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dimanche 18 juillet 2010

Typhoon Club : L’oeil du cyclone [Festival Paris Cinéma]

dimanche 18 juillet 2010
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Typhoon Club / Taifu Kurabu (1985) de Shinji Somai serait une grande métaphore sur la vie, et la mort. Une métaphore qui nous interpelle sur nos peurs et notre place au sein de la société. Cette œuvre se révèle également comme le souhait de montrer combien il est difficile de comprendre la jeunesse.

Alors qu’un Typhon approche d’une petite ville de campagne, des adolescents vivent avec tourment leur passage à l’âge adulte. Certains d’entre eux se retrouvent alors enfermés dans leur école et s’occupent comme ils peuvent…

Typhoon Club décompte les jours à l’approche d’un typhon qui va s’abattre sur le Japon et en particulier dans une petite bourgade où des adolescents sans repère semblent y rechercher une identité propre. Ces jours que l’auteur décompte développe une tension toute particulière. Une tension qui va en crescendo à mesure que le typhon approche. On y suit ces jeunes dont les esprits s’échauffent comme si le cyclone avait un impact grandissant sur leur psyché. Shinji Somai nous met en scène l’histoire de ces jeunes, des adolescents qui sont dans le processus du passage à l’âge adulte. Il y traite avec un certain pessimisme (ou la difficile compréhension) des sujets tels que l’homosexualité, la place sociale et ce qui incombe à tous en société. Mais aussi et surtout de la vie et de la mort.

Dans Typhoon Club, ce typhon qui s’abat est la destruction pure et simple ou ce lien infime entre deux mondes (adolescence/adulte). Un interstice sur l’existence. Les adolescents enfermés végètent dans un cocon qui prend forme sous les traits de l’école. Ils y découvrent un certain laisser aller, une liberté jamais connue jusqu’alors qui s’exprime notamment par la danse. On notera la très belle scène, tirée en longueur et filmé de loin d’une force rare. Dans cette bulle ils se défont de tout carcan sociétal et resplendissent de vie, pourtant. S’il y a la vie, la mort l’accompagne forcément et on ne prend vraiment conscience de ce qu’est la vie que lorsque la mort frappe semble nous dire le cinéaste à travers ces jeunes. Ainsi la noirceur s’invite au travers de pulsion sexuelle pour l’un ou par des pensées suicidaires pour un autre.

Typhoon Club est une œuvre d’une puissance sans équivoque. Une œuvre qui dépeint la réalité d’une jeunesse dans une société stricte. Une jeunesse non fantasmée mais bel et bien réelle, décrite dans une oeuvre non pour les jeunes mais sur les jeunes. Une jeunesse avec tous les sentiments contradictoires qui les habitent entre l’enthousiasme le plus exacerbé à l’abattement le plus total. Shinji Somai parvient à saisir avec minutie un état, celui d’une jeunesse aux comportements et sentiments versatiles. Typhoon Club est à la fois splendide, troublant et marquant.

I.D.

The Catch : En mer [Festival Paris Cinéma]

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Un drame se joue dans un petit port de mer, The Catch (1983) de Shinji Somai nous narre l’amour d’un homme pour la mer mais également les relations qui lient ce dernier à sa fille qui s’éprend d’un jeune homme de la ville.

Fusajiro est un pêcheur de thon chevronné. Il vit seul avec sa fille qui lui est entièrement dévouée. Chaque matin, il part pêcher aux commandes de son bateau. Bientôt, sa fille lui présente un garçon qui rêve de devenir pêcheur comme lui…

The Catch est le portrait d’un homme. Un homme simple qui vit de la mer. Ce dernier, Fusajiro vit en osmose avec elle, une histoire d’amour saisissante avec cette nature qui peut s’avérer hostile à l’homme. Mais si Fusajiro aime l’étendue bleue c’est parce qu’il aime avant tout un métier dur comme lui. Ce métier de pêcheur de thon qui offre peu de moment de répit si ce n’est celui de l’attente, de la « traque » du poisson sur cette horizon qui semble sans fin. Shinji Somai développe avec minutie et sans relâche ce quotidien de pêcheur, sa caméra accompagne dans cette mission les moindres faits et gestes. Cette caméra sait être à la fois proche de ses protagonistes mais aussi plus éloignée se faisant plus discrète et pudique face aux évènements qui prennent place. Les plans s’avèrent d’une rare beauté jusque dans la pêche même du thon laquelle se réalise par la force des bras, la violence bestiale d’un homme tirant le poisson par un fil de pêche pour ensuite l’harponner et voir le thon se vider de son sang. Les images sont dures, à l’état brut. Elles montrent toute la difficulté de ce métier jusqu’à parvenir à nous immerger sur ces eaux. A faire en sorte qu’on puisse parvenir à ressentir toute la fatigue, l’épuisement, toutes les forces misent en application pour voir l’homme lutter contre la nature.

Là où Shinji Somai parvient à nous transporter dans son récit avec The Catch, c’est dans ces longues scène filmées montrant toute la dualité de l’homme face aux éléments. La mise en scène du cinéaste japonais est primordiale dans l’approche qu’il adopte. Cette approche appelle à une immersion totale de notre part où de superbes mouvements de caméra, avec notamment l’utilisation de la grue, s’invitent sans dénaturer le propos. The Catch c’est donc la (les) passion(s) d’un homme. Nous n’oublierons pas non plus les femmes, fille ou amante qui jouent un rôle primordiale, l’autre facette de cette vie rude. Souvent victimes d’une peur, celle de voir la mer engloutir le pêcheur parti gagner sa vie. Si l’œuvre marque par sa puissance tant sur le sujet traité que sur la mise en scène, elle frappe également par la prestation prenante des acteurs. Ken Ogata, magistral en pêcheur bourru presque autiste lorsqu’il est dans son élément, la mer, pour lequel il donnerait tout… tout comme sa fille et femme, qui apporte la douceur, un autre regard dans un monde dur et sans ménagement.

