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samedi 20 novembre 2010

Taebaek, Land of Embers : Dans l'antre noire...

samedi 20 novembre 2010
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Si j’avais été partagée par le documentaire du même réalisateur présenté l’an passé au FFCF, Portrait de famille (2007), je dois dire que Taebaek, Land of Embers (2008) m’a complètement réconcilié avec Kim Young-jo.

Taebaek est une région en pleine mutation suite à la fermeture successive des mines, qui ont longtemps fait vivre une majorité de la population. Aux portes d’un renouveau économique insufflé pas les dirigeants, les mineurs et familles de mineurs s’interrogent sur le sort qui les attendent et se livrent face caméra aux injustices dont ils sont victimes.

Le début du documentaire est énigmatique. Un gros plan sur un lieu qu’on peine à définir puis ces longs plans sourds sur ces mines. Une description précise de l’environnement de ces travailleurs du charbon avant de se fixer sur des portraits teintés d’humour parfois, mais un humour noir, de pudeur et de sincérité. C’est ce qui restera la force de ce documentaire. Car les rencontres et les témoignages sont bouleversants. Se détache de ces mots jetés face caméra une détresse profonde, conséquence d’un abandon total des autorités. Une population entière qui vit dans l’injustice, le mensonge et les promesses avortées.

Kim Young-jo donne de la force à son documentaire en montrant le rapport de l’homme à la mine et celui de l’homme à l’homme. Deux confrontations qui parviennent à communiquer le désarroi d’une population entière. Si le cinéaste ne m’avait pleinement convaincu dans Portrait de famille pour son aspect superficiel, il renoue ici avec la brutalité du genre documentaire.

Diana

mercredi 17 novembre 2010

Sa-kwa : Ma vie [Festival Franco-Coréen 2010]

mercredi 17 novembre 2010
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Dur dur de concilier programme et disponibilité, Sa-kwa (2008) au 5ème jour du FFCF fut - seulement - le 3ème long métrage que je découvris de la sélection. Ce n’était pas peine perdue puisque ce dernier a fait son petit effet. Oui j’ai vécu un bon moment devant ce récit aux personnages tiraillés. Sous les traits de Hyun Jung (jouée par la brillante Moon So-ri), Kang Yi-kwan dépeint la vie sentimentale d’une femme entre pression familiale et remise en question.

Après sept ans de vie commune, la relation entre Hyun Jung et Minseok s’interrompt brutalement. Anéantie, cette dernière perd goût à la vie. Pendant ce temps, Sang-hoon, un de ses collègues, lui tourne incistamment autour. Ignoré dans un premier temps, Hyun Jung se laisse charmer par la ténacité et la maladresse de son prétendant.

Sa-kwa est la photographie d’une vie de femme. Un drame qui parvient avec légèreté à distiller les questionnements qui émane du personnage féminin qu’est Hyun Jung. D’un amour passionné à la rupture amoureuse, le cinéaste dépeint les états d’âme de cette femme, mais aussi et surtout l’environnement qui l’entoure. Ce n’est pas tant les conséquences qui l’intéressent mais les facteurs qui ont influencés Hyun Jung dans ces choix comme celui de son futur mari, un homme qu’elle a de prime abord ignoré. Inconsciemment s’enracinent les résultantes d’un échec amoureux et d’une pression familiale, et de manière cohérente, surgit la volonté irrépressible de reconstruction.

Le film est porté par des interprétations de première qualité, avec en tête l’actrice Moon So-ri et l'incroyable CHOI Yeong-In, dans le rôle titre d’une mère désarmée et contrariante. Sa-kwa est une petite réussite pour ses moments de fraîcheur et son développement soigné. Il aurait été malheureux de le laisser une année de plus dans les cartons.

Diana

Break Away : Cours soldat, cours [Festival Franco-Coréen 2010]

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Un festival de plus du Festival Franco Coréen du Film s’achève et la nostalgie est déjà des plus vivace à l’écriture de ce billet. Cette cinquième édition a refermé ses portes avec un drame signé du cinéaste Lee Song Hee-il. A travers Break Away, il traite du destin de deux déserteurs de l’armée sud-coréenne et d’une femme pris dans leur cavale.

Je ne sais si Break Away (2009) était le “bon” film pour clôturer cette édition du FFCF 2010. L’an passé, les choses étaient plus légères. Cette année, peu de chose donnait à rire car ici ce qui se jouait était sérieux : la désertion dans l’armée et toute les conséquences qu’elle peut entraîner. Du coup, ce film prétendument « choc », j’aurais aimé le voir en compétition. Il aurait sans nul doute fait meilleur figure qu’un Vegetarian, grand gagnant de cette année, qui certes a un intérêt, mais à qui il manque tout de même ce quelque chose qui pourrait faire de lui LE compétiteur dans pareil festival. Mais là, je me perds. Revenons au film qui nous intéresse ici.

