mercredi 10 février 2010

Combat sans code d’honneur : Genèse [Rétrospective La Tôei]

mercredi 10 février 2010

Combat sans code d’honneur / Jingi naki tatakai (1973) de Kinji Fukasaku est un film de yakuza qui relate l’itinéraire de gangsters qui vont former un nouveau clan.

Hirono Shozo sort de prison après avoir tué un yakuza. Il retrouve ses partenaires du crime qui appartiennent maintenant au clan Yamamori. Il reprend les affaires et est choisi pour un contrat qui vise l’homme à la tête du clan Doi. Hirono Shozo l’exécute pourtant il est trahi par les siens et préfère se rendre à la police. Les années passent, Hirono Shozo est libéré…

Combat sans code d’honneur a cette aura propre au film de yakuza qui se veut majeur. Majeur pour sa mise en scène exubérante, pour ses personnages mais aussi pour ses interprètes qui donnent corps à l’ensemble. Kinji Fukasaku réalise une œuvre coup de poing sur le fil du rasoir, à la fois haletante et emprunte d’une certaine folie destructrice. Le cinéaste japonais parvient à nous plonger avec dévotion dans ce Japon d’après-guerre où le désenchantement est de mise. Un pays détruit où la loi du plus fort règne et où l’armée américaine est perçue comme une armée d’occupation sans foi ni loi. Au milieu du chaos, ces gens démunis et ces habitations détruites, des hommes tentent de s’en sortir par le biais du système D. Le marché noir, le vol, le meurtre, nous assistons à la mise en Abymes d’un univers, celui sur lequel des yakuzas vont se former et asseoir leur autorité.

Avec Combat sans code d’honneur, Kinji Fukasaku relate l’histoire d’un clan mais avant tout les hommes qui le composent. Il relate leur parcours personnel dans l’union de cette organisation criminelle. Des destins voués à un clan où certains respectent le code d’honneur qui les régit et où d’autres s’en passent allégrement. On assiste aux rivalités où les règlements de compte sont à base de coups de feu et de membre tranché par des catana. On s’enfonce aussi et surtout dans l’auto-destruction de ce même clan qui est né sur la souffrance et le sang. Les yakuzas ont la peau dur, brutaux, ils savent aussi pleurer comme des enfants en prétextant l’honneur. Kinji Fukasaku met en lumière un monde obscur rempli d’hypocrite et sait être cynique avec ces hommes, il est sans concession en dépeignant la face cachée de cet univers qui se veut exemplaire à travers un code que peu finalement respecte.

Combat sans code d’honneur a su être une œuvre culte et incontournable dans ce que le film d’exploitation nippon a pu donner. Ce film est une référence des films de yakuza par la maîtrise technique de son cinéaste mais aussi le tableau qu’il peint de cette micro-société infesté de manipulateurs, d’arrivistes, d’opportunistes où l’homme d’honneur et respectable se fait rare. Hirono Shozo en est un exemple indéniable, il est un homme qui ne se reconnaît plus dans ce système auquel il a tout donné et ça corps et âme. Mais d’une certaine manière, Kinji Fukasaku interroge sur ce prétendu code d’honneur de ces hommes de l’ombre. A savoir s’il a réellement existé c'est-à-dire respecté, appliqué et si ce code n’est tout simplement pas une manière de se donner bella figura… Dans tous les cas, Combat sans code d’honneur est une œuvre inévitable qui sait encore être enivrante de nos jours.


I.D.

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