I.D.

samedi 17 juillet 2010

Tandem : Virée Nocturne [Festival Paris Cinéma]

samedi 17 juillet 2010
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C’est fait ! J’ai découvert au dernier jour du Festival Paris Cinéma - dans une salle quasi vide - mon premier Pinku Eiga : Tandem de Toshiki Sato. Dans un coffeeshop, deux hommes se rencontrent et en viennent rapidement à discuter de leurs vies sexuelles. L’un évoquant ces jeux coquins avec une prostitué dans les transports en commun de Tokyo, l’autre, sa sexualité moins débridée au sein de son couple. Ce que les deux hommes ne savent pas, c’est qu’ils parlent de la même femme.

Tandem est plaisant. Sur un plan esthétique on ne peut reprocher au cinéaste de vouloir tenter et livrer quelques originalités, voir de belles trouvailles. De nuit, de magnifiques plans et jeux de lumière s’invitent à une ambiance trouble où les deux hommes se côtoient sans trop s’apprécier (voir la virée en mobylette rythmée par des feux tricolores et une drôle de rivalité). Et la narration dans tout ça ? Pas si mal, outre les scènes légères de sexe qui n’apportent pas un grand intérêt, même esthétique (Pas de panique, je n’ai pas oublié que je parlais d'un Pinku !). J’étais préparée mais j’avoue avoir été quelque peu troublée par ces ruptures de ton. D’autant plus lorsque le récit semblait prendre une tournure plus intéressante. Un récit loin d’être superficiel, cachant adroitement de vrais questionnements.

Tandem fait sourire et rire par des scènes cocasses, un ton particulier insufflé par un travail de montage efficace créant le parallèle entre présent et flash-back. Pour une première découverte du genre, Tandem n’était pas si mal, sans pour autant pleinement convaincre…

Diana

mercredi 14 juillet 2010

Intérimaire en détresse : Ma vie, Mon avenir [Festival Paris Cinéma]

mercredi 14 juillet 2010
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Disons-le toute suite, je suis particulièrement attirée par les documentaires. C’est avec un certain entrain que je suis allée découvrir Intérimaire en détresse / Sonan furiita (2009) de et avec Hiroki Iwabuchi (Seul documentaire que j’ai eu l’occasion de voir durant le festival, ayant eu « la chance » d’avoir raté Live Tape !).

Intérimaire en détresse s’attarde sur le phénomène que l’on nomme plus communément les « furiita », emplois précaires - en intérim - sans couverture sociale et très mal payés. Dans ce documentaire, le réalisateur et narrateur se met en scène pour s’attaquer au système social japonais actuel. Caméra à l’épaule, Hiroki Iwabuchi expose son quotidien d’intérimaire et son désespoir face à un avenir sans lendemain. A travers un portrait, c’est l’image d’une jeunesse tout entière que le réalisateur met en exergue. On comprend le fatalisme d’une génération qui se saigne professionnellement dans l’instabilité et les préoccupations primaires : se trouver un logement, se nourrir et payer ses dettes.

Alors le sujet est noble certes, la volonté de l’auteur l’est tout autant. Néanmoins il y a dans ce documentaire un élément qui m’a déplu : sa structure, aussi bien narrative que visuelle. Disons que j’ai adhéré au fond sans en aimer la forme. Ce que je recherche dans le documentaire, je ne l’ai pas trouvé dans Intérimaire en détresse, j’entends par là : la spontanéité, la force brutale non contrôlée, l’hésitation… En somme la mise à nu des sujets traités. Ici la mise à nue découle d’un montage trop travaillé, d’une narration trop calibrée. Je suis tiraillée entre la volonté d’adhérer à une cause qui me touche et la gêne provoquée par une structure trop propre. A mainte reprise je me suis demandée si j’étais devant du réel ou de la fiction ? Ce qui a manqué au documentaire c’est de la spontanéité, des temps morts, des instants ou le narrateur ne semble plus vraiment contrôler l’image saisie par l’œil de sa caméra (tiens ça me rappelle le sentiment que j’ai eu à la vision de Portrait de famille au Festival Franco-Coréen 2009)

Au-delà de cela, il y a le fond. Alors il va sans dire que la dénonciation de Hiroki Iwabuchi est poignante et laisse un certain fatalisme sur l’avenir de cette jeune génération japonaise. Un portrait courageux et utile.

Diana

Hana : Bas-fonds clean [Festival Paris Cinéma]

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Un film dont aurait pu se passer Hirokazu Kore-eda c’est Hana (2006) ou comment le cinéaste japonais nous embarque jusqu’au bout de l’ennui.

Japon. 1702, Soza un jeune samouraï est chargé de retrouvé l’assassin de son père pour venger ce dernier. Il vit dans les bas-fonds d’Edo alors que sa mission est mis en péril…

Avant que le Festival Paris Cinéma 2010 ne mette à l’honneur Hana, ce film était inédit dans nos contrées. Et bien le constat est sans équivoque, il aurait du le rester. Ce film est vite à oublier comme s’il avait été un mauvais rêve, rêvé dans ces longues nuits danoises ou suédoises, le genre de rêve qu’on préférerait ne pas avoir fait si l’on hibernait. Bref. La mise en scène : rien d’exceptionnelle, le genre classique voir bateau donc rien d’exaltant. Si la mise en scène se dérobe au profit du scénario et de son histoire, pourquoi pas. L’histoire justement. Rien d’exaltant non plus, on nous sert une énième histoire de vengeance avec tout ce qui peut altérer le « héro ». Pourquoi pas, je ne suis pas contre les films de vengeance, j’aime assez, le tout c’est comment cela est fait. Ici, pas de la meilleur façon qui soit d’autant plus que le scénario se veut brouillon avec un trop plein d’intrigues secondaires qui n’apportent rien. Une histoire lisse comme ses personnages qui ont peu d’envergure et de corps. Un « héro » trop blanc, les femmes qui jouent leur rôle… de femme (à croire qu’il ne faut pas trop leur en demander) ! Il y a quand même quelques personnages qui font sourire, rire, plutôt sympathique. Je pense au gros benêt (c’est cliché mais bon) ou au môme qui s’en sort bien, très bien même.