Break Away démarre plutôt bien. De l’agitation, trois hommes haletant perdus dans une immense forêt, des soldats à leur trousse, un hélicoptère en survol. Est-ce une escarmouche ? Sont-ils des soldats en terrain ennemi ? Nous sommes dans le flou avant de comprendre que nous avons à faire à trois soldats qui viennent de déserter pour des raisons qui leurs sont propres. On apprendra au fur et à mesure ce qui les a véritablement motivés à franchir le pas. Ce qui frappe tout d’abord, c’est que cette « chasse à l’homme » est très loin d’être amicale. Les soldats qui les prennent en chasse n’hésitent pas à tirer de vraie balle pour tout bonnement les abattre. On ne rigole pas avec les déserteurs. Nous allons vivre quotidiennement avec des hommes qui pénètrent de plein fouet dans une bataille contre la montre pour la survie. Sans rien révéler, nous suivrons par la suite deux de ces hommes ainsi qu’une femme, l’amie de l’un d’eux dans leur fuite désespérée. On peine à croire tout du long qu’ils puissent connaître une échappatoire sans heurt. On le sait au fond de nous. De telles histoires ne peuvent bien se terminer. Tous les trois destinés à une oraison funèbre qu’on imagine sanglante. Et l’ironie du sort en toute fin de métrage n’en sera que plus fataliste.

Break Away est plutôt bien foutu avouons-le. Lee Song Hee-il sait mettre en scène, il n’y a pas de doute là-dessus. Il y manque peut-être une touche un peu plus personnelle. La construction de son récit est linéaire, l’action monte en puissance jusqu’au dénouement finale, pas de problème de ce côté-là. Nous suivons les personnages durant six jours, chose qui n’est pas inintéressante en soit, et le cinéma regorge de ces films de cavale qui s’ils sont bien faits font passer un bon moment mais… mais ici, je regretterais pour ma part un côté caricatural et prévisible. Caricaturales sont les situations qui poussent les soldats à déserter. Break Away donne le sentiment de rejouer des motivations vues et revues avec des personnages qu’on retrouve souvent au cinéma. A la limite, ça passe. Ce n’est pas originale mais ne faisons pas non plus la fine bouche. Là où c’est plus embêtant c’est sur sa « prévisibilité ». On sait par avance comment les choses vont se dérouler (au-delà de la fin qu’on imagine « noir »). L’un appelle sa sœur pour la voir. Qui débarque ? La cavalerie ! L’autre veut voir sa mère malade et forcément qui se cache à proximité ? La cavalerie ! Il y a d’autre moment du même type qui montre que pour le coup l’originalité n’est pas le fort de Lee Song Hee-il.

Break Away est le genre de film qui se laisse regarder, qu’on contemple avec une certaine émotion tant qu’on se laisse convaincre par son histoire et ses personnages. Il est ce qu’il est. Pas un grand film. Pas une réussite totale mais un film potable qui, exempt de ses défauts, aurait pu être un film d’une puissance singulière. Ce qui est malheureux donc c’est qu’il n’échappe pas à quelques autres poncifs comme les envolées musicales pas toujours justifiées qui gâchent ce spectacle ou encore ses longueurs où l’ennui pointe à plusieurs reprises et où, disons-le, des scènes n’avaient rien à faire là. On aurait très bien pu s’en passer, et le film n’en aurait été que plus estimable. Sans ça, Break Away était à deux doigts d’être un film, pas majeur en soit mais (tout de même) d’une puissance évocatrice sur la dénonciation de l’état d’esprit et des agissements qui règnent dans l’armée. Une armée composée de soldats qui avant de l’être sont avant tous des hommes.

I.D.

mardi 16 novembre 2010

Quit Your Life : La corde au cou [Festival Franco-Coréen 2010]

mardi 16 novembre 2010
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Premier long-métrage de l’esthète du film d’action coréen, Park Nou-sik signe un non moins « magistral » Quit Your Life / Ingansapyoleul sseola (1971) où son personnage principal, Cheol-ho opère une vengeance contre Dal-gyu et ses hommes. Ces derniers sont les responsables de la mort de son ami, Jeong-su, durant leurs travaux forcés dans une mine d’or en Mandchourie. Cheol-ho, porté disparu revient hanter les assassins de son ami et rencontre sa femme Young-suk qui est depuis devenue aveugle. Cheol-ho ne parvient pas à lui dire que Jeong-su est mort. Il se fait donc passer pour lui…

