semble être au cœur de (presque) tout.

Quant à son réal', il y a peu, il faisait parler de lui avec un thriller d'action, "The Suspect". Pas aimé. Il a eu son public. Mais avant cela, il avait mise en scène le live d'un film d'animation inspiré de Goldorak. J'avais eu l'occase de voir l'animé lors d'un fest' et je dois dire que le projet de ce live m'interpellait pas mal. J'en avais même causé dans un forum de cinoche, suivant la prod'. Mais je dois avouer ne pas avoir essayé de me le procurer depuis sa sortie.

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