Hana, on l’oubliera. Un film qui fait tâche dans la filmographie d’un auteur qui a su montrer mieux. Le film s’il est d’une longueur peu soutenable par l’ennui qu’il procure reste drôle. Un comique qui sauve les meubles comme dirait quelques-uns. Heureusement donc qu’on rit…

I.D.

mardi 13 juillet 2010

Double récompenses pour La rivière Tumen [Festival Paris Cinéma 2010]

mardi 13 juillet 2010
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Le palmarès du Festival Paris Cinéma 2010 est tombé hier. Cette année, c’est La rivière Tumen du cinéaste chinois Zhang Lu qui a été doublement récompensé du Prix du Jury et du Prix des étudiants. Belle consécration pour ce beau et touchant long métrage qui a su se marquer par sa sincérité et un sujet méconnu.

Une séance exceptionnelle pour récompenser le film de Zhang Lu aura lieu aujourd’hui 13 juillet à 20h au MK2 Bibliothèque. Pour ceux qui auraient louper le coche, c’est maintenant ! Et pour ceux qui aimeraient revoir le film, faites-vous plaisir.


lundi 12 juillet 2010

Toutes les Photos du Festival Paris Cinéma 2010 !

lundi 12 juillet 2010
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Découvrez toutes les photos des séances présentées du Festival Paris Cinéma 2010. Du beau monde au programme dont Shinobu TERAJIMA (Vibrator), Anocha SUWICHAKORNPONG (Mundane History), Shinji AOYAMA (Sad Vacation)...

> Rendez-vous sur l'Album du Festival Paris Cinéma 2010 de Made in Asie









Diana

dimanche 11 juillet 2010

2/Duo : Reflet [Festival Paris Cinéma]

dimanche 11 juillet 2010
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Premier film de Nobuhiro Suwa, 2/Duo (2/Dyuo, 1995) est un drame amoureux. Le cinéaste pose sa caméra au centre d’un jeune couple dont la relation se révèle tendue.

Kei et Yu vivent ensemble dans une petit appartement. Kei est un acteur raté qui passe ses journées à ne rien faire. Yu travaille dans une petite boutique et subvient au besoin du ménage. Ils sont à un moment de leur vie de couple où les disputes s’enchaînent sans pouvoir communiquer l’un et l’autre. Après une violente dispute, Kei demande Yu en mariage…

A travers une mise en scène qui se veut minimaliste mais qui possède tout de même une intelligence dans le cadre (notamment sur le jeu des reflets de miroir), 2/Duo narre les relations difficiles d’un couple. Les deux acteurs livrent une performance saisissante d’autant plus que l’auteur leur a laissé une grande part d’improvisation et cela se voit. Ce choix (dans la direction des acteurs) renforce des situations qui se montrent dès lors à l’état brut comme si cela n’était pas joué mais bel et bien vécu. Le sentiment d’authenticité qui s’en dégage nous plonge dans les méandres du non-dit. La caméra de Nobuhiro Suwa parvient à capter le mal être qui habite nos protagonistes. Il s’y émane par moment un malaise sous jacent par cette violence sourde parsemé d’actes physiques révélant toute la détresse qui ronge cet homme et cette femme.

2/Duo est un film réussi qui parvient à toucher tout en interrogeant. Le cinéaste souligne avec aptitude la difficulté de communiquer, d’extérioriser les sentiments résultant d’un quotidien qui broie de manière insidieuse. L’échec d’une carrière d’acteur pour Kei et les interrogations de Yu face à ce dernier. Un premier long-métrage qui s’avère prenant.

I.D.

samedi 10 juillet 2010

Live Tape : Le Bob Dylan du pauvre* [Festival Paris Cinéma]

samedi 10 juillet 2010
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Live Tape / Raibu Têpu (2009) de Tetsuaki Matsue. Une performance, rien d’autre. Un long plan séquence de soixante quatorze minutes où un chanteur « à la Bob Dylan » passe en revu ses chansons tout en se baladant dans la rue, tout en se faisant interpeller par le réalisateur, tout en continuant à chanter, tout en se payant un coup (quelle classe !), tout en etc…

Live Tape. Je ne suis pas client. Voilà le genre de travail filmique avec lequel je m’interroge toujours sur une chose plutôt simple : est-ce que ce documentaire a sa place dans une salle de cinéma ? Á écouter le réalisateur, oui parce que son but était de faire connaître Kenta Maeno, le chanteur à la guitare sèche à travers les salles obscures. Mouais. Moyennement convaincu. En même temps, fut une époque où l’on causait bien d’information au cinéma. Alors pourquoi pas, hein ? Lorsque je vois un Live Tape, j’ai deux souhaits qui m’arrivent très vite après une ou deux chansons. La première : souhaiter que les soixante quatorze minutes passent le plus vite possible. La seconde : qu’une corde de la guitare se casse et qu’on arrête tout pour pouvoir rentrer chez nous. (SPOILER) Et le moment où il donne ses lunettes de soleil à un gamin accompagné de sa mère ! Pourquoi pas la guitare à la place ?! Tsss.