Quit Your Life mélange mélodrame et action mais il n’échappe pas non plus à un aspect plus kitsch qui le rend parfois risible et c’est tout à son honneur. Ce qui frappe tout d’abord dans ce premier long-métrage c’est la composition de certains plans et mouvements de caméra qui feraient presque rappeler la mise en scène furieuse d’un Kinji Fukasaku. Il y a des choses ma foi fort intéressante à ce propos. Mais ce qui frappe surtout dans un tel film c’est l’exubérance décomplexée qu’il pouvait exister à cette époque. Et là, nous sommes servis. Elle va de scènes improbables aux répliques tonitruantes tout en passant par un montage tellement « cut » qu’on croirait des morceaux de pellicules disparues. Un tel montage (si effectivement, il ne manque pas de scènes) apporte une vivacité de tous les instants comme si le personnage de Cheol-ho était sous une tension permanente. Comme si l’action était prête à reprendre d’un instant à l’autre. Cette apparence « survoltée » est souvent assagie par les moments plus mélo’ où s’invite Young-suk. Et là, je m’éprends à rêver d’un Quit You Life sans fioriture mélodramatique. Ça aurait été quelque chose. Une espèce de course à la vengeance mais il n’en est rien. Est-ce si malheureux pour autant ? Non puisque si le mélo’ n’est que rarement ma tasse de thé, il révèle pour moi, spectateur profane du cinéma seventies coréen, une particularité : les hommes, mêmes les plus viriles, pleurent. Fascinant. Un héro qui est là pour tuer sans concession aucune n’a pas de honte à pleurer.

Mais Quit Your Life est aussi révélateur de ce que pouvait être la Corée à une époque. En premier lieu par le biais du long flash-back où Jeong-su est tué. Mandchourie en Chine : l’occupation japonaise. Des coréens travaillent dans une mine d’or, des travaux forcés et un acte infâme qui en découle, lourd de sens. Puis, retour aux seventies. Epoque de la consommation de masse où il est amusant de voir Cheol-ho faire visiter son nouveau chez lui à Young-suk : un appartement tout équipé, le « must » en ces temps-là qui tranche avec la vie « pauvre et vétuste » des campagnes où l’héroïne vit. La Corée du Sud change, elle devient moderne semble nous suggérer la séquence. L’héroïne, justement de ce long-métrage est pure comme si le héro ne pouvait partager des moments si déchirants avec une femme d’une autre condition. Ainsi, on apprend qu’elle est toujours vierge à trente et un ans. C’est une femme bien, on n’en doute pas ; douze ans qu’elle attendait son amour. Tout autant qu’est le héro dont la pureté est lavée par le sang qu’il fait couler jusqu’à ce final émouvant, faisant rappeler la fin de The Killer de John Woo, mais avant cela...

On l’a vu séduire une femme alors qu’il se fait passer pour Jeong-su auprès de Young-suk. Mais pas de panique cela faisait partie de son plan. Ouf, l’honneur est sauf. C’est un mec bien, on vous dit. Avec Quit Your Life, on assiste à quelques jolies scènes d’action qui virent aux granguignolesques. Une scène en particulier me trotte en tête. L’acharnement qu’il a à immoler deux « ennemis » alors même que la cible principale prend fuite et le distance, mais ça ne l’arrête pas. Il prend le temps d’immoler comme il faut ses opposants pour leur faire comprendre qu’il ne s’agit pas de l’embêter. Anthologique ! Et tout aussi culte l’utilisation de la « corde du pendu » comme arme. C’est juste hilarant. Le voir au coude à coude avec le méchant de service, chacun au volant de leur véhicule, la vitesse, la tôle qui se froisse puis dans le même temps ce lancé de corde mémorable qui enlace le cou du méchant. A faire pâlir un cow-boy et son lasso, je vous dis. On pourrait aussi évoquer le roulé boulé effectué pour descendre une marche de dix centimètres ou encore la présence du chat en début de film ! Oui, je l’oubliais celui-là, le chat du méchant qui se trouve dans le bureau de ce dernier dans un gratte-ciel ! Un grand n’importe quoi. Un chat qui lui fait peur et lui saute brutalement dessus. On imagine l’assistant derrière la caméra lançant la bestiole sur l’acteur. Marrant.

Quit Your Life est généreux dans ce qu’il nous montre. Il n’échappe pas à quelques moments un peu mous mais je garderais (pour ma part) de son film son côté plus furieux et décomplexé de toute limite dans le vif de l’action. Park Nou-sik nous fait passer un agréable moment et ce même après trente neuf ans passé.

I.D.

Before the Full Moon : Epreuve de force [Festival Franco-Coréen 2010]

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Ce documentaire est un véritable coup de poing en plein visage. On n’en ressort estomaqué, secoué, la gorge nouée, Seo Seh-chin témoigne avec Before the Full Moon (2009) de la grève de 77 jours des ouvriers de Ssangyong Motors durant l’été 2009. Il nous montre à travers ce documentaire les quinze derniers jours du conflit auxquels il a participé.

Il y a peu de mot qui pourrait exprimer ce que l’on ressent devant Before the Full Moon. Les conditions dans lesquels ses travailleurs font grève sont révoltantes. Révoltante parce qu’il est incroyable de voir et d’assister aux exactions policières. Tout aussi révoltant et incompréhensible de voir ces « milices » patronales combattre aux côtés des forces de l’ordre en envoyant des projectiles aux lances pierres. Mais quelle est cette société qui permet cela ? Quelle force de l’ordre (fonctionnaires du gouvernement) peut autoriser que des individus sous prétexte d’être la « garde rapprochée » de la direction agissent de la sorte ? Ecoeurant. Il faut les voir ces policiers endimanchés de leur casque, de leur « armure », de leur bouclier et de leur matraque (taffon) de rigueur qui frappent sans discernement des manifestants qui protestent pour conserver leur emploi. Des coups à répétitions qui virent au tabassage acharné pur et simple. Il faut les voir aussi ces hélicoptères (toujours de la police) lancer des sacs en plastique qui contiennent de la lacrymogène liquide laquelle vient ronger la peau des grévistes qui n’auraient pas eu le temps de s’éloigner à l’impact de ces « paquets » sur le sol. Drôle de technique pour broyer la révolte engagée. Si la guerre « physique » existe, on pourrait parler de cette « guerre » psychologique où la technique consiste à assommer à longueur de jour (et de nuit !) le morale des troupes avec une musique dont le volume est poussé à son maximum. On pourrait également parler de la direction qui pour semer la zizanie parmi les grévistes envoie des dizaines de message téléphonique (sms) des plus contradictoires. Alors que les blessés (parfois très grave) s’entassent sans possibilité de voir intervenir des médecins, les pourparlers entre la direction de Ssangyong Motors et les responsables syndicaux s’engoncent vers le point de non-retour. La direction le sait, le gouvernement les soutient dans cette entreprise du plan social et elle attend sagement que forces de l’ordre et « milice » à leur ordre viennent à bout des résistants. A vomir. La contestation est une chose, je ne sais si le droit de grève existe en Corée du Sud (j’imagine que oui) mais la répression en est une autre et celle qui nous est montrée ici est tout bonnement inhumaine.

Alors Seo Seh-chin est là avec sa caméra. Il filme la lutte au quotidien, l’organisation de ses hommes qui ont décidés de se barricader dans leur usine en attendant d’avoir satisfaction, c'est-à-dire la préservation de leur emploi dont la suppression n’est pas justifiée. Il interroge. Des grévistes ouvrent leur cœur dans ce drame non fictionnel mais bien réel. En l’espace de quinze jours, il est eux : ces hommes, des travailleurs qui ont femmes et enfants. Des travailleurs qu’on souhaite jeter comme du papier usager pour le seul profit. Before the Full Moon est de ces documentaires qui vous scotchent et vous hantent un bon bout temps. Ecrire sur ce documentaire me rappelle ces images, ce combat, ces hommes qui même dans la tragédie trouvaient encore la force de sourire mais surtout je revois ces visages, des visages désolés, fatigués, en pleure où se dessine la peur du lendemain. L’émotion est grande… bien trop grande pour continuer à l’exprimer par écrit.

I.D.

Vegetarian : La plante [Festival Franco-Coréen 2010]

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Ouah… On ressort de Vegetarian (2009) de Lim Woo-seong décontenancé. Ce drame est difficilement palpable tant sur son atmosphère que son récit qui nous plongent dans les abymes du fantasme et de la folie.

A cause de ses cauchemars, Young-hye cesse de manger de la viande. Cette obsession crée un fossé avec son mari. Après une tentative de suicide, il demande le divorce. Alors qu’elle vit chez sa sœur et son beau-frère artiste, ce dernier développe une fascination pour elle…

Pierre Ricadat (programmateur du FFCF ‘10) disait de Vegetarian et en particulier de Lim Woo-seong qu’il n’était pas fortuit de le comparer au cinéma de Kim Ki-duk. Après avoir vu le film, on ne peut lui donner tort notamment parce que les univers respectifs de ces auteurs pourraient ne former qu’un. Il se dégage de Vegetarian une chose qui fascine tout autant qu’elle dégoûte, où les sentiments sont sans cesse en confrontation. Il y a des points positifs qui font de ce film une œuvre a part entière et à estimer ; la mise en scène de Lim Woo-seong, les interprétations mais aussi l’histoire qui nous est contée. Les partis pris du cinéaste sont aussi une force qui lui permet de développer une ambiance pesante, oppressante et d’une certaine manière quasi-irréelle. Si pour un premier film, on peut dire qu’il a en lui des qualités non négligeables, il n’est pas exempt de quelques défauts. Ainsi l’utilisation de la musique est bien trop redondante, les longueurs viennent miner quelques scènes…