Live Tape. L’ennui. Je ne suis pas client de cette musique bien que deux, trois mélodies ne m’ont semblés pas trop mal. Après ? Voila le genre de « chose » qui a toute sa place sur Youtube. Le genre de « chose » fait entre pote mais ici avec le délire en moins. J’ai tout de même vu sur des Youtube et consorts des « choses » mieux travaillées, plus intéressantes mais qui elles n’ont pas leur place dans un Festival de cinéma (ou festival tout court). En somme, je ne sais pas ce que fait ce Live Tape dans un Festival comme celui de Paris Cinéma. Une interrogation qui restera. N’y-a-t-il rien d’autre pour représenter le Japon ? Ok, on donne dans la diversité pour montrer plusieurs facettes. Je veux bien. Mais pas ça ! La seule chose que je saluerais c’est que l’artiste Kenta Maeno chante en japonais. Ça change de tout ces pseudos-chanteurs qui n’en ont que pour la langue de Shakespeare.

Live Tape. Une espèce de long clip un peu foireux, un côté à l’arrache mais malheureusement trop carré (itinéraire, « rencontre ») alors même qu’il aurait mérité un côté plus « freestyle ». Gros bémol : Tetsuaki Matsue qui interview Kenta Maeno devant la caméra et qui ne cesse de jeter des coups d’oeils vers elle (ou vers ceux derrière elle). Du coup, on dirait qu’il se fiche complètement de ce que peut bien dire l’artiste qu’il filme d’autant plus que c’était censé être un moment « poignant ». Á quoi cette intervention a-t-elle servit ? Gagner du temps pour ne pas arriver trop vite à la scène finale ? En vérité, je m’en fiche. Une performance en la mineur.

* Lit comme ça, on pourrait se dire que c’est méchant. Juste un peu.
I.D.

Sweet Little Lies : Nana [Festival Paris Cinéma]

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Hitoshi Yazaki réalise Sweet Little Lies / Suito ritoru raizu (2010). Il met en scène un couple marié depuis trois ans : Ruriko et Satoshi. Elle confectionne des ours en peluche qu’elle expose dans des galeries. Lui travaille en tant que salary man. Ruriko s’avère également une femme au foyer impeccable. Satoshi aime s’enfermer après sa journée de travail dans une pièce pour jouer au jeu vidéo tout en écoutant de la musique. En apparence, ils ont tout du couple modèle, du moins d’après leur entourage. Pourtant un jour, Ruriko rencontre un autre homme…

Sweet Little Lies c’est la solitude d’une femme mais aussi l’incommunicabilité entre cette dernière et son mari qui s’avère être un homme peu chaleureux bien que sympathique. Hitoshi Yazaki pose l’action, montre avec minutie les petits détails de vie de ce couple jusqu’à l’adultère au pluriel. Le « grand classique de l’adultère » (sic Festival Paris Cinéma)… peut-être « le grand classique » de trop. J’avoue mettre ennuyer durant ce métrage. Il n’est pas mauvais loin de là, juste moyen. Il n’y a pas eu pour ma part d’osmose avec ses personnages, son scénario ainsi que le parti pris très linéaire du cinéaste. Un film qui se laisse juste regarder. Un film qui ne se vit pas, nous ne sommes que de simple spectateur de cinéma devant lui et c’est en cela que c’est dommage. Il commence, il déroule et se termine après avoir fait son spectacle durant presque deux heures. Un film de plus qui s’oubliera avec le temps…

Sweet Little Lies n’est rien d’autre qu’un « petit » film qui se voyait sans doute plus grand qu’il ne l’est. Trop lisse. Moue du genou ? Pas loin. Miki Natakani, jolie. On la croirait diriger pour jouer une publicité pour un parfum. Future égérie de Kenzo ?

I.D.

Pas de Festival Paris Cinéma au MK2 Bibliothèque, en grève aujourd'hui [Festival Paris Cinéma]

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[Mise à jour du 11 juillet 10h] L'activité du MK2 Bibliothèque a repris Samedi 10 juillet à 17h30. Toutes les séances ont été projetées hormis celle de Shrek.

10ème journée en berne pour le festival Paris Cinéma. Arrivés sur les coups de 16h sur le parvis du MK2 Bibliothèque pour profiter de la brocante (avant d’aller voir Machine Girl et Tandem), nous avons découvert banderoles et personnel en grève, revendiquant le plafonnement de leurs primes, la dégradation des conditions de travail et les baisses d’effectifs dues à la dématérialisation du billet et l’arrivé des technologies numériques.


> Le cinéma n’assurera donc aucune séance ce samedi 10 juillet.

A l’heure actuelle, aucune annonce n’a été faire sur le site officiel des cinémas MK2. Pour connaître les raisons de cette grève, je vous mets ci-dessous le document qui nous a été remis.

Les suites du Festival Paris Cinéma risque d’être compromise. Affaire à suivre. Je mettrai à jour l’article si de nouvelles informations viendraient à tomber. En attendant, plan B – Dimanche 11 juillet (hors MK2 Bibliothèque) pour ceux qui souhaiteraient poursuivre les projections du cinéma Japonais :

Cinémathèque Française :
- 17h : La forteresse cachée
- 20h : Kagemusha, l'ombre du guerrier

Cent quatre :
22h La mort en ligne

Mk2 Quai de seine :15h05 - Blood and Bones

















Diana

Sawako Decides : Drôlement satyrique [Festival Paris Cinéma]

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Sawako Decides (2010) d’Ishii Yuya m’a mis en joie. Après une journée de dur labeur, rien de tel qu’une comédie satyrique, divertissante et cynique. Sawako est une fille perdue dans une société régie par des codes qu’elle ne comprend pas vraiment. Elle enchaîne les petits boulots, comme les petits amis et essaie de suivre une ligne conductrice sans grande conviction.