Vegetarian est de ces films sur lequel il est difficile de s’exprimer sans recul. Il est de ces films qui prennent leur sens après une certaine réflexion comme pour mieux les laisser mûrir et davantage les appréhender. Il n’en reste pas moins que Lim Woo-seong est un nom à retenir et à suivre dans le panorama du cinéma sud-coréen.

I.D.

lundi 15 novembre 2010

Courts-métrages 1 [Festival Franco-Coréen 2010]

lundi 15 novembre 2010
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Quatre films courts sont présentés dans la section « Courts-métrages 1 ». On y retrouve Lovers (2009) de Kim Do-yeon, Feel So Good, At 3 P.M. et Tongro. Malheureusement, il ne m’a pas été possible de voir Lovers, l’histoire d’un homme d’âge mûr qui entretient une liaison avec un jeune homme qui disparaît… Chose d’autant plus frustrante que les échos furent bons.

[Feel So Good (2008) de Lim Kyung-hee]
S’il fallait déjà m’avancer, Feel So Good serait mon petit coup de coeur du festival. Ce court est frais, drôle et captivant. Il traite de l’homosexualité avec un œil à la fois touchant et léger. Ici, la réalisatrice nous raconte l’histoire d’une fillette de CP, Yu-seon qui tombe amoureuse d’une autre fillette, Hee-jung venue faire un cours de danse dans son école.

Feel So Good est un véritable moment de plaisir. Il émane de ces enfants une spontanéité irrésistible, sans compter une mise en scène savamment maîtrisée. La réalisatrice parvient avec brio à mettre en exergue les différences. Des différences insignifiantes aux yeux des adultes mais qui ont souvent une grande importance pour un enfant, à l’image de la myopie de Yu-seon. La fillette refusant de porter ses lunettes est sujette aux moqueries des garçons de son âge. Finalement à travers ces quelques minutes, des parallèles sur la différence sont faits permettant à la cinéaste de traiter avec subtilité le sujet délicat qu’est l’homosexualité.

[At 3 P.M. (2009) de Kim Ji-gon]
Si l’on retrouve le réalisateur Kim Ji-gon dans la prochaine édition du FFCF, on pourra dire de lui qu’il est un vétéran de ce festival.

Déjà présent avec Unfamiliar Dream (2008) l’an passé, qui dénotait déjà un certain talent et dont les comparaisons avec des cinéastes confirmés n’était pas fortuit, Kim Ji-gon nous revient avec un court qui s’inscrirait une nouvelle fois dans la veine du cinéma dit « contemplatif ». Il était donc attendu et on s’impatientait donc de voir quelle direction son travail avait pris.

Disons-le toute suite, j’ai trouve ce At 3 P.M. moins bon que le précédent présenté en 2009, qui laissait pourtant présager de bonne chose. Est-ce peine perdue ? J’espère que non parce que de ce court se dégage un charme indéniable. Il manque tout de même à At 3 P.M. ce petit quelque chose qui ferait de lui un film pour les salles obscures. Ici le réalisateur prend le temps de filmer les rues d’un vieux quartier, ses recoins en prenant soin de dépeindre les détails les plus fins.
Tout comme pour Unfamiliar Dream, il caresse avec sa caméra les pièces, les couloirs vétustes d’un vieux cinéma qu’on dirait abandonné où un projectionniste semble perdu dans les dédales aux murs décrépis et où se joue éternellement le même film pour les fantômes du passé. Non. At 3 P.M. n’a pas sa place dans une salle de cinéma. Ce film « autre » aurait sienne dans une galerie d’art ou un musée aux côtés d’artistes filmiques plus « expérimentaux ».

Avec At 3 P.M., Kim Ji-gon serait un anthropologue qui capterait les derniers soubresauts d’une vie que l’on a connu. Ce court-métrage se révèle plus du « patrimoine » marqué, gravé, incrusté sur pellicule qu’un film de Cinéma à proprement parlé. Il réalise un travail de mémoire sur un instant T d’une ville, d’un quartier, d’une rue, et dépasse ainsi le cadre même du cinéma de fiction s’invitant dès lors dans un cinéma « autre ».

[Tongro (2010) de Lee Tae-an]
Ça commençait pourtant bien. Un jeune homme recouvre un autre d’un film transparent. Ce dernier après avoir été saucissonné enfile une combinaison et un masque à gaz. Suit alors une séquence furtive où le jeune homme hurle et semble glisser à toute vitesse dans un tunnel obscur et étroit. Les choses commençaient plutôt bien. Une aura mystérieuse planait en ce début de court. Qu’est-ce que les deux jeunes hommes sont-ils allés chercher ? Que gardent-ils de si précieux dans leur machine à laver ?

Tongro se voulait incompréhensible et énigmatique. On avait qu’une hâte, celle de découvrir les « révélations » qui méritaient tant de mystère. D’assister en somme à un emballement mais il n’en sera rien. Tongro est une espèce de pet foireux sans intérêt dont le mystère et les interrogations restent en l’état. A mesure que le court-métrage avance, il perd de sa puissance. Du coup, l’intérêt suscité s’efface au profit d’un spectacle consternant qui ennuie plus qu’il ne suscite d’enthousiasme. Un joli gâchis comme si le réalisateur avait l’idée de départ mais rien pour la développer. Pourtant les premières minutes donnaient de l’espoir, celui de voir un film original. A la place, on a eu le droit à la vie de trois idiots qui n’avait aucun sens (enfin s’il y en avait un. Il était très bien caché alors) comme si le réalisateur se moquait de nous.

I.D.

Returned Single-legged Man : Le Taekwondo du Tigre de Harbin [Festival Franco-Coréen 2010]

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Le titre est un programme à lui seul ! A la vue de ce long-métrage "old school", l'hystérie m’envahi et je ne puis dès alors plus que m’exprimer avec des points d'exclamation. En français ça donnerait « Le Retour de l'unijambiste ». Superbe ! On pense évidemment aux héros manchots hongkongais interprétés par les Jimmy Wang Yu et autre David Chiang, mais aussi à ce personnage japonais de Tange Sazen, manchot et borgne de sa condition, mise en scène dans des dizaines et des dizaines de films, notamment sous la houlette des Sadao Yamanaka ou encore Hideo Gosha (ça c'est pour les plus connus). La Corée du Sud nous offre à son tour son anti-héro de cinéma d'action. Lee Doo-yong dégaine un Returned Single-legged Man / Dolaon oedari (1974) qui nous en met plein la vue. Avec qui ? Un unijambiste ?! Pas vraiment, puisqu’ici le héro tient bien sur ses deux jambes !

En Chine, dans les années 30, trois malfrats tentent de mettre la main sur Yong-cheol pour remplir un contrat dont il est la cible. Ce dernier qu'on surnomme "Le Tigre" est un clochard qui se perd dans la boisson et qui n'a plus la force de vivre. Mais l'arrivée de ce trio va faire ressurgir son passé...

Returned Single-legged Man est une délectation de tout les instants. Un spectacle tonitruant qui a une valeur inquantifiable tant le bonheur nous anime devant les exploits des personnages. Le kitsch côtoie le sublime qui lui-même côtoie le ridicule qui côtoie... les mots me manquent ! Il faut voir les accoutrements qui habillent certains personnages (une spéciale pour le trio de malfrats dont l'un est armé de deux hachettes qu'on croirait tout droit sorties du film de Chang Cheh et Pao Hsueh-li : Le Justicier de Shanghai avec le sublime Chen Kuan-tai), les acteurs abonnés à un "sur-jeu" risible même dans les moments les plus tragiques. Voir Han Yong-cheol distribuer des coups de pied à tout va sans jamais poser le pied à terre, voir les japonais camper les méchants de service (ah, la rancune tenace). C'est juste génial ! Il y a un plaisir incommensurable à profiter d'œuvres comme celles-ci ; du grand cinéma d'action vintage qui diverti, rend enthousiaste et donne simplement la "banane". Les scènes d'anthologies sont bien évidemment à la pelle : l'affrontement sous l'eau, Han Yong-cheol courrant vers son père adoptif, le trio qui s'entretue ou encore ce final abrupte qui rappelle inexorablement certaines fins très "cut" des films de la Shaw Brothers. Les acteurs sont, quant à eux, faussement charismatiques mais irrésistibles (on croirait même voir le sosie - en plus petit - d'Elvis Tsui Kam Kong). L’histoire de vengeance est prétexte à un grand n'importe quoi. Returned Single-legged Man c'est tout ça à la fois et plus encore ! Alors quoi de mieux que d’aller le (re-)découvrir pour s'évader l'espace d'une heure et demi tout en prenant son pied.