Par le biais du personnage de Sawako, cette jeune fille qui ne parvient à se prendre en main, le cinéaste pose un regard critique sur notre société. Du monde professionnelle aux relations sentimentales, tout y passe. Cette société est dictée par des employeurs sans scrupules, un monde du travail divisé et des mœurs sentimentales dépassés. En posant sa caméra sur Sawako, Ishii suit ces péripéties du quotidien, montre ô combien son intégration est difficile et surtout sa compréhension forcée du monde qui l’entoure. Elle devient un individu sans personnalité qui ne cesse de se raisonner par les diktats imposés par la société dans laquelle elle évolue. Sawako vit dans le fatalisme car elle ne trouve pas de sens dans ce qu’elle entreprend. C’est un regard, malgré une légèreté ambiante, engagé et satirique que le cinéaste pose.

La force de Sawako Decides réside bien entendu dans l’écriture de son personnage principale (interprété par « l’idole japonaise » Hikari MITSUSHIMA) que j’ai trouvé touchante. Elle se retrouve aussi dans un humour décalé et cinglant. Je crois que je n’ai cessé de rire durant tout le film. J’ai trouvé dans le style du réalisateur un juste équilibre, qui à l’apparente drôlerie parvient à démontrer une vision critique claire. Alors dans Sawako Decides, on rit beaucoup mais on est loin d’oublier le propos explicite du métrage, qui reste en arrière plan et fond d’une trame rationnelle et lucide.

Diana

vendredi 9 juillet 2010

La Rivière Tumen : Á la frontière [Festival Paris Cinéma]

vendredi 9 juillet 2010
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Habitué du Festival Paris Cinéma, Zhang Lu présente La Rivière Tumen / Dooman River (2009), une co-production française et sud-coréenne. Il met en scène un drame qu’on pourrait résumer par : « La mise en scène minimaliste et cristalline, les cadrages mélancoliques, les images poétiques, le silence glacial, l’absence de musique et l’usage bouleversant du hors-champ… » (Magazine Festival Paris Cinéma 2010).

La Rivière Tumen est une frontière naturelle entre la Chine et la Corée du Nord. Nous suivons le quotidien de villageois chinois dans un petit village à la frontière dont en particulier Chang-ho, douze ans et sa sœur muette Soon-hee. Ces derniers doivent vivre avec des clandestins nord-coréens qui fuient la misère et la faim. Bientôt un conflit s’installe entre la population locale et ces « réfugiés »…

Sur la forme, La Rivière Tumen n’a rien de singulier tant on a l’impression d’avoir vu ce « genre » de film maintes fois. Il est à l’image de ce qui se fait depuis quelques années maintenant dans le cinéma indépendant chinois. Les guillemets cités plus haut résume parfaitement l’esthétique de ce film qui avouons-le ne surprend plus vraiment de nos jours, du moins pour tout initié à ce cinéma. Si l’on apprécie ces œuvres qui ont en elles la caractéristique d’être contemplative, on pourra aisément s’immerger dans celle-ci. Quant aux autres, ils se perdront sans doute dans un ennui provenant de scènes statiques qui tirent en longueur.

Là, où La Rivière Tumen s’avère intéressant, c’est pour son sujet ; le propos que Zhang Lu traite. Là, réside véritablement l’intérêt de ce long métrage. Prendre le pouls d’une région, d’un lieu particulier pour tout ce qu’il peut évoquer politiquement parlant. Une frontière, ici d’eau glacée qui sépare la Chine et la Corée du Nord, des clandestins qui fuient une situation plus que précaire pour traverser (ou s’arrêter dans) un village où la population survit également, dans une moindre mesure. Le rapport entre ces villageois chinois et ces clandestins nord-coréens passionnent. La Rivière Tumen parvient à concilier fiction et réalité. A incorporer donc, cette réalité dans un fictif en rendant le sujet des plus captivants à travers le rapport entre des individus de deux mondes, une langue singulière mêlant un chinois teinté de coréen. Elle révèle également l’état d’une région, d’une ethnie qui constitue une partie de la République Populaire de Chine. Un contexte qui permet de raconter une histoire, des histoires sur une situation qui se joue, montrant avec véracité les causes et conséquences.

La Rivière Tumen est un beau film. Même si associé le terme « beau » à un drame peut surprendre. Il reste « beau » pour certaines de ses images, « beau » pour son sujet poignant et ses personnages qui se veulent touchants. Une œuvre à (re-)découvrir.

I.D.

Mundane History : Et après ? [Festival Paris Cinéma]

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Ai-je découvert le second coup de cœur de ce festival ? Assurément ! Le premier long métrage de la réalisatrice thaïlandaise Anocha Suwichakornpong, Mundane History est une révélation. Je partais dans l’espoir de découvrir un film juste agréable et je suis tombée nez à nez avec un long métrage puissant et atypique.

Ake est un jeune homme qui vit dans le mutisme des suites d’un accident de voiture. Paralysé il passe ses journées cloîtrer dans sa chambre avec pour seul compagnon son infirmier.

Mundane History c’est d’abord la confrontation entre le corps et l’esprit. Un esprit torturé par l’impuissance et la frustration. Ake est cet ensemble faisant coexister la rage intérieure à l’apparente enveloppe d’un corps saint. Mais ceci n’est qu’illusion, le jeune homme le sait. Ce qu’il veut secrètement, c’est se prouver que son corps est toujours vivant, que cette chaire, ses sens demeurent en éveil. Alors quand vient la tempête, Ake laisse la pluie battre sur son visage et gorger les pores de sa peau d’une eau nourricière et libératrice. Nier son mal être lui est impossible, retrouver des sensations vitales ne l’est pas. La nature vient frapper le jeune homme pour lui présenter un miroir obscur et optimiste. Obscur car il rappelle une liberté perdue, optimiste car il appelle à la vie.

L’incommunicabilité est au cœur de ce long métrage. Père et fils (Ake) ne se parlent, ne se croisent, ni se regardent. L’entourage du jeune homme ne se résume qu’à une personne : son infirmier. La seule personne à laquelle il accepte de parler, comme s’il était plus facile de se livrer à un inconnu plutôt qu’à un être familier. Comme s’il était plus facile pour lui d’avancer en s’isolant d’un passé trop lourd appelant sa continuelle frustration. Pour Ake c’est certain, le regard neuf d’un inconnu l’aide à se libérer de ses envies comme de ses craintes.