Merci à la section KOFA-FFCF Classiques 2010 de nous offrir de telles perles à l'image des éditions précédentes. Et si ce Festival Franco-Coréen du Film devait exister, se serait pour ces films témoins d'une époque, de ces films qui prennent toute leur ampleur avec les années, de ces films qui se savourent comme un bon cru, de ces films au charme fou... Returned Single-legged Man est de ces films "old school" dont on se délecte à chaque instant...

I.D.

samedi 13 novembre 2010

A Light Sleep : Une fille [Festival Franco-Coréen 2010]

samedi 13 novembre 2010
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Premier long métrage de Im Seong-chan, A Light Sleep / GA byeo woon Cham (2008) est un drame qui met en scène une jeune fille, Yeollin. Cette dernière est une étudiante solitaire qui ne compte en tout et pour tout qu'une seule amie. Après les cours, elle s'occupe de sa petite soeur. Bientôt elle rencontre un jeune homme qui tombe amoureux d'elle alors qu'on découvre les tracas qui l'habite...

A Light Sleep démarre avec une mise en scène emprunte de douceur, de légèreté et de fluidité qui nous plonge tranquillement dans son récit. Très vite, on prend conscience que ce récit (sombre) est éclaté. Et pour le coup, le cinéaste se sort plutôt bien d’un exercice qui n'est pas évident à mettre en place. Ce récit non-linéaire éveille en nous un intérêt certain par des scènes éparses reflets du pivot qui constitue ce long-métrage : la vie d’une jeune fille qui est loin de celle qu'elle semble être. Si la réalisation et le scénario sont les points notables de cette fiction, on pourra également mettre en avant des acteurs qui tiennent admirablement leur rôle avec une Choi Ah-jin en tête, livrant une performance sobre et juste.

Malheureusement, l'ensemble, sur la durée, ne fonctionne pas. Du moins on aurait aimé que A Light Sleep prenne une autre voie. Im Seong-chan manque le coche en n'osant rentrer pleinement dans son sujet, nous narrant ainsi l'histoire de Yeollin avec un manque cruel de profondeur. Cette légèreté de début de film ne parvient jamais à se transformer et à évoluer en une histoire intense et captivante. Pourtant tout était réuni : la réalisation, le personnage de Yeollin ainsi que l'actrice. Alors pourquoi me suis-je parfois ennuyé ? Pourquoi étais-je si pressé que le film se termine durant cette dernière partie ? Oui, véritablement il a manqué un engagement total du cinéaste coréen, qu'on aurait aimé plus incisif par moment, moins pudique dans d'autre.

A Light Sleep offre un résultat mitigé. On ressort de la projection sans être plus emballé que cela, sans être pleinement convaincu. Même l'émotion ne parvient jamais vraiment à percer. Il manque à ce long métrage quelque chose, ce petit quelque chose qui aurait donné une dimension tout autre à ce drame. Im Seong-chan a un talent, c'est indéniable, qu’il fait entrapercevoir à travers ce premier film l’annonçant malgré des fausses notes comme un réalisateur à suivre.

I.D.

My dear ennemy : My worst nightmare [Festival Franco-Coréen 2010]

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On peut dire que je garderai un douloureux souvenir de ce début de FFCF 2010. A l’origine, My Dear Enemy / Meotjin haru (2008) de YI Yoon-Ki. Après avoir essuyé de bonnes critiques, je m’apprêtais à vivre un agréable moment de cinéma, impatiente de pouvoir découvrir le premier long métrage qui ouvrira « mon festival franco-coréen ». Et pourtant le malaise m’envahit rapidement pour laisser place à un ennui profond de 2h03…

Un jour Hee-soo, une jeune femme décide de retrouver son ex petit ami, Byoung-woon, pour lui réclamer l’argent qu’elle lui avait prêter il y a un an.

Dialogues plats et attitudes superficielles viennent ouvrir le bal de ce qui va s’avérer pour moi un cauchemar sans fin. Quand Byoung-woon décide de trouver de quoi rembourser Hee-soo auprès de ces vieilles connaissances, un road movie s’engage dans les quartiers sud coréens. Dans une citadine reluisante, madame fait la moue (les yeux constamment humides) quand monsieur décide de faire le rigolo. C’est caricatural, peut être sommaire mais c’est assumé. Pas une seule minute, je ne suis parvenue à entrer dans un récit sans relief, encore moins dans les jeu d’acteurs. Tous deux sont beaux et célèbres, oui mais ça ne fait pas tout… Constamment j’ai revu les mêmes attitudes, les mêmes expressions se dessiner sur des visages qui m’ont semblés vides. Cette redondance combinée à ce constant rapport entre « la dépressive », mollement triste dont on a vu que le quart d’une dent et « le modeste » mais optimiste, de bonne humeur qui tente de garder la tête haute, m’a profondément lassée. J’ai eu l’impression sans cesse de revoir les mêmes scènes et dialogues se jouer, avec pour unique différence le lieu. L’ensemble du long métrage peine « à prendre » et accuse un faux rythme fort déplaisant. Sans compter ce final rempli de bon sentiment. Hee-soo a découvert qu’il y avait plus malheureux qu’elle sur terre et fait contre mauvaise fortune, bon cœur. C’est beau ! J’oubliais aussi cette dernière partie de film qui rendrait fou le plus patient des cinéphiles…

La seule qualité du film résiderait dans la découverte, par le road movie, des différentes facettes de la société coréenne. Pour le reste et après une journée de réflexion, la conviction d’être passée à côté d’un bon film reste toujours aussi lointaine.

Diana

jeudi 11 novembre 2010

Regards Croisés 2 [Festival Franco-Coréen 2010]

jeudi 11 novembre 2010
2

Soyons honnête. Sur les cinq courts-métrages présents dans ce Regards Croisés 2, nous n’en avons vu que deux, car il se jouait My Dear Enemy (2008) dans une autre salle de l’Action Christine – film qui entrait dans notre programme pour ce festival. Ainsi manque à l’appel dans ce billet : Pay Day (2007), Chacun Pour Tous (2009) et L’Aide au Retour (2009).

[We Need National Protection (2008) de Robert Prey]
Des hippies en Corée du Sud ?! Si, si ça existe. J’en suis resté pantois. Moi qui ai une aversion de ces « individus » depuis le lycée... J’entends encore la voix d’un ami qui me lançait avec véhémence : Never trust a Hippie ! Du coup, je ne sais comment prendre ce documentaire… Les croire, ne pas les croire… ? Là est la question. Trêve de plaisanterie, parlons de chose sérieuse. Le véritable intérêt de ce documentaire réside dans la quête que cette bande d’individus aux dread locks se donne. Celle d’aller dans un centre où des immigrés sont enfermés. Des immigrés, des travailleurs le plus souvent qu’on imagine sans papier et en attente d’expulsion. L’intérêt véritable c’est de montrer le rapport des sud-coréens face à ce « centre » qu’on préfère oublier ou feindre de ne pas connaître. On y découvre dès lors combien ce « centre » met mal à l’aise la population locale (du moins celle qu’on veut bien nous montrer, celle gardée au montage, bien entendu j’écris ceci sans remettre en cause l’intégrité de l’auteur, cela va de soi). On notera, une mise en forme proche de l’amateurisme, pas qu’un peu d’ailleurs. On a vu mieux sur les Youtube et consorts. Un peu de rectitude, bon sang ! Comment suscité l’envie si aucun n’effort n’est fait de ce côté-ci ? Affligeant. Cet amateurisme consternant donc est heureusement sauvé in extremis par son sujet. Un sujet traité avec une pointe d’humour qui ne serait pas loin d’un cynisme derrière ces visages souriants et enthousiastes, We Need National Protection vaut tout de même le coup d’œil.

[A Lamp in the Darkness (2008) de Ashok Thapa]
« Stop Crackdown », un groupe rock d’ouvriers multi-ethnique est au centre de ce documentaire qui met en exergue à travers ses membres la situation des ouvriers et plus particulièrement des ouvriers d’origine étrangère dans la société coréenne. Intéressant que ce documentaire qui traite d’un sujet trop rare. Propos en voix off sur des images d’une population peu visible en Corée, interview face caméra, scènes musicales,… A Lamp in the Darkness peine dans la réalisation. On ne demande pas un cadre travaillé, une lumière léchée ainsi que des mouvements de caméra pour enjouer son sujet mais juste un minimum de travail. Du coup, on ne peut que regretter cet aspect bâclé qu’on retrouve également (en plus prononcé) dans We Need National Protection (2008), dommage. Sans cela, si la forme est à jeter, le fond révèle au moins une importance palpable et indéniable dans « la lutte contre la discrimination et en réclamant justice pour le droit des travailleurs » (catalogue du 5ème Festival Franco-Coréen du Film).

Parce que c’est plutôt rare pour ne pas le souligner, profitons de ce billet pour féliciter et encourager (à continuer) les organisateurs et les programmateurs du Festival pour avoir (fort bien) choisi un thème aussi fort dans cette nouvelle édition du FFCF. Ce thème de l’immigration et son rapport culturel et social au sein de la société coréenne est surprenant dans un panorama cinématographique où il est quasi-nul au Pays au matin calme. Après le thème de l’homosexualité au FFCF ’09, nouveau bon point pour cette section du Festival qui continue de persévérer dans l’audace de montrer la Corée du Sud à travers un regard différent. Bravo.

I.D.

 
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