Il réside dans Mundane History une personnalité forte émanant d’une idée de déconstruction. Il n’y a pas de linéarité dans ce film, mais du sens, une profondeur. Les scènes semblent endosser chacune un rôle propre. Par cet intermédiaire, la cinéaste parvient à créer une dimension particulière articulée autour du rêve, du fantastique, de l’angoisse et de la réalité. Ce montage soigné suit finalement l’état intérieur du jeune homme pris entre l’espoir et le désespoir. La métaphore va alors au-delà même des images, elle émane directement d’une structure qui parvient à retranscrire par sa seule présence le flottement d’un mal être permanent.

Mundane History m’a touché profondément. J’ai trouvé une beauté singulière dans chacun des plans, j’ai ressenti une émotion forte dans la pudeur des dialogues, j’ai aimé ce mélange de délicatesse et de brutalité. Je me suis laissée envahir par une atmosphère sonore vigoureuse, remplie de sens : l’oppression, l’évasion, la soif de liberté. Finalement, Ake n’est qu’un prétexte, on le comprend. Il est l’individu qui permet d’articuler le long métrage dans une grande métaphore de l’existence humaine. Comme la supernova, la vie se pare parfois d’un magnifique et bel éclat… pour s’éteindre ensuite à petit feu ou brutalement.

Diana

Human Comedy in Tokyo : Rohmer meets Balzac [Festival Paris Cinéma]

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Long, long, long… encore trop long. Etait-ce bien nécessaire de faire endurer au spectateur 2h20 de projection ? Koji Fukada ne semble pas se questionner à ce sujet en réalisant le très long : Human Comedy in Tokyo / Tokyo Ningen Kigeki (2009).

Human Comedy in Tokyo se joue en trois segments dont certains personnages sont liés les uns aux autres. On suit ainsi les pérégrinations de deux femmes dans la nuit tokyoïte. Le mari de l’une d’elle gère une galerie d’art dont une jeune femme, sans talent expose ses photos. Cette dernière connaît un couple qui vient de se marier lequel va devoir faire face à un drame… En gros, c’est le pitch de Human Comedy in Tokyo en version light. Mais ici, la version est bien lourde. Nous avons donc droit à trois parties plus ou moins indépendantes qui s’avèrent inégales : « Chat blanc », « Photographie » et « Bras droit ». A travers ses personnages, Koji Fukada parle de la solitude, surtout il s’inspire profondément du cinéma d’Eric Rohmer et de la littérature de Honoré de Balzac.

Chat Blanc : l’amour, le mariage, l’infidélité et le désir sont au menu des dialogues. On y voit surtout deux femmes arpenter les rues d’un point à un autre (notamment sous la pluie) à la recherche d’un support permettant à l’une d’elle d’obtenir une dédicace d’un artiste qui les a réunit un peu plus tôt dans la soirée. Pas inintéressant. Malheureusement longuet. Finalement, cette partie aurait pu durer cinq minutes d’où l’incompréhension de la voir si longue. D’autant plus que le côté « allée et venue » des deux femmes ennuie vite. Qu’elles réfléchissent avant de se lancer tête baissée dans une escapade qu’on sait déjà foireuse, c’est ce que l’on a envie de leur dire pour abréger la souffrance (la notre).

Photographie : on rigole une fois, sûr. Peut-être deux. Quoique le souvenir s’amenuise. Disons les choses, Human Comedy in Tokyo fait partie de ces films qui ne marquera pas et qui tendra à vite s’oublier. On assiste donc à une jeune femme qui croit qu’elle a du talent dans la photographie avant que la désillusion la fasse déchantée et que la déception la submerge vis-à-vis de la déconvenue qu’elle vivra. Si l’on pousse la réflexion, du moins si l’on se donne cet effort (à savoir si cela est mérité, il n’y a rien de sûr), cette partie tend à essayer de savoir ce qui définit l’identité d’un « artiste ». Enfin, je crois. Du coup, je ne suis même plus certain de ce qu’a voulu dire le réalisateur. Une partie bancale, tout n’est pas à jeter mais quand même…

Bras droit : étais-je un peu plus réveillé ? Sans doute. Mais l’histoire ici m’a un peu plus touché peut-être parce que cela touchait à la médecine. Notez que je n’ai aucun attrait pour la médicine. Poursuivons. Un accident. Un bras amputé. La victime, un homme qui va bientôt être papa, en attendant il souffre du syndrome « du membre fantôme ». Il souffre d’un bras qu’il n’a plus et apprend à se réadapter à une nouvelle vie : sa relation avec sa femme enceinte, professionnellement, les gestes au quotidien. Il y a des choses pas mal, d’autre moins. Bizarrement, j’ai cru parfois voir en ce manchot, l’un des ces acteurs burlesques du muet à la Keaton, un corps mort mais bel et bien vivant qui semble avoir perdu toute vitalité depuis l’amputation de l’un de ses membres. Un sentiment curieux. Et puis : générique de fin.

Human Comedy in Tokyo n’est pas un film qui mérite plus d’intention que cela. Il a saus doute le mérite d’exister, de là à le voir comme quelque chose de fort… je reste circonspect. Un film moyen qui trouve rarement le ton juste et s’avère le plus souvent plat. N’est pas Rohmer qui veut. Elle était facile celle-là. N’est pas Hong Sang-soo qui veut, alors. Mieux ?

I.D.

jeudi 8 juillet 2010

Tetsuo : The Bullet Man : A Weapon [Festival Paris Cinéma]

jeudi 8 juillet 2010
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De trois. Shinya Tsukamoto nous revient avec Tetsuo : The Bullet Man (2009). Il met en scène le troisième volet de son film ultra culte : Tetsuo : The Iron Man (1988).

Son premier opus se voulait déjà un monument à lui tout seul. Assister à cette troisième « version » – comme si l’auteur reproduisait à l’infini ce même film comme pour mieux l’appréhender et ainsi nous offrir de nouvelles facettes – au cinéma, dans une salle obscure et non dans son salon offre une dimension toute singulière à l’œuvre. Le maelstrom sonore et d’image nous happe dans les limbes d’une folie filmique qui n’a d’égal que ses prédécesseurs (volet 1&2). Enfin, émettons tout de même une réserve à cela. En ça que ce Tetsuo : The Bullet Man reste, pour ma part inférieur au film genèse mais il vient tout de même se poster à un niveau similaire que Tetsuo 2 : Body Hammer (1992), quoique juste un chouia en dessous. La vérité c’est que je ne sais quoi réellement penser de ce nouveau film notamment dans sa narration pauvre, très pauvre. Mais d’un autre côté nous avons droit à un bordel qui a un sens et le sens d’en mettre plein la vue.

Tetsuo : The Bullet Man ce n’est pas cette même claque, ce même ahurissement que j’avais pu avoir par le passé avec les autres. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que c’est parce que je savais à quoi m’en tenir en entrant dans la salle. Mais il y manque tout de même cet impact, l’impact de la surprise car pas une fois Shinya Tsukamoto ne m’a surpris durant ce film, pas une. Je trouve cela dommage bien que je ne sois pas déçu. Mais force est de constater que je n’ai pas encore le recul pour appréhender un film comme The Bullet Man. Shinya Tsukamoto démontre tout de même qu’il peut encore offrir des oeuvres coups de poing, instinctives qui ne sont certes pas toujours faciles à digérer mais qui offrent un pur moment de défoulement.

I.D.

To Walk Beside You : Fuir [Festival Paris Cinéma]

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Second film du cinéaste japonais Yuya Ishii, To Walk Beside You / Kimito Arukou (2009) se révèle comme un petit film sympathique à vivre au cinéma.

Un adolescent décide de « fuguer » avec sa professeur d’anglais. Ils fuient ainsi la campagne et se retrouvent à Tokyo où une nouvelle vie les attend…

On pourrait apparenter To Walk Beside You à un bol d’air frais dans la légèreté qu’il dégage. L’auteur parvient avec humour à nous narrer avec simplicité et consistance l’histoire de cet adolescent et de cette adulte, perdus dans une société dans laquelle ils ont un certain mal à s’insérer. Par l’humour, Yuya Ishii évite de plomber un propos qui aurait pu être vite indigeste s’il avait été mal maîtrisé. Du coup, si To Walk Beside You n’a rien d’exceptionnel, il n’en reste pas moins distrayant, nous faisant passer un agréable moment, le tout servi par des prestations d’acteurs (attachants) à la hauteur, comme cette histoire qu’on suit sans peine.


To Walk Beside You
est un film sans prétention, agréable, dont la mise en scène l’est tout autant. On y dénote un certain talent de la part du jeune réalisateur qu’on espère voir confirmer et surtout perdurer.

I.D.

mercredi 7 juillet 2010

Solanin : La peur du lendemain [Festival Paris Cinéma]

mercredi 7 juillet 2010
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Adapté d’un manga éponyme d’Inio Asano, Solanin (2010) est un drame de Takahiro Miki lorgnant entre romance et mélo. Il met en scène Meiko et Tanada, un jeune couple qui vit ensemble dans un petit appartement de Tokyo. L’université loin derrière eux, ils font face au dur apprentissage de la vie active. Meiko ne se plait pas dans son travail et Tanada regrette de ne pas avoir fait carrière dans la musique, un rêve qui semble s’éloigner de plus en plus. Un jour, Meiko quitte son boulot et décide de profiter de la vie. Quant à Tanada, il réfléchit sérieusement à une possible carrière musicale avec son groupe de rock…

Solanin c’est la difficulté du passage à l’âge adulte. Et c’est d’autant bien fait qu’on ne peut que se projeter à travers ces personnages qui se rêvent « différents » mais que la réalité ramène inéluctablement à la raison. A croire que les rêves cessent une fois adulte et qu’ils deviennent alors des leurres appartenant à un passé. En attendant, il s’agit d’être réaliste et de commencer à gagner de quoi payer les factures. Payer les factures c’est s’employer dans une activité professionnelle qui n’a rien d’excitante, dans laquelle on ne s’épanouit pas - toujours -, c’est tirer un trait sur l’espoir et se laisser abattre par une fatalité qui vous fait rentrer dans les rangs. Glaçant. Ce cynisme flirte étrangement avec un quotidien auquel je pourrais aisément m’affilier (je devrais me pencher sur ce manga à l’occasion) et que de nombreux autres pourraient s’assimiler. C’est bizarre de se voir dans un miroir, c’est là que se trouve la force de certains films. Cette faculté de vous emporter, de vous immerger, de parvenir à vous toucher au-delà de toutes barrières (culture, langue, etc…).

Solanin fait cogiter (du moins en ce qui me concerne) livrant de moments plutôt agréables bien que la condition des protagonistes ne s’y prête pas forcément. Les personnages sont touchants, bien interprétés, la réalisation manque d’identité mais pourtant ça fonctionne. Enfin, jusqu’à un certain point. Le point de rupture. Celui que tout bon mélo a dans son programme. Et là, horreur ! Le film dure, dure et dure encore. Il s’engonce dans des longueurs étouffantes. Tout mélo a donc son point de rupture tragique et ce qui suit sont souvent des scènes lacrymales au possible, avec un rythme qui va en s’atténuant. Le tout est de bien orchestré tout cela et là… pas de chance, Takahiro Miki n’y parvient pas. Pour le lacrymal, il s’en sort mais après ce fameux point de rupture que rencontre nos protagonistes, on entre dans un film « molle », aux scènes mollassonnes que le réalisateur tente de doper par la musique. A ce moment là, s’en est terminé. Solanin n’emporte plus, n’immerge plus et peine à toucher. J’aurais aimé une autre troisième partie. Une autre fin.

Solanin vient à ennuyer sans doute due à sa longueur, des scènes superflues le parsèment (après la tragédie), la fin est un peu convenue, néanmoins il n’est pas à jeter. Solanin vaut pour le portrait de ces jeunes adultes et du regard qu’ils portent sur leur condition et de leur environnement. Le miroir d’une génération qui passe à l’âge adulte assurément.

I.D.

Pure Asia : Changer le monde [Festival Paris Cinéma]

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Ikki Katashima est un cinéaste que nous (Made in Asie) ne connaissons absolument pas. Le Festival Paris Cinéma 2010 offre donc l’occasion de palier à cela. Le cinéaste japonais présente Pure Asia (2010), un drame qu’on pourrait qualifier d’engagé et d’enragé.

Un lycéen se fait racketter par trois voyous, une jeune fille qui assiste à la scène intervient et le sort de se guêpier. Ils nouent un lien fort bien qu’ils restent peu de temps ensemble. Le lendemain, le jeune homme tombé sous le charme de la jeune fille tente de la retrouver et l’attend à une station de gare, là où il l’avait laissé. Surpris, il la revoit habillé d’une tenue traditionnelle coréenne. Dans le même temps, elle se fait agresser par deux individus qui la poignardent alors que le lycéen reste paralysé par la peur. Sous le poids de la culpabilité, il se rend à ses funérailles et découvre qu’elle avait une sœur jumelle…

Tout d’abord, parlons de ce qui fâche. Pure Asia est miné par des petites longueurs qui ternissent le propos. Toujours dans la longueur, un dénouement quelque peu foutraque qui ne ponctue pas de la meilleur façon une œuvre qui se veut tout de même intéressante par certains aspects. Un noir et blanc fade. En cela qu’on croirait plus voir une œuvre grisâtre que véritablement en N&B. En gros, c’est moche mais colle (plutôt bien) au récit. Sachant que le récit en question n’est pas très joyeux et plutôt sombre. Du coup, c’est sans doute un mal pour un bien. Enfin, le sujet n’est pas là, celui de l’esthétique. On s’arrêtera plus volontiers sur le fond qui offre un nouveau couple (groupe, faction…) de révolté au (du) Cinéma.

Pure Asia égratigne la société japonaise. L’œuvre d’Ikki Katashima souligne le racisme ambiant (ici, les coréens en font les frais), la perdition d’une jeunesse qui ne trouve pas sa place dans la société actuelle et par extension une société qui se veut violente à l’image d’un monde où la guerre gronde au quatre coins. Le cinéaste nous plonge alors dans un road-movie désespéré où l’envie de changer le monde est grande (leitmotiv des protagonistes) mais où la réalité est sans espoir. Un combat perdu d’avance à la fois haletant et désenchanté. Il y a de la rage qui découle de ces images, le « duo nihiliste » que forme le lycéen et la sœur jumelle rappelle (des œuvres) et fait perdurer (au milieu de ces « œuvres ») le cri de révolte gravé sur pellicule.

Pure Asia n’est pas facile d’approche. Il mérite tout de même qu’on s’y arrête et qu’on prenne conscience d’un mal être, celui d’une génération, d’une société, d’un monde. Ce n’est pas la première œuvre (et ne sera ni la dernière) à souligner les dérives d’un système, à montrer les corps meurtris qui ne trouvent la solution à leur problème que dans la violence. Mais Pure Asia apporte tout de même ce côté « électrochoc ». Il y aurait encore beaucoup à dire à son sujet. Il n’est pas parfait, loin de là. On pourrait trouver à redire à de nombreuses occasions, cependant il a ce petit quelque chose qui le rend… pas admirable, ce n’est pas le mot, mais sans doute… captivant.

I.D.

About Her Brother : Le canard boiteux [Festival Paris Cinéma]

3

Yoji Yamada, l’homme de la franchise des Tora-san et du plus récent et beau Kabei, notre mère (2008) nous revient avec un drame familiale : About Her Brother / Otôto (2010).

Ginko, une veuve s’occupe de la pharmacie familiale avec sa belle-mère ainsi que sa fille, Koharu laquelle est sur le point de se marier. Lors de la cérémonie, Tetsuro, le frère cadet de Ginko qui a mauvaise réputation débarque et sème joyeusement la zizanie…

About Her Brother est un sympathique film sur les liens familiaux narrés par le personnage de Koharu. Yoji Yamada nous invite au sein d’une famille japonaise en inscrivant son récit dans une dramaturgie contemporaine. Il rend un vibrant hommage à Kon Ichikawa et à son Ototo (1960). Le tout est servi par des performances d’acteurs à la hauteur, remplies de sincérité par la sobriété dont ils font preuve. Sobre est également le récit traité par le cinéaste japonais qui s’évertue à nous raconter cette histoire de famille aux relations tendues. Une simplicité qui sait nous toucher aussi bien dans les moments joyeux que tristes. Une poésie qui s’inscrit inévitablement dans les drames familiaux dit « à l’ancienne » et pourtant About Her Brother resplendit par une vitalité toute « contemporaine ».

About Her Brother est un petit et merveilleux moment de cinéma qui nous apporte ce bien être le temps de la projection et encore bien après. On regrettera une dernière partie « trop » mélodramatique qui tire malheureusement en longueur offrant des instants un peu creux. Dommage. Sans ça, cette œuvre fait plaisir à voir et réjouit sur les qualités de metteur en scène dont fait preuve Yoji Yamada.

> Rediffusion le samedi 10 juillet, 18h

I.D.

 
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